‹ Histoire de la milice canadienne-française, 1760-1897Chapitre 24 sur 41 · CHANSON · texte numérisé non relu

CHANSON

sur l'air : ]'oiili':-voiis suivre un bon conseil '^

REFR.\IN

Ne craignons pas ces fanfarons, S'ils entrent dans notre province Ils y trouveront des hirons Oui leur feront changer de ton i/tvl.

Allons amis préparons nous, I,e jour de gloire est donc venu.

Puisqu'ils veulent faire la guerre II vaut pour nous cent ans de vie

Que les Yankés sentent nos coups On a toujours assez vécu

Sachons vaincre comme nos pères. Quand on a servi sa patrie.

Ne craignons pas, etc. Ne craignons pas, etc.

A Québec ils vinrent autrefois L'honneur nous impose la loi

Comme on leur a fart la conduite li^é^^rt^r de vaines allarmes. S ils y reviennent, par ma foi

Ça recommencera leur fuite.

Soyons fermes, vive le Roi !

Ne craignons pas, etc. Et que chacun prenne ses armes.

Canadiens, d'un courage égal

Sous sir George, mes chers amis, Allons moissonner de la gloire

C'est un plaisir que le service ^e nom de notre général

Les troupes dans notre pays ^^ ,^ ^,;^^^i^^ ^^ j^ ^i , ^^,.^, Ne font qu un avec la milice.

Ne craignons pas, etc. Par T.N Milicien incorporé.'

Il6 MM. ICI'. C.WADII'NXF.-FRANÇAISE

Xavier Tarrieu de Laiiaudiciv cluil depuis l()n<^-tenips traducteur officiel du (gouverneur général et du Conseil, et n'a\ail ])as fait rai)])rentis.sage des armes lorsque, en 1812, on le nomma député adjudant général. Cette nomination se justitie par les qiialités administratives c|u\in lui connaissait. Il eu parle dans une lettre du 25 août 1812, et ne s'effraie pas de la charge. Il tenait le l>urcau de la milice à Ouéb^'c, lorsque l'adjudant général \'assal de Monx'iel s'al)sentait. Ce dernier, étant à Montréal l'été et l'antounie de 1S12, M. de Lanaudière reçut ordre d'aller le rejoindre. Il proposa alors (20 octobre) de nommer, pour le remidacer à la traductimi, IMiilijîjje Aubert de Caspé I auteur des A)niiiis (a)iadieiis et des M/inoii es), son neveu, " cpii a déjà exercé à ma place, dit-il, pendant mon séjour en Augleterrre, sous l'administration de l'honorable président M. I)uun." \'ers le i^ novembre, il arriva à Montréal. Au bureau de Ouébec restaient: le capitaine Louis Pinguet, assistant député adjudant général; le capitaine Louis Lévesque, juge-avocat; le lieutenant William Berczy, écri\-ain ; Charles-S. Tnrcot, écrivain; Pierre Pouliu fils, sergent d'ordre. Du 4 au iS décem])re, Lanaudière est à Chambly ; il rentre à Montréal le 2S, et loge chez les demoiselles Dupéré ; le 12 janvier 1S13 il repart pour Ouébec où il va rendre témoignage devant un comité de la Chandjre ; le capitaine Louis Lévesque le remplace à Montréal, et paraît y avoir passé l'hiver. A la fin de décembre 1S12, Vassal de Alonviel est à Québec.

Joseph-Maurice La Mothe (fils de Joseph, déjà cité), capitaine au troisième bataillon des miliciens de la ville et de la banlieue de Montréal, a laissé un mémoire dans lequel il dit: "A la déclaration de la guerre (iS juin 1S12), au commencement de septembre, j'ai reçu ordre de prendre nu parti Sauvage de cent vingt hommes, et de me joindre aux Voltigeurs commandés par le lieutenant-colonel de Salaberrv, ce que j'ai fait immédiatement. Les Algonquins et les Abénaquis, au nombre de quatre-vingt-cinq, furent les seuls qui me suivirent alors, mais peu de jours après un parti Iroquois nous joigna sons le commandement du jeune de Lorimier, de manière cju'en peu de jours nous nous trouvâmes avec à peu près deux cent cincpiante Sauvages tous sons mon commandement. Le Colonel m'envova plusieurs fois avec des partis Sauvages reconnaître l'état de rennemie, ce que nous fesions avec assez d'exactitude." Le 13 no\embre, à Saint- Philippe, " le lient. -colonel Ch. de Salaberrv " écrivait au capitaine La Mothe : ' \'ous tâcherez de vous assurer si l'armée américaine est arrivée à Chazy ou à Champlain. \'ous ferez reconnaître les bords du lac Champlain pour voir si rennemi n'a pas nue flotte prête à attaquer l'Islc-aux-Noix, ainsi que des batteries flottantes. \\)us tâcherez de voir le Capitaine Odell et vous le questionnerez sur tous ces points-ci. Vous interrogerez aussi les gens près des lignes pour obtenir toute l'intelligence nécessaire, et ayant accompli cette mission, vous reviendrez ici en toute diligence me faire votre rapport. Comme vous aurez beaucoup de Sauvages avec le Capitaine McCov vous les employerez à faire les dites découvertes. Tell Laforce I shall order the commissary to issue four days more provisions to his Chasseurs, and enquire whether he lias sent a piquet to Pointe-à-la-Mule."

Louis de Couagne, capitaine aux chasseurs de Lacadie, servait en octobre et novembre 1S12, sous les ordres de de SalabeiTv, qu'il appelle dans ses lettres, "un homme de connaissances peu communes."

Le 3 février 1S13, Jean-Baptiste d'Estimauville (belle écriture) est capitaine et adjudant (à Saint-Jean) de la milice d'élite incorj^orée. Le 11 septembre suivant,

MII.ICK CAXADIKXXE-I-RANÇAISE TI7

il est major du troisième bataillon de la milice incorporée et commandant de ce dernier corps.

Le 9 février 1S13, Antoine Destrampe, de Berthicr-en-Haut, qni, depuis dix-sept ans, est capitaine de milice à vSaint-Cuthljert, demande une commission dans la milice incorporée (milice active).

Charles Daly (d'origine irlandaise), lieutenant et adjudant du troisième bataillon de la milice d'élite incorporée, écrit des Trois-Rivières, le 5 avril 1H13, à Louis Léve.sque, assistant député adjudant général, à Montréal, disant (en excellent français) que le lieutenant-colonel Cutlibert, commandant le 3'' bataillon, lui fait savoir la présence de ce corps aux Trois-Rivières.

C. vSabrevois de Bleury, d'une famille qui date dans le pays de 1695 au moins, avait été officier dans le Royal Canadien; il avait servi durant la guerre de 1 775-1 784, et comptait seize années de carrière militaire lorsqu'il devint major au troisième bataillon de la milice d'élite incorporée (Trois-Rivières et Berthier), ^le 24 mai 181 2. L'hiver qui suivit, étant devenu commandant de ce dernier corps, il occupait la région de Belœil, et, dans ses lettres adressées au bureau de la milice, à Montréal, il explique que ses hommes sont très dispersés dans les cantonnements et qu'il en déserte un certain nombre pour aller voir leurs familles; "cela, dit-il, vient de ce que l'on n'a pas suivi le plan qui consistait à accorder six absences par compagnie durant l'hiver; en tenant toujours six hommes absents, et pas plus à la fois, chacun avait son tour de rôle et tout le monde était content. L'esprit du 3" bataillon est admirable, tant pour le devoir que dans la perspective d'une bataille. Les hommes sont soldés en monnaie de papier, et cela cause de la gêne, vu qu'on ne i)eut guère se procurer de l'argent sonnant le long de la rivière Chambly." Il se plaint des discours que l'on tient sur .son compte au sujet de sa capacité. De fait, il venait de faire deux chutes graves qui le retenaient au lit. Sou âge contribuait à l'affaiblir. "J'ai attrapé là deux coups mortels, malgré tout je suis à mon devoir." Son écriture est tremblée et difficile. Enfin, le 12 février 1S13, il demande sa retraite, en disant que le lieutenant-colonel Robinson paraît destiné à le remplacer.

Un détachement de voltigeurs partit pour le Haut-Canada, le i" avril 1S13. Le capitaine Jacques Viger, cpii en formait partie, nous a laissé une narration du voyage. Le départ eut lien de Saint-Philippe, et le soir même, i*^^' avril, on couchait à Châteauguay. Le 4 au soir, on était à New-Johnstown (Cornwall), 011 il y avait une petite garnison. Le 6, on arrive chez un Hollandais du nom de Chrystler, capitaine-recruteur, riche propriétaire, superbement établi. Tout le corps d'officiers logea dans cette ferme. M. Viger fait de grands éloges de Chrystler et de sa femme. Le 11, on passe à Gananoque, et enfin on arrive à Kingston, où M. Viger et les voltigeurs étaient encore le 17 mai. [Bihliotlicque canadienne de Bibaud, 1825, pages 24-28, 212-13.)

Dans la Bibliolhcqne canadienne de Bibaud (1825, pages 214-5; 1826, pages 144-46), il est fait mention des prouesses du sergent Chrétien, des voltigeurs ; sir George Prévost arriva à Kingston le 11 mai 1813, avec Saint-Germain et autres. En juin, le major F.-G. Heriot était à Kingston ; le 29 avril, la nouvelle de la prise de Toronto cause une alerte parmi les voltigeurs à Kingston. Il est fait mention d'un voltigeur du nom de Le Conteur.

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