LIEUT.-COL GEORGE-A. HVGHES
Nord-Ouest en 1885, eut le comniandemeiit du district d'Alberta, sortit du 65" bataillon en 1S89, abandonna la politique en 1S96, et est maintenant juge de la cour d'appel.
M. Hughes (voir pages 97, 102, 106) devint major de brigade du 6* district militaire, avec le rang de lieutenant-colonel, en 1884, et l'année suivante, durant la campagne du Xord- Ouest, il fut attaché au 65" bataillon ; il commandait les quatre compagnies qui se battirent si bien à la Butte-aux-Français, le 28 mai 18S5. A partir du mois d'avril 1888, il quitta le service militaire, ayant été nommé surintendant de la police de Montréal, poste qu'il occupe encore aujourd'hui avec éclat. Il est chevalier de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand. M. Dugas se rendit au Nord-Ouest avec le bataillon (1885); il devint lieutenant-colonel en 1889, et, trois ans plus tard, quitta le 6^". Depuis longtemps magistrat de police et juge des sessions de la paix à Montréal, il vient '■"■' ' ^"'- '-■'^'•^"•- "'^'-^^ d'être choisi par le gouvernement fédéral pour
remplir de hautes fonctions judiciaires dans les territoires du Nord-Ouest et la région du Yukon Depuis sa formation, le 65'' a toujours maintenu sur un excellent pied son corps
de musique, tant pour ce qui regarde l'exécution artistique des airs que sous le rapport
de l'apparence des hommes qui le composent.
A partir de 1879, jusqu'à 18S9, la superbe
Bande de la Cité, sous la direction du lieutenant Ernest Lavigne, célèbre à juste titre
comme chef d'orchestre, a marché à la tête
du bataillon. C'était, assure-t-on, la meilleure
musique militaire du Canada.
En iSSi, les capitaines Hector Prévost et
R. Desrivières organisèrent les y" et S" compagnies, et, depuis cette date, le bataillon
compte huit compagnies. C'est en 1881 aussi
que le bataillon assista à l'inauguration du
monument de Salaberry, à Chambly.
L'association de tir du 65^ commença à
opérer efficacement vers 1883, oii elle prit une
forme tout à fait régulière. Jusqu'en 1891,
les concours avaient lieu, la plupart du temps,
entre les membres du bataillon, mais ensuite
il y eut affiliation avec le tir de la province
de Québec, et de même avec celui de la Puissance (P. Q. R. A., D. R. A.), aussi avec l'amal-
eamatiou des carabiniers de Montréal. Aux
MII.ICK CANAniKN\K-I"R.\XC,-AISK
grands tirs annuels de ces diverses sociétés, le bataillon a remporté plusieurs prix. Le major Francis S. Mackay, qui a représenté le bataillon dans presque tous les concours, }a gagné plusieurs prix ; il est le président actuel de l'association de tir du 65^ En 1897, le sergent Mongé remporta le premier prix dans un concours du bataillon.
Voici la liste des officiers qui ont pris part à la campagne du Nord-Ouest, en 18S5 : lieutenant-colonel J.-A. Ouimet, lieutenant-colonel G.-A. Hughes (b), major C.-A. Dugas, capitaine-adjudant J.-C. Robert (b), paie-maître C.-L. Bossé (d), quartier-maître Alfred La Rocque (b), chirurgien-major Paré (b), assistant-chirurgien J. Simard (b), Rév. Père Provost, O. M. I. (b. d.), aumônier; compagnie n" i: capitaine J.-B. Ostell, lieutenant A.-C. Plinguet (d), sous-lieutenant C.-A.-A. Laframboise ; n° 2: capitaine J.-P.-A. Destroismaisons, lieutenant Gabriel Des Georges, sous-lieutenant Charest ; n" 3 : capitaine Edouard Banset (b. d.), lieutenant Cortland vStarnes (b), sous-lieutenant J. -T. Ostell (b) ; n" 4 : capitaine Alexandre Ro^- (b), sons-lieutenant Z.-J.- R. Hébert (b) ; n" 5 : capitaine George Villeneuve (b), lieutenant Bruno Lafontaine (b), sous-lieutenant Eugène Desno3-ers ; n° 6 : capitaine Joseph Gironx, lieutenant P. -F. Robert, sous-lieutenant F.-S. Mackav ; n" 7 : capitaine Hector Prévost (b), lieutenant Charles-J. Dohert}-, sous-lieutenant Alfred-E. Labelle ; n° S : capitaine L.-J. Ethier, lieutenant J.-E.-B. Normandean (du 85^, attaché), sous-lieutenant Alphonse Villeneuve. Les sergents C.-A. Laframboise, Eugène Desnoyers, D.-C. Labelle et Edouard Terreux furent nommés souslieutenants vers la fin de la campagne, mais les deux premiers seulement reç-iirent -la confirmation du grade, (b) signifie présent au combat de la Butte-aux-Français ; (d) décédé depuis la campagne en question.
Les sons-officiers et soldats du 65^, dont les noms suivent, ont pris part à l'engagement de la Butte-aux-Français : sergents Lapierre (c), Bennett, D'Amour, Houle, G. Labelle, P. Valiquette, i.ii-,i 1 -coi. a.-h LAiii-.ui.h
N. Gauvreau, J.-B. Dussault, A. Beaudin ; caporaux Browning, Lespérance, Pouliot, R. Vallée; soldats E. Allard (c), Beanchamps, O. Bertrand (c), A. Bertrand (c), A. Brais, E. Brais, Alfred Boisvert, N. Beanlne, H. Chartrand, F. Carli, C. Clairmont (c), E. Chalifoux (c), D. Dansereau (c), J. Deslauriers, N. Doncet (c), Joseph Desglandons, Alphonse Dumout, P. Dufresne, Joseph Dagenais, Despatie, Desroches, A. Fafard, Joseph Gaudet, S. Gascon, A. Gagnon, C. Gravel, Gauvreau, Fxlouard Houle, Jutras, A. Laviolette, Ephrem Lema3^ A. Labelle, X. Lortie, L. Leduc, X. Larin (c), Joseph La voie (c), H. Langlois (c), Joseph Marcotte, Eugène Maillet, Alphonse Mérino, Alex. Martin, Antoine Moussette, J. Martineau, Joseph Alorin, Marceau, F.-X. Pouliot, Joseph Paquette, Alexandre Riche, R. Rodier, J. Roy, L. Rose (c), W. Rowarty, H.-O. Rochon (c), P. Sarrasin, Albert Sauriol, E. vSaulière, Tellier, G. Tessier, D. Traversy, \'alois, U. A'iau ; clairons Descastrian, T. Robichaud ; ambulanciers ]\Lirc Prieur, C. Grenier, (c) indique le service du canon.
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Le bataillon se vit, au cœur de la campagne, dispersé de plusieurs manières. Le petit groupe resté à Calgary avait un grand territoire à desservir. A un certain moment, comme on craignait de voir les Sauvages se soulever dans la direction de Saint-Albert, le lieutenant Des Georges fut envoyé pour organiser une troupe de métis capable d'assurer la paix, au moins en attendant des secours plus efficaces. Cet officier réussit complètement dans sa démarche, de sorte qu'il n'y eut ni troubles ni menace d'aucune sorte après son arrivée à Saint-Albert, l'n peu plus tard, il rejoignit la colonne en marche sur la vSaskatcliewan, mais retourna bientôt à son commandement.
La partie du bataillon rendue à Edmonton se fractionna selon les besoins du service. Vingt hommes, avec le capitaine Villeneuve, se rendirent à la ferme du gouvernement, située trente-six milles plus loin, aux montagnes de la Paix. La compagnie n° 7, sous le capitaine Doherty, fut envoyée au fort Saskatchewan, à vingt milles d'Edmonton. Le capitaine Prévost, nommé major, dirigea les compagnies n"" 5 et 6 du côté de \'ictoria, cpù est à soixante milles d'Edmonton.
On voit, par le livre de M. Charles-R. Daoust : Cciit-viuot jours de service aclif, que nos jeunes soldats ont passé par tout ce que la guerre offre de fatigue, de danger, de souffrance, de choses inattendues, et pourtant ils revinrent à Montréal comme au retour d'une partie de plaisir.
Le corps des tambours et clairons s'est formé en 1S8S, sous les ordres du claironmajor (à présent capitaine) A. Gélinas ; il se compose de vingt-et-un hommes, et c'est un des meilleurs du pays ; le clairon-major Trudeau en a la direction aujourd'hui. Quant à la musique du bataillon, c'était (1S8S) la Bande de la Cité, mais en 18S9-90 on employa des musiques indépendantes. Une nouvelle organisation eut lieu en 1891 ; elle subsiste encore sous l'habile direction du chef D. Picard, et perpétue la bonne renommée du 65*^ en ce genre comme en plusieurs autres. Elle se composa d'abord d'un certain nombre des anciens membres de la "Cité," de M. Ernest Lavigne (qui se retirait), et de l'Union Musicale, autre corps très apprécié du public. Tous ces musiciens sont enrôlés régulièrement pour trois ans, sous la loi de milice, et leur discipline est admirable.
Le lieutenant-colonel Hector Prévost, entré lieutenant au bataillon en iSSo, devint capitaine l'année suivante, fit la campagne de 1885 avec les fonctions de major, fut nommé major en 1886, alla cette année à Wimbledon en qualité d'adjudant des tireurs canadiens, se vit appelé la même année au poste d'aide de camp honoraire du gouverneur général, qu'il occupe encore, et devint lieutenant-colonel en 1892. Il est transféré à la réserve avec son grade, depuis que le lieutenant-colonel Labelle le remplace à la tête du 6<;' (22 mars 1897).
Le lieutenant-colonel Alfred-Eugène Labelle, cinquième commandant (22 mars 1S97I, était entré soldat au 65^ en 1S81, fut caporal en 1S82, sergent 1883, sous-lieutenant au cours de la campagne de 1S85, lieutenant 1S87, capitaine 1888, capitaine-adjudant 1889, major 1S90, lieutenant-colonel 1S97. En ce moment (juin 1897), il forme partie de l'étatmajor du contingent canadien envoyé à Londres pour assister au jubilé de la Reine. Il a été (1896) président de l'Institut Militaire de Montréal.
Au moment où ce livre paraît, les questions militaires sont à l'ordre du jour parmi nous, comme elles l'étaient en 1 860-1 870, et, chose étonnante, pour un motif contraire. Jadis, l'Angleterre nous abandonnant, il fallut nous créer une troupe utilisable pour le service intérieur, tandis que, à présent, le cabinet britannique, resserrant de plus en
plus les liens qui retiennent encore ses colonies attachées à la Grande-Bretagne, nous in\itc à élargir nos cadres et à fédéraliser nos milices avec l'armée anglaise.
Les trente ou quarante ans qui viennent de s'écouler ont produit des transformations si étonnantes dans tous les paj-s du monde que le mot " colonie " n'a plus le sens d'autrefois : les pays nouveaux sont devenus des " puissances." Les quantités négligeables, mises de côté par I\IM. Gladstone et Bright, se sont développées au point qu'elles forment comme une sixième partie du globe. Les nations commerçantes et industrielles ont vu de notre temps s'opérer un coup de théâtre rappelant ce qui a eu lieu de 1492 à 1520, lorsque l'Amérique et l'Océan Pacifique furent découverts. Ce remarquable élan des énergies intelligentes s'est manifesté surtout dans les territoires britanniques, de sorte qu'un aussi grand nombre d'enfants entrant dans l'âge adulte composent une famille qui peut devenir formidable, si elle place ses intérêts en commun. Il va sans dire que la milice, l'armée, la défense, la marine militaire, entrent pour beaucoup dans les considérations qui découlent de ce nouvel état de choses. Des changements considérables vont survenir. Notre histoire de la milice ne sera pas un hors-d'œuvre lorsque l'on voudra se rendre compte de la part que les Canadiens-Français ont prise aux affaires militaires. La mémoire de sir George Cartier restera liée à l'organisation actuelle, qui va probablement servir de base aux conceptions du bureau de la guerre, comme elle a seni de modèle aux autres colonies.
Le Canada, depuis trente ans, s'est fait une large place au soleil des autres nations, et n'a pas subi d'inconvénients pour atteindre ce but. Tout lui a réussi. Aricun sacrifice ne lui a été nécessaire. Au moment où l'esprit de progrès s'est emparé de l'Europe et de l'Amérique, il l'a saisi et a su marcher des premiers avec ce commencement de siècle dont nous n'avons pas encore parcouru la moitié. Or, il est certain que cela est trop beau pour durer toujours, et l'heure viendra où il faudra débourser quelque argent pour protéger notre acquis. C'est pourquoi il y a tant de rumeurs dans l'air à ce sujet.
Nous avions, depuis longtemps, entrepris et presque terminé cette histoire, avec la détermination bien arrêtée de ne la placer devant le public que sous la forme d'un ouvrage de luxe, et voici que le commandant et les officiers du 85^ bataillon, concevant la même idée, se prêtent à nos désirs, en risquant les frais d'une aussi coûteuse publication. C'est leur rendre un hommage bien mérité que de faire valoir leur initiative à cet égard. Plus le livre est beau, plus il relève le sujet dont il traite, et, comme tout est national dans une pareille tâche, il en résulte que l'honneur rejaillit davantage sur notre peuple. N'est-il pas juste de présenter les glorieux souvenirs de nos ancêtres, entourés des raffinements de l'art du typographe? Le fond étant de toute beauté, il fallait lui donner une forme qui flattât le regard. Nous n'aurions point consenti à faire usage d'une édition vulgaire, puisque, selon la pensée d'une femme de goût, parlant par la plume d'Alfred de Musset :
Dans un miroir d'auberge on n'est jamais jolie.
Corps militaires mentionnés dans cet ouvrage
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