II.S Mil. ICI-: CAXADIF.XXK-FK.VNÇAISR
Le 3 avril 1S13, le capitaine Cochrane part de Québec comme recruteur pour les G/n/gaiy Li'ght [ufauliy^ et se diri.^-e vers Saint-Gilles (comté de Lotbiuière) et autres paroisses au sud du fleuve.
A l'inspection de la cavalerie légère de Québec, le 25 juin, le major commandant est Matthew Bell, lieutenant P>l\vard Hal, cornette W.-G. Sheppard, quartier-maître Benjamin Ray. Ce dernier est de la division Sainte-Marie de Beauce. Il y a trois sergents et vingt-et-un hommes montés ; un trompette et vingt hommes démontés ; cinq absents avec permission ; quatre malades ; en tout cinquante-huit personnes ; il y a quarantesept équipements de cheval, cinquante .sabres et trente pistolets.
Le chevalier Charles de Tonnancour, lieutenant au deu.xième bataillon de la milice sédentaire (il était dans le commerce), fut nommé assistant député adjudant général, en avril 1S13, remplaçant le capitaine Louis Pinguet Jusqu'au milieu de septembre suivant, il fut employé à Québec. Il v avait alors au fort Saint-Jean un capitaine George de Tonnancour. Le colonel Joseph-Marie Godefrov de Tonnancour commandait la division de milice d'Yamaska (où il demeurait). Le 16 avril, J.-G. de Tonnancour, lieutenant de la milice sédentaire des Trois-Rivicres, remercie l'adjudant général d'avoir été nommé capitaine au premier bataillon de milice incorporée.
Le i"' juin, F. de Chambault offre à Roderick McKay, de Montréal, une commission de capitaine dans le corps qui se lève parmi la milice sédentaire du district de Montréal.
L.-R. Chaussegros de Léry fut nommé lieutenant-colonel dans la milice du Bas- Canada "le jour de l'alarme, 7 juin 1S13." Le général de Rottenburg lui donna à commander des détachements de Boucherville et de Verchères. Il était grand voyer, à cent cinquante livres sterling de salaire par année ; son député, le lieutenant-colonel Lacroix, recevait de lui quarante livres sterling. Le 4 août 181 3, de Lérv était " au.x prairies," commandant la division de Boucherville; le major général, sir Roger Haie Sheaffe, avait la direction du district.
Le 6 juillet, le lieutenant-colonel Charles de Lérv, assistant député adjudant général, écrit de Montréal à Vassal de Alonviel, qui est à Québec, disant que l'on se propose d'échanger le capitaine Saint- Vallier Maillou.x, du 3*" bataillon, contre le capitaine Joseph Richardson, de l'infanterie légère de la frontière (cantons de l'est). Ce dernier corps est sotis les ordres du capitaine Lewis Ritter. du 100" régiment.
Le 17 juillet, Eustache des Rivières-Beaubien, major de milice sous les ordres du lieutenant-colonel Jacques Cartier, commande la division de Verchères.
Le 17 juillet, au camp de Chambly, le major commandant du 3'' bataillon, René de la Bruère, écrit à son "cher frère," X'assal de Monviel, adjudant général.
Le lieutenant-colonel de Salaberry écrit de Lacadie, le iS septembre, demandant que les chasseurs de Saint-Philippe et de Saint-Pierre soient inclus dans l'ordre qui appelle les autres chasseurs à se mobiliser sous bref délai. Il n'y a pas d'hommes pour les piquets à Mascoutine et à Norton Creek, dit-il.
Le 28 septembre, l'honorable James McGill est colonel commandant le premier bataillon de milice de Alontréal. Le lieutenant-colonel A. Auldjo lui donne sa démission, vu qu'il part pour l'Angleterre.
M. de BoucherA-ille, aide de camp de sir George Prévost, lui annonce de Laprairie, le 29 septembre, que le capitaine Archambault revient d'une exploration tout près de
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l'eiiiieiiii, dont il estime les forces à six mille hommes, avec beaucoup crartillcrie et de cavalerie. Archambault a voyagé à ses propres frais. Il ajoute qu'une \-iugtaine de miliciens viennent d'arriver de Beanliarnois et de Châteauguay ; qu'il y en a une vingtaine d'autres que le major Edme Henry ne connaît pas pour appartenir à sa division (Beanliarnois), et que de Boncherville prendrait sons ses ordres. "Le lieutenant-colonel de Salaberrv n'est pas encore arrivé ; je vais le rejoindre aux piquets avancés, et savoir de lui ce qiie je devrai faire s'il est repoussé."
Les 2 et ig octobre, le major Eustache des Rivières-Beaubien est à Saint-Lambert, à la tête de .son Ixitaillon. Il demande que le lieutenant aide-major Jacques Cartier fils, qui demeure à Saint-Antoine, à six ou sept lieues, soit remplacé par Jacques Lemoine de Martigny père, le plus ancien capitaine de la division. Le 25, il est au saut Saint- Louis avec sa troupe. Le ig décembre, il annonce que les déserteurs et réfractaires de la division sont, depuis quatre ou cinq joiirs, en service sous le major Herse, à Lacadie.
Le 10 octobre, le lieutenant-colonel L.-R. Chaussegros de Léry est à vSaint-Constant, avec les milices de Boncherville' et de \'erclières. Le 26, on le voit à la bataille de Châteauguay, occupant la troisième position, d'après le plan du colonel de Salaberry. En décembre, il fut fait lieutenant-colonel de la division de Boncherville.
Le 17 octobre, à Laprairie, le lieutenant-colonel H. de Meuron-Bayard, commandant le régiment de Meuron, écrit qu'il a beaucuu]) d'officiers absents dans le moment.
M. Louis Bourdagcs, nommé lieutenant-colonel commandant la division de Saint- Denis (rivière Chamblv) en janvier 1S13, se trouvait le 2 octobre suivant, avec cinq cents hommes de ses troupes, au ruisseau de Noyers. " Pas de vêtements chauds.... Nous n'avions pas cru rester si longtemps en campagne," dit-il en terminant son rapport. Le 26 (jour de la bataille de Châteauguay), il est à la Petite-Côte, et réitère la demande d'une commission de lieutenant ou enseigne pour (son fils?) Raymond, âgé de dix-huit ans, qui sort du collège. Le 18 novembre, il est à Châteauguay, sa troupe manquant de souliers ; il dit que les scandales de désertions, qui ont eu lieu dans les autres corps, n'ont pas été imités par le sien, mais seulement que, rendus au village du bassin de Châteauguav, en octobre-novembre, ses miliciens se mirent à s'en aller chez eux pour prendre des hardes d'hiver, et que leur état faisait pitié.
Ordre général du 25 octobre : La division de Boncherville, commandée par le lieutenant-colonel de Léry, partira de suite pour rejoindre l'avant-garde à Châteauguay, où le major général Stover lui donnera des logements. Le même jour, ordre de se rendre jusqu'à La Fourche.
Le 26, jour de la bataille, ordre de Geo. Burke, major de brigade, daté de La Fourche : Le lieutenant-colonel Hughes, du corps des ingénieurs, aura la direction des bateaux sur la rivière Châteauguay. Par l'ordre général du 30, daté de la maison de Wright, les outils, etc., doivent être rendus à Hughes.
Ordre général du 29 octobre : Le piquet du deuxième bataillon de la milice incorporée, qui est à la quatrième position (du champ de bataille du 26), sous le major La Bruère, retournera à ses cantonnements. Les différents corps placés aux a\ant-postes reprendront leurs places aux abatis. Le troisième bataillon de milice de Montréal ira rejoindre l'artillerie roj-ale à la frcmtière du Bas-Canada.
Au sujet de la bataille du 26 octobre, M. W.-D. Lighthall, avocat, de Mcmtréal, qui s'est beaucoup occupé de l'histoire de la région de Châteauguay, nous écrit : " Quels
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pouvaient être les quatre-vingts hahitanls indiqués sur la carte de Bouchctte ? Les colons du voisinage étaient principalement des Ecossais que l'on avait formés en une compagnie sous les ordres du capitaine Wright, dont la résidence servait de quartier général avancé, l'n certain nombre de ces hommes furent emjjlovés au transport des provisions, etc., mais les autres, d'après la tradition locale, accompagnaient les troupes et se tenaient prêts à combattre, aussi dit-on qu'ils prirent pai't à la bataille du 26 octobre 1813." Ceci reste un problème à résoudre. Nous avons plusieurs renseignements qui établissent chaciin des contingents de cette journée, mais Bouchette est le seul qui montre les "quatre-vingts habitants." Doit-on penser qu'il a été induit en erreur pour avoir mal compris certaines explications ? C'est notre avis. Son témoignage n'est pas de première source, vu qu'il était loin de la région de Châteaxiguav au moment de l'action. Une autre circonstance contribue à faire douter de l'exactitude des cartes et plans : sur le dessin de la bataille que nous reproduisons, il v a, en arrière de la réserve, quatre pièces de canon — évidemment pour l'effet décoratif, car de Salaberrv n'avait ni canons, ni chevaux, ni artilleurs avec lui.
Le lieutenant Charles Pinguet dit, dans ses lettres sur la bataille : " Nous ne perdions pas de temps. Nos soldats ont tiré entre trente-cinq à quarante cartouches, et en si bonnes directions que les pinsonniers que nous fîmes le lendemain disaient que nos balles passaient à l'égalité soit de la tête soit de la poitrine. Notre compagnie seule s'est battu là environ trois quarts d'heure awant que de recevoir du renfort. La perte de l'ennemi a été d'environ cinq cents, tant tués que blessés et manquants. Nous en avons enterré envii-on un cent."
Les II et 12 novembre (dates de Chrysler Farm et de la retraite de W'ilkinson), la compagnie des fcncibics du capitaine Ferguson était retournée à l'endroit où de Salaberr}- avait repoussé Hampton le 26 octobre. \'oici ce qu'écrivait le lieutenant Pinguet : " Cette fois, nous avons tellement souffert du froid et du mauvais temps que plusieurs de nos hommes tombaient malades tous les jours. Pour moi, j'ai été obligé de descendre aux maisons avec des douleurs dans tous les os, mais j'espère que, si la campagne n'est pas finie, dans huit jours je serai capable de remonter." Cette lettre est du 21 novembre, et a dû être écrite au bassin de Châteaugua}-, par conséquent sans connaître que l'ordre général du 17 novembre appelait les troupes en quartiers d'hiver. Continuons de citer : " Le colonel de Salaberry a été bien malade ; mon vieux capitaine (Ferguson) est malade à Laprairie depuis trois semaines, et plusieurs officiers des voltigeurs sont aussi malades. Je crois à présent qu'un homme est capable d'endurer sans crever plus de misère qu'un l)on chien. Il y a bien des petites choses qui ponrraient se dire mieux que de s'écrire, mais tu verras par ceci, cependant, que les Canadiens savent se battre, car sur soixante-douze de notre compagnie [feiiciblr.s], qui étaient dans l'engagement du 26 octobre, il y avait plus de cinquante Canadiens, et qui n'ont pas été les moins fermes." Faisant allusion à Chrysler Farm, il ajoute : " Ce pauvre de Lorimier a été tué.... En lui, le régiment perd un bon officier, et plusieurs officiers un bon ami. Ils se sont battus en plaine, huit cents contre quatre mille, et nous, dans le bois, trois cents contre cinq mille. Notre bataille a duré depuis dix heures et demie du matin jusqu'à deux heures et demie de l'après-midi. Je t'assure qu'on est si occupé dans ces occasions-là que le temps passe \ite."
Le 2S octobre, de Salaberry date du champ de bataille l'ordre suivant, c|u'il remet au capitaine La ]\Iothe, pour le faire exécuter. Il nous semble que, dans la hâte du
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inoment, il a dû écrire 28 an lieu de 27, puisqu'il parle de la bataille de "la veille": " The officers, conimanding- the several nations of Indians, are directed to encourage the warriors in seeking after the scattered Americans who are lost in the woods, and to exercise niercy towards theni. The}- niust again be infornied of the reward which Government gives for each prisoner bronght in by theni. To the troops, it is unnecessary to reconimend the sanie line of conduct. The conimanding ofifîcer takes this opportunity to express to the officers and men engaged yesterday {26 octobre!], in repelling the attempt of the eneniv to force our positions, how much he was gratified in witnessing thcir gallant ardour and l)ravery throughout the engagement yesterday, which lasted from half after ten o'clock till half after two, and which ended in the enemy — six thousand strong — being obliged to rcturn to his positions, with the loss of nianj- men killed, wounded and prisoners." Signé : Ch. de Salaberry, lieutenant-colonel.
Ofïrir une récompense aux Sauvages pour les prisonniers qu'ils feront, c'est les inciter adroitement à ne tuer personne, et ce trait d'humanité du commandant canadien mérite sa place aux pages de l'histoire.
La liste suivante paraît s'appliquer à toutes les campagnes de 1S12-15 : " Liste des vSanvages du Sault Saint-Louis, tués ou blessés dans la dernière guerre avec les Etats- Unis : Jacques Atoken, né en 176S, blessé; Maurice Ahentagen, né en 1769, tué; Joseph TuSegati, né en 176g, tué; Laurent AtsiSa, né en 1779, blessé et mort; Louis KanenharegoSa, né en 1771, blessé et mort; Jos. -Daniel Arhakentiage, né en 1755, blessé et mort; Alexis, mort en service, de fatigue, etc., né en 1755; Satigaimton, tué ; Otasa Katerakis, tué ; Ignace Arriwagen, blessé ; Jean-Baptiste AsaregoSa, né en 1771, blessé. vSault Saint-Louis, 5 février 1824. Signé: Joseph Marcoux, prêtre."
Nous empruntons cette pièce aux papiers du capitaine La Mothe, dont la correspondance est riche en renseignements sur la guerre de 18 12-15.
Le capitaine Pierre Ostigny, écrivant de la Pointe-Olivier (Saint-Mathias) le 30 octobre, adresse à son chef, le lieutenant-colonel James Finlay, du bataillon de milice sédentaire des Cantons de l'Est, alors au ruisseau des Noyers, une longue lettre disant que les hommes de ce corps vont s'agiter derechef, et probablement se ré\-olter, parce que les fournisseurs des troupes les trichent sur tout.
Le lieutenant-colonel Joseph-]\Larie de Tonnancour était au ruisseau des Noyers, à Lacadie, le 2}, novembre, avec la milice d'Yamaska ; il y était arrivé le 16 au soir, avec quatre cent quarante-huit hommes, étant parti le 11 avec son bataillon: mal vêtus, pas de chaussures, chemins affreux. De Tonnancour est malade.
Dans une lettre du 10 décembre, le docteur François Blanchet dit que Germain Courcy, de Sainte-Aune-du-Sud, en bas de Québec, " blessé d'une poste (chevrotinel à la bataille des Fourches, en haut de Châteauguav," n'a plus qu'une douleur dans le jarret, et qu'il est à Québec.
La lettre suivante est d'un officier canadien-français, brave et habile, l'un des plus écoutés à cette époque. Il avait rorthographe de plusieurs grands capitaines : " Colonele, nous a\ont hut Le 24 le 26 V, Levinhuit une engagemant avecque Lenemis Stanislas Vassal sais trais Bient conduit antoutte Ockassiont je le considaire un vraix guerrier E un des zome an quis jais le plus de Confianse. je Lais rasportey telle à Sont exCelanse Eau Chevalier jhonsone (surintendant des Sauvages) san blaBle niant a M de Chant Baux jais toute confianse anluis plus que daut tout autre. Le Colonele Heriotte E le
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Majore hinquoque (Hancock) sont de nias niainic oppiniont. Croyé moi avec tout respaix possible, votre obéissant serviteur. — Si X'alier Mailloux, capitaine j y département. Bottonvillc, 29 juin 1S14." Stanislas était un métis abénakis de Saint-Françoi.s-du-Lac, qui avait de l'inslruclion. Les lettres y\4^, ou plutôt i g sont là pour Indian (prononcez Indiang) Depar/meiit.
Le lieutenant Daniel de Hertel, des voltigeurs, sen-it durant toute la guerre et combattit à Clirvsler-F'arm sous le colonel Heriot, du même corps. Il résida ensuite à Argenteuil, d'où il écrivit en 1S16 une lettre demandant le grade de capitaine dans le bataillon d'Argenteuil, pour remplacer le capitaine Jeremiali Meacham, " de la compagnie du Ridge, qui a déserté durant la guerre." M. de Hertel avait de l'instruction. Il vivait encore en 1S48, puisque son nom est dans la liste des médaillés de cette époque.
L'adjudant-général Baynes (armée régulière) dit, dans un ordre général du 4 novembre, que " sir George Prévost est des plus fiers de pouvoir déclarer hautement à la loyale et brave milice du Bas-Canada, qu'elle a montré un zèle et xme ardeur remarquables en volant à son poste de combat, et une patience et une fermeté dignes d'éloges à cette saison difficile de l'année. La solidité et la discipline ont été parmi leurs autres qualités une chose commune, et l'indomptable bravoure de six compagnies qui ont combattu comme un seul homme, volontaires et fencibles, sous la direction immédiate du lieutenantcolonel de Salaberry, a repoussé avec honneur une armée envahissante de vingt fois leur nombre. Cela est à la gloire du nom canadien."
Sir George Prévost comptait si peu sur la marche en avant de \\'ilkinson qu'il regardait l'aflfaire de Châteauguav couime terminant la campagne. Le 4 novembre, dans un ordre général, il permet à la milice sédentaire de rentrer dans ses fovers " si l'ennemi cesse d'avancer."
Un journal de Plattsburg du 31 octobre explique comme suit la bataille de Chatauga : "L'armée de Hampton ayant pénétré à peu près vingt-cinq milles en Canada, emporta un retranchement de l'ennemi à la pointe de la bayonnette (c'est l'abatis en avant de vSalabcrry) et livra une bataille déterminée contre les Sauvages et les Anglais ; elle eut vingt hommes tués et blessés et quinze ou vingt manquant à l'appel après cette affaire. Elle chassa complètement l'ennemi devant elle — puis retourna à Châteauguay (Four-Corners). On rapporte que les Anglais ont perdu deux cents hommes dans cette rencontre. On ajoute que le but de la campagne est entièrement atteint. Sir George Prévost, avec son armée, a été refoulé sur Montréal. Le secrétaire de la guerre (Etats-Unis) et le général Wilkinson n'ont pas été dérangés dans leurs opérations contre Kingston." Tout ceci est à l'inverse de la vérité. Le prétendu triomphe de Hampton était une défaite inouïe ; la quiétude de ^\'ilkinson n'était que le prélude d'une déconfiture.
Le Mercuiy, de Ouébec, 30 novembre 1S13, cite une gazette de Burlington du 6: "L'armée américaine du Nord (Hampton) est retournée à Four-Corners (Chatauga) après une escarmouche (la bataille de Châteauguav) avec l'ennemi au fleuve Saint-Laurent. Plusieurs rapports circulent au sujet de cet engagement, mais on n'en connaît pas les détails.... La croyance publique est que le général Wilkinson se dirige sur Kingston et que le dernier mouvement du général Hampton avait pour but d'attirer l'attention de l'ennemi d'un autre côté, afin de permettre à Wilkinson d'opérer librement." La vérité est que Wilkinson marchait sur Montréal et ne savait rien de la défaite de
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Hamptoii qui le laissait eu l'air. Le lendemain de Chrysler F'arni, lorsqu'il apprit que Hamptou avait été battu, il rentra aux Etats-l'uis.
Le Merciii-y, de Québec, du 9 novembre 1S13, dit: "La retraite de l'armée du général Hampton de la province est un acte de prudence. D'après la réception que lui ont donnée nos miliciens, il a compris ce qui l'attendait en pénétrant plus loin. Cette seconde invasion manquée le guérira, sans doute, du désir de recommencer. Lorsque les Américains s'apercevront que nous sommes aptes à utiliser, dans la défense du Canada, les ressources naturelles cjuc présente cette contrée sous le rapport topograpliique et stratégique, ils verront bien cjuc nous pouvons nous y défendre. Le courage est une des conditions requises — et il ne manque pas. Cette leçon étonnera les gens habitués à la guerre en pays défriché." Deux jours après, arrivait l'affaire de Chrysler Farm, où Wilkinson fut repoussé, mais sans perdre les forces qui lui permettaient de marcher sur Montréal ouvert de tous côtés ; seulement, il apprit, le 12, ce qu'était devenu Hampton, et rentra aux Etats-Unis par vSaint-Régis.
Dans la marge d'un bordereau de paye de 1S14, qui est au département de la milice, on voit, tracé au crayon, un résumé conçu dans ces termes : " Pour la durée de la guerre, Bas-Canada, trente-six morts et quarante blessés, dans les voltigeurs, le 3*^ bataillon, les chasseurs, les voyageurs."
Sur une grande pancarte placée près du monument de Salaberry, érigé à Chambly en 1S79, on lisait: "Salaberry, Heriot, Globensky." Sachons d'abord que Heriot n'était pas à la bataille de Châteauguay, et que ni l'un ni l'autre des deux frères lieutenants Globensky ne paraissent y avoir pris part, mais ils ont reçu la décoration dite " Châteauguay " parce que, de même que Heriot, ils servaient dans le district de ce nom. Comment a-t-on fait pour oublier O'Snllivan, Hebden, La Mothe, Ferguson, les deux Juchereau-Duchesnay, Longtin, Daly, Bruyère, Lécuyer, etc., tous les premiers hommes au fort de la bataille ? L'histoire est en risque de décerner ses hommages d'une façon assez étrange, car elle se basera peut-être sur les comptes rendus de cette fête de Chambly pour immortaliser des " survenants." Nous tâcherons d'y mettre bon ordre.
Liste des officiers qui ont pris part à la bataille de Châteauguay :
Lieutenant-colonel : George Macdonell. Capitaines : Joseph-ALaurice Lamothe, du département des Sauvages ; James Wright, commandant les volontaires de l'endroit ; Philippe Panet, i" bataillon de Québec; J. Robertson ; Louis Juchereau-Duchesnay; Jean-Baptiste Juchereau-Duchesnay; Charles Daly, bataillon des Trois-Rivières; J. ]\Iailloux, y"-' bataillon, Deschambault ; Pierre Encan, bataillon de Vaudreuil ; Dominique Ducharme ; G. R. Ferguson, à&s, Jenciblcs ; P. -Dominique Debartczh, 5'' bataillon (chasseurs); Louis Lévesque, s*" bataillon ; Gamelin Gaucher, 2" bataillon ; Benjamin Lécuyer, voltigeurs. Lieutenants : Benjamin Schiller, 3*" bataillon, Trois-Rivières ; Neil Morison ; B. Delisle, 2^ bataillon ; Louis-B. Pinguet, 4'" bataillon ; John Hebden, voltigeurs ; Louis Guy, voltigeurs ; J.-H. Power, s'' bataillon ; W.-D. Johnson, voltigeurs.
(3fficiers de la division de Beauharuois :
Lieutenants-colonels : S.-R.-C. de Léry, Paul Lacroix. ?kIajor : Edme Henry. Capitaines : J.-B. Bruyère, Etienne Pineau, Joseph-]\Lirie Longtin, Alexandre Sauvageau, Charles Archambault, Basile 1 amarque, James Mills. Lieutenants : Nicolas Bulteau, Jean-Louis Cérat, Michel O'Snllivan. Enseignes: J.-B. Vian, Louis Julien, Pierre Boyer, Aniable Foucher, J.-B. Gastien. vSergent quartier-maître : Pierre Dandurand.
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On a fait circuler dans les journaux un discours que le colonel de Salaberry aurait adressé à ses soldats a\ant de connuaniler le feu, le matin de Châteauguay. Il aura sa critique ici : " \'oltigeurs ! l'aruiée américaine est sur nos talons, mais il faut l'arrêter dans sa marche ou mourir. One chaque halle abatte un ennemi, et malheur à celui qui manquera ou perdra sa pondre, car mon sabre lui fera sauter la tête ! Clairons ! faites un bruit d'enfer, afin que les Américains nous croient en grand nombre et qu'ils sont tombés dans une embuscade. Officiers ! faites votre devoir. Ordonnez à \os soldats de faire un feu roulant, et vive la vieille Angleterre ! '"
La coutume française de haranguer les troupes au moment d'en venir aux mains avec l'ennemi, ne paraît avoir été pratiquée par aucun commandant depuis qu'il y a des guerres en Canada. Il n'existe aucune trace de cette manière d'agir. En ce qui regarde Châteauguay, les narrations si précises, si complètes des deux témoins oculaires^ Michel O'Sullivan et Charles Pinguet, n'en disent mot. Remarquons aussi que les cinq cents hommes en question étaient dispersés sur un mille de profondeur avec un demimille de front. La forme de la bataille écarte toute idée d'une improvisation de ce genre. Napoléon lui-même, qui s'en montrait prodigue, adressait ses paroles aux troupes par le moyen de papiers imprimés que chaque colonel, quelquefois un sergent, lisait dans les corps, avant d'ébranler ceux-ci. L'existence du morceau littéraire ci-dessus, assez ampoulé d'ailleurs, semble d'une origine fort douteuse. Xous aurions besoin de bonnes preuves pour y croire. C'est évidemment une composition de collège.
" \'oltigeurs ! " s'écria-t-il. Pourquoi les voltigeurs et non pas les autres, qui étaient huit fois plus nombreux ? " Mon sabre lui fera sauter la tête." Tout cela pour avoir manqué un coup de fusil ! Tamerlan parlait de la sorte, s'adressant à des barbares. Les chrétiens n'ont pas de ces allures. " Clairons ! faites un bruit d'enfer ! " Ces paroles nous remettent en mémoire le bon nègre Soulouque I", empereur d'Haïti, clamant d'une voix forte : " Tambours, l'onlez ! " Pas de roulement. Le tambour-major, interpellé, répond en son langage naïf : " Ti dis tambous oulez ; pouquoi ti dis pas tambous oulez, si ous plaît ? " A la fin arrive le bouquet : " \'ive la vieille Angleterre ! " Ces quatre mots signifient peut-être : " Hourrah pour les Canadiens ! "
Nous avons connu plusieurs des combattants de Châteauguay qui appartenaient aux voltigeurs et aux fencihles, soit les deux compagnies près desquelles de Salaberry s'est tenu le plus longtemps toute cette journée. Ils nous ont fourni d'abondants détails sur l'afïaire, et cela est consigné dans nos notes prises au fur et à mesure de ces conversations. Aucun d'eux n'a fait allusion à un discours quelconque, mais le sergent Charles Burke (Canadien-Français) nous a raconié, en 1860, ce qui suit : " Le colonel avait l'œil partout. En voyant un soldat qui épaulait son arme, il se plaça derrière celui-ci pour juger du tir. Le coup partit. L'homme visé resta debout. " C'est-y pour ça que tu es venu ici, Jérôme?" lui dit le colonel d'un air bourru. Il savait nos noms par cœur. Lorque Izard monta par le chemin, pour nous prendre en flanc, le colonel passa tranquillement derrière notre compagnie et on l'entendait dire tout haut, comme s'il était agacé : " Bravez, mes damnés ! bravez ! si vous ne bravez pas, vous n'êtes pas des hommes ! " Ensuite, lorsqu'il monta dans un arbre pour voir ce qui se passait à la rivière, il criait à nos gens : " Tirez pas tous ensemble !.... Laissez avancer le capitaine Dal}- !.... Ça, c'est mieux. Continuez !.... "
Combien plus cette description est naturelle ! et à quoi sert d'imaginer des phrases qui ont l'air de dire : " Soldats ! contemplez les pyramides pendant quarante siècles ! "
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Charles Godefroy de Tonnancour, dit le Chevalier, selon la coutume des familles nobles du temps, qui faisaient porter ce titre à leurs cadets, était assistant-adjudant général des milices du Bas-Canada. Il descendait de Jean Godefroy de Lintot et de Tonnancour, anobli en Canada vers 1670, aussi la lettre dont nous donnons le texte ci-après est-elle fermée par un cachet de cire rouge portant l'empreinte des armes que l'intendant Talon avait fait accorder à Jean Godefroy: une épée posée en pal, au centre de l'écu, ayant un croissant de chaque côté. L'épée représente la vaillance de Godefroy et de ses enfants; le croissant est emprunté aux armoiries de Talon. L'écriture est élégante, mais ne manque pas de fautes d'épellation, comme la plupart des lettres de cette époque :
" Chambly, 20 juin 1S14. Mon cher monsieur. J'ai été ordonné de \enir me mettre ici sous les ordres du Général de Rottenburg depuis lundi dernier. J'en suis des plus charmé car cet endroit ici est dans ce moment des plus agréables. Tout le Staff est ici, ainsi que le Quartier Général qui y est établi depuis deux jours. Son Excellence est arrivé d'hyhaire au soir avec sa suite ; il vient de faire une tournée Générale qui a été l'inspection de tous les postes. Il y a un Grand Fiekl day demain au soir. Il y a environ 4,500 hommes ici tant qu'en troupes que milice, qui sont le S'' Regt, l'Ele Gauche des Murons (Telle droite étant depuis six jours à Lacadie) six compagnies de chaque du i", 2^ 3", 4'' Bataillon Milice, deux Brigade d'artillerie Royale et deux de Cavalerie. J'oubliois les Chasseurs Canadiens qui sont fort de 500 hommes. M. le Député Taschereau n'est pas encore arrivé ici, mais nous l'attendons aujourd'hui. M. Deschambault, O. M. G., est après débouché un Chemin qu'il avoit bouché l'anné dernière qui est vers le Hault de Lacadie. 11 arrange le Chemin de sorte a faire passer la Cavallerie. Il est générallement crus d'après le mouvement des Troupes que nous irons attaquer l'Ennemie sous peut. Je ne puis vous donner aucune information au sujet du Département car depuis que je suis ici je n'ai entendu parler de Rien.
Signature : Ch. Chevalier de Tonnancour. "
Sir George Pre\-ost avait conçu le projet de porter la guerre dans l'état de New- York, en passant par le lac Champlain et détruisant la flotte américaine à Plattsburg. On sait qu'il fut repoussé, de sorte que la fin de ces quarante mois d'hostilités fut un désastre pour nous.
Le 8" régiment, ou Régiment du Roi, avait constamment servi dans le Haut-Canada. Les ]\Ieurons n'avaient guère quitté la ligne de la rivière Chambly depuis l'automne de 1S13. Les chasseurs canadiens, ou 5'' bataillon de milice d'élite, appartenaient à la région de Beauharnois, Saint-Philippe et vSaint-Constant. Il y avait donc comme Anglais, dans cette armée, le 8'' régiment et les artilleurs royaux — peut-être également la cavalerie — soit les deux tiers dii tout.
Les Meurons, composés de Suisses, de Français et de Polonais, étaient au service de l'Angleterre depuis quelques années déjà. Ils avaient été pris par Napoléon, désarmés et renvoyés en Angleterre sur leur promesse de ne plus servir contre la France. Equipés et armés de nouveau, ils arrivèrent à Québec au commencement de juin 1S13 et, après avoir pris quelque repos, furent dirigés du côté de l'Ile-aux-Xoix. Il est probable que tout le régiment n'était pas à Chambly en juin 1S14. Une bonne partie devait être détachée en piquets le long de la frontière. Les ]\Ieurons et les Watteville parlaient français.
Le colonel J.-M. Godefroy de Tonnancour, qui commandait le bataillon d'Yamaska en service actif l'automne de 1S13, était le père ou l'oncle du Chevalier. Il avait une
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large instruction et représentait le t^■ Nous avons de lui deux lettres dans 1< sautes, les souffrances de ses soldats n des chemins horribles et songeant à L
e de l'aueieune noblesse : dignité et courtoisie. ■^(|uelles il jx'iut, avec des expressions attendris- :il vêtus, sans bonnes chaussures, marchant par urs familles qu'ils ont abandonnées aux prises
avec la misère, car presque tous sont pauvres, ajoute-t-il.
Pierre Beaupré (voir page log), ingénieur civil demeurant à Sorel en 1S12, était père de dix-huit enfants, dont quatorze vivaient encore ; trois filles : ]\Iarie-Anne, épouse de IM. Gauvreau ; Sophie, mariée à M. Poitras ; Séraphiue, mariée à M. Fortin ; onze garçons : Pierre, Etienne, François, Joseph, Charles, Jean-Baptiste, David, Prisque, Alexandre, Amable-Edouard, Louis, sur lesquels dix entrèrent dans le service militaire eu 1S12 ; en plus, l'un de ses gendres s'enrôla également. Ce vide du foyer domestique paraît l'avoir préoccupé, avec raison, plus que tout auti'e, et le porta à compo.ser une chanson qui n'a pas été imprimée, mais que l'un de ses petits-fils, résidant à Kingston, conserve avec soin parmi ses .souvenirs de famille. Nous la donnons sans y changer un iota :
Je suis Père infortuné D'une grande famille Etant seul je veux chanter Pour dissiper mes ennuis De mes enfants délaissés Secourant la Patrie Tous au service du Roi Les noms sont comme suit :
Pierre il te faut marcher L'ainé des dix-huit Les autres sont à l'armée Vole donc à leur suite A la tête d'un convoi Fait paraître ton zèle Montre l'ardeur et l'exploit Et sois leur modèle.
Etienne je vois passer Sergents et quartier maitre D'une brigade effarée Dont tu te fais fête Que Dieu conserve ta vie Dans tous tes voyages Fait frémir les Bostonnais C'est la ton partage.
F'rançois mon troisième fils Ou donc est ta retraite Est tu mort ou en vie Que je suis inquète Ton courage pour le Roi Sera comme je le crois Et après la conquête Tu seras récompensé.
Joseph ton besson N'a pas 'e même avantage Interprète des Hurons Et des autres sauvages Dans plus d'un endroit Rencontrant des précipices Il est fidèle a son Roi Lui rendant des services.
Pauvre Charles si tu revient Joindre ton vieux Père Jette ta caisse au fin fond De la grande Rivière Viens soupirer avec moi Et conserve ta vie Nous crierons vive le Roi Quand tu seras guéri.
Pauvre gendre prisoiniier t'n ancien Capitaine Officier de Sa Magesté Oui je ressens de la peine D'un vaisseau autrefois Soumis à tes ordres Exécutant les exploits Tu obéissais aux ordres.
Jean Baptiste son compliment Six mois dans la Milice Six enfants t'as emmenés Depuis a Morris Creek Tous d'un joyeux entrain En disant dans le refrain Vive le Roi vive le Roi Je crois que je suis quitte.
David son compliment Rendu a Kingston Travaille aux bâtiments Comme les autres hommes En m'informant de toi .\ussi de ta famille Sois fidèle au Roi Le reste de ta vie.
Prisque aujourd'hui content
De quitter L'.^cadie
.\vec hardiesse il alla au camp
Pour y frapper l'ennemi
Il partit sans différer
.\u service du Roi
Puis il revint en homme
Charpentier a Kingston.
Amable Edouard est parti Dans le mois de Mai .A Kingston il se rendit Charpentier de Navire C'est là qu'avec grande joie Et sans aucune crainte Il nargue les Bostonnais Jusque dans leurs enceintes.
Cher petit Louis mon ilernier Ah que tu es jeune Dans ta treizième année On t'a vu midshipnian A York on t'a vu dit on Avec beaucoup d'audace Montrant ton hardiesse Défendre ton canon.
S'ils revenaient tous vivants Pour moi que de gloire Je courrais vite au camp V chanter la victoire Quoique passé soixante ans Je partirais sans peine J'aurais le commendement Comme un vieux Capitaine.
Vous qu'on nomme grand guerrier Lieutenant Capitaine ou Tout autre officier Et Gouverneur même Pouvez-vous montrer Dans tous vos domaines Onze enfants dans l'armée Combattant avec zèle.
L'auteur de ces couplets mérite une place daus l'histoire de la milice du Canada, à côté de ses courageux enfauts. Nous savons qu'il mourut en 1S16. Il paraît avoir été le petit-fils de Pierre Beaupré, maître-serrurier aux forges Saint-Maurice, et, ce qui est plus curieux, frère ou cousin d'Antoine Beaupré, des Trois-Rivières, qui, se trouvant à Paris le 5 mars 1793, en plein sous le régime de la Terreur, prononça un discours, dans un café de la place du Louvre, où il prenait Robespierre à parti et déclarait que le meilleur gouvernement pour la France serait une bonne imitation du système de la Grande-Bretagne. Louis XVI étant mort sur l'échafaud, Beaupré demandait la restauration du dauphin avec gouvernement constitutionnel. Il fut arrêté sur-le-champ et conduit à la guillotine.
George-Richard-John McDonell, appelé familièrement Red George, avait commencé à servir comme lieutenant au Loyal Brittsh Fencible Infaniry en 1794, en /Angleterre; au 55*^ régiment, en Hollande, 1799; au S^ à la Nouvelle-Ecosse et au Canada, icSos. En 181 2, on le chargea de lever les Glengary Ligitt fiifantry Fencihies, et il en fit un corps modèle, ce qui lui valut le grade de major. Le 24 février 1S14, on le nomma lieutenant-colonel et inspecteur d'état-major. Il partit pour l'Angleterre en octobre 1816.
Le bureau de la guerre, à Londres, décora les officiers qui s'étaient distingués aux colonies durant la guerre, mais laissa de côté Salaberry parce qu'il n'y avait rien, dans les rapports de Prévost et de Watteville, qui pût éclairer le ministre sur son compte. Le lieutenant-colonel George McDonell {Red George), étant à Londres l'hiver de 1S16-17, eut occasion de converser avec les autorités militaires, et leur révéla non seulement la prise d'Ogdensburg, qu'il avait accomplie le 23 février 1813, mais aussi la victoire de Châteauguay. Prévost était alors décédé. McDonell écrivit à de Salaberry, qui l'autorisa à parler en son nom. Par suite, tous deux furent créés compagnons de l'Ordre du Bain. Le décret qui les nomme est daté de Whitehall, palais du roi, le 5 février 181 7, et porte dix-neuf noms d'officiers militaires décorés de la même croix ; sur ce nombre, il s en a deux qui avaient fait les campagnes du Canada : les lieutenants-colonels Francis Battersby et George Taylor.
Le lieutenant-colonel McDonell demandait davantage. Voici la lettre que le bureau de la guerre de Londres lui adressa le 27 mars 1S17, à Edimbourg, où il se trouvait: " Je suis chargé, par Son Altesse Royale le prince régent, de vous dire que le titre de compagnon de l'Ordre du Bain vous a été décerné à cause de vos services distingués à Ogdensburg, mais, comme il n'a pas été frappé de médaille comniémorative de cet événement,, il est impossible de vous faire part d'une telle marque de distinction. Considérant les circonstances, toutefois. Son Altesse Royale prescrit que l'on vous donne une médaille pour l'affaire de Châteauguay. — Signé : H. Torrens."
Cette médaille était en or, dit-on. Il est bien certain qu'elle n'avait pas été frappée à l'occasion de la victoire de Châteauguay, puisqu'il n'y a jamais eu de " médaille de Châteauguay." Ce devait être ce que l'on nomme une pièce comniémorative, destinée à prendre place dans un cabinet ou musée, ou bien encore sur une table de salon. Les souverains indiquent ordinairement les phases remarquables de leurs règnes par des médailles qui ont une forme spéciale — témoin celle que l'on distribue en ce moment, à Londres, durant le jubilé de la Reine. Celle qui fut accordée au lieutenant-colonel McDonell était probablement un souvenir des guerres de 1793-1815.
Dans un état de ses services, que le lieutenant-colonel McDonell soumit au bureau de la guerre, à Londres, le 28 juillet 1817, il dit: "Je commandai le i" bataillon
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léger canadien (Firsl Canadian Liglit Batlalion) à la bataille de Cliâteauguay, et commandai en second toutes les troupes emplo}-ées dans cette affaire." Quel est ce i" bataillon d'infanterie légère ? Nous n'avions pas de corps de ce nom à Châteauguay, et il n'y avait là que de simples compagnies, pas de bataillon. An bureau de la guerre, on ne pouvait pas contrôler le dire de McDonell. Nous le pouvons, heureusement.
Le lieutenant-colonel William-F. Coffin, dans son livre: The luar and ils 7noral (page 263), dit que George McDonell {Red George) était un homme de capacité, et que Prévost fit bien de l'envoyer à de Salaberr}-. Le bataillon que IMcDonell avait exercé et qu'il commandait, à Kingston, lorsque Prévost le passa en revue, le 20 octobre 18 13, était composé de Canadiens-Français, remarque le lieutenant-colonel Coffin. Ils étaient six cents hommes et parcoururent cent soixante-dix milles par eau et \ingt par terre, de Kingston à Sainte-Martine, avec une célérité qui parut incroyable.
Nous savons comment McDonell arriva, seul, auprès de Salaberry, la veille de la bataille de Châteauguay, et qu'il y resta le lendemain, au poste qui lui fut assigné (voir page 35 du présent volume) avec Debartczh, Lécuyer et Lévesque. Lor-sque Dal}' et Bruyère se mirent en devoir de repousser Purdy sur le flanc gauche de Salaberry, celui-ci accourut près de AIcDonell et agit comme commandant, de sorte que IVIcDonell ne 'oougea point de la journée. L'importance qu'il se donne, dans son mémoire du 28 juillet 181 7, adressé an bureau de la guerre, tend à lui faire prendre la place de Daly, Bruyère, Duchesnay, Longtin, Dnchanne, Panet, Schiller, qui combattaient en avant de lui, pendant qu'il ne brûlait pas même une cartouclie et que de Salaberry donnait des ordres sous ses yeux.
Lorsqu'il s'est agi du monument de Châteauguay, il y a deux ans, certains journaux ont commis tous les excès de fanatisme en proposant d'écrire les noms de Prévost et W'atteville au-dessus de celui de Salaberry, comme pour faire maudire, encore une fois, ces deux hommes par les descendants des vainqueurs du 26 octobre 1813. Il s'est fait des cabales, à part cela, pour qu'on adopte les noms de McDonell, Hériot et quatre ou cinq autres, à peu près tous étrangers à la bataille en question. Personne n'a proposé les noms des véritables auteurs de cette glorieuse journée. Le parti pris de pousser à la réclame et de travestir l'histoire était si visible que les gens sages demandèrent de laisser la colonne sans la mention d'aucun officier. Il va de soi que de Salaberry ne se trouve pas oublié à cause de cela. Son prestige existait avant la colonne et il lui survivra, car l'histoire écrite brave les siècles, tandis qu'un monument de pierre s'en va après quelques années.
" Louis de Watteville, officier suisse et major général dans l'armée anglaise, commandait la garde avancée à Châteauguay, où il se distingua," disent les écrivains qui prennent au sérieux les rapports de cet officier et ceux du gouverneur Prévost. Tonte l'histoire a été un coup monté par ces deux hommes. Watteville avait bien un grade supérieur à de Salaberry, mais il n'en a fait usage que pour embarrasser ce dernier. Lisez notre récit de la bataille, vous y verrez les courtes apparitions de Watteville sur la rivière Châteauguaj-, où il se rendait uniquement pour dire que l'ennemi n'avançait pas. De plus, il laissait les hommes de Salaberry manquer du nécessaire et il ue leur envo}-a point les renforts de cent, deux cents et six cents soldats qu'il gardait avec lui en arrière. On est allé jusqu'à prétendre que le bataillon, arrivé la veille du combat à l'entrée de la rivière des Anglais (La Fourche I, avait secouru de Salaberry an milieu de sa résistance contre Hampton, tandis que, au contraire, il a été retenu par Prévost
et Watteville. S'explique-t-on à présent que ces deux personnages se soient attribués, vis-à-vis du gouvernement britannique, l'honneur du succès, et que dans les proclamations adressées au peuple du Canada ils aient couvert d'éloges de Salaberry dont ils ne pouvaient pas impunément dérober la gloire en face de centaines de témoins ; mais, ces proclamations, ils les publiaient pour nous seuls, se gardant bien de les envoyer en Angleterre.
Il est bon, après tout, que le fanatisme, aveugle comme il l'est toujours, soulève de pareilles questions, puisque cela provoque l'examen des gens instruits qui, alors, expriment tout haut le résultat de leurs connaissances. L'un de ceux qui ont le mieux répondu à ces manifestes de la passion est M. William Kingsford, un écrivain de haute valeur qui vient de nous donner, en plusieurs volumes, le fruit de ses études sur l'histoire du pays. Nous le citons, en abrégeant de beaucoup ses réflexions qu'il faut lire dans l'original pour avoir toute la portée de ses jugements :
" Je ne connais pas, dans l'histoire militaire, de production empreinte de plus de mauvaise foi que la dépêche du gouverneur Prévost en date du 31 octobre 1813. On se demande, tout d'abord, pourquoi c'est lui qui l'a écrite et non pas de Salaberry qui commandait et que l'on relègue absolument dans une situation inférieure. Il est nécessaire de rapprocher cet acte de Prévost avec sa conduite à Sackett's-Harbour. L'insuccès qui résulta de ses propres ordres, en cette circonstance, retombe sous sa responsabilité, mais il voulut se mettre à couvert en obligeant l'adjudant général à rédiger le rapport de cette action, se bornant lui-même à son devoir officiel qui consistait à expédier la pièce en Angleterre. Dans l'affaire de Châteauguay, il s'appropria le mérite de Salaberr}^, auquel il n'avait pas l'ombre d'un droit." (Kingsford : History of Canada, III, 369).
En 1S47, le parlement britannique accorda, aux hommes de la milice canadienne ayant vu le feu durant la guerre de 181 2-1 5, la médaille que l'on frappait en ce moment pour les troupes anglaises qui avaient assisté à des batailles, soit en Europe ou ailleurs, de 1793 à 1814. Cette médaille en argent est la même pour tous, sans exception de grade. L'agrafe placée sur le ruban indique la raison de la récompense : " Détroit," " Chrysler-Farm," " Châteauguay." Il n'y a pas de médaille de Châteauguay, c'est l'agrafe, proprement dite, qui établit la distinction entre les trois catégories. Sur la face de la médaille est la tête de la reine Victoria, avec le millésime 184S. Au revers, la reine est debout, couronnant un guerrier placé le genoux en teiTC ; au dessous est écrit " 179^-1814." Le ruban est rouge à bordure ou liséré bleu-vert. Par un ordregénéral du 2 s août 1847, ^^ gouvernement canadien fit appel aux miliciens qui pouvaient réclamer cette décoration.
Les officiers et les soldats qui avaient combattu dans les régions du Détroit, de Chrysler-Farm, de Châteauguay, et qui survivaient en 1S4S, reçurent cette médaille. Voyons la liste de leurs noms :
Détroit. — Ce mot signifie toute la région du Haut-Canada qui avoisine le lac Saint- Clair et la rivière Détroit : — Antoine Baron, J.-B. Bruneau, J.-B. Bertrand, Antoine Bertrand, J.-B. Bernard, Augustin Bastien, J.-B. Constantineau, Pierre Cassidy, Thomas- V. de Boucherville, J.-B. Deneau, Jacob Delacampe, Charles Portier, Joseph Graveline, Pierre Larose, Joseph Langlois, J.-B. Laliberté, John Lamarche, François Mélodie, Isaac Parent, Louis Perrault. Ces vingt hommes appartenaient à la milice d'Essex.
Louis Corbier, Louis Fontaine, Joseph Lecomte, J.-B. Lachapelle, Pierre Pelletier, étaient de la milice de York.
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Samuel Portier et James P'ortier étaient de la marine militaire provinciale, probablement sous les ordres de l'rédéric Rolette, qui reçut un sabre d'honneur pour sa belle conduite dans huit ou dix engagements sur le lac Erié.
Les vingt-sept Canadiens ci-dessns vivaient encore en 1848, et formaient à peu près le quart de tous ceux qui reçurent la médaille du Détroit.
Durant les quarante mois de la guerre ils furent constamment en alertes, et soutinrent plus d'attaques, de la part de l'ennemi, qu'aucune autre milice du Haut comme du Bas-Canada.
Dix-neuf Canadien.s-Français reçurent la médaille de Chrvsler-Farm et, sur ce nombre, il y a dix voltigeurs.
Citons d'abord le soldat John Saint-Etienne, des voltigeurs, qui eut deux médailles, ou plutôt deux barres d'argent, l'une poiir Détroit et l'autre pour Chrysler Farm.
Les voltigeurs médaillés de Chrysler-Farm sont : le lieutenant Daniel de Hertel, les sergents Louis Langevin, J.-B. Megret, François Thérien, les soldats Antoine Béliugue, Marcel Morency, Pierre Piché, Louis Pelletier, Jean-Olivier Parent.
Il y avait aussi Joseph et Régis Langevin, Jacques Gendron, J.-B. Lapierre, Barthélemi Morin, Joseph Plamoudon, et le sergent J.-B. Portugais, qui devaient appartenir à la milice d'Essex, mais le nom de leur corps n'est pas mentionné.
De la milice d'Essex, il y eut Paul Bélair et Jacques Beaudoin décorés pour Chrvsler-Farm.
Le va-et-vient des troupes, depuis IMontréal jusqu'au Détroit, durant les années 1S12 et 1S13, principalement cette dernière année, entraîna des miliciens du Ba.s-Canada jusqu'à Kingston, des bandes de Sauvages de Caughnawaga et du lac des Deux-Montagnes jusqu'au lac Erié, et des voltigeurs un peu partout.
A Beaver-Dam, derrière Sainte-Catherine, en juin 1S13, Dominique Ducharme, avec sept ou huit Canadiens et trois cents Sauvages, captura cinq cent cinquante Américains, deux canons et deux drapeaux. Vers le même temps, cinq compagnies de miliciens du Bas-Canada se couvraient de gloire à Sackett's-Harbor, situé à l'entrée du lac Ontario.
Les voltigeurs avaient été dispersés sur tant de points de la frontière, qu'on les rencontre dans la plupart des engagements qui marquèrent cette année mémorable. De Salaberrv n'en avait que quatre-vingts sur la rivière Chcâteauguay, au moment où Hampton marchait contre lui.
Dans la liste du bureau de la milice, il v a les officiers, sous-officiers et soldats suivants, qui ont reçu la médaille. \'is-à-vis de leurs noms est écrit : Cliâleaiigiiay.
Lieutenant-colonel : Pierre de Boucherville. IMajors : Nicolas Doucet, Pierre Boucher de Labruyère. Capitaines : Louis Barbeau, Austin Cuvillier, Dominique Ducharme, Philippe Panet, Joseph Shuter, J.-B. -René Hertel de Rouville. Lieutenants : Benjamin Delisle, William Clarke, Narcisse Juchereau- Duchesnay, Flavien Dufresne, Alphonse Dumont, Maxime Globenski, F.-E. Globenski, J.-B. Laviolette, Edouard Leprolion. Enseigne : Toussaint Gladu. Sergents : Charles Brock, François Brogden, Jacques Fournier, Pierre Gendron, Joseph-Madore Lesieur, Joseph Proulx, François Robidas. Caporaux : Hippolyte Brisset, Jean Pascal. Hugli Tome, emploj-é aux voitures militaires, reçut la médaille avec les barres de Châteanguay et Chrysler-Farm. L'un des deux Joseph Auclaire, mentionnés plus bas, reçut la médaille avec les barres de Châteanguay et de Détroit. Jean-Baptiste Lapierre reçut la médaille avec les barres de Détroit, de Châteanguay et de Chrysler-Farm. Pierre Oman, que l'on trouvera à sa place, appartenait aux Jencibles.
K C A X A I) I K X X H-F R A NC A I S V.
Soldats : John Aljoe, Joseph Auckiire, Joseph Auclaire, Henri Aimond, Pierre Arcand, Charles Auger, Michel Auger, Pierre Bélanger, Pierre Boisvert, François Brisebois, Louis Bouchard, J.-B. Bérubé, Joseph Bérubé, Joseph Barret, Pierre Boucher, Antoine Belisle, Joseph Biais, Louis Corbeau, Jean Cloutier, Antoine Couture, Louis Claprood, J.-B'" Dufour, Alexis Dufour, François Dupuis, Pierre Drolet, François Dumoulin, Henri Duperré, Joseph Dostie, Joseph Dostie, Olivier Dugré, François Dufresne, Henry Enau, Pierre Forget c/// Latour, Joseph Fortier, Joseph Fizettc, Pierre Germain, Lambeil Girard, Augustin Gauthier d// Larouche, Augustin Gagnon, Jacc^ues Garneau, Louis Gauvreau, Olivier Grenier, Alexis Galarneau, Jean Goulet, Joseph Hébert, James-R. Hoyle, Louis Julien, François Laroche, Joseph Lavoie, Louis Lafrance, Joseph Leprohon, J.-B. Legault, Pierre Leduc, Antoine Leferté, Hyacinthe Lefebvre, Alexis Lefebvre, Pierre Lessard, Augustin Lenseigne, vSimon Lespérance, J.-B"" Lapierre, P. Longchamps, Joseph Miclette, Joseph Morrissette, Joseph Marcotte, Isidore Maillet, Louis Morin, Jacques Naud, Pierre Oman, Jérôme Petit d/i Saint-Pierre, J.-B. Pelletier, J.-B. Potvin, Bernard Pradet d// Saint-Gelais, J.-B. Pradet d// Saint-Gelais, Olivier Page, Louis-Gonzague Page, Jacques Proux, Joseph Patris, Pierre Robert, Etienne Robitaille, François Rousseau d// Brook, Joseph Richcr d// Louveteau, François Renaud, \'ital Simard, Louis Saunier, Pierre Sainte-Maine, François Suprenant, William Sharp, Edouard Tremblay, Amable Turcotte, Edouard Tribot d/7 Lafricain, Ferréol Terrien, Roger \'andal, Louis X'achcm, Louis Vincent, Jérôme \'achon, Joseph Vésina.
Le mot Cliâteauo^uny n'est pas inscrit en face du nom des hommes suivants : Capitaines : William Berczy (5'' battalion), François-A. Larocque, Stephen ALickay. Lieutenants : Louis-Eustache Mackay, Etienne Mignault, Pierre Rottot, Etienne-Pascal Taché. Sergents : Pierre Benoît, Elie Bouchard, Olivier-Robert Williams, John Williamson. Caporal : Frédéric Wagner. Soldats : Guillaume Bélanger, Antoine Bélisle, George-B. Brown, Pierre Boisvert, Antoine Binet, J.-B. Berthiaume, Benjamin Billard, William Brown, •Joseph Baillargeon, Thomas Bédard, Joseph Bédard, Charles Burke, Benjamin Blanchet, •Elie Boivin, André Beaudoin, Pierre Belleau, Joseph Beaudry, J.-B. Côté, Augustin Courteau, J.-B. Charette, Toussaint Carrier, Antoine Camirand, Jean Côté, François Simon, François Clairmont, Germain Courcy, Jean Cloutier, Vincent Cloutier, Pierre Cloutier, Augustin Doyer, Jean Desrochers, François Dubcau, Michel Dussil, François Daigle, Magloire Dubé, Jacques Drolet, Bruneau Duchênc, Antoine Daigncau, Charles Daigneau, Joseph Francœur, Olivier Filion, Edouard Fluet, Charles Fortier, Pierre Gontier, Hippolyte Guill:)ault, Pierre Guenette, Ignace Gauvin, Antoine Grenier, Joachim Gosselin, Joseph Gagnon, J.-B. Gagnon, Pierre Godbout, Danuisc Gauthier, Antoine Gauthier, Joseph Gauthier, Simon Hélène, Joseph Julien, Magloire Leblond, Jacques Lafontaine, J. Légaré, C. Lavelle, Pierre Langevin, R. Langevin, Joseph Levasseur, Michel Lcmieux, Jean Lacombe, Théodore Lamirande, Jean-Henri Lefrançois, Charles Lacerte, Joseph Mercier, Joseph :\Iarcotte, Joseph Mouette, François Moreau, J.-B. Moussette, Joseph Masse, J.-B. Masse, Antoine Ouellette, J.-B. Pigeon, Guillaume Proux, Augustin Précour, Jacques Paradis, André Poissand, J.-B. Plante, Prisque Plante, Michel-A. Potvin, Prosper Ploudre, J.-B. Pilon, Ch. Petitclair, J.-M. Prendergast, xA. Pleau, J.-B. Poulin, Ch. Robitaille, Olivier Robitaille, xAmable Roy, Jacques Roy, François Rousseau, Lazare Royer, Pierre Robert, Germain Bobichaud, Hyacinthe Simon, Pierre Seguin, J.-B. Saint-Hilaire, Augustin Simard, Flavien Tremblay, Christophe Tremblay, Edouard Tremblay, J.-B. Tremblay, Etienne Tremblay, Jérôme Tousignant, François Terrien, Joseph Verret, Stanislas \'incent, Barthélémy \'erreault, J.-B. \'eilleux, Charles \'aillancourt, Pierre Vanasse dit \'ertefeuille. Cent vingt-huit personnes.
MILICE CAXADI1-:N\I'.-FRAXCAI.SR
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IEl"T.-COL. LHOX. J.
\'()ilà Ions les noms des hommes que nous connaissons pour avoir reçu la médaille avec la barre de C/ii'i/raiigiia\\ mais rien n'indique s'ils avaient pris part à la bataille de Cliâteanguay.
L'origine du 65" bataillon, carabiniers Mont- Roval (avril et juin 1869), ainsi que sa participation à la campagne du Nord-Ouest, en 1885, ont été expliquées aux pages 68, 97, 102 et 103 du présent ouvrage, mais il reste à mentionner plusieurs faits dont il est juste de garder mémoire en ce qui concerne ce corps.
Au licenciement du 4' bataillon de chasseurs canadiens, en mai 1S72, plusieurs officiers et soldats entrèrent au 65''.
Le lieutenant-colonel Joseph Beaudr}- s'étant retiré le i" octobre 1S75, le 65'' resta sans commandant attitré durant trente-trois mois.
Le 12 juillet 1878, il y eut des troubles à [Montréal, à l'occasion de la sortie des Orangistes, et un nommé Hackett fut tué. On appela sous les armes la milice active ipage 88). Le 65" faisait à\\ service aux casernes du carré Dalhousie, lorsqu'un individu notoire dans la ville, appelé ]\IcKeo\vn, tenta de désarmer la sentinelle Fitzpatrick, qui le tua d'un coup de baïonnette en se défendant contre lui.
Le major Napoléon Labranche, ancien sergent instructeur au 4*", qui avait le rang de lieutenantcolonel (brevet) depuis le iS juin 1S74, devint commandant du 65'' le 19 juillet 1878, mais se retira le 5 décembre 1879. Il fut remplacé, le 16 janvier 1880, par le lieutenant-colonel Joseph-.Aldric Ouimet.
Le 65^ avait passé par diverses épreuves d'administration qui le mettaient sur la pente de la décadence, lorsque, en 1879, trois hommes entreprirent de le relever et de lui donner le premier rang parmi les corps de la milice canadienne-française : ce furent M]\I. J.-A. Ouimet, George-A. Hughes et C.-Aimé Dugas ; le premier fut le lieutenant-colonel commandant, les deux autres majors. Il y avait six compagnies.
M. Ouimet a été membre du parlement fédéral, président de la chambre des communes, ministre des travaux publics, président de l'Association de Tir du Canada, commandant des tireurs canadiens à Wimbledon, conduisit son bataillon au