‹ Histoire de la milice canadienne-française, 1760-1897Chapitre 6 sur 41 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Préi>akatii-.s de guerkk. — Prise de Michii.limakixac. — Combat xaval sur le lac Erik. — Prlse du Détroit. — La législature de Québec. — La milice complète son organisation. — La frontière du Bas-Canada est envahie. — Divers combats. — Les Américains BATTENT EN KKTK.VITE. — l8l2.

produire, et cependant nous n'avions à su])porter une (grande lutte contre lonihre. Il n'y avait en Canada que )upe, 1,226 fciu:ib/(S — en tout 5,454

JKpj^^^^^t^RS hostilités ne pouvaient tarder à

peuple qui s'attend i^'t fois supérieur 445 artilleurs, 3,7.^3 lioniines de ti soldats réguliers.

Le gouverneur de la Nouvelle-Ecosse, sir George Prévost, ancien militaire, d'origine suisse, choisi pour succéder à Craig, débarqua à Québec le 14 septembre iSii. Il nomma juge M. Bédard, .sorti de prison, et fit lieutenant-colonel de milice M. Bourdages, qui avait défendu à l'assemblée législative les prisonniers politiques.

Le congrès américain levait en ce moment cent soixante-et-quinze mille hommes et les armait. Ce chiffre dépassait de beaucoup ce que les deux Canadas possédaient en hommes susceptibles de servir.

" La chambre de Onébec adopta une loi pour organiser la défense du pavs et armer la milice. Elle autorisa le gouverneur à lever deux mille hommes et, en cas de guerre ou d'insurrection, à mettre sur pied toute la milice de la province.... elle approuva une émission de deux cent cinquante mille louis de billets d'armée ; accorda une subvention annuelle de quinze mille louis pendant cinc| ans pour pa\-er l'intérêt, et donna au ]iapier le cours légal de la monnaie dans le commerce." (Garnean.) La députation nationale prenait pour devise : plus de dissension en face de l'ennemi qui s'avance.

D'autres sommes d'argent furent votées pour des fins de milice, l'ne clause du

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bill portait que nul officier de l'armée régnl milicien. Tous les débats furent marqués pa aux moyens de défense dans cette chambre diens-Français.

Le 2S mai 1S12, avant que la guerre ne tut déclarée ou\ertement, bataillons de milice avec la même facilité que dans les paA's foniu au régime militaire. Les voltigeurs s'organisèrent comme par eiichantei huit heures, sous le major de Salaberry. Ils devinrent, en c(uelcpies 11 troupes régulières, et M. de Salaberry fut nommé lieutenant-colonel.

Le iS juin 1S12, le cabinet de \\'asliiiigtoii déclarait la guerre à la (Îrande-Hretagne, et, le même jour. Napoléon déclarait aussi la guerre à la Russie. L'entente du président des Etats-Unis et de l'empereur des Français n'était plus un nustère. Pendant que l'armée anglaise suivrait à la piste les événements qui allaient se dérouler au nord de l'Europe, et qu'elle continuerait sa résistance en Espagne et en Pcn-tngal contre les

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26 MII.ICK CAXADII-.NXK-FRAXÇAISK

troupes de la France, le Canada, laissé à découvert, sans jn-oteetion, devenait une proie facile pour ses voisins. Du moins telles étaient les vues du président Madison.

\'assal de Monviel avait préparé nn livre d'exercices militaires écrit en français, mais les presses de M. Desbarats ne suffisaient pas à imprimer les billets d'armée {arvij' bills) et les formules requises pour l'usaoe des troupes, de sorte que cet ouvrage ne parut que vers le milieu de septembre 1S12.

Le bras droit de sir George Prévost, dans l'organisation de la milice, fut le lieutenantcolonel Vassal de Monviel. Du temps de Craig, il avait commencé les préparatifs, en ce qui regarde l'administration, et il ne fut pas en peine un instant lorsque le signal de la mise en activité lui arriva. Personne mieu.x que lui ne connaissait les hommes de valeur de la province, aussi peut-on dire qu'il ne se trompa sur aucun choix dépendant de lui.

Un officier capable de se charger des approvisionnements devenait nécessaire. Sir George Prévost confia ce soin à M. d'Eschambanlt, qui avait à cet égard une grande expérience, et que les miliciens aimaient beaucoup.

L'état-major de la milice dix Bas-Canada comprenait : le lieutenant-colonel François Vassal de Monviel, adjudant-général ; capitaine Louis-B. Pinguet, assistant-adjudantgénéral ; lieutenant-colonel Fleury Deschambault, quartier-maître-général ; lieutenantcolonel Charles de Lér\-, député quartier-maître-général ; lieutenant-colonel Fremont, assistant-qnartier-maître-général ; capitaine James Milnes, député assistant-quartier-maîtregénéral ; capitaine Louis Charland, même de^•oir ; lieutenant John Stewart, député-paiemaître-général ; capitaines Louis Levesque et P.-A. de Gaspé, juges-avocats ; François Blanchet, surintendant des hôpitaux ; les lieutenants-colonels P. de Boncherville, M.-H. Perceval, E.-B. Brenton, aides de camp provinciaux ; puis, sans fonctions déterminées, les lieutenants-colonels suivants : l'honorable Juchereau-Duchesnay, l'honorable Olivier Perrault, Charles de Salaberry, le capitaine l'honorable Edward Bowen, Lonvigny de !\Iontignv, et le lieutenant William Andrews.

Le Bas-Canada renfermait encore de nombreux Sau\ages : les Iroquois du saut Saint-Louis, les Algonquins de l'Ottawa et du Saint-Maurice, les Abénakis de Saint- François-du-Lac et de Bécanconr. On les embrigada à titre de volontaires, et la plupart de ceux qui eurent la direction de ce mouvement étaient des Canadien.s-Français, comme le fait voir la liste suivante :

Sir John Johnson, baronnet, surintendant général et inspecteur des affaires des Sauvages ; Fleury Deschambault, député agent ; Louis de Salaberry, surintendant ; George Hawdon, garde-magasin-général. Quatre capitaines résidents : Chevalier de Lorimier, Lonvigny de Alontigny, Joseph-ÎVI. Lamothe, Dominique Ducharme. Neuf lieutenants et interprètes : Louis (?) de Lorimier, J.-B.-C. de Lorimier, Bernard Saint-Germain, Simon Evan, Stanislas Vassal, Gédéon Gaucher, de Lorimier \'crneuil, Evangéliste Saint-Germain, Joseph de Niverville. J.-B. d'Estimanville, agent résident. Cinq autres interprètes : Nathaniel Lines, Joseph Biron, Pierre Hubert, .Antoine Chenier. T.-X. Lacombe.

Les interprètes officiels pour les Sauvages du Haut-Canada étaient : J.-B. Rousseau, Benjamin Fairchild, John Cameron, James Givans, J.-B. Cadotte, Simon Girty, Charles Réaume, James Girty, Louis Dronillard, Thomas A. Clarke, Alexander McKee, Antoine Batiscan, F.-X. Cadotte, J. Cadotte, John Askins, Charles Langlade, Aniable Chevalier, Louis Langlade. Les deux Langlade devaient être fils du célèbre Mouet de Langlade, qui s'était illustré en 1 754-1760, 1764, 1775 et 1780 dans nos guerres contre les colonies

anglaises et contre Pontiac. L'un d'eux était à Châteanguay et fut complimenté sur sa belle conduite.

Au commencement de juillet 1.S12, comme il devenait évident que les Américains attaqueraient d'abord le Haut-Canada, les troupes royales furent dirigées vers les lacs, et la milice les remplaça dans les garnisons de Québec, Trois-Rivières, Sorel et IMoutréal. Le seul endroit où il y eut des obstacles à l'enrôlement de la milice fut à la Pointe- Claire, mais un magistrat s'étant rendu sur les lieux se fît expliquer ce qui en était et, lorsqu'il eut fait réponse que l'acte passé par la législature était bon et valable, ayant reçu toutes les sanctions nécessaires, on cria ?>h>/' le roi, et tout rentra dans le calme. Cependant, des troubles s'ensuivirent et il fallut faire marcher quelques soldats

de l'armée régulière ainsi que de la milice, et emplo^'cr la force des armes jjour ramener la paix dans cette paroisse. Ce fut le seul incident fâcheux de ce genre.

Les deux premiers coups frappés dans cette guerre mirent en relief deux Canadiens qui n'étaient pas absolument inconnus, il est vrai, mais qui ont depuis lors des droits à la reconnaissance nationale. Toussaint Pothier, à la tête des vo\'ageurs du Nord-Ouest, seconda le capitaine Roberts dans la prise de Michillimakinac, et le lieutenant Frédéric Rolette enleva, sur le lac Erié, un navire portant des troupes et des munitions de guerre — deux exploits qui eurent beaucoup de retentissement, car, outre qu'ils donnaient du prestige à nos armes, ils démontraient que nous ne devions pas nous en tenir strictement à la défensive, tactique adoptée en principe. Bientôt après, avec le général Brock, qui traversa la frontière et s'empara du Détroit, on vit nos mililes troupes. La valeur des anciens jours se réveillait final. C'est beaucoup au début d'une campagne. L'assemblée législative termina ses séances le i'"' août 1S12, ayant, observe Christie, voté de l'argent et adopté des lois d'urgence avec une libéralité qui dépassait les espérances de l'exécutif. Or, depuis quelques années, la Chambre combattait surtout contre cet exécutif qu'elle voulait voir formé de ministres responsables au peuple. Les membres de ce corps distingué par son bon esprit méritent de laisser leurs noms auprès des miliciens qui ont à cette époque illustré l'histoire du Canada; Trois-Rivières — ^latthew Beir^' et Thomas Coffin.''' Sorel — Edward Bowen.^'^ Québec — Pierre Bruneau, John

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