‹ Histoire de la milice canadienne-française, 1760-1897 [microforme]Chapitre 15 sur 54 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

“ee ne MILICIENS DU BAS-CANADA SERVANT DANS LE HAUT-CANADA, — SACKETT'S HARBOUR. — LES LACS. — Gaspard PRAIRIE-DU-CHIEN. — BEAVER DAM, LUNDY'S LANE. — CHATEAUGUAY. — CHRYSLER FARM. — answell, CE QU'ÉTAIENT LES CHEFS CANADIENS DURANT CETTE GUERRE. — ODELLTOWN. — PLATTSBURG. s Paré, — CONDUITE DES CANADIENS DEPUIS 1760. — LH BAS-CANADA SAUVEGARDE DE LA COLONIE. r-maître — 1813-1815.

s Louis HYRANSPORTONS-NOUS dans le Haut-Canada à la suite de nos miliciens NW}

< qui figurent avec honneur en cette province aussi bien que dans la leur.

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Viger œ L'attaque contre Sackett’s Harbour, conduite par le gouverneur général rasseur, en personne, le 29 mai 1813, jeta un nouveau lustre sur les voltigeurs. 'render- Les pertes furent minimes : Augustin Saint-Germain, de l’Ile-aux-Noix, djudant resta sur le terrain; John Maido, des Tr. ‘s-Rivières, reçut une blessure Ÿ dangereuse au cou; et Amable Cayotte, de Kamouraska, fut blessé et fait prisonnier. ‘T'héo- Le 20 juin 1813, le gouverneur Prevost étant à Kingston, son aide de camp, M. de , Louis Boucherville, écrit à Vassal de Monviel : “Nous avons ici entre deux à trois mille ipitaine hommes; le général Vincent en a autant, y compris la milice. Nos cinq compagnies e, lieu- de milice du Bas-Canada, qui sont ici, font des merveilles. A Sackett’s Harbour, les

voltigeurs se sont distingués. Adhémar est un brave, même à l'extrême.” ; On est convenu de dire que, en 1813, le total des troupes royales ne dépassait guère trois mille hommes, tous employés dans le Haut-Canada. En 1812, cette province avait mis 5,500 miliciens sous les armes, et, en 1813, elle en eut un moment jusqu’à 10,000, comprenant tout ce qu’elle pouvait fournir d'hommes valides, Il ne paraît pas y avoir. eu plus d’un bataillon levé pour tout le temps de la guerre; on l’appelait le - “bataillon incorporé.” On voyait aussi, en 1812, à la bataille de Queenston Heights,

k cent cinquante nègres sous le commandement du colonel Kenchie; ils se conduisirent très bien.

Le major George McDonnell, de l’armée régulière, parlait français comme un Canadien. En 1813, on lui confia l'instruction d’un bataillon de /emcibles uniquement composé de Canadiens-Français, et il en fit des troupes modèles, selon le témoignage de sir George Prevost. L'automne de cette année, il reçut ordre de descendre ses hommes de Kingston à Châteauguay, pour appuyer de Salaberry contre lequel Hampton s’avançait, et il accomplit en cette occasion une marche d’une rapidité inconcevable, tellement que, en le voyant arriver à Sainte-Martine, le gouverneur le tança d’être venu sans attendre son monde: “Ils sont là, dit le brave officier, et il! n’en manque pas un!” C'était l'après-midi du 25 octobre. Prevost ne croyait pas Hampton si proche ni si déterminé. McDonnell voulut se rendre aux avant-postes où était Salaberry, et voilà comment il assista à la | bataille du 26, seul, n'ayant pas eu le temps d’avertir sa troupe.

Parmi les actions remarquables de cette guerre, nous choisissons de préférence celles où les Canadiens-Français ont brillé, pour faire comprendre au lecteur que notre élément a accompli son devoir en conscience, durant ce conflit où l'on craignait de nous voir engager, par suite de fausses impressions répandues sur notre compte, grâce à une certaine école de politiciens. Prenons Beaver Dam, par exemple. C'est une localité avoisinant les chutes de Niagara, un peu en arrière de Sainte-Catherine. Il y avait là, le 27 juin 1813, quarante-six hommes du 49° régiment, sous le lieutenant Fitzgibbon ; six cents Américains marchaient pour les surprendre et les enlever, mais Dominique Ducharme eut connaissance du danger et arriva sur les lieux avec trois cent quarante Sauvages, dont cent soixante du saut Saint-Louis, cent vingt des Deux-Montagnes, soixante de Saint-Régis. Il combina son plan pour rendre aux Américains ce que ceux-ci voulaient faire à Fitzgibbon, et le lendemain cinq cent douze prisonniers tombaient entre ses mains, avec leurs drapeaux et deux pièces de canon, La capitulation fut dictée par Ducharme, qui reste dans l'histoire sous le nom du “héros de Beaver Dam.” Ses lieutenants étaient J.-B. de Lorimier, Gédéon Gaucher, Louis Langlade, Evangé'iste Saint-Germain, Isaac Leclerc. On les retrouve partout dans le Haut-Canada aux endroits où l'on se battait.

La crise suprême, de cette guerre qui dura trois ans, se produisit l'automne de 1813, lorsque tout le Haut-Canada, sauf Kingst-n, fut envahi par les Américains, en même temps qu'une autre armée pénétrait dans le Bas-Canada par la rivière Châteauguay, avec le dessein d'atteindre Montréal. Le colonel de Salaberry se tenait aux avant-postes, en haut de la Châteauguay, avec cinq cents Canadiens ; il entrava la marche de l'ennemi, lui tua du monde, puis l'arrêta finalement dans un endroit qu'il avait choisi plusieurs jours d'avance, et où il lui infligea une défaite signalée, en engageant seulement trois cents hommes et gardant le reste en réserve. L'armée américaine du Haut-Canada, qui descendait par la rive gauche du Saint-Laurent pour arriver aussi à Montréal, livra, à Chrysler Farm, un combat d'arrière-garde qui lui fit subir un échec, mais elle avançait toujours. Le lendemain, apprenant le désastre de Châteauguay, elle traversa le fleuve et rentra aux Etats-Unis. La victoire de Salaberry brisa la combinaison la plus habile que les généraux américains aient faite durant toute cette guerre, et sauva le pays.

Lorsque la bataille se livra, le 26 octobre, il y avait un mois que le général Hampton, avec sept mille hommes, tentait de se frayer un passage vers Montréal, et dix fois Salaberry l'avait tenu en échec par le moyen des petits détachements de voltigeurs, fencibles, chasseurs, milice et Sauvages dont il disposait. Dès le 24, il avait concentré autour de lui la majeure partie de ces corps volants, et leur ordonna de camper en cet endroit pour y attendre l’ennemi. Pendant deux jours, on travailla à rendre le terrain praticable pour la défense, mais difficile d'accès du côté où venait Hampton. La troupe canadienne se composait de: deux compagnies de voltigeurs, 140 hommes ; une compagnie de /encibles, 72 hommes; une compagnie de chasseurs, 80 hommes ; une compagnie de milice (compagnie Daly), 50 hommes; une compagnie du 1° bataillon de milice, 70 hommes ; 150 Sauvages; total, 562 hommes.

Sur ce nombre, on retint en réserve 128 Sauvages et la compagnie du 1‘ bataillon, de sorte que la première ligne (les combattants) ne comptait que 364 hommes, qui eurent à subir deux fois le choc de toute l’armée américaine, formée chaque fois en trois colonnes d’attaque.

Michel O’Sullivan, aide de camp de Salaberry, dit qu’il y avait dans les /encibles trois hommes qui n'étaient pas Canadiens ; il ajoute qu’il y avait trois officiers dans

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les autres corps qui étaient anglais. Le gouverneur Prevost, dans une proclamation, remarque que Salaberry n'étsit entouré ce jour-là que de Canadiens. O’Sullivan dit qu'ils étaient trois cents au feu. Prevost déclare positivement que de Salaberry n'engagea pas plus de trois cents hommes dans les cinq ou six assauts qu'il soutint. Le lieutenant Pinguet, des /encibles, affirme que sa compagnie était de soixante-douze hommes; de Salaberry mentionne la belle conduite de Daly ‘avec seulement cinquante hommes.” Nous avons la preuve que Lamothe n'employa pas plus de vingt-deux Sauvages.

La compagnie du 1° bataillon, sous le capitaine Philippe Panet, gardait le gué de la rivière, qui se voit sur le plan de la bataille, afin d'empêcher l'ennemi de traverser et de prendre Salaberry à revers. Les cent vingt-huit Sauvages de réserve se tenaient achés dans la forêt, en arrière du centre de bataille, de façon à se porter partout

au besoin.

La première ligne avait pour principaux chefs Jean-'3aptiste Juchereau-Duchesnay, George R. Ferguson, Joseph -Maurice Lamothe, Michel O'Sullivan, Dominique Debartzch, Benjamin Lécuyer, Louis Guy, W. D. Johnson, John Hebden, tenant l'aile droite, face à Izard avec son infanterie, et à McCarty avec sa cavalerie.

L’aile gauche était placée en potence, le long de la rivière, et formait comme un angle avec la première; elle avait à repousser la colonne légère de Purdy ; ses chefs étaient Michel-Louis Juchereau-Duchesnay, Charles Daly, Joseph- Bernard Bruyère, Benjamin Schiller, Joseph- Marie Longtin, Etienne Enau, Louis Levesque.

O’Sullivan, Daly et Schiller étaient des hommes de langue française. Ferguson, Johnson, Hebden, parlaient français.

Sur notre plan, dont le manuscrit est attribué à de Salaberry lui-même, on voit la réserve marquée par les noms suivants : de Beaujeu, de Léry, de Rouville, de Tonnancourt, de La-

LÉ COLONEL PIÉRRE GUY bruyère, McDonell, Berczy, Malhiot, Raymond, ze Bataillon de la Milice de Montréal McKay. En arrière de la position de ’:cKay Né en 1738, décédé en 1812. : “ se trouvent quatre pièces de canon, mais il est bien certain qu'il n’y en avait pas. Ceci est inexplicable jusqu'à présent.

Dans la marge du premier bordereau de paie qui suivit la bataille, on voit les notes suivantes :

‘Troisième bataillon, milice sédentaire, tués : Jean Languedoc, de Sainte-Anne, compagnie Beaubien; Charles Gagnon, de Saint-Paul-Roy, compagnie Côté; Etienne Martineau, du Saint-Esprit, compagnie Perreault; Joseph Gagné, de Saint-André, compagnie Robichaud ; blessé ‘pour toujours’: Augustin Rochon, de Saint-Martin, compagnie Desroches ; blessés : Germain Courcy, de Sainte-Anne, compagnie Beaubien ; Régis Vaillant, de l’Assomption, compagnie Archambault ; Joseph Renaud, de Saint-Jacques, compagnie Deschamps.

Ces hommes appartenaient aux divisions de l’île Jésus, l’Assomption et Lavaltrie, mais il est évident qu'ils avaient été détachés et que leur présence à Châteauguay

n'indique nullement la présence de leurs bataillons en ce lieu le jour du combat, Formaientils partie d'un groupe de miliciens dont personne n'a parlé jusqu'ici, sauf Joseph Bouchette, qui place sur son plan de la bataille, vers la première ligne, “So habitants.” Les cultivatenrs des environs étaient surtout des Ecossais qui s'étaient formés en compagnie sous le capitaine Wright, et que l’on employait principalement au transport des effets militaires. La tradition locale veut qu'un certain nombre de ceux-là ait pris part à l'action, probablement mêlés avec la milice de Beauharnois et les hommes de Daly, comme nos Canadiens tués et blessés ci-dessus.

Le rapport de Salaberry, adressé au gouverneur, dit: “ Æemcibles : 3 soldats tués, 1 sergent blessé, 3 soldats blessés ; 3° bataillon milice d'élite, compagnie de flanc, 2 soldats tués, 1 capitaine (Daly) blessé, 6 soldats blessés, 4 soldats manquant; chasseurs de Châteauguay (et Beauharnoïis), 1 capitaine (Bruyère) blessé.” Comme Daly et Bruyère commandaient la même compagnie, il faut croire que celle-ci avait été composée de gens provenant de corps dispersés en trente endroits différents sur cette frontière. Cela arrive souvent en pareil cas où l’on ramasse tous les hommes qui se trouvent à proximité du champ de bataille, pour les verser dans les lignes existantes ou en former des éclaireurs, tirailleurs ou compagnies légères.

Il y eut quatre voltigeurs blessés à Châteauguay : George Brisebois, de Québec, grièvement atteint; Hyacinthe Prevost, de la Rivière du-Chesne, balle dans la joue; J.-B" Durocher, de la Rivière-du-Chesne, balle dans le flanc; Pierre Olivier, de Laprairie, homme marié, balle dans la cuisse.

A Chrysler Farm, seize jours après Châteauguay, il y eut cinq voltigeurs Ge tués : le caporal A. Clément, de Terrebonne, laissant une veuve et deux enfants; le soldat Louis Piton, de Vaudreuil, laissant une veuve et trois enfants; les soldats François Gosselin, de Québec; Joseph Bourguignon, de Lachenaie; Millis Roberts, de Montréal. Jean Bussière, de Saint-Augustin, eut un bras emporté par un boulet de canon. Louis Cabanac, de Terrebonne, fut blessé grièvement à la cuisse par un éclat de mitraille. Charles Lafontaine, de Varennes, reçut une balle dans le bras. François Durocher et Pierre Leduc, de Montréal, blessés sérieusement. Joseph Sautte, de Saint-Philippe, blessure grave. André Saint-Denis, de Saint-Philippe, laissé pour mort, mais, enlevé par les Américains, il était encore prisonnier de guerre au mois d'avril 1815.

Deux jours après la bataille de Châteauguay, on constata que l’armée de Hampton avait semé de débris d'armes et ie cadavres la longue route qu’elle suivait dans sa retraite, et que ses traînards, très nombreux, succombaient sous les attaques des loups, des ours et des Sauvages. M. de Salaberry lança les Sauvages disciplinés qu’il avait autour de lui, leur promettant üne récompense pour chaque homme de l’armée ennemie qu'ils ramèneraient vivant, Ceci eut pour effet d'empêcher les massacres si ordinaires dans ces occasions.

Les nouvelles d'Europe étaient de toute importance. Napoléon, au centre de l’Allemagne, luttait contre la coalition la plus formidable qui se soit jamais vue. Les Américains avaient basé leurs calculs, pour prendre et garder le Canada, sur le succès des armes françaises, et tout devenait problématique, par conséquent dangereux pour leur cause. La bataille de Leipzig, livrée douze jours avant celle de Châteauguay, ruinait leurs espérances, car Napoléon ramenait sur le Rhin les débris de ses armées, et l'invasion de la France aliait s’ensuivre. Il est curieux de lire le discours que prononça l’empereur en ouvrant les Chambres dès son retour à Paris. Faisant allusion à l'entente qui existait entre le président Madison et lui, il proclame que ‘la république des Etats-

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Unis continue avec succès sa guerre contre l'Angleterre.” Cela arrivait juste au moment où les Américains ne savaient plus de quel côté se tourner!

Si, d'une part, les militaires constatent que les quatre ou cinq armées américaines, malgré leur grand nombre de soldats, n’ont pas donné la mesure d’une troupe expérimentée, il faut convenir, d'autre part, que nos petits détachements se conduisaient comme de vieilles bandes et tiraient parti de tout. Autrement, le résultat eût été à l'inverse de ce qu'il a été. Les régiments anglais ont fait merveille, c'est un fait acquis. Ils n'auraient pas tenu seuls cependant. La milice, entremêlée partout avec leurs batäillons, quadruplait leur force et leur communiquait cette connaissance du pays, ce mode d'attaque et de défense, ces moyens de transport, toutes choses si précieuses en campagne, qui sont particulières aux habitants d’un pays nouveau. Ainsi, par exemple, lorsque les Américains adoptèrent la tactique de soumettre le Haut-Canada pour commencer, ils furent bien surpris de voir le Bas-Canada, avec ses énormes ressources, servir de base d'opération à ceux qui défendaient la région des lacs et que l’on croyait placés “en l'air,” selon le terme du métier. Les provisions, les hnmines, les armes, les munitions de guerre, arrivaient au Niagara et jusqu’au Détroit comme si l'Angleterre, avec ses immenses arsenaux et ses magasins abondants en tout, eût été transportée à Montréal. Tant que le Bas-Canada ne fut pas attaqué, il aida le Haut de toute sa puissance; lorsqu'à son tour il vit arriver l'invasion, il bondit sur clle et la fit reculer.

L'opinion qui s’est formée, relativement aux causes de la nou-réussite des combinaisons du cabinet de Washington dans cette guerre, est juste en ce qui regarde l'incapacité de ses chefs militaires. Ce vide, néanmoins, avait été compris, mais on se figurait que la Grande-Bretagne, si complètement engagée en Europe, n’assisterait pas sa colonie, et, dès lors, à quoi bon craindre des miliciens que l’on accablerait par le nombre? Ces miliciens étaient tout différents de ce que l’on s’imaginait. Il y avait encore plus que cela : ils avaient pour ofñciers une foule de personnes du métier, que le nombre n’embarrassait point, parer que la science est un ressort puissant que nous possédions et qui se joue des entreprises d'un peuple novice. $Se figurait-on, par hasard, que Rolette, dressé à l’école de l'amiral Nelson, s'emparerait des lacs, que d’Eschambault, mettant son expérience au service du Canada, contrôlerait les subsistances et l'habillement de main de maître, que Ducharme et Lamothe ébranleraient les Sauvages, que la navigation à vapeur créerait des miracles pour le t'an£= rt des troupes, que les huit cents voyageurs du Nord-Ouest mettraient leur poids dans la balance, et que Salaberry briderait si facilement les généraux Dearborn, Armstrong, Wilkinson et Hampton, qui étaient les Ney et les Murat de l’armée américaine? Nous réclamons ces honneurs, ils nous appartiennent, ils font partie de l'histoire de ces temps critiques. Si, d’une part, l’incompétence des chefs américains a annulé le gros chiffre de leurs effectifs, nous avons, avec des ressources infiniment moindres, rempoiïté la palme, grâce à notre esprit d'union et à la science de nos officiers. Il y a en ce moment quatre-vingts diplômés de notre collège militaire qui sont au service dans toute l'étendue de l'empire britannique: faites-les revenir le jour où la guerre se déclarera, nous verrons comment nos milices se comportent sous la direction de gens qui se connaissent au fait des armes!

On rencontre des détachements de voltigeurs dans presque tous les combats livrés de 1812 à 1815 dans le Haut-Canada. Nos milices pareillement furent employées à diverses expéditions près des grands lacs, et s'y distinguèrent. Le corps des /encibles était composé moitié de Canadiens-Français, moitié de soldats d’autres origines. Dans la marine des lacs, il y avait aussi nombre de nos gens. Enfin, cette guerre, qui

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mobilisa plus de vingt mille “habitants,” en vit combattre une dizaine de mille éparpillés dans cinquante localités différentes, sur une ligne de défense de deux cents lieues.

Nous avions toujours entendu dire que, à la sanglante bataille de Lundy’s Lane, près des chutes de Niagara, il n’y avait point de Canadiens-Français, mais M. C. Thomas, dans son ouvrage intitulé /7rs/ory of Prescott, publié l'an dernier, raconte que ‘ François

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