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les balles ne portèrent point, et un mouvement de retraite ne tarda pas à se dessiner. Nos volontaires tiraient toujours en criant: “Il faut les poivrer!” Bientôt Crouan reçut une blessure au flanc, et la débandade de sa compagnie devint générale. La partie de la troupe fénienne, qui se trouvait tout d'abord la plus éloignée de nos gens, s'était rapprochée: elle voulut soutenir la lutte. Durant un quart d'heure, ils fusillèrent le terrain pour déloger les Canadiens, mais ceux-ci ne reçurent aucun mal, tandis que plusieurs de leurs coups atteignirent le but. Le général (?) Lewis, qui commandait de ce côté, fut frappé à la jambe; on l’emporta. Le colonel (?) Donnelly soutint le combat quelques minutes de plus, pendant que la masse des Féniens se dispersait à l'abri des clôtures et des bâtiments de ferme pour recommencer le feu en tirailleurs. Ce premier acte de l’action dura trois heures.
Le bruit de la fusillade avait attiré quelques minces secours au lieutenant-colonel Chamberlin, et les lrctorra arrivaient de Stanbridge, amenés par le capitaine Gascoigne (qui commande notre milice aujourd'hui, avec le rang de major général). On comptait déloger l'ennemi des endroits où il s'était abrité, car il ne fallait pas le laisser sur le sol canadien. Le général O'Neill entra dans la maison de M. Rykert, plaça le plus d'hommes possible à couvert des piles de planches qui flanquaient cette demeure, et, armé d’une carabine,
il donna l'exemple en tirant sur les volontaires qui pe RS AE se montraient auprès du lieutenant-colonel Chamberlin. M. Rykert, voyant cela, perdit patience,
empoigna O'Neill sans façon et le mit dehors en lui montrant le poing. O'Neill appela son monde et lui dit de reformer les rangs “pour aller battre une poignée de cultivateurs mal armés,” mais on lui répondit en criant “+4 coafs !" par allusion à l'uniforme du 60°. Tout ceci est amusant, et vér' ‘que. Les coups de feu se suivaient par intermittences, comme pour montrer que les #éniens allaient reprendre l'offensive. Il pouvait être une heure de l'après-midi. Au milieu du tiumulte de toutes ces affaires, le général
la main
Foster arriva en carosse fermé, ouvrit la portière vivement, sauta à terre, mit au collet d'O’Neill, le poussa dans la voiture, et ‘“fouette, cocher!” vers la prison de Saint-Albans. Le deuxième acte du mélodrame était fini.
Le commandement des Féniens échut au général (?) G. Dwyer, retour du pénitencier d'Australie: Il inspirait comfiance à ses hommes, car on les vit sortir par petits groupes de leurs cachettes, et venir de plus près décharger leurs armes sur les volontaires ; plusieurs s'en retournèrent avec du plomb dans l'aile, Peu après, l’escadron des volontaires de Stanbridge (capitaine Muir) arriva au galop, mit pied à terre, et se rangea sous les ordres de Chamberlin. On les plaça sur le coteau, de manière à dominer la position des Féniens. Une dizaine d'homines du 60° survinrent aussi presque en même temps, puis les Frcorra débouchèrent de la grande route et s'étendirent en tirailleurs avec Îles
home guards. Jusqu'à deux heures, la fusillade se continua avec quelques moments de
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repos; ensuite, elle devint molle et irrésolue de la part des Féniens. A trois heures, un pavillon blanc se dressa en face de la maison de Rykert. Le lieutenant-colonel Osborn Smith, sous-adjudant général, étant arrivé, prescrivit de se tenir sur l'éveil, afin de ne rien compromettre. Les femmes et les enfants sortirent des maisons et des granges, du côté des Féniens. Alors les Home guards s'avancèrent sur le champ de bataille, pour regarder les morts qui y étaient étendus. Le colonel Dwyer alla à leur rencontre, et dit qu'il demandait la permission d'enlever les cadavres, ce que le lieutenant-colonel Smith refusa. Les Aome guards se mirent en devoir de ramener le corps de Rowe, mais les Féniens crièrent que, si cela avait lieu, ils se remettraient en défense. Le champ de bataille était couvert de nos soldats et d'habitants du voisinage, qui examinaient les cadavres dispersés en tous sens. Dwyer savait très bien que nos officiers ne traiteraient pas avec lui; il laissait sortir les femmes pour empêcher le combat et gagner du temps. Les Jome guards Yi dirent qu’il se faisait protéger par un jupon blanc, ce qui l’exaspéra, et il fit retirer une trentaine de non-combattants qui se trouvaient à portée de sa voix, criant qu'il allait rouvrir le feu, ce qu'il fit quelques instants plus tard. Cette reprise dura vingt minutes, puis il y eut un calme de trois quarts d'heure. Il arrivait des hommes de Stanbridge et de Freligsburg pour se joindre aux volontaires. Les habitants des environs racontaient les pillages des Féniens en 1866, et ne demandaient qu'à prendre leur revanche. Un peu après quatre heures, nos gens étant occupés à dîner, il survint cent vétérans du 4° régiment (Irish) de New York, qui ouvrirent le feu, en même temps que les autres Féniens des maisons les secondaient. Le major Moore, qui conduisait ces vétérans, espérait dégager les hommes de Dwyer et leur assurer la retraite, mais les cavaliers de Muir (Stanbridge) formèrent un rideau qui leur coupa la route des Etats-Unis. Il était alors six heures du soir. Bon nombre de Féniens déposèrent leurs armes, enlevèrent leur uniforme, et, déguists de la sorte, s'échappèrent dans la plaine. Le lieutenant-colonel Smith posta son monde sur une longue ligne qui s'avança vers la frontière, balayant tout devant elle. Durant un quart d'heure, on vit sortir de partout des hommes qui se sauvaient, et sur lesquels nos volontaires tiraient comme sur du gibier. Au soleil couchant, il ne restait plus que quelques obstinés qui déchargeaient leurs fusiis de loin, sans atteindre personne, Les six derniers qui restèrent étaient avec un officier qui reçut une balle dans le pied ; deux autres furent blessés en traversant la frontière, mais on ne les poursuivit pas, afin de respecter le territoire américain. Ainsi se termina le troisième et dernier acte de cette journée.
Les fermiers du Vermont, qui attendaient, en arrière des Féniens, l'occasion de remplir leurs voitures du pillage des habitations cana-
diennes, s'en retournèrent après avoir eu assez peur pour s'en souvenir toute leur vie. Nos troupes se tinrent sur l'alerte jusqu’au jour, LIÉUT.-COI, C-J. COURSOI,
Commandant les Chasseurs Canadiens, 1862-1866
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et souffrirent du froid, faute d’avoir des couvertures de laine; la plupart n'avaient pas même de capotes, : Sur la frontière du Missisquoi, partout où nous avions des postes, on fit bonne garde, et ce service dura encore huit jours avant que l’ordre de rentrer dans ses foyers fût donné à la troupe entière.
Du 23 au 30 mai, les alarmes se succédèrent à vingt endroits des frontières, et, presque toujours, alors que les habitants croyaient voir survenir des compagnies de Féniens armés, il ne se présentait que de vulgaires rôdeurs de grands chemins, qui saccageaient les habitations isolées. Le gouvernement canadien défendit de maltraiter ceux qui furent pincés, et en cela il avait raison, mais que de braves gens auraient aimé à brancher cette canaille le long des routes qu'elle infestait !
La déconfiture d'Eccles Hill ne gênait en rien les bandes répandues depuis Saint-Régis jusque vers Sherbrooke. A la frontière de Huntingdon, le 27 mai, un corps de Féniens s'était retranché sur la rivière Trout, dans le voisinage d’un bois. Les volontaires des 50° et 69° bataillons s’avancèrent en tiraillant, sur deux lignes très espacées, et à peine furent-ils à cent pieds de la barricade qu'ils virent les ennemis se sauver sous la forêt. On fit une récolte de fusils et de havresacs abandonnés dans la fuite. Tout cela eut lieu en quelques instants. Il y eut un Fénien de tué, un blessé et un autre fait prisonnier.
Cette succession d'événements, tels que nous retournions par la pensée à la guerre de 1812, venait, avec un à-propos étonnant, infuser l’ardeur militaire dans notre population, à la minute même où les provinces de l'Amérique du Nord se confédéraient pour former une nation, de simples colonies qu'elles étaient, et pendant que le cabinet de Londres donnait des instructions pour faire retirer les troupes anglaises du Canada. Il y avait aussi au même instant, sur la brèche, un Canadien-Français qui embrassait d’un coup d'œil la marche des choses, et qui créa l'élément militaire parmi nous, pour remplacer la confiance que nous avions toujours eue dans les troupes de la Grande-Bretagne, puis enseigner aux Canadiens à défendre le Canada. Pour bien comprendre ceci, rendonsnous compte de ce que nous ne pouvions faire en 1861, lors de l'affaire du 77e, et en 1864, après Saint-Albans : rien n'était possible. De 1866 à 1872, les Féniens, par trois ou quatre fois, les deux expéditions envoyées à la Rivière-Rouge, les camps d'exercices demandés par l'opinion publique, le retrait des troupes anglaises, tout s'enchaîna, se combina pour nous dessiner en traits vigoureux une situation militaire qui n’a eu son analogue dans aucun pays du monde, et qui sert déjà de modèle, à plusieurs égards, dans les Trois-Royaumes, en Australie, dans l'Afrique du Sud, ete. Mais n’entrons pas sur le terrain des explications, ce n’est guère la place dans un résumé qui couvre de si longues périodes. Bornons-nous à constater les faits en passant.
Le 4 juin, sir George Cartier, adressant la parole à un banquet de volontaires, disait : “ Lorsque se fit entendre la première menace d’invasion, en 1866, nos volontaires accoururent se ranger sous les drapeaux. L’ennemi, à la vue de nos préparatifs, se hâta de battre en retraite. Nouvelle alarme cette année. Cette fois, il s'agissait d’une invasion réelle. Les volontaires se levèrent encore une fois pour protéger la frontière, de Sarnia à Stanstead, et elle a été protégée effectivement par neuf mille hommes de votre valeur, bien armés, bien équipés, en un mot neuf mille hommes parfaitement propres pour la guerre, et ce n’est même pas le quart de notre milice. Si nous avions eu besoin de nouveaux bataillons, nous aurions pu appeler un autre quart, et puis un
autre, et, pour appuyer ceux-là, il nous restait encore des milliers d'hommes qui auraient volé à la défense du pays avec le même zèle que vous. La milice du Canada a été mise à l'épreuve, et, Dieu merci, elle a noblement fait son devoir.”
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L'année 1870 vit partir le dernier régiment anglais des provinces du Haut-Canada, du Bas-Canada et du Nouveau-Brunswick. L'automne ne s'était pas écoulé que le 60° (Arfle Brigade) sortait de la citadelle de Québec, laissant le lieutenant-colonel Wily en possession des murs, au nom du gouvernement canadien qui y plaça de suite une garnison de volontaires. Le 60° était entré le premier dans Québec, en septembre 1759, après la mort de Montcalm.
Les camps de Niagara et de Laprairie, en 1871, furent remarquables par l'introduction des exercices de brigade; celui de Laprairie (au delà de cinq mille hommes) dépassa l'autre en nombre de soldats. Tous deux étaient formés de volontaires des districts numéros deux et cinq.
Louis Riel, réfugié aux Etats-Unis, s'associa aux Féniens (1871), lesquels tentèrent d'envahir le Manitoba par la route Dawson, mais les volontaires de l'Ontario et de Québec marchèrent contre eux en partant du fort Garry, et les obligèrent à la retraite. Cette fois, les autorités américaines jugèrent à propos d'agir, et leurs troupes dispersèrent les Féniens du Dakota, voisins de nos frontières.
L'été de 1872, un nouveau contingent de volontaires partit pour le Manitoba, sous les ordres du lieutenant-colonel Osborn Smith, et depuis lors 11 y a toujours eu garnison dans le voisinage de la ville de Winnipeg aussi bien que dans deux ou trois autres postes de la province, selon les circonstances du temps. La
police à cheval, organisée par le département de la milice (avril 1870), est aujourd’hui sous la direction du ministère de l'Intérieur.
LIEUT.-COL. ANTOINE-CHARTIER DE LOTBINIÈRE-HARWOOD En 1884, le général Wolseley, comman- AHRMT ARR ARNEMRRRE PIRE RER dant l'expédition du Haut-Nil, demanda et obtint l’aide d’un contingent de “voyageurs” canadiens, qui se firent remarquer par leur adresse, leur courage et la bonne volonté qu'ils déployèrent durant cette difficile campagne, La description, que les principaux officiers anglais de la campagne du Manitoba (1870) avaient publiée en Angleterre, concernant les cascades et les portages de nos rivières, donna l’idée d’un service de bateaux semblables aux nôtres, pour affronter les ataractes du Nil, et, naturellement, on y appela des Canadiens, parmi lesquels un bon nombre de la province de Québec, même des Sauvages des environs de Montréal, sous les ordres du capitaine Talmont Aumond, fr°re du paie maître de 1870 à la Rivière-Rouge.
Au moment où ces lignes vont paraître, nous lisons dans les journaux un fait-divers se rapportant à l’émeute du canton de Lowe (1895), et d’après lequel on pourrait croire que la milice active a été rarement employée dans ces sortes de troubles intérieurs. Examinons un instant la liste qui suit, et nous verrons bien ce qui s’est passé à cet égard depuis que les troupes anglaises nous ont laissé la garde du pays et le soin d'y maintenir la tranquillité, c’est-à-dire depuis vingt-sept ans :
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1870 (avril), — On s'attend à une invasion fénienne, six mille hommes sont placés sous les armes durant dix jours, avec deux canons. Les journaux américains proclamaient que l'Angleterre nous retirait ses troupes, et que le Canada n'avait aucun moyen de défense, parce que la loi de 1868 n'était pas considérée comme une chose sérieuse de l'autre côté de la frontière.
1870 (mai).— Enrôlement des volontaires pour l'expédition de la Rivière-Rouge, et départ de ce contingent dont nous avons raconté l'histoire.
1870 (mai).— Les Féniens menacent toute notre frontière de l’est; treize mille quatre
cent quatre-vingt-neuf hommes sont mis sous les armes, avec dix-huit canons de campagne,
durant une douzaine de jours; combats d'Eccles Hill et de Huntingdon.
1871 (3 octobre), — “Raid” des Féniens sur la limite du Manitoba; neuf cent quarante-deux volontaires marchent contre eux sans les rencontrer, parce que les autorités américaines mettent le holà aux entreprises de ces maraudeurs,
1875 (16 novembre). — Expectative d'une résistance populaire à l'enterrement de l'imprimeur Guibord (Montréal); onze cents volontaires font du service durant une journée, afin de permettre l'inhumation autorisée par le conseil privé de Londres.
1876 (12 juillet). — Commencement d'émeute à Saint-Jean (Nouveau-Brunswick), arrêté par l'apparition des volontaires, au nombre de quarante-cinq, pendant une journée.
1876 (31 décembre). — Révolte des employés du Grand-Tronc, à Belleville; deux cent quarante volontaires durant trois jours.
1878 (20 juin). — Emeute des débardeurs de Québec; treize cents hommes en service durant trois jours.
1878 (12 juillet), Montréal. —- Affaire des Orangistes; trois mille ho mes pour maintenir la paix, durant une semaine.
1878 (31 août). — Emeutes contre le chemin de fer (à Montréal) Ottawa & Occidental : deux cent trente-neuf volontaires durant quatre jours.
1879 (17 janvier). — À Saint-Andrews (Nouveau-Brunswick), tentative d'émeute; quarante-cinq hommes durant trois jours.
1879 (15 août). — Débardeurs de Québec; huit cents volontaires durant trois jours.
1880 (18 janvier). — Long-Point, comté de Norfolk (Ontario), combat de boxe ; soixante et onze hommes durant la journée.
1880 (12 mai). — Port-Dover, comté de Norfolk (Ontario), combat de boxe: un fort détachement du 39° bataillon et une compagnie du 44°, durant une journée.
1883 (24 mars). — Emeute des mineurs aux mines de charbon de Lingan (Cap-Breton) ; cent volontaires durant deux mois et demi.
1883 (25 septembre). — Troubles à propos d'élections à Portage-du-Rat, district d'Algoma ; quarante-deux volontaires durant une journée.
1884 (28 juillet). — Menace d'émeute à Aylmer (comté d'Ottawa), entre les ouvriers du chemin de fer Pontiac & Pacifique et les fermiers ; quarante-cinq volontaires durant une journée.
1884 (6 octobre). — ‘froubles à Tamworth (Ontario), parmi les ouvriers du chemin de fer; quarante-cinq volontaires durant une journée.
1884 (11 novembre). — Menace de soulèvement à Winnipeg; deux cent quarantesept hommes durant une journée.
1885 (printemps). — Rébellion de la Saskatchewan; cinq mille quatre cents hommes sous les armes durant trois mois, à part onze cent quarante campés à titre de réserve, et neuf cent quarante-deux dans les casernes de Toronto, Kingston, Prescott et Québec,
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comme second renfort en cas de besoin, Ces deux mille quatre-vingt-deux hommes s'exerçaient et faisaient tous les services de troupes en campagne.
1888 (16 juillet). — Sur l'annonce que les Sauvages de la rivière Skeena (Colombie Anglaise) se révoltaient, l'école d'artillerie de Victoria se rendit sur les lieux, et fit ainsi du service actif durant quarante et un jours.
1558 (27 septembre). — Les Îtaliens, qui travaillaient au chemin de fer de Hereford (comté de Compton), devenant turbulents, on employa contre eux un détachement du 58° bataillon et un escadron de cavalerie durant sept jours.
1888 (31 octobre), — Emeute entre les ouvriers des chemins de fer de la Vallée de la Rivière-Rouge et du Pacifique-Canadien ; l'école d'infanterie montée de Winnipeg fut sept jours en service actif,
1891 (15 septembre), — Grève des ouvriers des scieries de Hull (comté d'Ottawa) ; quatre compagnies formées des gardes du gouverneur général et du 43° bataillon, deux jours de service.
1892 (7 juillet). — Contrebande de l'Ic-aux- Coudres et du Saint-Laurent au-dessous de Québec ; un détachement de l'école d'artillerie de Québec servit durant vingt jours sur la Constanre, patache du gouvernement fédéral.
1892 (9 août). — Répétition des mêmes faits ; un sergent et quatre hommes de l'école d'artillerie patrouillèrent sur cette partie du fleuve jusqu'au mois d'octobre.
1893 (19 août). — Les matelots et pêcheurs de Souris (île du Prince-Edouard) s'étant soulevés, ia batterie de place de l’île fut sur pied
LIEUT-COL, JOHN CARSTAIRS MCNEILI, durant quelques heures.
Croix Victoria, expédition de la Rivière Rouge, 1895 (20 novembre), — Les habitants du
maintenant général de brigade et écuyer de la reine 4 à township de Lowe (comté d'Ottawa), refusant de payer leurs contributions municipales, on fit marcher contre eux, pour appuyer les officiers civils chargés de la saisie de certaines propriétés, un détachement de cent treize officiers et soldats, tiré des dragons de la princesse Louise, de la batterie de campagne d'Ottawa (sans canons, cette fois) et du 43° bataillon, qui restèrent en service quatre où cinq jours.
De 1871 à 1883, il s'est formé onZe bataillons canadiens-français, qui existent encore : 1871— 83° Joliette, S4° Saint-Hyacinthe, 86° Trois-Rivières ; 1872 — 76° Châteauguay ; 1875 — 80° Nicolet; 1878 — 1° compagnie d'artillerie de Lévis ; 1880— 2° compagnie d'artillerie de Lévis, 85° Montréal; 1882— 88° Kamouraska et Charlevoix; 1883 — 89° Témiscouata et Rimouski.
La police à cheval du Nord-Ouest, organisée en avril 1870, a toujours compté dans ses rangs un assez bon nombre de Canadiens-Français.
La milice, formée en vertu de la loi Cartier, comprend la cavalerie, l'artillerie, l'infanterie — plus des écoles pour les trois armes et un collèwe militaire. Il est établi
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en principe qu'un lieutenant d'infanterie, par exemple, doit pouvoir commander une compagnie; son capitaine, un bataillon; ainsi de suite pour les officiers d'artillerie et de cavalerie; aucun ne peut monter en grade s’il ne possède les certificats de ‘apacité pour ces nouveaux devoirs. Les écoles sont instituées dans le but de fournir les connaissances nécessaires à ces officiers. De fait, les sergents, les caporaux, les simples soldats sont admis à l'instruction, tant qu'il y a place. Il en résulte que, sur plus de deux mille officiers qui changent souvent de grade où se retirent et sont remplacés par des novices, le contingent qui suit les cours est plus considérable qu'on ne le croirait tout d’abord. Les écoles sont nécessairement composées d'un personnel stable, ce qui leur a fait donner le nom de “corps permanents,” pour les distinguer de la milice en général. Nous les traitons comme des régiments réguliers. 11 y a deux de ces écoles pour la cavalerie, l’une à Toronto, qui donne des certificats de cavalerie, et l'autre à Winnipeg, qui sert en même temps pour l'infanterie. A Kingston, l’école d'artillerie donne des certificats d'artillerie de campagne; celle de Québec en émet, de plus, pour l'artillerie de garnison. L'infanterie, comptant beaucoup plus d’ Hdi, cela se conçoit, a quatre écoies : London, Toronto, Saint-Jean, Fredericton.
Le collège militaire est à Kingston. Il n’admet que des jeunes gens pourvus d’une bonne instruction collégiale, laquelle est mise à l’épreuve avant l'entrée de l'élève. On pousse celui-ci vers les sciences, surtout les branches du génie militaire et civil, la direction des grands ouvrages où l'expérience est indispensable, les études administratives, afin de lui inculquer des notions supérieures. Les résultats de cet enseignement sont des plus avantageux. Les officiers de la milice suivent des cours dans cette institution, lorsqu'ils la choisissent de préférence aux écoles militaires.
La cartoucherie (ville de Québec) fabrique toutes les munitions des carabines et
une bonne part de celles de l'artillerie dont nous avons besoin. Elle est au courant des
nouvelles inventions en ce genre et produit ce qu'il v a de mieux. Nous devons cet établissement à l'énergie intelligente du colonel Charles-Eugène Panet, député ministre de la milice, qui l’a développée, contre une opposition formidable ü persistante, de manière à la rendre aujourd'hui le modèle de toutes les cartoucheries du domaine colonial de l'Empire. Le lieutenant-colonel Oscar Prévost, le capitaine Frédéric Gaudet et le capitaine de Lotbinière-Panet en ont dirigé les travaux avec succès.
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