Sous-Lieut. S, LIPPÉ
les affaires de milice, sans néanmoins devenir officiers, ou se trouver en évidence. Tous les députés agissaient d'après un même esprit, ce qui est très beau dans une colonie qui ne manquait pas de griefs contre ses dominateurs, Le conseil du plus sage l’emporta sur les intérêts qui pouvaient exciter aux représailles,
Un volume de cantiques à l'usage des fidèles, publié chez T. Cary & C', à Québec, vers 1812, renferme une pièce intitulée Le Chrétien mourant, qui se chante sur l'air: Velson est mort an sein de la victoire. Une fois le sentiment public tourné dans un sens, il va loin. Nous en voyons chaque jour des exemples. La lettre de Berthieren-Haut, que nous venons de reproduire, est dans ce ton : mécontents la veille, enthousiastes du contraire le lendemain. On chantait :
Grand Dieu, pour George Trois, Le plus chéri des rois, Entends ma voix !
De 1807 à 1811, il y eut dans le pays des bataillons appartenant à six ou sept régiments royaux: les 10°, 41°, 49°, 98°, 100, et les ZÆéncrbles et les Newfoundlands. C'était peu, et cela se comprend: l'Angleterre luttait contre la formidable influence de Napoléon en Europe, et n'avait pas trop de toute son armée pour se tenir debout, Aussi les Américains le savaient bien, et ils attendaient une crise plus forte encore du côté de l’ancien monde pour fondre sur nous et prendre nos provinces abandonnées en l'air faute de secours.
Le 1° bataillon du 1° régiment Æoyal Scots servit en Canada durant toute la guerre ; il mérita fréquemment des éloges; presque tous ses officiers furent tués où blessés de 1812 à 1815: colonel Archibald Stewart, majors John Gordon et Thomas Deane, et treize capitaines. Le 4° bataillon était à Québec en 1814-15.
3° régiment : le, 1° bataillon arrive ici en 1814.
4° régiment: le 1° bataillon arrive en 1815. Lieutenant-colonel Donald McPherson, neuf capitaines.
5° régiment: le 1° bataillon arrive en 1814, avec les 1°" bataillons du 6° et du 0":
S° régiment : le 1° bataillon est ici de 1811 à 1815. Colonel Gordon Drummond: majors Robert Voung, E.-B. Cotton, Francis Battersby; dix capitaines. Le 2° bataillon est en Nouvelle-Ecosse 1812-13; au Canada 1814-15.
10° régiment: est en Canada 1808-15. Colonel Henry Zouch, major Donald McPherson,
13° régiment: arrive en 1814. Colonel E. Morrison, lieutenant-colonel William Williams.
16° régiment : arrive en 1814.
19° régiment Zzg#{ Dragoons (à présent 19° hussards) : est en Canada 1814-17; six compagnies; colonel le vicomte William Howe; colonel honoraire J.-B.-R. O'Neill.
27° régiment: 1 bataillon, en Nouvelle-Ecosse 1814; 2° bataillon, en Canada 1814, passe en Belgique et combat à Waterloo, 1815.
37° régiment: 1 bataillon, en Canada 1814-17; lieutenants-colonels F.-G. MacLean, Reginald James; treize capitaines.
39° régiment : le 1 bataillon arrive en 1814.
40° régiment: son drapeau porte les mots “Niagara” et “ Waterloo” ce qui veut dire 1812 en Canada, 1815 en Belgique.
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MILICE CANADIENNE-FRANÇAISÉ 113
41° régiment: les deux bataillons sont ici de 1808 à 1815; colonel Henry Proctor; majors Jasper Grant, William Evans; seize capitaines.
49° régiment //er/fordshire : est en Canada, au complet, 1808-15; colonels Isaac Brock, R.-H. Sheaffe, John Vincent; majors Charles Plenderleath, Adam Ormsby,
57° et 58° régiments : les 1°* bataillons arrivent ici en 1814. S
70° régiment : est en Canada 1814-17; colonel Lewis Grant; l'honorable G. de Courcy, major; dix capitaines.
76° régiment : est ici en 1814-17.
81° régiment: en Canada 1814,
82° et 88° régiments : les 1°" bataillons sont en Canada 1814.
89° régiment : 2° bataillon en Canada 1814; colonel Donald McBean; neuf capitaines.
90° régiment : 1‘ bataillon en Canada 1814.
97° régiment : en Canada 1814.
100° régiment : en Canada 1808-16; colonel Malcolm Macpherson; major George Taylor; onze capitaines.
103° régiment : en Canada 1812-17; colonel Hercule Scott; majors William Smelt, P.-J. Parry.
104° régiment Vew Brunswick: en Canada 1813-17; colonels Alexander Halkett, William Drummond; onze capitaines.
Canadian Fencibles : en Canada 1808-16; en bonne partie composés de Canadiens- Français; colonels David Shank, George Robertson ; majors Francis Cockburn, William De Haren; capitaines James Eccles, Thomas Hay, Edward Cartwright, George R. Ferguson, Alex. McQueen, James Pentz, John Hall, G.-$S. Peach, W.-H. Hailes, John Reid; lieutenants William Marshall, William Radenhurst, Henry Weatherston, John Joh:son, Alexander Grant, Chas. Pinguet, Noah Freer, Thomas-F, Gunter, Patrick Nowlan, Benjamin Delisle, Ulysses Fitzmorris; enseignes G. de Hertel, P. Gamelin, de Lorimier, Daniel Dupré, B. Gugy, Narcisse Juchereau-Duchesnay, E.-W. Antrobus, G.-C. Peach.
Glengary Light Infantry Fencibles : en Canada 1812-16; colonels Edward Baynes, Francis Battersby; major George McDonell; huit capitaines; pas d'officier canadienfrançais.
Nova Scotia Fencibles : en Canada 1814-16.
Royal Newfoundland Regiment : en Canada 1808-15; colonel H.-E, Bunbury; major Rowland Heathcote; onze capitaines.
Régiment de Meuron: arrive le 6 juin 1813; colonels H. Meuron-Bayard, G.-T. Walker, Fleury Davis; douze capitaines ; l'abbé de la Mothe, aumônier (Revue Canadienne, 1876, p. 185). Le régiment de Watteville arrive en même temps; colonel Louis de Watteville, qui devint aussitôt major général. M. Joseph-Charles Taché, dans ses Forestiers el Voyageurs, dit que le corps de Meuron était formé de soldats de Napoléon pris durant les récentes campagnes en Europe. Garneau (III, 180) s'exprime comme suit : ‘Vers la fin de l'été étaient arrivés à Québec deux régiments étrangers, ceux de Meuron et de Watteville, presque entièrement composés de Français, de Suisses, d’Italiens et de Polonais, pris dans les guerres de l’Empire. Une partie de ces troupes fut envoyée dans le Haut-Canada, l’autre resta dans la province inférieure. Les deux régiments étaient commandés par des officiers légitimistes qui avaient émigré en Angleterre” A la page 192, il ajoute: “Le colonel Bayard, avec la moitié du régiment de Meuron (1814), se rendit maître de la partie de Plattsburg située au nord de la rivière Saranac.” Le capitaine Protais d'Odet d'Orsonnens, ancêtre de notre lieutenant-colonel d'Orsonnens,
114 MiLiCE CANADIENNE-FRANÇAISE
était du régiment de Meuron; c'est lui, avec le lieutenant Fouché, qui conduisit, en 1816, cent vingt de leurs soldats à la Rivière-Rouge, où ils arrivèrent le 12 août, en compagnie de quelques troupes anglaises sous les ordres de lord Selkirk,
Notre 2° régiment volontaire d'artillerie de place, qui existe encore sur un excellent pied, fut organisé en 1812 sous le nom d'artillerie de place de Montréal, En 1°30, l'honorable Peter MeGill le commandait; on le réorganisa en 1856; il prit part à la revue passée par le prince de Galles en 1860. Il formait la garde d'honneur au dévoilement du monument de Châteauguay, le 26 octobre 1895. Son commandant actuel est le lieutenant-colonel Frederic-Minden Cole, officier de grand mérite,
Le 18 juin 1812, le cabinet de Washington déclarait la guerre à la Grande-Bretagne, et le même jour, à Wilkowasky, près de Gumbinen, dans la Prusse orientale, Napoléon déclarait la guerre à la Russie. Le 22, le général Bloomfield lançait une proclamation, de son quartier général de New-York, pour faire connaître cette démarche. A ce sujet, la duchesse d'Abrantès dit, au cours de ses Mémorres, que c'était une simple coïncidence, “çar il ne pouvait y avoir accord en cela,” ajoute-t-elle. Nous avons assez lu l’histoire de cette époque, qui n'était guère écrite du temps de M" d'Abrantès, pour savoir que Napoléon suivait de près les rapports délicats et inquiétants des Etats-Unis avec l’Angleterre; et il nous paraît clair comme le jour que le président Madison, se jetant sur le Canada à l'heure même où l’Angleter-e devait concentrer toutes ses forces en Europe pour secourir la Russie, continuer la guerre d'Espagne et se garder elle-même contre la France, n’a pas rêvé qu'il fallait se déclarer juste le 18 juin, pour mettre la fortune de son côté: cette date devait correspondre à une entente avec l’empereur des Français.
Jean-Baptiste Fréchette fils, typographe chez l'honorable John Neïilson,.à Québec, écrivait à celui-ci des lettres qui servaient à la fois de communications pour les amis et de ‘nouvelles de la guerre” pour le public. Deux d’entre elles nous ont été montrées par le petit-fils de M. Neilson, le lieutenant-colonel J.-L.-Hubert Neiïlson, chirurgien en chef de la milice canadienne, homme de haute instruction et de manières aimables, comme son grand-père. Il faut mentionner aussi que Fréchette fut, avec M. Etienne ’arent, le propriétaire du journal Le Canadien, en 1830. Le chevalier Ovidio Fréchette, consul d'Espagne et du Chili, à Québec, est le petit-fils de Jean-Baptiste.
“ Pointe-aux-Trembles, le 7° juillet 1812. A monsieur John Neïlson, imprimeur, Québec. — Monsieur Neïlson, je profite de l’occasion pour vous (faire) a sçavoir de mes nouvelles qui sont très bonnes, et j'ai appris qu’il y avait eu un rapport en ville qu’il y avait eu beaucoup de misère dans ce détachement, mais tout cela est faut, et il y en a eu plusieurs qui ont Désertée, mais ont été obligée de revenir, et ils sont arrivé aujourd’hui, et j'ai reçu la Gazette que vous m'avez envoyée, par la recommandation de M' Courval, et il y a actuellement 550 Miliciens ici et il paraisse tout satisfait de la nourriture et du commandement de M' Desabery, et la recommandation que vous avez donnée m'a beaucoup aidé, quand j'ai présenté cette lettre à M' Woolsey il ma demandé si je voulais acceptée la charge de sergent dans sa compagnie (Voltigeurs) je lui ai répond que oui, elle consiste actuellement de 58 miliciens et je suis le premier Sergent et Gwynn est le second et nous restons ensemble dans la maison de M' Larue ou il y a vingt deux miliciens a avoir soin et nous sommes obligée de faire tous les
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jours deux lieus pour aller à l'exercice et je (vous) pris de m'excuser si j'ai pas écrit plus tot, parceque j'ai pas eu le tant, mais d'aurenavant s'il se passe quelque chose d'estraordinaire je vous le ferai à sçavoir, Je finis en vous assurant de mes respect. J. B. Fréchette."”
M. Courval, cité plus haut, était messire Joseph-Claude Poulin-Cressé de Courval, curé de la Pointe-aux-Trembles et des EÉcureuils, de 1794 à 1826. Homme de goût, grand seigneur, instruit; il est l'inventeur du remède dit ‘“courvaline.”
“Ste Marguerite de Blairfindie, le 29° juillet 1812, A monsieur John Neilson, Printer à Québec. — Monsieur Neilson je vous écrit ce peut de mot pour vous faire a sçavoir de mes nouvelles qui sont très bonne et je souhaite que la présente vous trouve de même et pour vous annoncer que je suis arrivée à Ste Marguerite après une marche de 14 jours à pied, moi qui était pas beaucoup accoutumé à la marche, j'ai trouvé cela pas mal dûre, mais cependant je me suis rendu heureusement sans aucune maladie, je me porte comme un Roi jamais je ne me suis porté mieux, et j'ai beaucoup moins de fatigue que j'avais à la Pointe aux Trembles. }: vous prie de m'excuser si je ne vous ai pas écrit plus tôt car je n'ai pas pu trouver le tems pour écrire, mais à présent que je suis arrivée j'écrirai autant que je pourrai trouver des occasions, et il y a aucune apparance de guerre par ici nous espérons de nous en retourner vers le mois d'octobre il y aura que le froid qui nous enverra suivant les apparences, car mais que le froid preine il seront obligé de nous renvoyer. Je voudrais savoir les nouvelles qui se passe à Québec, mais je crois qu'il n’est guère possible, Vous ferez bien mes compliments à tous les gens de l'office. Je suppose que mon père vous a annoncer la mort de Gwynn, qui est mot je 11 juillet à Machiche, on pense que c'est d'une Purisie, et je crois qu’il a attrapé cela quand il est allé à Québec pour chercher les Bateaux, je me suis ennuyé beaucoup de lui car il n'y avait que lui de mes connaissances. Je finis en espérant d'aller travailler à l’Imprimerie plus vite que je crois peut être. J. B. Fréchette, Fils.”
Passons à une note plus légère, sans toutefois sortir de notre sujet : “ Berthier, 10 juillet 1812.— M. Neïilson, si vous jugez la chanson suivante digne d’être communiquée à nos compagnons d'armes des trois autre Battaillons vous voudrez bien la publier.
CHANSON sur l'air : Voulez-vous suivre un bon conseil ?
REFRAIN Ne craignons pas ces fanfarons, S'ils entrent dans notre province Ils y trouveront des lurons Qui leur feront changer de ton (er).
Allons amis preparons nous, Le jour de gloire est donc venu. Puisqu'ils veulent faire la guerre Il vaut pour nous cent ans de vie Que les Vankés sentent nos coups On a toujours assez vécu Sachons vaincre comme nos pères. Quand on a servi sa patrie.
Ne craignons pas, etc. Ne craignons pas, etc. A Québec ils vinrent autrefois Comme on leur a fait la conduite S'ils y reviennent, par ma foi Ça recommenc:ra leur fuite.
Ne craignons pas, etc.
L'honneur nous impose la loi D'écarter de vaines allarmes, Soyons fermes, vive le Roi!
Et que chacun prenne ses armes.
: ; Canadiens, d'un courage égal Sous sir George, mes chers amis, Allons moissonner de la gloire C'est un plaisir que le service Les troupes dans notre pays Ne font qu’un avec la milice.
Ne craignons pas, etc. Par UN MILICIEN INCORPORÉ."”
Le nom de notre générai De la victoire et le signal (6#s).
Xavier Tarrieu de Lanaudière était depuis longtemps traducteur officiel du gouverneur général et du Conseil, et n'avait pas fait l'apprentissage des armes lorsque, en 1S12, on le nom.na député adjudant général. Cette nomination se justifie par les qualités administratives qu'on lui connaissait. Ii en parle dans une lettre du 25 août 1812, et ue s'effraie pas de la charge. 11 tenait le burefu de la milice à Québec, lorsque l’adjudant général Vassal de Monviel s'absentait. Ce dernier, étant à Montréal l'été et l'automne de 1812, M. de Lanaudière reçut ordre d'aller le rejoindre. Il proposa alors (20 octobre) de nommer, pour le remplacer à la traduction, lhilippe Aubert de Gaspé (auteur des Anciens Canadiens et des Mémoires), son neveu, “qui a déjà exercé à ma place, dit-il, pendant mon séjour en Angleterrre, sous l'administration de l'honorable président M. Duun.”’ Vers le 15 novembre, il arriva à Montréal. Au bureau de Québec restaient : le capitaine Louis Pinguet, assistant député adjudant général; le capitaine Louis Lévesque, juge-avocat; le lieutenant William Berezy, écrivain; Charles-S. Turcot, écrivain ; Pierre Poulin fils, sergent d'ordre. Du 4 au 18 décembre, Lanaudière est à Chambly; il rentre à Montréal le 28, et loge chez les demoiselles Dupéré; le 12 janvier 1813 il repart pour Québec où 1l va rendre témoignage devant un comité de la Chambre; le capitaine Louis Lévesque le remplace à Montréal, et paraît y avoir passé l'hiver. À la fin de décembre 1812, Vassal de Monviel est à Québec.
Joseph-Maurice La Mothe (fils de Joseph, déjà cité), capitaine au troisième bataillon des miliciens de la ville et de la banlieue de Montréal, a laissé un mémoire dans lequel il dit: “A la déclaration de la guerre (18 juin 1812), au commencement de septembre, j'ai reçu ordre de prendre un parti Sauvage de cent vingt homine:, et de me joindre aux Voltigeurs commandés par le lieutenant-colonel de Salaberry, ce que j'ai fait imimédiatement. Les Algonquins et les Abénaquis, au nombre de quatre-vingt-cinq, furent les seuls qui me suivirent alors, mais peu de jours après un parti Iroquois nous joigna sous le commandement du jeune de Lorimier, de manière qu’en peu de jours nous nous trouvâmes avec à peu près deux cent cinquante Sauvages tous soûs mon comiandement. Le Colonel m’envoya plusieurs fois avec des partis Sauvages reconnaitre l’état de l’ennemie, ce que nous fesions avec 2ssez d’exactitude.”” Le 13 novembre, à Saint- Philippe, ‘le lieut.-colonel Ch. de Salaberry ” écrivait au capitaine La Mothe : ‘ Vous tâcherez de vous assurer si l’armée américaine est arrivée à Chazy ou à Champlain. Vous ferez reconnaître les bords du lac Champlain pour voir si l'ennemi n’a pas une flotte prête à attaquer l’Isle-aux-Noïix, ainsi que des batteries flottantes. Vous tâcherez de voir le Capitaine Odell et vous le questionnerez sur tous ces points-ci. Vous interrogerez aussi les gens près des lignes pour chtenir toute l'intelligence nécessaire, et ayant accompli cette mission, vous reviendrez ici en toute diligence me faire votre rapport. Conime vous aurez beaucoup de Sauvages avec le Capitaine MeCoy vous les employerez à faire les dites découvertes. Teil Laforce I shall order the commissary to issue four days more provisions to his Chasseurs, and enquire whetñner he has sent a piquet to Pointe-à-la-Mule.”
Louis de Couagne, capitaine aux chasseurs de Lacadie, servait en octobre et novembre 1812, sous les ordres de de Salaberry, qu’il appelle dans ses lettres, “un homme de connaissances peu communes.”
Le 3 février 1813, Jean-Baptiste d’'Estimauville (belle écriture) est capitaine et adjudant (à Saint-Jean) de la milice d'élite incorporée. Le 11 septembre suivant,
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il est major du troisième bataillon de la milice incorporée et commandant de ce dernier corps.
Le 9 février 1813, Antoine Destrampe, de Berthier-en-Haut, qui, depuis dix-sept ans, est capitaine de milice à Saint-Cuthbert, demande une commission dans la milice incorporée (milice active).
Charles Daly (d’origine irlandaise), lieutenant et 1djudant du troisième bataillon de la milice d'élite incorporée, écrit des Trois-Rivières, le 5 avril 1813, à Louis Lévesque, assistant député adjudant général, à Montréal, disant (en excellent frençais) que le lieutenant-colonel Cuthbert, commandant le 3° bataillon, lui fait savoir la présence de ce corps aux “rois-Rivières.
C. Sabrevois de Bleury, d'une famille qui date dans le pays de 1695 au moins, avait été officier dans le Royal Canadien; il avait servi durant la guerre de 1775-1784, et comptait seize années de carrière militaire lorsqu'il devint major au troisième bataillon de la milice d'élite incorporée (Trois-Rivières et Berthier), le 24 mai 1812. L'hiver qui suivit, étant devenu commandant de ce dernier corps, 1l occupait la région de Belæil, et, dans ses lettres adressées au bureau de la milice, à Montréal, il explique que ses hommes sont très dispersés dans les cantonnements et qu’il en déserte un certain nombre pour aller voir leurs familles; “cela, dit-il, vient de ce que l’on n’a pas suivi le plan qui consistait à accorder six absences par compagnie durant l'hiver; en tenant toujours six hommes absents, et pas plus à la fois, chacun avait son tour de rôle et tout le monde était content. L'esprit du 3° bataillon est admirable, tant pour le devoir que dans la perspective d'une bataille. Les hommes sont soldés en monnaie de papier, et cela cause de la gêne, vu qu'on ne peut guère se procurer de l'argent sonnant le long de la rivière Chambly.” Il se plaint des discours que l’on tient sur son compte at sujet de sa capacité. De fait, il venait de faire deux chutes graves qui le retenaient au lit. Son âge contribuait à laffaiblir. “J'ai attrapé là deux coups mortels, malgré tout je suis à mon devoir.” Son écriture est tremblée et difficile. Enfin, le 12 février 1813, il demande su retraite, en disant que le lieutenant-colonel Robinson paraît destiné à le remplacer.
Un détachement de voltigeurs partit pour le Haut-Canada, le 1° avril 1813. Le capitaine Jacques Viger, qui en formait partie, nous a laissé une narration du voyage. Le départ eut lieu de Saint-Philippe, et le soir même, 1° avril, on couchait à Châteauguay. Le 4 au soir, on était à New-Johnstown (Cornwall), où il y avait une petite garnison. Le 6, on arrive chez un Hollandais du nom de Chrystler, capitaine-recruteur, riche propriétaire, superbement établi. Tout le corps d'officiers logea dans cette ferme. M. Viger fait de grands élopes de Chrystler et de sa femme, Le 11, on passe à Gananoque, et enfin on arrive à Kingston, où M. Viger et les voltigeurs étaient encore le 17 mai. (#'bliothèque canadienne de Bibaud, 1825, pages 24-28, 212-13.)
Dans la Zribliothèque canadienne de Bibaud (1825, pages 214-5; 1826, pages 144-46), il est fait mention des prouesses du sergent Chrétien, des voltigeurs; sir George Prevost arriva à Kingston le 11 mai 1813, avec Saint-Germain et autres. En juin, le major F.-G. Heriot était à Kingston; le 29 avril, la nouvelle de la prise de Toronto cause une alerte parmi les voltigeurs à Kingston. Il est fait mention d’un voltigeur du nom de Le Couteur,
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Le 3 avril 1813, le capitaine Cochrane part de Québec comme recruteur pour les Glengary Light Infantry, et se dirige vers Saint-Gilles (comté de Lotbinière) et autres paroisses au sud du fleuve.
À l’inspection de la cavalerie légère de Québec, le 25 juin, le major commandant est Matthew Bell, lieutenant Edward Hal, cornette W.-G. Sheppard, quartier-maître Benjamin Ray. Ce dernier est de la division Sainte-Marie de Beauce. Il y a trois sergents et vingt-et-un homiies montés; un trompette et vingt hommes démontés; cinq absents avec permission ; quatre malades; en tout cinquante-huit personnes; il y a quarantesept équipements de cheval, cinquante sabres et trente pistolets.
Le chevalier Charles de Tonnancour, lieutenant au deuxième bataillon de la milice sédentaire (il était dans le commerce), fut nommé assistant député adjudant général, en avril 1813, remplaçant le capitaine Louis Pinguet Jusqu'au milieu de septembre suivant, il fut employé à Québec. Il y avait alors au fort Saint-Jean un capitaine George de Tonnancour. Le colonel Joseph-Marie Godefroy de Tonnancour commandait la division de milice d'Yamaska (où il demeurait), Le 16 avril, J.-G. de Tonnancour, lieutenant de la milice sédentaire des Trois-Rivières, remercie l’adjudant général d’avoir été nommé capitaine au premier bataillon de milice incorporée.
Le 1‘ juin, F. de Chambault offre à Roderick McKay, de Montréal, une commission de capitaine dans le corps qui se lève parmi la milice sédentaire du district de Montréal.
L.-R. Chaussegros de Léry fut nommé lieutenant-colonel dans la milice du Bas- Canada “le jour de l'alarme, 7 juin 1813.” Le général de Rottenburg lui donna à commander des détachements de Boucherville et de Verchères. Il était grand voyer, à cent cinquante livres sterling de salaire par année; son député, le lieutenant-colonel Lacroix, recevait de Ini quarante ïivres sterling. Le 4 août 1813, de Léry était ‘aux prairies,” commandant la division de Boucherville; le major général, sir Roger Hale Sheaffe, ayait la direction du district.
Le 6 juillet, le lieutenant-colonel Charles de Léry, assistant député adjudant général, écrit de Montréal à Vassal de Monviel, qui est à Québec, disant que l’on se propose d'échanger le capitaine Saint-Vallier Maïlloux, du 3° bataillon, contre le capitaine Joseph Richardson, de l'infanterie légère de la frontière (cantons de l’est). Ce dernier corps est sous les ordres du capitaine Lewis Ritter. du r00° régiment.
Le 17 juillet, Eustache des Rivières-Beaubien, major de milice sous les ordres du lieute-nant-colonel Jacques Cartier, commande la division de Verchères.
Le 17 juillet, au camp de Chambly, le major commandant du 3° bataillon, René de la Bruère, écrit à son “cher frère,” Vassal de Monviel, adjudant général.
Le lieutenant-colonel de Salaberry écrit de Lacadie, le 18 septembre, demandant que les chasseurs de Saint-Philippe et de Saint-Pierre soient inclus dans l’ordre qui appelle les autres chasseurs à se mobiliser sous bref délai. Il n’y a pas d'hommes pour les piquets à Mascoutine et à Norton Creek, dit-il.
Le 28 septembre, l'honorable James MeGill est colonei commandant le premier bataillon de milice de Montréal. Le lieutenant-colonel A. Auldjo lui donne sa démission, vu qu'il part pour l'Angleterre.
M. de Boucherville, aide de camp de sir George Prevost, lui ::1nonce de Laprairie, le 29 septembre, que le capitaine Archambault revient d’une expioration tout près de
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l'ennemi, dont il estime les forces à six mille hommes, avec beaucoup d'artillerie et de cavalerie. Archambault a voyagé à ses propres frais. Il ajoute qu’une vingtaine de miliciens viennent d'arriver de Beauharnois et de Châteauguay ; qu'il y en a une vingtaine d'autres que le major Edme Henry ne connaît pas pour appartenir à sa division (Beauharnoïs), et que de Boucherville prendrait sous ses ordres. “Le lieutenant-colonel de Salaberry n’est pas encore arrivé; je vais le rejoindre aux piquets avancés, et savoir de lui ce que je devrai faire s’il est repoussé.”
Les 2 et 19 octobre, le major Eustache des Rivières-Beaubien est à Saint-Lambert, à la tête de son bataillon. 11 demande que le lieutenant aide-major Jacques Cartier fils, qui demeure à Saint-Antoine, à six ou sept lieues, soit remplacé par Jacques Lemoine de Martigny père, le plus ancien capitaine de la division. Le 25, il est au saut Saint- Louis avec sa troupe. Le 19 décembre, il annonce que les déserteurs et réfractaires de la division sont, depuis quatre ou cinq jours, en service sous le major Herse, à Lacadie.
Le 10 octobre, le lieutenant-colonel L.-R. Chaussegros de Léry est à Saint-Constant, avec les milices de Boucherville et de Verchères. Le ?6, on le voit à la bataille de Châteauguay, occupant la troisième position, d’après le plau du colonel de Salaberry. En décembre, il fut fait lieutenant-colonel de la division de Boucherville.
Le 17 octobre, à Laprairie, le lieutenant-colonel H. de Mexron-Bayard, commandant le régiment de Meuron, écrit qu’il a beaucoup d'officiers abseats dans le moment.
M. Louis Bourdages, nommé lieutenant-colonel commandant la division de Saint- Denis (rivière Chambly) en janvier 1813, se trouvait le 2 octobre suivant, avec cinq cents hommes de ses troupes, au ruisseau de Noyers. ‘Pas de vêtements chauds... Nous n'avions pas cru rester si longtemps en campagne,” dit-il en terminant son rapport. Le 26 (jour de la bataille de Châteauguay), il est à la Petite-Côte, et réitère la demande d’une commission de lieutenant ou enseigne pour (son fils?) Raymond, âgé de dix-huit ans, qui sort du collège. Le 18 novembre, il est à Châteauguay, sa troupe manquant de souliers; il dit que les scandales de désertions, qui ont eu lieu dans les artres corps, n'ont pas été imités par le sien, mais seulement que, rendus au village du bassin de Châteauguay, en octobre-novembre, ses miliciens se mirent à s'en aller chez eux pour prendre des hardes d'hiver, et que leur état faisait pitié.
Ordre général du 25 octobre: La division de Boucherville, commandée par le lieutenant-colonel de Léry, partira de suite pour rejoindre l'avant-garde à Châteauguay, où le major général Stover lui donnera des logements. Le même jour, ordre de se rendre jusqu'à La Fourche,
Le 26, jour de la bataille, ordre de Geo. Burke, major de brigade, daté de La Fourche : Le lieutenant-colonel Hughes, du corps des ingénieurs, aura la direction des bateaux sur la rivière Châteauguay. Par l’ordre général du 30, daté de la maison de Wright, les outils, ete., doivent être rendus à Hughes.
Ordre général du 29 octobre : Le piquet du deuxième bataillon de la milice incorporée, qui est à la quatrième position (du champ de bataille du 26), sous le major La Bruère, retournera à ses cantonnements. Les différents corps placés aux avant-postes reprendront leurs places aux «batis. Le troisième bataillon de milice de Montréal ira rejoindre l’artillerie royale à la frontière du Bas-Canada.
Au sujet de la bataille du 26 octobre, M. W.-D. Lighthall, avocat, de Montréal, qui s'est beaucoup occupé de l’histoire de la région de Châteauguay, nous écrit : “Quels
pouvaient être les quatre-vingts habitants indiqués sur la carte de Bouchette? Les colons du voisinage étaient principalement des Ecossais que l’on avait formés en une compagnie sous les ordres du capitaine Wright, dont la résidence servait de quartier général avancé. Un certain nombre de ces hommes furent employés au transport des provisions, etc., mais les autres, d’après la tradition locale, accompagnaient les troupes et se tenaient prêts à combattre, aussi dit-on qu'ils prirent part à la bataille du 26 octobre 1813.” Ceci reste un problème à résoudre. Nous avons plusieurs renseignements qui établissent chacun des contingents de cette journée, mais Bouchette est le seul qui montre les “quatre-vingts habitants.” Doit-on penser qu’il a été induit en erreur pour avoir mal compris certaines explications? C’est notre avis. Son témoignage n’est pas de première source, vu qu'il était loin de la :égion de Châteauguay au moment de l’action. Une autre circonstance contribue à faire douter de l'exactitude des cartes et plans: sur le dessin de la bataille que nous reproduisons, il y a, en arrière de la réserve, quatre pièces de canon — évidemment pour l’effet décoratif, car de Salaberry n'avait ni canons, ni chevaux, ni artilleurs avec lui.
Le lieutenant Charles Pinguet dit, dans ses lettres sur la bataille : “ Nous ne perdions pas de temps. Nos soldats ont tiré entre trente-cinq à quarante cartouches, et en si bonnes directions que les prisonniers que nous fimes le lendemain disaient que nos balles passaient à l'égalité soit de la tête soit de la poitrine. Notre compagnie seule s'est battu là environ trois quarts d'heure avant que de recevoir du renfort. La perte de l'ennemi a été d'environ cinq cents, tant tués que blessés et manquants. Nous en avons enterré environ un cent.”
Les 11 et 12 novembre (dates de Chrysler Farm et de la retrane de Wilkinson), la compagnie des /encibles du capitaine Ferguson était retournée à l'endroit où de Salaberry avait repoussé Hampton le 26 octobre. Voici ce qu’écrivait le lieutenant Pinguet : “Cette fois, nous avons tellement souffert du froid et du mauvais temps que plusieurs de nos hommes tombaient malades tous les jours. Pour moi, j'ai été obligé de descendre aux maisons avec des douleurs dans tous les os, mais j'espère que, si la campagne n’est pas finie, dans huit jours je serai capable de remonter.” Cette lettre est du 21 novembre, et a dû être écrite au bassin de Châteauguay, par conséquent sans connaître que l’ordre général du 17 novembre appelait les troupes en quartiers d'hiver. Continuons de citer : ‘Le colonel de Salaberry a été bien malade; mon vieux capitaine (Ferguson) est malade à Laprairie depuis trois semaines, et plusieurs officiers des voltigeurs sont aussi malades. Je crois à présent qu’un homme est capable d’endurer sans crever plus de misère qu’un bon chien. Il y a bien des petites choses qui pourraient se dire inieux que de s’écrire, mais tu verras par ceci, cependant, que les Canadiens savent se battre, car sur soixante-douze de notre compagnie (/encrbles), qui étaient dans l'engagement du 26 octobre, il y avait plus de cinquante Canadiens, et qui n’ont pas été les moins fermes.” Faisant allusion à Chrysler Farm, il ajoute : “Ce pauvre de Lorimier a été tué. En lui, le régiment perd un bon officier, et plusieurs officiers un bon ami, Ils se sont battus en plaine, huit cents contre quatre mille, et nous, dans le bois, trois cents contre cinq mille. Notre bataille a duré depuis dix heures et demie du matin jusqu'à deux heures et demie de l’après-midi. Je t'assure qu’on est si occupé dans ces occasions-là que le temps passe vite.”
Le 28 octobre, de Salaberry date du champ de bataille l’ordre suivant, qu’il remet au capitaine La Mothe, pour le faire exécuter. Il nous semble que, dans la hâte du
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moment, il a dû écrire 28 au lieu de 27, puisqu'il parle de la bataille de “la veille ” : “The officers, commanding the several nations of Indians, are directed to encourage the warriors in seeking after the scattered Americans who are lost in the woods, and to exercise mercy towards them. They must again be informed of the reward which Government gives for each prisoner brought in by them. To the troops, it is unnecessary to recommend the same line of conduct. The ‘mmanding officer takes this opportunity to express to the officers and men engaged yesterday (26 octobre !), in repelling the attempt of the :nemy to force our positions, how much he was gratified in witnessing their gallant ardour and bravery throughout the engagement yesterday, which lasted from half after ten o’clock till half after two, and which ended in the enemy—six thousand strong — being obliged to return to his positions, with the loss of many men killed, wounded and prisoners.” Signé: Ch. de Salaberry, lieutenant-colonel.
Offrir une récompense aux Sauvages pour les prisonniers qu’ils feront, c’est les inciter adroitement à ne tuer personne, et ce trait d'humanité du commandant canadien mérite sa place aux pages de l’histoire.
La liste suivante paraît s'appliquer à toutes les campagnes de 1812-15 : “ Liste des Sauvages du Sault Saint-Louis, tués ou blessés dans la dernière guerre avec les Etats- Unis : Jacques Atoken, né en 1768, blessé; Maurice Ahentagen, né en 1769, tué; Joseph TuSegati, né en 1769, tué; Laurent Atsi8a, né en 1779, blessé et mort; Louis Kanenharego8a, né en 1771, blessé et mort; Jos.-Daniel Arhakentiage, né en 1755, blessé et mort; Alexis, mort en service, de fatigue, ete, né en 1755; Satigaimton, tué; Otasa Katerakis, tué; Ignace Arriwagen, blessé; Jean-Baptiste Asarego8a, né en 1771, blessé, Sault Saint-Louis, 5 février 1824. Signé: Joseph Marcoux, prêtre.”
Nous empruntons cette pièce aux papiers du capitaine La Mothe, dont la correspondance est riche en renseignements sur la guerre de 1812-15.
Le capitaine Pierre Ostigny, écrivant &? la Pointe-Olivier (Saint-Mathias) le 30 octobre, adresse à son chef, le lieutenant-colonel James Finlay, du bataillon de milice sédentaire des Cantons de i’Ést, alors au ruisseau des Noyers, une longue lettre disant que les hommes de ce corps vont s'agiter derechef, et probablement se révolter, parce que les fournisseurs des troupes les trichent sur tout.
Le lieutenant-colonel Joseph-Marie de Tonnancour était au ruisseau des Noyers, à Lacadie, le 23 novembre, avec la milice d'Vamaska; il y était arrivé le 16 au soir, avec quatre cent quarante-huit hommes, étant parti le 11 avec son bataillon: mal vêtus, pas de chaussures, chemins affreux. De Tonnancour est malade.
Dans une lettre du 10 décembre, le docteur François Blanchet dit que Germain Courcy, de Sainte-Anne-du-Sud, en bas de Québec, “blessé d’une pos/e (chevrotine) à la bataille des Fourches, en haut de Châteauguay,” n'a plus qu’une douleur dans le jarret, et qu'il est à Québec.
La lettre suivante est d’un officier canadien-français, brave et habile, l'un des plus écoutés à cette époque. Il avait l'orthographe de plusieurs grands capitaines : “Colonele, nous avont hut Le 24 le 26 E Levinhuit une engagemant aveeque Lenemis Stanislas Vassal sais trais Bient conduit antoutte Ockassiont je le considaire un vraix guerrier E un des zome an quis jais le plus de Confianse. je Lais rasportey telle à Sont exCelanse Eau Chevalier jhonsone (surintendant des Sauvages) san blaBle mant a M de Chant Baux jais toute confianse anluis plus que dant tout autre. Le Colonele Heriotte E le
Majore hinquoque (Hancock) sont de mas maime oppiniont. Croyé moi avec tout respaix possible, votre obeissant serviteur. — St Valier Mailloux, capitaine j g département. Bottonville, 29 juin 1814.” Stanislas était un métis abénakis de Saint-François-du-Lac, qui avait de l’instruction. Les lettres 7 g, ou plutôt 7 g sont là pour /#d7an (prononc?z Indiang) Department.
Le lieutenant. Daniel de Hertel, des voltigeurs, servit durant toute la guerre et combattit à Chrysler-Farm sous le colonel Heriot, du même corps. Il résida ensuite à Argenteuil, d'où il écrivit en 1816 une lettre demandant le grade de capitaine dans le bataillon d'Argenteuil, pour remplacer le capitaine Jeremiah Meacham, “de la compagnie du Ridge, qui a déserté durant la guerre” M. de Hertel avait de l'instruction. Il vivait encore en 1848, puisque son nom est dans la liste des médaillés de cette époque.
L'adjudant-général Baynes (armée régulière) dit, dans un ordre général du 4 novembre, que “sir George Prevost est des plus fiers de pouvoir déclarer hautement à la loyale et brave milice du Bas-Canada, qu’elle a montré un zèle et une ardeur remarquables en volant à son poste de combat, et une patience et une fermeté dignes d’éloges à cette saison difficile de l’année. La solidité et la discipline ont été parmi leurs autres qualités une chose commune, et l’indomptable bravoure de six compagnies qui ont combattu comme un seul homme, volontaires et fencibles, sous 1: direction immédiate du lieutenantcolonel de Salaberry, a repoussé avec honneur une armée envahissante de vingt fois leur nombre. Cela est à la gloire du nom canadien.”
Sir George Prevost comptait si peu sur la marche en avant de Wilkinson qu’il regardait l'affaire de Châteauguay comme terminant la campagne. Le 4 novembre, dans un ordre général, il permet à la milice sédentaire de rentrer dans ses foyers ‘© si l'ennemi cesse d'avancer.”
Un journal de Plattsburg du 31 octobre explique comme suit la bataille de Chatauga: ‘“ L'armée de, Hampton ayant pénétré à peu près vingt-cinq milles en Canada, emporta un retranchement de l’ennemi à la pointe de la bayonnette (c’est l’abatis en avant de Salaberry) et livra une bataille déterminée contre les Sauvages et les Anglais; elle eut vingt hommes tués et blessés et quinze ou vingt manquant à l'appel après cette affaire. Elle chassa complètement l'ennemi devant elle — puis retourna à Châteauguay (Four-Corners). On rapporte que les Anglais ont perdu deux cents hommes dans cette rencontre. On ajoute que le but de la campagne est entièrement atteint. Sir George Prevost, avec son armée, a été refoulé sur Montréal. Le secrétaire de la guerre (Etats-Unis) et le général Wilkinson n’ont pas été dérangés dans leurs opérations contre Kingston.” Tout ceci est à l'inverse de la vérité. Le prétendu triomphe de Hampton était une défaite inouie; la quiétude de Wilkinson n'était que le prélude d’une déconfiture.
Le Mercury, de Québec, 30 novembre 1813, cite une gazette de Burlington du 6: “L'armée américaine du Nord (Hanipton) est retournée à Four-Corners (Chatauga) après une escarmouche (la bataille de Châteauguay) avec l'ennemi au fleuve Saint-Laurent. Plusieurs rapports circulent au sujet de cet engagement, mais on n’en connaît pas les détails. La croyance publique est que le général Wilkinson se dirige sur Kingston et que le dernier mouvement du général Hampton avait pour but d’attirer l'attention de l'ennemi d’un autre côté, afin de permettre à Wilkinson d’opérer librement.” La vérité est que Wilkinson marchait sur Montréai et ne savait rien de la défaite de
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Hampton qui le laissait en l'air. Le lendemain de Chrysler Farm, lorsqu'il apprit que Hampton avait été battu, il rentra aux Etats-Unis.
Le Mercury, de Québec, La 9 novembre 1813, dit: “La retraite de l’armée du général Hampton de la province est un acte de prudence. D'après la réception que lui ont donnée nos miliciens, il a compris ce qui l’attendait en pénétrant plus loin. Cette seconde invasion manquée le guérira, sans doute, du désir de recommencer. Lorsque les Américains s’apercevront que nous sommes aptes à utiliser, dans la défense du Canada, les ressources naturelles que présente cette contrée sous le rapport topographique et stratégique. ils verront bien que nous pouvons nous y défendre. : Le courage est une des conditions requises — et il ne manque pas. Cette leçon étonnera les gens habitués à la guerre en pays défriché.” Deux jours après, arrivait l'affaire de Chrysler Farm, où Wilkinson fut repoussé, mais sans perdre les forces qui lui permettaient de marcher sur Montréal ouvert de tous côtés ; seulement, il apprit, le 12, ce qu'était devenu Hampton, et rentra aux Etats-Unis par Saint-Régis.
Dans la marge d’un bordereau de paye de 1814, qui est au département de la milice, on voit, tracé au crayon, un résumé conçu dans ces termes : “ Pour la durée de la guerre, Bas-Canada, trente-six morts et quarante blessés, dans les voltigeurs, le 3° bataillon, les chasseurs, les voyageurs.”
Sur une grande pancarte placée près du monument de Salaberry, érigé à Chambly en 1879, on lisait: “ Salaberry, Heriot, Globensky.” Sachons d’abord que Heriot n’était pas à la bataille de Châteauguay, et que ni l’un ni l’autre des deux frères lieutenants Globensky ne paraissent y avoir pris part, mais ils ont reçu la décoration dite “Châteauguay ” parce que, de même que Heriot, ils servaient dans le district de ce nom. Comment a-t-on fait pour oublier O’Sullivan, Hebden, La Mothe, Ferguson, les deux Juchereau-Duchesnay, Longtin, Daly, Bruyère, Lécuyer, etc., tous les premiers hommes au fort de la bataille? L'histoire est en risque de décerner ses hommages d’une façon assez étrange, car elle se basera peut-être sur les comptes rendus de cette fête de Chambly pour immortaliser des “survenants.”” Nous tâcherons d'y mettre bon ordre.
Liste des officiers qui ont pris part à la bataille de Châteauguay :
Lieutenant-colonel : George Macdonell. Capitaines: Joseph-Maurice Lamothe, du département des Sauvages ; James Wright, commandant les volontaires de l'endroit ; Philippe Panet, 1‘ bataillon de Québec; J. Robertson; Louis Juchereau-Duchesnay ; Jean-Baptiste Juchereau-Duchesnay; Charles Daly, bataillon des Trois-Rivières; J. Mailloux, 7° bataillon, Deschambault; Pierre Eneau, bataillon de Vaudreuil ; Dominique Ducharme ; G. R. Ferguson, des fencibles ; P.-Dominique Debartezh, 5° bataillon (chasseurs); Louis Lévesque, 5° bataillon; Gamelin Gaucher, 2° bataillon; Benjamin Lécuyer, voltigeurs. Lieutenants : Benjamin Schiller, 3° bataillon, Trois-Rivières; Neïl Morison; B. Delisle, 2° bataillon; Louis-B. Pinguet, 4° bataillon ; John Hebden, voltigeurs; Louis Guy, voltigeurs ; J.-H. Power, 5° bataillon; W.-D. Johnson, voltigeurs.
Officiers de la division de Beauharnoïs :
Lieutenants-colonels : S.-R.-C. de Léry, Paul Lacroix. Major : Edme Henry. Capitaines : J.-B. Bruyère, Etienne Eneau, Joseph-Marie Longtin, Alexandre Sauvageau, Charles Archambault, Basile Iamarque, James Mills. Lieutenants: Nicolas Bulteau, Jean-Louis Cérat, Michel O’Sullivan. Enseignes: J.-B. Viau, Louis Julien, Pierre Boyer, Amable Foucher, J.-B. Gastien. Sergent quartier-maître: Pierre Dandurand.
On a fait circuler dans les journaux un discours que le colonel de Salaberry aurait adressé à ses soldats avant de commander le feu, le matin de Châteauguay. Il aura sa critique ici: ‘“ Voltigeurs! l’armée américaine est sur nos talons, mais il faut l'arrêter dans sa marche où mourir. Que chaque balle abatte un ennemi, et malheur à celui qui manquera ou perdra sa poudre, car mon sabre lui fera sauter la tête! Clairons! faites un bruit d’enfer, afin que les Américains nous croient en grand nombre et qu’ils sont tombés dans une embuscade. Officiers ! faites votre devoir. Ordonnez à vos soldats de faire un feu roulant, et vive la vieille Angleterre ! ”
La coutume française de haranguer les troupes au moment d'en venir aux mains avec l'ennemi, ne paraît avoir été pratiquée par aucun commandant depuis qu'il y a des guerres en Canada. Il n'existe aucune trace de cette manière d'agir. En ce qui regarde Châteauguay, les narrations si précises, si complètes des deux témoins oculaires, Michel O’Sullivan et Charles Pinguet, n’en disen: mot. Remarquons aussi que les cinq cents hommes en question étaient dispersés sur un mille de profondeur avec un demimille de front. La forme de la bataille écarte toute idée d’une improvisation de ce genre, Napoléon lui-même, qui s'en montrait prodigue, adressait ses paroles aux troupes par le moyen de papiers imprimés que chaque colonel, quelquefois un sergent, lisait dans les corps, avant d’ébranler ceux-ci. L'existence du morceau littéraire ci-dessus, assez ampoulé d’ailleurs, semble d’une origine fort douteuse. Nous aurions besoin de bonnes preuves pour y croire. C’est évidemment une composition de collège.
‘ Voltigeurs ! ” s'écria-t-il. Pourquoi les voltigeurs et non pas les autres, qui étaient huit fois plus nombreux? “Mon sabre lui fera sauter la tête.” Tout cela pour avoir manqué un coup de fusil! Tamerlan parlait de la sorte, s'adressant à des barbares, Les chrétiens n'ont pas de ces allures. ‘“Clairons! faites un bruit d'enfer!” Ces paroles nous remettent en mémoire le bon nègre Soulouque I‘, empereur d'Haïti, clamant d’une voix forte: “Tambours, roulez!” Pas de roulement. Le tambour-major, interpellé, répond en son langage naïf: “Ti dis tambous oulez; pouquoi ti dis pas tambous oulez, si ous plaît?” A la fin arrive le bouquet: “Vive la vieille Angleterre!” Ces quatre mots signifient peut-être : ‘“ Hourrah pour les Canadiens ! ”
Nous avons connu plusieurs des combattants de Châteauguay qui appartenaient aux voltigeurs et aux /excrbles, soit les deux compagnies près desquelles de Salaberry s’est tenu le plus longtemps toute cette journée. Ils nous ont fourni d’abondants détails sur l'affaire, et cela est consigné dans nos notes prises au fur et à mesure de ces conversations. Aucun d'eux n’a fait allusion à un discours quelconque, mais le sergent Charles Burke (Canadien-Français) nous a raconté, en 1860, ce qui suit: “Le colonel avait l’œil partout. En voyant un soldat qui épaulait son arme, il se plaça derrière celui-ci pour juger du tir. Le coup partit. L'homme visé resta debout. ‘“ C’est-y pour ça que tu es venu ici, Jérôme?” lui dit le colonel d’un air bourru. Il savait nos noms par cœur. Lorque Izard monta par le chemin, pour nous prendre en flanc, le colonel passa tranquillement derrière notre compagnie et on l’entendait dire tout haut, comme s’il était agacé: ‘“ Bravez, mes damnés! bravez! si vous ne bravez pas, vous n'êtes pas des hommes!” Ensuite, lorsqu'il monta dans un arbre pour voir ce qui se passait à la rivière, il criait à nos gens: “'Tirez pas tous ensemble! Laissez avancer le capitaine Daly !.… Ça, c'est mieux.
Combien plus cette description est naturelle! et à quoi sert d'imaginer des phrases qui ont l’air de dire: “Soldats! contemplez les pyramides pendant quarante siècles ! ”
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Charles Godefroy de Tonnancour, dit le Chevalier, selon la coutume des familles nobles du temps, qui faisaient porter ce titre à leurs cadets, était assistant-adjudant général des milices du Bas-Canada. Il descendait de Jean Godefroy de Lintot et de Tonnancour, anobli en Canada vers 1670, aussi la lettre dont nous donnons le texte ci-après est-elle fermée par un cachet de cire rouge portant l'empreinte des armes que l’intendant Talon avait fait accorder à Jean Godefroy: une épée posée en pal, au centre de l’écu, ayant un croissant de chaque côté. L'épée représente la vaillance de Godefroy et de ses enfants; le croissant est emprunté aux armoiries de Talon. L'écriture est élégante, mais ne manque pas de fautes d’épellation, comme la plupart des lettres de cette époque :
“Chambly, 20 juin 1814. Mon cher monsieur. J'ai été rdonné de venir me mettre ici sous les ordres du Général de Rottenburg depuis lundi dernier. J'en suis des plus charmé car cet'endroit ici est dans ce moment des plus agréables. Tout le Staff est ici, ainsi que le Quartier Général qui y est établi depuis deux jours. Son Excellence est arrivé d’hyhaire au soir avec sa suite; il vient de faire une tournée Générale qui a été l'inspection de-tous les postes. Il y a un Grand Field day demain au soir. Il y a environ 4,500 hommes ici tant qu'en troupes que milice, qui sont le 8° Regt, l'Ele Gauche des Murons (l’elle droite étant depuis six jours à Lacadie) six compagnies de chaque du 1°, 2°, 3°, 4° Bataillon Milice, deux Brigade d'artillerie Royale et deux de Cavalerie, J'oubliois les Chasseurs Canadiens qui sont fort de 500 hommes. M. le Député Taschereau n’est pas encore arrivé ici, mais nous l’attendons aujourd’hui. M. Deschambault, Q. M. G., est après débouché un Chemin qu'il avoit bouché l’anné dernière qui est vers le Hault de Lacadie. Il arrange le Chemin de sorte a faire passer la Cavallerie. Il est générallement crus d'après le mouvement des Troupes que nous irons attaquer l’Ennemie sous peut. Je ne puis vous donner aucune information au sujet du Département car depuis que je suis ici je n’ai entendu parler de Rien.
: Signature : Ch. Chevalier de Tonnancour. ”
Sir George Prevost avait conçu le projet de porter la guerre dans l’état de New- Vork, en passant par le lac Champlain et détruisant la flotte américaine à Plattsburg. On sait qu'il fut repoussé, de sorte que la fin de ces quarante mois d’hostilités fut un désastre pour nous.
Le 8° régiment, ou Régiment du Roi, avait constamment servi dans le Haut-Canada. Les Meurons n'avaient guère quitté la ligne de la rivière Chambly depuis l'automne de 1813. Les chasseurs canadiens, ou 5° bataillon de milice d’élite, appartenaient à la région de Beauharnois, Saint-Philippe et Saint-Constant. Il y avait donc comme Anglais, dans cette armée, le 8° régiment et les artilleurs royaux — peut-être également la cavc'erie — soit les deux tiers du tout.
Les Meurons, composés de Suisses, de Français et de Polonais, étaient au service de l'Angleterre depuis quelques années déjà. Ils avaient été pris par Napoléon, désarmés et renvoyés en Angleterre sur leur promesse de ne plus servir contre la France. Equipés et armés de nouveau, ils arrivèrent à Québec au commencement de juin 1813 et, après avoir pris quelque repos, furent dirigés du côté de l’Ile-aux-Noix. Il est probable que tout le régiment n’était pas à Chambly en juin 1814. Une bonne partie devait être détachée en piquets le long de la frontière. Les Meurons et les Watteville parlaient français. :
Le colonel J.-M. Godefroy de Tonnancour, qui commandait le bataïllon d'Vamaska en service actif l’automne de 1813, était le père ou l’oncle du Chevalier. Il avait une
large instruction et représentait le type de l'ancienne noblesse: dignité et courtoisie. Nous avons de lui deux lettres dans lesquelles il peint, avec des expressions attendrissantes, les souffrances de ses soldats mal vêtus, sans bonnes chaussures, marchant par des chemins horribles et songeant à leurs familles qu'ils ont abandonnées aux prises avec la misère, car presque tous sont pauvres, ajoute-t-il,
Pierre Beaupré (voir page 109), ingénieur civil demeurant à Sorel en 1812, était père de dix-huit enfants, dont quatorze vivaient encore; trois filles : Marie-Anne, épouse de M. Gauvreau; Sophie, mariée à M. Poitras; Séraphine, mariée à M. Fortin ; onze garçons : Pierre, Etienne, François, Joseph, Charles, Jean-Baptiste, David, Prisque, Alexandre, Amable-Édouard, Louis, sur lesquels dix entrèrent dans le service militaire en 1812; en plus, l'un de ses gendres s'enrôla également. Ce vide du foyer domestique paraît l'avoir préoccupé, avec raison, plus que tout autre, et le porta à composer une chanson qui n'a pas été imprimée, mais que l’un de ses petits-fils, résidant à Kingston, conserve avec soin parmi ses souvenirs de famille. Nous la donnons sans y changer un jota :
Je suis Père infortuné D'une grande famille
Etant seul je veux chanter Pour dissiper mes ennuis De mes enfants délaissés Secourant la Patrie
Tous au service du Roi
Les noms sont comme suit :
Pierre il te faut marcher L'ainé des dix-huit
Les autres sont à l'armée Vole donc à leur suite
A la tete d'un convoi
Fait paraitre ton zèle Montre l'ardeur et l'exploit Et sois leur modèle.
Etienne je vois passer Sergents et quartier maitre D'une brigade effarée Dont tu te fais fète
Que Dieu conserve ta vie Dans tous tes voyages
Fait frémir les Bostonnais C'est la ton partage.
François mon troisième fils Ou donc est ta retraite
Est tu mort ou en vie
Que je suis inquète
Ton courage pour le Roi Sera comme je le crois
Et après la conquête
Tu seras récompensé.
Joseph ton besson
N'a pas ‘e meme avantage Interprète des Hurons
Et des autres sauvages Dans plus d'un endroit Rencontrant des précipices Il est fidèle a son Roi
Lui rendant des services.
Pauvre Charles si tu revient Joindre ton vieux Père Jette ta caisse au fin fond De la grande Rivière
Viens soupirer avec moi
Et conserve ta vie
Nous crierons vive le Roi Quand tu seras guéri.
Pauvre gendre prisonnier Un ancien Capitaine Officier de Sa Magesté Oui je ressens de la peine D'un vaisseau autrefois Soumis à tes ordres Exécutant les exploits
Tu obéissais aux ordres.
Jean Baptiste son compliment Six mois dans la Milice
Six enfants t'as emmenés Depuis a Morris Creek
Tous d’un joyeux entrain
En disant dans le refrain Vive le Roi vive le Roi
Je crois que je suis quitte.
David son compliment Rendu a Kingston Travaille aux batiments Comme les autres hommes En m'informant de toi Aussi de ta famille
Sois fidèle au Roi
Le reste de ta vie.
Prisque aujourd'hui content De quitter L'Acadie
Avec hardiesse il alla au camp Pour y frapper l'ennemi
Il partit sans differer
Au service du Roi
Puis il revint en homme Charpentier a Kingston,
Amable Edouard est parti Dans le mois de Mai
A Kingston il se rendit Charpentier de Navire
C'est là qu'avec grande joie Et sans aucune crainte
Il nargue les Bostonnais Jusque dans leurs enceintes,
Cher petit Louis mon dernier Ah que tu es jeune
Dans ta treizième année
On t'a vu midshipman
A Vork on t'a vu dit on Avec beaucoup d'audace Montrant ton hardiesse Defendre ton canon.
Vous qu'on nomme grand guerrier Lieutenant Capitaine ou
Tout autre officier
Et Gouverneur meme Pouvez-vous montrer
Dans tous vos domaines
Onze enfants dans l’armée Combattant avec zèle,
S'ils revenaient tous vivants Pour moi que de gloire
Je courrais vite au camp
Y chanter la victoire Quoique passé soixante ans Je partirais sans peine J'aurais le commendement Comme un vieux Capitaine,
rtoisie, endrisut par
prises
, était épouse onze risque, ilitaire estique er une igston, hanger
ent
camp
joie
tes,
rnier
L'auteur de ces couplets mérite une place dans l’histoire de la milice du Canada, à côté de ses courageux enfants, Nous savons qu'il mourut en 1816. Il paraît avoir été le petit-fils de Pierre Feaupré, maître-serrurier aux forges Saint-Maurice, et, ce qui est plus curieux, frère où cousin d'Antoine Beaupré, des Trois-Rivières, qui, se trouvant à Paris le 5 mars 1793, en plein sous le régime de la Terreur, prononça un discours, dans un café de la place du Louvre, où il prenait Robespierre à parti et déclarait que le meilleur gouvernement pour la France serait une bonne imitation du système de la Grande-Bretagne. Louis XVI étant mort sur l’échafaud, Beaupré demandait la restauration du dauphin avec gouvernement constitutionnel. 11 fut arrêté sur-le-champ et conduit à la guillotine.
George-Richard-John MeDonell, appelé familièrement ed George, avait commencé à servir comme lieutenant au Zoya/ British Fencible Infantry en 1794, en Angleterre ; au 55° régiment, en Hollande, 1799 ;'au 8°, à la Nouvelle-Ecosse et au Canada, 1805. En 1812, on le chargea de lever les Glengary Light Infantry Fencibles, et il en fit un corps modèle, ce qui lui valut le grade de major. Le 24 février 1814, on le nomma lieutenant-colonel et inspecteur d'état-major. Il partit pour l'Angleterre en octobre 1816.
Le bureau de la guerre, à Londres, décora les officiers qui s'étaient distingués aux colonies durant la guerre, mais laissa de côté Salaberry parce qu'il n'y avait rien, dans les rapports de Prevost et de Watteville, qui pât éclairer le ministre sur son compte, Le lieutenant-colonel George McDonell (2ed George), étant à Londres l'hiver de 1816-17, eut occasion de converser avec les autorités militaires, et leur révéla non seulement la prise d'Ogdensburg, qu’il avait accomplie le 23 février 1813, mais aussi la victoire de Châteauguay. Prevost était alors décédé. MceDonell écrivit à de Salaberry, qui l’autorisa à parler en son nom. Par suite, tous deux furent créés compagnons de l'Ordre du Bain. Le décret qui les nomme est daté de Whitehall, palais du roi, le 5 février 1817, et porte dix-neuf noms d'officiers militaires décorés de la même croix; sur ce nombre, il y en a deux qui avaient fait les campagnes du Canada: les lieutenants-colonels Francis Battersby et George Taylor.
Le lieutenant-colonel McDonell demandait davantage. Voici la lettre que le bureau de la guerre de Londres lui adressa le 27 mars 1817, à Edimbourg, où il se trouvait: “Je suis chargé, par Son Altesse Royale le prince régent, de vous dire que le titre de compagnon de l'Ordre du Bain vous a été décerné à cause de vos services distingués à Ogdensburg, mais, comme il n'a pas été frappé de médaille commémorative de cet événement, il est impossible de vous faire part d’une telle marque de distinction. Considérant les circonstances, toutefois, Son Altesse Royale prescrit que l’on ve:s donne une médaille pour l'affaire de Châteauguay.—Signé: H. Torrens.”
Cette médaille était en or, dit-on. Il est bien certain qu’elle n'avait pas été frappée à l’occasion de la victoire de Châteauguay, puisqu'il n’y a jamais eu de ‘“ médaille de Châteauguay.” Ce devait être ce que l’on nomme une pièce commémorative, destinée à prendre place dans un cabinet ou musée, ou bien encore sur une table de salon. Les souverains indiquent ordinairement les phases remarquables de leurs règnes par des médailles qui ont une forme spéciale — témoin celle que l’on distribue en ce moment, à Londres, durant le jubilé de la Reine. Celle qui fut accordée au lieutenant-colonel McDonell était probablement un souvenir des guerres de 1793-1815.
Dans un état de ses services, que le lieutenant-colonel McDonell soumit au bureau de la guerre, à Londres, le 28 juillet 1817, il dit: ‘Je commandai le 1“ bataillon
léger canadien (Æ?rs/ Canadian Light Battalion) à la bataille de Châteauguay, et commandai en second toutes les troupes employées dans cette affaire.” Quel est ce 1° bataillon d'infanterie légère? Nous n'avions pas de corps de ce nom à Châteauguay, et il n’y avait là que de simples compagnies, pas de bataillon, Au bureau de la guerre, on ne pouvait pas contrôler le dire de McDonell, Nous le pouvons, heureusement,
Le lieutenant-colonel William-F, Coffin, dans son livre: 7%e «war and ils moral (page 263), dit que George McDonell (4ed George) était un homme de capacité, et que Prevost fit bien de l'envoyer à de Salaberry. Le bataillon que MeDonell avait exercé et qu'il commandait, à Kingston, lorsque Prevost le passa en revue, le 20 octobre 1813, était composé de Canadiens-Français, remarque le lieutenant-colonel Coffin. Ils étaient six cents hommes et parcoururent cent soixante-dix milles par eau et vingt par terre, de Kingston à Sainte-Martine, avec une célérité qui parut incroyable.
Nous savons comment McDonell arriva, seul, auprès de Salaberry, la veille de la bataille de Châteauguay, et qu'il y resta le lendemain, au poste qui lui fut assigné (voir page 35 du présent volume) avec Debartezh, Lécuyer et Lévesque. Lorsque Daly et Bruyère se mirent en devoir de repousser Purdy sur le flanc gauche de Salaberry, celui-ci accourut près de McDonell et agit comme commandant, de sorte que McDonell ne bougea point de la journée. L'importance qu’il se donne, dans son mémoire du 28 juillet 1817, adressé au bureau de la guerre, tend à lui faire prendre la place de Daly, Bruyère, Duchesnay, Longtin, Ducharme, Panet, Schiller, qui combattaient en avant de lui, pendant qu’il ne brûlait pas même une cartouche et que de Salaberry donnait des ordres sous ses yeux.
Lorsqu'il s'est agi du monument de Châteauguay, il y a deux ans, certains journaux ont commis tous les excès de fanatisme en proposant d'écrire les noms de Prevost et Watteville au-dessus de celui de Salaberry, comme pour faire maudire, encore une fois, ces deux hommes par les descendants des vainqueurs du 26 octobre 1813. Il s’est fait des cabales, à part cela, pour qu'on adopte les noms de McDonell, Hériot et quatre ou cinq autres, à peu près tous étrangers à la bataille en question. Personne n’a proposé les noms des véritables auteurs de cette glorieuse journée. Le parti pris de pousser à la réclame et de travestir l’histoire était si visible que les gens sages demandèrent de laisser la colonne sans la mention d'aucun officier. Il va de soi que de Salaberry ne se trouve pas oublié à cause de cela. Son prestige existait avant la colonne et il lui survivra, car l’histoire écrite h'ae les siècles, tandis qu'un monument de pierre s'en va après quelques années.
“Louis de Watteville, officier suisse et major général dans l’armée anglaise, commandait la garde avancée à Châteauguay, où il se distingua,” disent les écrivains qui prennent au sérieux les rapports de cet officier et ceux du gouverneur Pre.ost. Toute l'histoire a été un coup monté par ces deux hommes. Watteville avait bien un grade supérieur à de Salaberry, mais il n’en a fait usage que pour embarrasser ce dernier. Lisez notre récit de la bataille, vous y verrez les courtes apparitions de Watteville sur la rivière Châteauguay, où il se rendait uniquement pour dire que l’ennemi n’avançait pas. De plus, il laissait les hommes de Salaberry manquer du nécessaire et il ne leur envoya point les renforts de cent, deux cents et six cents soldats qu’il gardait avec lui en arrière. On est allé jusqu'à prétendre que le bataillon, arrivé la veille du combat à l'entrée de la rivière des Anglais (La Fourche), avait secouru de Salaberry au milieu de sa résistance contre Hampton, tandis que, au contraire, il a été retenu par Prevost
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et Watteville, S'explique-t-on à présent que ces deux personnages se srient attribués, vis-d-vis du gouvernement britannique, l'honneur du succès, et que dans its proclamations adressées au peuple du Canada ils aient couvert d'éloges de Salaberry dont ils ne pouvaient pas impunément dérober la gloire en face de centaines de témoins; mais, ces proclamations, ils les publiaient pour nous seuls, se gardant bien de les envoyer en Angleterre.
Il est bon, après tout, que le fanatisme, aveugle comme il l’est touinnrs, soulève de pareilles questions, puisque cela provoque l'examen des gens instruits qui, alors, expriment tout haut le résultat de leurs connaissances. L'un de ceux qui ont le mieux répondu à ces manifestes de la passion est M. William Kingsford, un écrivain de haute valeur qui vient de nous donner, en plusieurs volumes, le fruit de ses études sur l’histoire du pays. Nous le citons, en abrégeant de beaucoup ses réflexions qu’il faut lire dans l'original pour avoir toute la portée de ses jugements :
“Je ne connais pas, dans l’histoire militaire, de production empreinte de plus de mauvaise foi que la dépêche du gouverneur Prevost en date du 31 octobre 1813. On se demande, tout d’abord, pourquoi c'est lui qui l’a écrite et non pas de Salaberry qui commandait et que l’on relègue absolument dans une situation inférieure, Il est nécessaire de rapprocher cet acte de Prevost avec sa conduite à Sackett's-Harbour. L'insuccès qui résulta de ses propres ordres, en cette circonstance, retombe sous sa responsabilité, mais il voulut se mettre à couvert en obligeant l’adjudant général à rédiger le rapport de cette action, se bornant lui-même à son devoir officiel qui consistait à expédier la pièce en Angleterre. Dans l'affaire de Châteauguay, il s’appropria le mérite de Salaberry, auquel il n'avait pas l'ombre d’un droit” (Kingsford: /Æ/s/ory of Canada, XII, 369).
En 1847, le parlement britannique accorda, aux hommes de la milice canadienne ayant vu le feu durant la guerre de 1812-15, la médaille que l’on frappait en ce moment pour les troupes anglaises qui avaient assisté à des batailles, soit en Europe ou ailleurs, de 1793 à 1814. Cette médaille en argent est la même pour tous, sans exception de grade. L’agrafe placée sur le iuban indique la raison de la récompense: ‘“ Détroit,” “Chrysler-Farm,” “Châteauguay.” Il n’y a pas de médaille de Châteauguay, c’est l’agrafe, proprement dite, qui établit la distinction entre les trois catégories. Sur la face de la médaille est la tête de la reine Victoria, avec le millésime 1848. Au revers, la reine est debout, couronnant un guerrier placé le genoux en terre; au dessous est écrit “1793-1814.” Le ruban est rouge à bordure ou liséré bleu-vert. Par un ordregénéral du 25 août 1847, le gouvernement canadien fit appel aux miliciens qui pouvaient réclamer cette décoration.
Les officiers et les soldats qui avaient combattu dans les régions du Détroit, de Chrysler-Farm, de Châteauguay, et qui survivaient en 1848, reçurent cette médaille. Voyons la liste de leurs noms:
Détroit. — Ce mot signifie toute la région du Haut-Canada qui avoisine le lac Saint- Clair et la rivière Détroit: — Antoine Baron, J.-B. Bruneau, J.-B. Bertrand, Antoine Bertrand, J.-B. Bernard, Augustin Bastien, J.-B. Constantineau, Pierre Cassidy, Thomas- V. de Boucherville, J.-B. Deneau, Jacob Delacampe, Charles Fortier, Joseph Graveline, Pierre Larose, Joseph Langlois, J.-B. Laliberté, John Lamarche, François Meloche, Isaac Parent, Louis Perrault. Ces vingt hommes appartenaient à la milice d'Essex.
Louis Corbier, Louis Fontaine, Joseph Lecomte, J.-B. Lachapelle, Pierre Pelletier, étaient de la milice de Vork.
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Samuel Fortier et James Fortier étaient de la marine militaire provinciale, probablement sous les ordres de Frédéric Rolette, qui reçut un sabre d'honneur pour sa belle conduite dans huit ou dix engagements sur le lac Érié.
Les vingt-sept Canadiens ci-dessus vivaient encore en 1848, et formaient à peu près le quart de tous ceux qui reçurent la médaille du Détroit.
Durant les quarante mois de la guerre ils furent constamment en alertes, et soutinrent plus d'attaques, de la part de l'ennemi, qu'aucune autre milice du Haut comme du Bas-Canada.
Dix-neuf Canadiens-Français reçurent la médaille de Chrysler-Farm et, sur ce nombre, il y a dix voltigeurs.
Citons d’abord le soldat John Saint-Etienne, des voltigeurs, qui eut deux médailles, ou plutôt deux barres d'argent, l’une pour Détroit et l’autre pour Chrysler Farm.
Les voltigeurs médaillés de Chrysler-Farm sont : le lieutenant Daniel de Hertel, les sergents Louis Langevin, J.-B. Megret, François Thérien, les soldats Antoine Bélingue, Marcel Morency, Pierre Piché, Louis Pelletier, Jean-Olivier Parent.
Il y avait aussi Joseph et Régis Langevin, Jacques Gend ‘on, JB. Lapierre, Barthélemi Morin, Joseph Plamondon, et le sergent J.-B. Portugais, qui devaient appartenir à la milice d'Essex, mais le noi de ieur corps n'est pas mentionné.
De la milice d’'Essex, il y eut Paul Bélair et Jacques Beaudoin décorés pour Chrysler-Farm.
Le va-et-vient des troupes, depuis Montréal jusqu'au Détroit, durant les années 1812 et 1813, principalement cette dernière année, entraîna des miliciens du Bas-Canada jusqu'à Kingston, des bandes de Sauvages de Canghnawaga et du lac des Deux-Montagnes jusqu'au lac Erié, et des voltigeurs un peu partout.
A Beaver-Dam, derrière Sainte-Catherine, en juin 1813, Dominique Ducharme, avec sept où huit Canadiens et trois cents Sauvages, captura cinq cent cinquante Américains, deux canons et deux drapeaux. Vers le même temps, cinq compagnies de miliciens du 3as-Canada se coûvraient de gloire à Sackett’s-Harbor, situé à l’entrée du lac Ontario.
Les voltigeurs avaient été dispersés sur tant de points de la frontière, qu’on les rencontre dans la plupart des engagements qui marquèrent cette année mémorable. De Salaberry n'en avait que quatre-vingts sur la rivière Châteauguay, au moment où Hampton marchait contre lui.
Dans la liste du bureau de la milice, il y a les officiers, sous-officiers et soldats suivants, qui ont reçu la médaille. Vis-à-vis de leurs noms est écrit : Chd/eauguay. Lieutenant-colonel : Pierre de Boucherville. Majors : Nicolas Doucet, Pierre Boucher de Labruyère. Capitaines : Louis Barbeau, Austin Cuvillier, Dominique Ducharme, Philippe Panet, Joseph Shuter, J.-B.-René Hertel de Rouville. Lieutenants : Benjamin Delisle, William Clarke, Narcisse Juchereau-Duchesnay, Klavien Dufresne, Alphonse Dumont, Maxime Globenski, E.-E. Globenski, J.-B. Laviolette, Edouard Leprohon. Enseigne : Toussaint Gladu. Sergents : Charles Brock, François Brogden, Jacnues Fournier, Pierre Gendroii, Joseph-Madore Lesieur, Joseph Proulx, Frrnçois Robidas. Caporaux : Hippolyte Brisset, Jean Pascal. Hugh Tome, employé aux voitures militaires, reçut la médaille avec les barres de Châteauguay et Chrysler-Farm. L'un des deux Joseph Auclaire, mentionnés plus bas, reçut la médaille avec les barres de Châteauguay et de Détroit. Jean-Baptiste Lapierre reçut la médailie avec les barres de Détroit, de Châteauguay et de Chrysler-Farm, Pierre Oman, que l’on trouvera à sa place, appartenait aux /encrbles,
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Soldats : John Aljoe, Joseph Auclaire, Joseph Auclaire, Henri Aimond, Pierre Arcand, Charles Auger, Michel Auger, Pierre Bélanger, Pierre Boisvert, François Brisebois, Louis Bouchard, J.-B. Bérubé, Joseph Bérubé, Joseph Barret, Pierre Boucher, Antoine Belisle, Joseph Blais, Louis Corbeau, Jean Cloutier, Antoine Couture, Louis Claprood, J.-B" Dufour, Alexis Dufour, François Dupuis, Pierre Drolet, François Dumoulin, Henri Duperré, Joseph Dostie, Joseph Dostie. Olivier Dugré, François Dufresne, Henry Enau, Pierre Forget dit Latour, Joseph Fortier, Joseph Fizette, Pierre Germain, Lambert Girard, Augustin Gauthier d/ Larouche, Aügustin Gagnon, Jacques Garneau, Louis Gauvreau, Olivier Grenier, Alexis Galarneau, Jean Goulet, Joseph Hébert, James-R. Hoyle, Louis Julien, François Laroche, Joseph Lavoie, Louis Lafrance, Joseph Leprohon, J.-B. Legault, Pierre Leduc, Antoine Leferté, Hyacinthe Lefebvre, Alexis Lefebvre, Pierre Lessard, Augustin Lenseigne, Simon Lespérance, J.-B“ Lapierre, P. Longchamps, Joseph Miclette, Joseph Morrissette, Joseph Marcotte, Isidore Maillet, Louis Morin, Jacques Naud, Pierre Oman, Jérôme Petit d// Saint-Pierre, J.-B. Pelletier, J.-B. Potvin, Bernard Pradet d/ Saint-Gelais, J.-B. Pradet d/ Saint-Gelais, Olivier Pagé, Louis-Gonzague Pagé, Jacques Proux, Joseph Patris, Pierre Robert, Etienne Robitaille, François Rousseau 47 Brook, Joseph Richer dit Louveteau, François Renaud, Vital Simard, Louis Saunier, Pierre Sainte-Marie, François Suprenant, William Sharp, Edouard Tremblay, Amable Turcotte, Edouard Tribot @// Lafricain, Ferréol Terrien, Roger Vandal, Louis Vachon, Louis Vincent, Jérôme Vachon, Joseph Vésina.
Le mot Châteauguay n'est pas inscrit en face du nom des hommes suivarits :
Capitaines : William Berczy (5° battalion), François-A. Larocque, Stephen Mackay. Lieutenants : Louis-Éustache Mackay, Etienne Mignault, Pierre Rottot, Etienne-Pascal Taché. Sergents : Pierre Benoît, Elie Bouchard, Olivier-Robert Williams, John Williamson. Caporal : Frédéric Wagner. Soldats: Guillaume Bélanger, Antoine Bélisle, George-B. Brown, Pierre Boisvert, Antoine Binet, J.-B. Berthiaume, Benjamin Billard, William Brown, Joseph Baïllargeon,- Thomas Bédard, Joseph Bédard, Charles Burke, Benjamin Blanchet, Elie Boivin, André Beaudoin, Pierre Belleau, Joseph Beaudry, J.-B. Cô.é, Augustin Courteau, J.-B. Charette, Toussaint Carrier, Antoine Camirand, Jean Côté, François Simon, François Clairmont, Germain Courey, Jean Cloutier, Vincent Cloutier, Pierre Cloutier, Augustin Doyer, Jean Desrochers, François Dubeau, Michel Dussil, François Daigle, Magloire Dubé, Jacques Drolet, Bruneau Duchêne, Antoine Daigneau, Charles Daigneau, Joseph Francœur, Olivier Filion, Edouard Fluet, Charles Fortier, Pierre Gontier, Hippolyte Guilbault, Pierre Guenette, Ignace Gauvin, Antoine Grenier, Joachim Gosselin, Joseph Gagnon, J-B. Gagnon, Pierre Godbout, L'amase Gauthier, Antoine Gauthier, Joseph Gauthier, Simon Hélène, Joseph Julien, Magloire Leblond, Jacques Lafontaine, J. Légaré, C. Lavelle, Pierre Langevin, R. Langevin, Joseph Levasseur, Michel Lemieux, Jean Lacombe, Théodore
‘Lamirande, Jean-Henri Lefrançois, Charles Lacerte, Joseph Mercier, Joseph Marcotte, joseph
Mouette, François Moreau, J.-B. Moussette, Joseph Masse, J.-B. Masse, Antoine Ouellette, J.-B. Pigeon, Guillaume Proux, Augustin Précour, Jacques Paradis, André Poissand, J.-B. Plante, Prisque Plante, Michel-A. Potvin, Prosper Ploudre, J.-B. Pilon, Ch. Petitclair, J.-M. Prendergast, A. Pleau, J.-B. Poulin, Ch. Robitaille, Olivier Robitaille, Amable Roy, Jacques Roy, François Rousseau, Lazare Royer, Pierre Robert, Germain Bobichaud, Hyacinthe Simon, Pierre Seguin, J.-B. Saint-Hilaire, Augustin Simard, Flavien Tremblay, Christophe Tremblay, Edouard Tremblay, J.-B. Tremblay, Etienne Tremblay, Jérôme Tousignant, François Terrien, Joseph Verret, Stanislas Vincent, Barthélemy Verreault, J.-B. Veilleux, Charles Vaillancourt, Pierre Vanasse d7/ Vertefeuille. Cent vingt-huit personnes.
Voilà tous les noms des hommes que nous connaissons pour avoir reçu la médaille avec la barre de Châteauguay, mais rien n'indique s'ils avaient pris art à la bataille de Chàteauguay.
L'origine du 65° bataillon, carabiniers Mont- Royal (avril et juin 1869), ainsi que sa purticipation à la campagne du Nord-Ouest, en 1885, ont été expliquées aux pages 68, 97, 102 et 103 du présent ouvrage, mais il reste à mentionner plusieurs faits dont ïil est juste de garder inémoire en ce qui concerne ce corps.
Au licenciement d: 4° bataillon de chasseurs canadiens, en mai 1872, plusieurs officiers et soldats entrèrent au 65°.
Le lieutenant-colonel Joseph Pear' : étant retiré le 1° octobre 1875, le &;,° .:sia sans commandant attitré durant trente-trois mois.
Le :i2 juillet 1878, il y eut des troubles à Montréal, à l’occasion de la sortie des Orangistes, et un nommé Hackett fut tué. On appela sous les armes la milice active (page 88). Le 65° faisait du service aux casernes du carré Dalhousie, lorsqu'un individu notoire dans la ville, appelé McKeown, tenta de désarmer la sentinelle Fitzpatrick, qui le tua d’un coup de baïonnette en se défendant contre Jui.