‹ Histoire de la milice canadienne-française, 1760-1897 [microforme]Chapitre 35 sur 54 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Ÿ 85° bataillon d'infanterie de ligne existe depuis la promulgation de l’ordre général du 4 juin 1880, mais celui qui en prenait la direction appartenait déjà comme capitaine à la compagnie de Laprairie, et une parte des officiers du nouveau corps avaient fait du service, ainsi que leurs hommes. La compagnie de Laprairie et la compagnie irlandaise de Montréal (capitaine Martin Waters Kirwan) formèrent le noyau de résistance de cette

organisation. L’effectif était de vingt-six officiers et de six compagnies de quarante-deux

hommes, le tout sous le commandement du lieutenant-colonel Julien Brosseau, qui avait

pris l'initiative du mouvement. Les compagnies étaient localisées comme suit: n° 1,

Saint-Jérôme; n° 2, village Saint-Jean-Baptiste; n°% 3 et 4, Laprairie; n° 5. côte Saintaul; n° 6, Longueuil. Le quartier général était fixé à Montréal, comme aujourd’hui.

La devise du bataillon est : “ Bon cœur et bon bras.”

Le lieutenant-coloncl Brosseau avait l'expérience des hommes, et voulait organiser un corps militaire efficace, ce que lui permettait aussi sa position distinguée dans le discrict n° 6. Il pouvait choisir à son gré les meilleurs sujets, et c'est ce qu'il fit.

En 1880, le bataillon avait donc pour offciers : lieutenant-colonel Julien Brosseau, commandant; Godfroy Laviolette, seigneur de Saint-Jérôme, premier major; Alfred Charlebois, M.P.P., marchand de Laprairie, deuxième major; A.-J.-A. Rcberge, notaire de Laprairie, paie-maître; P. Dumouchel, comptable de Laprairie, quartier-maître ; D' TA, Brisson, de Laprairie, chirurgien ; D" J.-A. Ouimet, de Montréal, assistant chirurgien ; A.-A. Laviolette, marchand de Saint-Jérôme, capitaine commandant la compagnie n° 1; D. Barry, avocat de Montréal, capitaine rommandant la compagnie n° 2; A. Sylvestre, marchand de Laprairie, capitaine commandant la compagnie n° 3; Tl. Bourassa, capitaine du vapeur Zaprairie, capitaine commandant la compagnie n° 4; D' A.-D. Aubry, de la côte Saint-Paul,

capitaine commandant la compagnie n° 5; ca- LIBUTENANT-COLONEL J. BROSSEAU Organisateur et Commandant du 8se bataillon 14 du 4 juin 1880 au 22 juillet 1892

pitaine F. Jodoin, du vapeur Longueur, capitaine commandant la compagnie n° 6; Charles de Montigny et William U. Scott, lieutenants de la compagnie n° 1; John E. McAvenue et Frank Brady, lieutenants de la compagnie n° 2; Ernest Bisaillon et Aimé Sorel, lieutenants de la compagnie n° 3; Médéric Lefebvre et Wilfrid Martin, lieut-nants de la compagnie n° 4; Joseph Dunn et Peter Jackson, lieutenants de la compagnie n° 5; L.-A. Marchand et Adolphe Trudeau, lieutenants de la compagnie n° 6.

Comme on peut le voir par les noms des officiers et les quartiers généraux des compagnies établis à Montréal et dans la banlieue, ce bataillon était destiné à devenir une des meilleures forces de la milice, et les rapports officiels attestent que les espérances de son fondateur n’ont pas été déçues. La première année de l’organisation du bataillon, les commandants de compagnie reçurent l’ordre de faire les exercices militaires dans leur quartier respectif ; mais, depuis cette date, le bataillon fit les exercices militaires aux différents camps de Laprairie, Saint-Jean et Trois- Rivières.

Le lieutenant-colonel Brosseau se retira le 1 juillet 1892, et laissa le bataillon avec une organisation complète * corps de musique, corps de tambours et clairons, corps de sapeurs, corps d’ambulance.

Les drapeaux du bataillon lui avaient été présentés, par un comité des citoyens de Laprairie, à un camp que le bataillon faisait à cette place en juillet 1885.

Le lieutenant-colonel Aubry, de Montréai, succéda au lieutenantcolonel Brosseau. Le bataillon est

LORD FRATRGONA AND MOENIROES aujourd’hui composé des officiers

de sn ane Mal nt Manor NE vu suivants : lieutenant-colonel A.-D.

Aubry, commandant ; major J.-P.-A. des Trois-Maisons, major Alexander Patterson, chirurgien-major T.-A. Brisson; major Joseph Dunn, paie-maître; capitaine Tancrède Pagnuelo, adjudant ; capitaine O.-René de Cotret, chirurgien ; capitaine P. Kelly, quartier-maître. Compagnie n° 1: capitaine F.-X.-A. Carrière, lieutenant J.-H. Lachapelle, sous-lieutenant T.-C. Grothé, Compagnie n° 2: capitaine W.-H. Jackson, lieutenant Chas.-E.-A. Patterson, sous-lieutenant J.-H, Lefebvre. Compagnie n° 3: capitaine Ulric Brosseau, lieutenant P. Bisaillon, sous-lieutenant F.-X. Hurtubise, Compagnie n°4: capitaine J. J. Barry, lieutenant 5. Hughes, sous-lieutenant J.-E. DeCelles. Compagnie n° 5: capitaine Michel LaRochelle, lieutenant J.-H. McDuff, sous-lieutenant J.-W. Donahue. Compagnie n° 6: capitaine

Charles “ ae À * À sus ; RC aUuE C.-A.-H. Lippé, lieutenant J.-C.-G. Content, sor.s-lieutenant $. Lippé. Plusieurs des

s officiers de ce bataillon ont fait du service actif dans d’autres corps.

Sorel, à AA : be 4 :

ne Le lieutenant-colonel Aubry était lieutenant dans la compagnie de Saint-Placide, P. Q,., He é en 1869, et fut appelé avec sa compagnie à Montréal, puis à Lacolle lors de la dernière | pe invasion fénienne, en avril 1870; il fut alors nommé adjudant du bataillon des Deux- | He dés Montagnes. Il fit aussi avec ce bataillo: les camps de 1871 à Laprairie, et de 1872

à Saint-Eustache, P. Q.

Le major J. Dunn, paie-maître du bataillon, était sous-officier dans la compagnie n° 6 des #7//k Royal du capitaine Macpherson. Le 17 mars 1866, il fut chargé d’une escouade qui monta la garde toute une nuit au pont Victoria. En juin suivant, il fut appelé avec le bataillon à Hemmingford, où il demeura trois semaines pour garder la frontière contre l’in-

réal et un était illeures apports érances

été dé- ; en vasion fénienne.

l’orga- ; ; { Se Le major des Trois-Maisons commença sa car- : rière militaire au 65° bataillon, où il s'enrôla comme | l’ordr » | te ë

simple soldat (décembre 1881). En 1885, il devenait

es dans ; | commandant de sa compagnie, et il fit avec le 65°

NU bataillon la campagne de cette année au Nord-Ouest. | danie Le Heutenant C.-E.-A. Pattérson fit aussi la ca- Trois- pagne du Nord-Ouest en 1885, avec le 65° bataillon où il était attaché comme sergent-major d’une des : ailes du bataillon.

he Aux cibles, le 85° bataillon a toujours eu de ne bons tireurs. :,e major des Trois-Maisons et le capitaine Pagnuelo portent les badges de la P. Q. KR. A. / Le major Patterson a remporté plusieurs prix dans di la D. R. A. dont il porte les insignes. En 1885, il in fut un des élus du “* Wimbledon.” En Angleterre, il cintre mérita de prendre place parmi les Queen's Sixty, où

il réussit à gagner un prix.

Le 85° bataillon a une bonne association de tir, et des concours ont lieu chaque année.

Au camp militaire de 1896, le bataillon a reçu

1 Camp e place

su dk à différentes reprises les compliments du commanne dant de camp, le lieutenant-colone: Houghton, et COUPE DONNÉE PAR SIR DONALD SMITH Fu de l'officier inspecteur, le lieutenant-colonel Maunsell; entré en concours avec les autres À bataillons du camp, pour le splendide trophée offert par Sir Donald A. Smith, le 85° Ne S bataillon fut reconnu le meilleur; voici le rapport de la présentation de ce trophée, | sons qui fut publié dans Za Presse de Montréal : Unes “ Le lieutenant-colonel Aubry et les officiers du 85° bataillon ont toute raison d’être joue fiers de leurs succès militaires du dernier camp de Laprairie et des vives sympathies Fan qui leur ont été manifestées par les officiers des autres régiments de la province. C’est a vendredi que la superbe coupe, offerte par Sir Donald Smith au meilleur régiment, a nu. été présentée au 85° bataillon, par le député adjudant général, le lieutenant-colonel SHARE Houghton, en présence d’une foule considérable d'officiers et de citoyens marquants... ta ‘Le lieutenant-colonel Houghton accompagna cette présentation d’un discours tout

rempli de compliments à l'adresse du 85° bataillon.

“Le lieutenant-colonel Aubry reçut le trophée au milieu des bravos, puis prononça en réponse un superbe discours dans lequel il fit ressortir avec force l'importance du rôle de la milice dans notre organisation militaire. Il rappela en termes éloquents, au milieu des applaudissements, le passé de nos milices canadiennes, les services qu'elles ont rendus à la patrie, et le patriotisme avec lequel le 85° bataillon serait prêt à répondre au premier appel de la nation menacée, soit par l’envahisseur ou les fauteurs de désordres,

“Puis l'honorable J.-I. Tarte, qui avait bien voulu venir fraterniser avec les officiers des différents corps, fut invité à porter la parole par le colonel Houghton. Comme toujours, le ministre des Travaux Publics sut faire vibrer son auditoire sous les accents de sa chaude éloquence. Après avoir reconnu l'importance de nos milices, et félicité le 85° bataillon, il enleva son auditoire en déclarant tout le plaisir que lui procurait le spectacle constant de races et croyances diverses, unies fraternellement à l'ombre des couleurs du régiment vainqueur.”

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