‹ Histoire de la milice canadienne-française, 1760-1897 [microforme]Chapitre 40 sur 54 · LIEU P.-COI,. A.-EH. LABELLE · texte numérisé non relu

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Le bataillon se vit, au cœur de la campagne, dispersé de plusieurs manières. Le petit groupe resté à Calgary avait un grand territoire à desservir. A un certain moment, comme on craignait de voir les Sauvages se soulever dans la direction de Saint-Albert, le lieutenant Des Georges fut envoyé pour organiser une troupe de métis capable d'assurer la paix, au moins en attendant des secours plus efficaces. Cet officier réussit complètement dans sa démarche, de sorte qu’il n’y eut ni troubles ni menace d'aucune sorte après son arrivée à Saint-Albert. Un peu plus tard, il rejoignit la colonne en marche sur la Saskatchewan, mais retourna bientôt à son commandement.

La partie du bataillon rendue à Edmonton se fractionna selon les besoins du service. Vingt hommes, avec le capitaine Villeneuve, se rendirent à la ferme du gouvernement, située trente-six milles plus loin, aux montagnes de la Paix. La compagnie n° 7, sous le capitaine Doherty, fut envoyée au fort Saskatchewan, à vingt milles d'Edmonton. Le capitaine Prevost, nommé major, dirigea les compagnies n° 5 et 6 du côté de Victoria, qui est à soixante milles d'Eduicaton.

On voit, par le livre de M. Charles-R. Daoust: Cent-vingt jours de service actif, que nos jeunes soldats ont passé par tout ce que la guerre offre de fatigue, de danger, de souffrance, de choses inattendues, et pourtant ils revinrent à Montréal comme au retour d’une partie de plaisir.

Le corps des tambours et clairons s’est formé en 1888, sous les ordres du claironmajor (à présent capitaine) A. Gélinas; il se compose de vingt-et-un hommes, et c’est un des meilleurs du pays; le clairon-major Trudeau en a la direction aujourd’hui. Quant à la musique du bataillon, c'était (1888) la Bande de la Cité, maïs en 1889-90 on employa des musiques indépendantes. Une nouvelle organisation eut lieu en 1891; elle subsiste encore sous l’habile direction du chef D. Picard, et perpétue la bonne renommée du 65° en ce genre comme en plusieurs autres. Elle se composa d’abord d’un certain nombre des anciens membres de la “Cité,” de M. Ernest Lavigne (qui se retirait), et de l’Union Musicale, autre corps très apprécié du public. Tous ces musiciens sont enrôlés régulièrement pour trois ans, sous la loi de milice, et leur discipline est admirable.

Le lieutenant-colonel Hector Prevost, entré lieutenant au bataillon en 1880, devint capitaine l’année suivante, fit la campagne de 1885 avec les fonctions de major, fut nommé major en 1886, alla cette année à Wimbledon en qualité d’adjudant des tireurs canadiens, se vit appelé la même année au poste d’aide de camp honoraire du gouverneur général, qu’il occupe encore, et devint lieutenant-colonel en 1892. Il est transféré à la réserve avec son grade, depuis que le lieutenant-colonel Labelle le remplace à la tête du 65° (22 mars 1897).

Le lieutenant-colonel Alfred-Eugène Labelle, cinquième commandant (22 mars 1897), était entré soldat au 65°, en 1881, fut caporal en 1882, sergent 1883, sous-lieutenant au cours de la campagne de 1885, lieutenant 1887, capitaine 1888, capitaine-adjudant 1889, major 1800, lieutenant-colonel 1897. En ce moment (juin 1897), il forme partie de l’étatmajor du contingent canadien envoyé à Londres pour assister au jubilé de la Reine. Il a été (1806) président de l’Institut Militaire de Montréal.

Au moment où ce livre paraît, les questions militaires sont à l’ordre du jour parmi nous, comme elles l’étaient en 1860-1870, et, chose étonnante, pour un motif contraire. Jadis, l'Angleterre nous abandonnant, il fallut nous créer une troupe utilisable pour le service intérieur, tandis que, à présent, le cabinet britannique, resserrant de plus en

plus les liens qui retiennent encore ses colonies attachées à la Grande-Bretagne, nous invite à élargir nos cadres et à fédéraliser nos milices avec l’armée anglaise.

Les trente ou quarante ans qui viennent de s’écouler ont produit des transformations si étonnantes dans tous les pays du monde que le mot “colonie” n’a plus le sens d'autrefois : les pays nouveaux sont devenus des “puissances.” Les quantités négligeables, mises de côté par MM. Gladstone et Bright, se sont développées ru point qu’elles forment comme une sixième partie du globe. Les nations commerçantes et industrielles ont vu de notre temps s’opérer un coup de théâtre rappelant ce qui a eu lieu de 1492 à 1520, lorsque l'Amérique et l'Océan Pacifique furent découverts. Ce remarquable élan des énergies intelligentes s’est manifesté surtout dans les territoires britanniques, de sorte qu'un aussi grand nombre d'enfants entrant dans l’âge adulte composent une famille qui peut devenir formidable, si elle place ses intérêts en commun. Il va sans dire que la milice, l’armée, la défense, la marine militaire, entrent pour beaucoup dans les considérations qui découlent de ce nouvel état de choses. Des changements considérables vont survenir. Notre histoire de la milice ne sera pas un hors-d’œuvre lorsque l’on voudra se rendre compte de la part que les Canadiens-Français ont prise aux affaires militaires. La mémoire de sir George Cartier restera liée à l’organisation actuelle, qui va probablement servir de base aux conceptions du bureau de la guerre, comme elle a servi de modèle aux autres colonies.

Le Canada, depuis trente ans, s’est fait une large place au soleil des autres nations, et n’a pas subi d’inconvénients pour atteindre ce but. Tout lui a réussi. Aucun sacrifice ne lui a été nécessaire. Au moment où l'esprit de progrès s’est emparé de l’Europe et de l'Amérique, il l’a saisi et a su marcher des premiers avec ce commencement de siècle dont nous n'avons pas encore parcouru la moitié. Or, il est certain que cela est trop beau pour durer toujours, et l’heure viendra où il faudra débourser quelque argent pour protéger notre acquis. C’est pourquoi il y à tant de rumeurs dans l'air à ce sujet.

Nous avions, depuis longtemps, entrepris et presque terminé cette histoire, avec la détermination bien arrêtée de ne la placer devant le public que sous la forme d’un ouvrage de luxe, et voici que le commandant et les officiers du 85° bataillon, concevant la même idée, se prêtent à nos désirs, en risquant les frais d’une aussi coûteuse publication. C'est leur rendre un hommage bien mérité que de faire valoir leur hitiative à cet égard.

Plus le livre est beau, plus il relève le sujet dont il traite, et, comme tout est national :

dans une pareille tâche, il en résulte que l’honneur rejaillit davantage sur notre peuple. N'est-il pas juste de présenter les glorieux souvenirs de nos ancêtres, entourés des raffinements de l’art du typographe? Le fond étant de toute beauté, il fallait lui donner une forme qui flattât le regard. Nous n’aurions point consenti à faire usage d’une

édition vulgaire, puisque, selon la pensée d’une femme de goût, parlant par la plume d'Alfred de Musset :

Dans un miroir d'auberge on n’est jamais jolie.

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Corps militaires mentionnés dans cet ouvrage

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Glengarry Light Infantry . . . A mar 118

Meuron and Watteville . . . . .. Srrvr 20) 113) 125

Voltigeurs de Salaberry . 20, 25, 28-32, 34-38, 50, 51, 114, 117

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Colonial Regiment , . . . . . . . , , . . . . Fi no MILICE DE LANGUE ANGLAISE

Dragons de la princesse Louise. . . . . . . . . . . . 89

Infanterie montée du major Boulton . . . . . . . . … 100

Pages

MILICE DE LANGUE ANGLAISE (suite)

Eclaireurs du capitaine Steele . . . . . . . . 97; 102, 103 Eclaireurs du capitaine French, . . . . . . . . . . . 100 Artillerie de Montréal . . . . . . . + + + + 100, 104, II4 Gardes du gouverneur général . . . . . . . . . . 89, 94 Tirailleurs d'Ottawa . . . , . . , . . , . , . , 95, 102 Tirailleurs du major Stewart . . . . . . . . .. . « 10n Infanterie Vork and Simcoe , . . . . . . . . . . . . 94 Infanterie Midland ., . .... ... . . . . .. 94, 99-101 Infanterté HAlfAX 0 ne 98, 103 Carabiniers Alberta , . . . . . . . . . .. . . … 97, 102

2e bataillon Queen’s Own, Toronto . . . . . . . . . 95 3e bataillon Victoria Rifles, Montreal , , . . . 68, 83, 84 10€ bataillon Royal Grenadiers, Toronto . . . . . 94, 101 43e bataillon Ottawa and Carleton Rifles . . . . . 68, 89 58e bataillon Compton . . . . . . . . . . . . . . 68, 89 60€ bataillon Missisquoi . . . . . . . . . . . . . . 68, 83

90€ batailloa Winnipeg Rifles . 68, 92, 94, 100, I0I

g1e bataillon Winnipeg Infantry . . . . . . .. 68, 94, 104

Cavalerie légère de Québec (1812) . . . . . . . . .. 118 Bataillons du Bas-Canada (1812) . . . . . 30, 116-118, 125 Voyageurs (1812) . . . . . . . . . . . 5, 28-29, 36, 74, 87

4e bataillon Chasseurs Canadiens, Montreal ,. . 28, 60, 68

ge Voltigeurs de Québec . . . . . . . . . . .. 60, 103 17e Infanterie de Lévis. . . , . . . . . . . . . ,. 60 23€ bataillon Infanterie de la Beauce . . . . . . . . . 68 61e bataillon Infanterie de Montmagny et l'Islet . . . 68 64e bataillon Voltigeurs de Beauharnoïis . . . . . . . 68 65e bataillon Carabiniers Mont-Royal . . 68,97, 102, 103, 132 70€ bataillon Infanterie de Champlain . . . . . . . . 68 76e bataillon Voltigeurs de Châteauguay . . . . . . 68, 89 80€ bataillon Infanterie de Nicolet . . . . . . . .*. 68, 89 8re bataillon Infanterie de Portneuf . . , . . . . . . 68 83€ bataillon Infanterie de Joliette . . . . . . . . . 68, 89

84e bataillon Infanterie de Saint-Hyacinthe . . . . 68, 89 85e bataillon Infa’iterie de Montreal . . 5, 8, 68, 89, 105, 110

86e bataillon Infan‘erie de Trois-Rivières . . . . . . 68, 89 87e bataillon Infanterie du comté de Québec . . . . . 68 88e bataillon Inf. de Kamouraska et Charlevoix . . . 68, 89 89e bataillon de Témiscouata et Rimouski . . . . . 68, 69 92€ bataillon Infanterie de Dorchester . . . . . . . . 68

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