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marcherons pas.”
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Ceci avait iieu vers 1794, alors que Robes-
pierre exerçait le pouvoir en France, appuyé sur le parti jacobin. Son ministre plénipotentiaire auprès de Washington était Edmond Genest, un ardent, un homme aux menées sourdes, qui, à l'insu de Washington, avait à | préparé un casus bellr entre l'Angleterre et les Etats-Unis. La conquête du Canada entrait dans son plan. Lorsque Washington î s'en aperçut, il écrivit en France pour faire retirer Genest. La chute de Robespierre, l'été de 1794, régla l'affaire, et Genest, quittant son poste officiel, demeura aux Etats-Unis, n'osant plus retourner dans sa patrie. Les
jacobins se remirent à l’œuvre, néanmoins,
et furent sur le point de reprendre leur
FRA ARC : ancien ascendant, mais, l'automne de 1795, E. MR A eu NT EE Bonaparte et Barras les écrasèrent à jamais. gne Bientôt après, Washington, blessé par les Pet mauvais procédés du Directoire, se préparait à la guerre contre la France. On voit que niè la situation n'était plus la même. En 1796, l'Europe et les Etats-Unis avaient les veux cha fixés sur l'Italie, le Tyrol et la Suisse où Bonaparte et Moreau accomplissaient de Cro merveilleuses campagnes militaires. Le Canada était loin des dangers qu'il avait cru chi courir au printemps de 1794. L'été de 1796, lord Dorchester partit pour l'Angleterre. Cy1
La Rochefoucauld dit: ‘On m'a certifié que, sur le refus fait par les Canadiens (1794) de s'enrégimenter en milice, lord Dorchester a demandé son rappel en Angleterre.” de Si tel est le cas, ce ne fut certes point un départ précipité, car, lorsque ce gouverneur seg s'embarqua à Québec, il y avait à peu près deux ans que le plan de Genest était tombé 4 Be: à l'eau; de plus, Washington n'y avait été pour rien. Les émissaires français, qui 4 ant n'avaient pas déguerpi à temps, étaient sous clef dans nos prisons.
Dorchester n'était pas tellement froissé de la conduite des Canadiens qu'il n'orga- aur nisât, avant que de partir, un régiment à deux bataillons, l’un de ceux-ci uniquement cou composé de Canadiens-Français. Cet homme de mérite avait vécu trente-sept ans parmi à En nous (sauf quelques absences) et s'était tellement identifié aux gens du pays qu’ils le a. tou regardaient comme un des leurs. Il partit, emportant mille regrets, et son nom est resté Ë son à l’état de légende patriarcale. : me
Toute l'Europe était en armes. L'Angleterre retirait des colonies le plus de troupes Fe le}
possible, afin de tenir tête aux événements. Les volontaires du “Royal Canadien ” à dev
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devaient remplacer les garnisons en partance. Ce corps fut organisé très promptement. Le premier bataillon ne renfermait presque uniquement que des Canadiens-Français ; il y en avait aussi dans le deuxième, mais la majorité de celui-ci était composée d'hommes de langue anglaise. Les promotions des officiers se faisant par ordre régimentaire, il en résulta que, au bout de six ans, on les trouvait mêlés également dans les deux bataillons. Plusieurs des officiers et soldats reparurent en 1812 et se rendirent utiles, grâce à l'expérience acquise dans le service et au milieu du pays, avantage que n'avaient pas les troupes anglaises. Le “Royal Canadien” fut une école d'où sortirent des professeurs dont nous avions grandement besoin.
La liste suivante des officiers n'est pas tout à fait complète:
Premier bataillon: lieutenant-colonel baron de Longueuil, major Louis de Salaberry ; capitaines François Dambourgès, Desaulniers-Beaubien, François de la Bruère-Piedmont, Louvigny de Montigny, Pierre Marcoux, Sabrevois de Bleury, Vassal de Monviel, J.-B. d'Estimauville; lieutenants David Dupré, Pierre Duchouquet, Antoine Juchereau- Duchesnay, Joseph de Beaujeu, Charles-G. de Lanaudière, Hypolite de Hertel, Pierre Bazin, Henry Hay, Joseph Bouchette, Benjamin Jobert; enseignes J.-B. Juchereau- Duchesnay, Antoine Petrimoulx, Louis de Montizambert, Honoré Baillie, Antoine de Lanaudière, Etienne de la Morandière, Richard Hay, François Boucher, Robert Anderson, Francis Duval; chapelain, le révérend Salter Mountain ; quartier-maître, Louis Fromenteau ; adjudant, Robert Anderson ; chirurgien, James Anderson ; aide-chirurgien, J.-B.-L. Menard.
Deuxième bataillon: lieutenant-colonel John McDonell, major Hazelton Spencer ; apitaines Peter Drummond, Hector MacLean, Hugh MacDonell, Neil MacLean, Miles MacDonell, Richard Wilkinson, Alexander MeMillan:; lieutenants Richard Ferguson, William Fraser, William Crawford, Chichester Mcbonell, Thomas Frazer, Ronald Mac- Donell, William Johnson, Angus McDonell, E. Taschereau, Pierre-Ignace Mailhot; enseignes Pierre de Boucherville, William Deace, Peter Grant, George Ermatinger, Charles Lauuière, Joseph Boardwine, Robert Woolsey ; chapelain, l'abbé Duval; adjudant, John Crompton ; quartier-maître, Andrew Cameron ; chirurgien, James Davidson; aide-chirurgien, Cyrus Anderson.
Il veut aussi Louis Genevay, Louis-Roch de Salaberry, Philippe d'Estimauville, Chaussegros de Lery, Joseph Chinic, Des Rivières- Beaubien, parmi ces officiers, au cours des six années en question.
Si ce régiment n'avait pas existé, nous aurions été pris au dépourvu en 1812, beaucoup plus que l’on ne serait porté à le croire. En effet, douze ou quinze cents hommes de tous grades, qui n’ont pas oublié le service, sont de précieux appoints lorsqu'il s'agit de mettre une quinzaine de mille recrues sur le pied de guerre. L/enseignement des armes
devient alors facile. La colonie trouva donc LE COLONEI DE LONGUEUTI,
en elle-même cette ressource, et il est flatteur de penser que les Canadiens-Français ne se virent pas en arrière des autres sous ce rapport.
Chaque bataillon comptait dix compagnies de soixante hommes, mais, ainsi que dans tous les régiments, cet ordre subit des modifications de temps à autre. Nous avons vu pareille chose et davantage durant les campagnes de 1812-15 où les “ Voltigeurs” combattaient dans toutes les directions, rattachés à dix ou douze corps différents, en nombre plus où moins grand, et toujours au fait de leur besogne. C'est qu'ils ne se sentaient pas novices dans le métier et que l'esprit de discipline était incarné en eux.
Le premier bataillon fut d’abord caserné dans la ville de Québec. L'été de 1797 on le fit camper à la Pointe Levy. C'était la coutume des troupes anglaises, On voit que le plan de Ducalvet n'était suivi en rien. Cette milice devenait de la troupe de ligne, Ducalvet aurait voulu que la troupe de ligne servit à former la milice. Son projet se trouva seulement ajourné puisque, en 1812, ce furent les hommes du “Royal Canadien” qui instruisirent les miliciens.
Le deuxième bataillon passa les années 1796-97 à Montréal, envoyant des détachements à Sorel, Saint-Jean et Laprairie. Au printemps de 1798, le premier se rendit à Montréal et le deuxième à Québec, Par la suite, on dispersa les compagnies dans les deux provinces. C'’étaient de plus en plus des troupes régulières.” Il y avait aussi parmi nous des ‘“ Fencibles”” venus des Trois-Royaumes et dont on achevait en ce moment de faire des corps réguliers. En approchant de 1812, nous perdions graduellement les troupes anglaises, mais il se formait un noyau de volontaires susceptibles de rendre de grands services, comme l'histoire le prouve.
En 1799, on tenta de rendre le régiment tout à fait “régulier” en l'invitant à accepter du service par tout l'Empire, mais le projet fut abandonné. Il paraîtrait que l'esprit dominant des soldats du “Royal Canadien” était exclusivement canadien, tant ceux de langue anglaise que ceux de langue française, La paix générale qui survint en Europe (1801) ramena l'attention des gouvernants sur les dépenses militaires; les effectifs furent partout réduits ; notre régiment en éprouva le contre-coup l’année suivante.
Le ministère Pitt, qui était au timon des affaires depuis le mois de décembre 1783, donna sa démission le 3 février 1801. Son dernier acte au sujet du Canada est du 6 janvier; il y est dit que les lois de 1794 et 1796 concernant la milice pouvaient être changées de manière à donner plus d'influence au gouvernement sur les miliciens. La question avait été soulevée par sir Robert Shores Milnes, alors notre lieutenant-gouverneur, qui ne manifestait pas une entière confiance dans les Canadiens et venait d'écrire au duc de Portland, secrétaire des colonies, qu'il était d'avis de renvoyer la milice dans ses foyers, vu qu'il n'était pas prudent de la mettre au fait du métier des armes, le Canada étant un pays de conquête. La réponse du ministre conseillait précisément de faire ce que Ducalvet redoutait déjà en 1784, c'est-à-äire de ne ‘“commissionner”” que des partisans de l'administration. Nous voyons, par les débats de l’assemblée législative de Québec de 1792 à 1810, combien cette crainte se inanifestait souvent. La grande majorité de la députation était canadienne-française et se rangeait toujours du côté des “loyaux sujets” demandant sur cette base que les autorités ne prissent aucune mesure susceptible de répandre des doutes fâcheux parmi les habitants. De fait, il n’y avait rien à leur reprocher et ils méritaient plutôt des éloges pour la belle conduite qu'ils tenaient depuis 1760, mais, s’il n’y avait plus le fantôme des Américains à invoquer,
celui de la France républicaine effrayait encore plusieurs hauts fonctionnaires, et c'était suffisant pour fournir un prétexte aux politiciens qui, d'ordinaire, font flèche de tout
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