‹ Histoire de la mission du ThibetChapitre 123 sur 170 · Du Tonkin aux Indes , par le prince H. d’Orléans, p · texte numérisé non relu

Du Tonkin aux Indes , par le prince H. d’Orléans, p

ÉTAT ACTUEL

leurs souffrances et à leurs efforts, les hommes ont voulu, dès maintenant, prouver l’estime qu'ils avaient de leurs travaux scientifiques. En 1872, la Société de Géographie de Paris donna à M. Desgodins 1 un compteur pour ses observations géographiques et météorologiques; en 1875, le Congrès géographique lui accorda une autre récompense ; en 1878,1e même missionnaire reçut les palmes académiques 2 ; en 1880, la Société de Géographie de Paris lui accorda la médaille du prix Logerot, et le rapporteur, M. William Hüber, parla du missionnaire en ces termes 3 : « A côté de son érudition, de son zèle et de son désir de se rendre utile à la science, les traits du caractère de l'abbé Desgodins sont une patience à toute épreuve, une grande modestie et une sincérité absolue dans tout ce qu’il avance. Au lieu de voir les services qu'il a rendus, grossis par le télescope de l'amour-propre, il les mesure par l’autre bout de la lunette. »

L’année suivante, dans le rapport qu'il faisait sur les prix annuels, Dutreuil de Rhins,le géographe connu, l’explorateur hardi et consciencieux qui devait treize ans plus tard mourir d’une balle thibétaine, parlait en ces termes de M. Desgodins et de ses compagnons : 4 « Affirmons à nos missionnaires, dont le rôle est apprécié par nos pratiques voisins tout autrement qu'il ne l’est chez nous, affirmons-leur que la Société de Géographie, animée d’un esprit scientifique largement libéral suivra toujours avec le même intérêt les travaux de tous les pionniers de la science, quel que soit leur costume ; et qu’en France il est encore des hommes qui, avant d’être libres-penseurs, veulent penser librement et hautement reconnaître les services que, dans ces lointaines contrées, nos missions rendent et à la science et à la patrie. »

En 1890, dans sa séance solennelle du 18 mars, la Société de Géographie Commerciale décerna à M. Desgodins la médaille Dupleix et le rapporteur M. Dunan 5, s’exprima ainsi6 7 : « La médaille réservée à l’Asie ou médaille Dupleix a été attribuée par votre commission à l’un de ces missionnaires, qui sont l’honneur de la France au même titre que nos soldats, et qui, en même temps que la foi du Christ, propagent avec un dévouement infatigable notie langue, notre civilisation, et ouvrent les chemins que peuvent suivre nos négociants, quand la langue d’un pays, quand ses ressources, ses routes commerciales leur ont été exposés ainsi que M. l’abbé Desgodins l’a fait pour le Thibet. »

En recevant ces témoignages d’estime, Desgodins protesta, et certes l’on peut en croire sa sincérité, qu'il ne les acceptait que pour en rapporter tout l’honneur sur les missionnaires du Thibet1.

1. Notice sur la Société de Géographie de Paris, broch. in-8°, Paris, 1900, p. 50.

2. Officier d'Académie sur la demande de la Société de Géographie de Paris.

3. Rapport du 16 avril 1880. Bulletin de la Société de Géog., année 1880, 1" partie, p. 552.

4. Rapport de 1881. Bulletin de la Société de Géog., année 1881, lre partie, p. 152.

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