‹ Histoire de la mission du ThibetChapitre 125 sur 170 · Ta-tsien-lou, mai · texte numérisé non relu

Ta-tsien-lou, mai

ÉTAT ACTUEL

Les auxiliaires, prêtres indigènes, catéchistes et religieuses, sont peu nombreux, ce qui n’a rien d'étonnant, quand on considère le petit nombre de chrétiens et leur rudesse native. Il n’y a qu’un prêtre indigène, Télesphore Iliong, de race thibétaine. Il n’y a pas de prêtre chinois.

Les catéchistes chinois se recrutent parmi les anciens chrétiens mariés ; ordinairement empressés pour exhorter les fidèles et renseigner les missionnaires, ils apportent beaucoup moins de zèle à l’évangélisation des païens. On ne peut guère, sinon pas du tout, les employer pour remplir un rôle apostolique parmi les Thibétains ; ils ont pour eux trop de mépris.

Dans les stations thibétaines, il n’y a pas de catéchistes proprement dit, faute de chrétiens assez instruits. Les fidèles les plus influents en tiennent lieu, dans les localités où ils sont particulièrement connus. Plusieurs d’entre eux sont aptes à prêcher la religion aux païens, et ils le feraient avec ardeur, si la liberté religieuse existait réellement. Ils servent d’arbitres entre les fidèles et souvent d’intermédiaires entre le missionnaire et les magistrats municipaux.

Confiants en l’avenir, les ouvriers apostoliques viennent d’établir à Yerkalo une école de catéchistes. On y préparera soigneusement des enfants intelligents et bien disposés.

Quant aux religieuses qui, dans la mission duThibet, comme dans celle de Chine, sont désignées sous le nom de vierges, il y en a six, dévouées à l’œuvre de l’enseignement des enfants, des femmes catéchumènes et des nouvelles chrétiennes. A l'encontre de ce qui se passe dans la plupart des Missions de Chine, où les vierges demeurent généralement dans leurs familles, celles du Tbihel forment une sorte de petite communauté, régie non seulement par le règlement que Mgr de Martilliat, vicaire apostolique du Su-tchuen, composa au XVIIIe siècle, mais par un autre règlement que, nous l’avons dit, Mgr Giraudeau leur a donné avec l’approbation de Mgr Biet. Elles habitent deux par deux à Ta-tsien-lou, à Cha-pa et à Mo-sy-mien et dirigent quelques novices. Elles se recrutent principalement dans les familles d’anciens chrétiens et l’on n’admet que celles qui ont les.aplitudes suffisantes pour devenir de bonnes maîtresses d’école. Elles sont toutes de race chinoise et il n’y a pas encore de Thibétaines.

Examinons maintenant les districts et les stations chrétiennes comprises dans les cinq groupes dont nous avons parlé au début de ce chapitre.

Le groupe de Ta-lsien-lou compte trois districts: Ta-tsien-lou, Cha-pa et Mo-sy-mien. Le premier forme le sommet d’un triangle dont les deux autres sont la base ; il n’a pas de subdivisions réelles ; les chrétiens habitent la ville ou les environs, ils sont au nombre de 210, Chinois ou Thibétains 1 .

1. La statistique des quatre premiers groupes est celle de 1900.

A propos de la paroisse de Ta-tsien-lou, voici ce qu’écrivait Mgr Biet en 1886 :

« Malgré nos efforts persévérants, nous n’avons pu jusqu’ici fonder une station thibétaine à Ta-tsien-lou. Tous les Thibétains chrétiens, appelés par nous ou venus d'eux-mêmes pour former le noyau de la station, sont morts de la petite vérole ou de la fièvre typhoïde ; le climat humide de Ta-tsien-lou est mortel pour eux. Quant aux

ET QUESTIONS GÉNÉRALES

Le district de Cha-pa possède 293 chrétiens Chinois, disséminés sur une étendue de 100 à 120 ly. Cha-pa est la résidence du missionnaire et Long-pao-teou et Cha-ouan en sont les stations secondaires les plus importantes.

Le district de Mo-sy-mien a 133 chrétiens ainsi répartis dans un rayon d’une lieue et demie à deux lieues : 54 à Mo-sy-mien, 37 à La-ma-se, 44 à Tsay-yang, 11 à Ta-ho-pien et 7 à Hay-lo-keou.

Quatre missionnaires se partagent la principauté de Bathang principalement peuplée de Thibétains et de Mossos ; l’un séjourne dans la ville de ce nom, et il est particulièrement chargé des relations avec les mandarins et les deux chefs indigènes, de la réception et de l’expédition des courriers de Ta-tsien-lou, à Yerkalo, à Tse-kou, à Siao-ouy-si ; il n’a que 3 chrétiens. Un autre prêtre habite Yaregong avec 9 chrétiens. Deux missionnaires sont à Yerkalo, dont dépend Kiong-long, qui n’est qu’à deux heures de marche ; ils administrent 116 chrétiens.

Dans la province du Yun-nan, Tse-kou est la première résidence du groupe ; il est le centre d’un district qui comprend six stations, dont voici les noms, avec la statistique du nombre des chrétiens : Tse-kou 184 fidèles, Pa-tong 21, Yarmé 41, Cliiamé 41, Djragnira 14 et A-ten-tse 10 ; total 311 . La station la plus éloignée de Tse-kou est à une distance de 50 ly.

Le second poste du groupe est Siao-ouy-si, avec 104 chrétiens dispersés sur la rive droite du Mékong.

Le quatrième groupe, de formation récente et connu sous le nom de Loutse-kiang, parce qu’il est dans le versant du fleuve Lou-tse ou Salouen, a Balhang 1 comme station principale et renferme 70 catholiques.

Enfin le cinquième groupe est composé de deux paroisses : Padong et Maria-Basti. Padong avec ses deux petites stations : Sakiong et Kachim, compte 102 baptisés ; Maria-Basti avec Lingtse et Kaguay en a 192 2.

L’organisation de ces sLations n’offre rien de bien particulier ; on n’y trouve pas comme en Indo-Chine un conseil composé de notables qui s'occupent des affaires temporelles et spirituelles ; mais seulement un chrétien influent chargé d’y maintenir le bon ordre.

Les œuvres d’instruction et de charité n’ont pu être développées, par suite du manque de liberté, plus encore que par l’absence de ressources ; mais, enfin, elles existent.

Le premier établissement d’instruction est évidemment le Séminaire ; il

païens thibétains venus des pays voisins et convertis à Ta-tsien-lou, poursuivis par les lamas leurs anciens maîtres, ils sont allés chercher refuge contre leurs vengeances dans des régions inabordables pour nous. Trop peu instruits de la religion avant leur fuite, ils sont bien exposés à perdre la foi.

» La station chinoise continue à se développer lentement. Deviendra-t-elle jamais bien prospère? ce sera difficile, à moins d'un miracle de la grâce. Elle se trouve quasi circonscrite à la ville de Ta-tsien-lou, ville d’entrepôt de commerce où la plupart des habitants venus d’ailleurs ne songent qu'à faire fortune au plus vite pour retourner en Chine leur patrie. Les environs étant ou déserts ou peu peuplés, il est difficile de trouver des terrains où des familles chrétiennes puissent s’établir solidement. » Compte-rendu de la Société' des Missions-Étrangères , année 1886, p. 55.

Page 1