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Balhang en lou-tse, Pe-la-po en chinois

2. Statistique de 1901. Voir la statistique générale à l’appendice XL.

ÉTAT ACTUEL

est situé à Ta-tsien-lou, près de l’évêché1. Il renferme actuellement (1901) 8 élèves qui, en plus des études de latin, de thibétain et de chinois, se livrent à des travaux manuels dans le jardin ou dans la maison.

Les catéchistes chinois, les chrétiens thibétains les plus instruits et les religieuses servent de maîtres et de maîtresses d’école. Les écoles de garçons se tiennent généralement dans le presbytère ; celles des filles sont en dehors, mais à proximité. Dans la mission du Thibet oriental, on y enseigne à lire et à écrire le chinois et le thibétain. Dans celle du Thibet sud, les livres ont été pendant longtemps en indoustani et les explications en népalien ; depuis quelque temps, les missionnaires y ont introduit l’histoire sainte en népalien. Partout, on donne les notions de géographie et d’histoire, on enseigne la couture aux filles et on instruit fortement les enfants des vérités chrétiennes.

Dans le Thibet oriental, un maître chrétien coûte cent francs ; mais il faut aussi lui procurer un terrain et une maison pour sa femme et ses enfants. Quand le mari et la femme sont chargés de diriger une école, on leur alloue deux cents francs pour tout paiement. Dans le Thibet sud, les honoraires d’un maître d’école seul sont annuellement de 200 francs.

Pour se rendre compte de l’utilité des écoles, il est bon de lire ces lignes de Mgr Giraudeau faisant le tableau de l’enseignement donné par les lamaseries, et résumant le bien produit par l’éducation chrétienne 2 :

« Quoi qu'on en ait dit, l’instruction est fort négligée parmi les Thibétains. Il n’y a qu’un très petit nombre d’écoles de villages et toutes sont .mal tenues; peu d’écoliers arrivent à pouvoir écrire correctement une lettre. Les lamaseries sont loin de remédier à cet état de choses. En effet, chaque lama y enseigne ses disciples. On comprend qu’il n’y ait que les enfants des familles riches qui reçoivent une instruction un peu supérieure, une culture leur permettant d’obtenir, avec de l’argent, des grades à Lhassa et d’être investis plus tard d’importantes fonctions dans leur lamaserie. Les autres jeunes lamas, c’est-à-dire les trois quarts des écoliers, n’apprennent guère qu’à lire les livres de prières. Ce sont des enfants fort mal élevés et la plupart deviennent les domestiques des lamas plus anciens. C’est un excellent moyen pour eux de se livrer au commerce à la suite de leurs maîtres et de prendre toutes les libertés. La lamaserie est en réalité une école de vices plutôt qu’une école de science.

» Les chrétiens sont, en général, aussi instruits que la moyenne des lamas, et ils ont, sur ces derniers, l’avantage de comprendre les livres

1. Le rez-de-chaussée comprend, entre autres pièces, le réfectoire, la salle d’étude, la chambre du supérieur, et, au fond, quelques chambres pour les séminaristes. Ce bâtiment offre les mêmes mesures que l’évêché, sauf dans sa longueur qui est moindre de deux pieds: les fenêtres sont vitrées. Un mur crépi à la chaux sur ses deux faces, haut de 20 à 25 pieds selofi les accidents du terrain, protège l’édifice contre le vent du nord. Un autre mur, beaucoup moins élevé, le coupe à angle droit et entoure d’un côté la cour du séminaire, laquelle est clôturée dans sa partie sud par la chapelle, l'évêché et les constructions qui l’accompagnent. Au-dessous de ce dernier mur, sur la rive d'un torrent fougueux, s’étend le jardin du séminaire.

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