‹ Histoire de la mission du ThibetChapitre 57 sur 170 · A. M.-E., vol · texte numérisé non relu

A. M.-E., vol

LES PREMIÈRES ANNÉES DE

pouvait accéder à ce désir tout en obtenant certains avantages pour la mission, et il écrivit à son frère 1 :

Je ratifie verbalement l’arrangement verbal aussi, qui a été fait au sujet de Bongmet, comme moyen de conciliation, pour préserver Yerkalo ; mais il ne faut pas encore donner d’écrit à ce sujet; nous pouvons promettre à K y que nous ne retournerons pas à Bongmet ; lorsque Yerkalo sera délivré de ses craintes et en sûreté, je me charge de régler cette affaire par écrit. Car il ne faut pas renoncer au droit de traverser le pays de Bongmet, puisque c’est la route de Yerkalo et de Tse-kou.

Quand il s’agit de traiter cette affaire à Ta-tsien-lou, MgrBiet demanda, qu’avant toute discussion, les lamas de Lhassa, encore rassemblés à Kiangka, fussent dispersés. Le préfet prévint de ce désir le vice-roi du Su-tchuen, qui donna aussitôt l'ordre de dispersion. Dès lors, il fut décidé que la station de Bongmet serait transférée à Yerkalo, à condition : 1° que la route demeurerait ouverte aux missionnaires qui y auraient toujours libre passage ; 2° qu’une propriété de même valeur que celle de Bongmet, relevant des chefs de Bathang et située à Yerkalo, serait donnée aux chrétiens. Ces conditions furent agréées des mandarins chinois ; deux experts furent nommés pour choisir la propriété : l’un, du côté des chefs thibétains de Bathang dont dépendait Yerkalo, fut le koutsop Lozongouanguié ; et le second, pour l’évèque, fut un chrétien, ancien sous-préfet de Poutigne.

L’accord se fit bientôt, les chefs de Bathang opposèrent leur sceau sur l’acte de cession du terrain, et les missionnaires signèrent la déclaration suivante 2 :

Nous soussignés, missionnaires du Thibet, résidant au pays de Bathang, province du Su-tchuen, déclarons que, suivant les conventions passées à Ta-tsien-lou enlre l’évêque Py et le trésorier-payeur Ky, le transfert de la chrétienté de Mang-ly à Yen-tsin 3 vient d’être effectué à l’amiable.

Bathang, le G de la 8° lune 1880.

Alexandre Biet. P. Giraureau.

Cet arrangement satisfaisait les deux parties : les mandarins étaient heureux de voir disparaître le poste de Bongmet, et les missionnaires d’obtenir à Yerkalo une propriété qui leur était cédée à perpétuité.

Le 10 février 1881, le Tsong-li-yamen avertit de la conclusion de cette affaire notre ministre à Pékin, M. Bourée 4 5, par cette lettre3 :

Le 24 janvier, nous avons reçu du gouverneur général du Su-tchuen, la communication suivante : le trésorier-payeur de Bathang m’a fait savoir qu’il s'était entendu avec l'évêque Py, pour le transfert de la chrétienté

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