Magyar, le comte Bêla Széchinyi
L'ÉPISCOPAT DE MGR BIET
est vraiment inconvenante ; je me suis empressé de leur faire enjoindre, par leur chef indigène, de restituer les objets qu’elles avaient ramassés et d’aller porter leurs excuses à la mission catholique. J’ai fait estimer les dégâts dont les soldats et autres Thibétains s’étaient rendus coupables, afin qu’une indemnité soit payée aux missionnaires. Ceux-ci remirent au chef indigène une pièce attestant qu’ils se tenaient pour satisfaits. J’ai fait part de cette solution à l’évêque de Ta-tsien-lou, à la date du 25 janvier dernier.
En résumé, ce sont les soldats du Thibet et non les populations dépendantes du chef indigène de Bathang, qui sont coupables de ces troubles. Les habitants de Bathang n’eussent pas osé se conduire de la sorte. Quant aux Thibétains de Mang-ly, ils ne devaient pas, à la faveur du désordre, toucher aux objets dispersés. Ils les ont du reste restitués, et ont demandé pardon de leur faute aux missionnaires ; ils ont, de plus, payé, au lieu et place des soldats thibétains, le montant des dégâts subis par l’établissement religieux. Ceci servira de leçon pour l’avenir.
Mang-ly touche de très près à la frontière thibétaine, la population de cette localité est d’un caractère difficile. Si je n’ai pas sévi contre elle avec plus de rigueur, c’est que je voulais éviter d’exciter les rancunps contre les missionnaires et maintenir la paix entre tous. En agissant autrement, j’eusse moi-même donné lieu à de nouvelles complications. L’affaire en elle-même n’était pas d’une grande importance, et, une fois l’indemnité payée, j’ai pensé que, vu les nombreuses occupations du maréchal et du vice-roi du Su-tchuen, je n’avais pas à les entretenir de ce qui s’était passé. J’y avais cependant fait allusion dans ma note relative aux interdictions dont était frappé le Y-tsin.
D’autre part, je ne pensais pas que le Vicaire apostolique de Ta-tsien-lou en écrirait à Pékin et que des explications me seraient demandées. En voyant qu'il en était autrement, j’ai été rempli de surprise et d’inquiétude.
J’envoie à Votre Excellence la pièce en français dont j'ai parlé plus haut.
Cette pièce n’est autre que l’attestation donnée par le missionnaire de Bathang, M. Alexandre Biet, constatant que les pertes causées à Bongmet ou Mang-ly ont été payées ; la voici 1 :
Je soussigné, déclare que par les soins du trésorier-payeur Ky-tcheouen, les dégâts causés à notre ferme de Mang-ly, à la dixième lune de l’an dernier, ont été compensés selon nos conventions, le 14e jour de la première lune de l’année courante.
En foi de quoi, je délivre cette attestation et la signe
Alexandre BIET,
Missionnaire du Thibet, résidant à Bathang.
Il avait souvent été question de supprimer la station de Bongmet, dont la proximité des frontières du royaume du Thibet irritait les lamas, et de la transporter un peu plus loin. Mgr Chauveau n’avait jamais voulu y consentir, craignant que ce changement ne fût considéré comme un recul et ne donnât lieu à de nouvelles complications. Mgr Biet avait partagé cet avis ; mais, ayant appris qu’au moment du danger couru par Yerkalo, Kytche-ouen avait demandé la suppression de Bongmet et que, pour se rendre le mandarin favorable, M. A Biet y avait consenti, il jugea qu’il