‹ Histoire de la mission du ThibetChapitre 59 sur 170 · A. M.-E., vol · texte numérisé non relu

A. M.-E., vol

l'ÉPISCOPAT DE MGR BIET. ,16a

de Mang-ly à Yen-tsin, que tout avait été réglé à l’amiable et que le transfert avait déjà été effectué.

Après l’heureuse issue de cette affaire, Mgr Biet adressa au mandarin Ky, avec un petit présent, cette lettre de remerciments 1 :

Je vous remercie de ce que dans le procès de Mang-ly, tout s’est arrangé parfaitement selon la justice. Comme je l’avais promis, je n’avais pas écrit à Pékin, touchant cette affaire d’assez peu d’importance ; toutefois parce que le bruit de ces troubles est arrivé jusqu’à notre légation, et jusqu’au Tsong-li-yamen, j’écrirai prochainement à notre légation, que Ky-ta-lao-ye a parfaitement jugé le procès de Mang-ly, j’écrirai aussi dans le même sens au maréchal de Tchen-tou, et au vice-roi Tin.

Recevez également mes remerciements pour une affaire beaucoup plus importante. Les chefs barbares de Lhassa voulaient nous chasser de Bathang, Mang-ly. Yerkalo, vous avez beaucoup travaillé à nous protéger et je suis persuadé que nous devons notre salut à votre habileté et à votre ferme volonté. Je me souviendrai toujours de ce bienfait.

En écrivant bientôt à Pékin et à Tchen-tou pour l’affaire de Mang-ly, je parlerai sûrement de votre grand zèle et de votre activité à nous protéger ; après tant de travail il est juste que le vice-roi, le maréchal et le Tsongli-yamen connaissent votre habileté pour la défense de la justice et pour le bien de l’empire.

Veuillez accepter une petite marque de ma reconnaissance : je vous offre un excellent revolver qui peut porter très loin. Je le confierai à un chrétien qui va à Bathang le second jour de la imo lune.

L’évêque écrivit également au premier commissaire impérial à Lhassa 2 :

Comme les Thibétains menaçaient d’envahir le territoire du Su-tchuen pour nous en chasser contre nos droits, Votre Excellence, avertie par Ivy~ la-lao-ye d'une telle audace, les a empêchés de consommer cette injustice. Grâce à l'habileté et à la ténacité de Ky-ta-lao-ye, aussi bien qu’à la sollicitude de Votre Excellence, nous habitons en paix comme auparavant dans le territoire du Su-tchuen. Que Votre Excellence reçoive l’expression de ma gratitude.

Depuis longtemps nous habitons en paix dans le territoire du Su-tchuen, jamais nous ne sommes entrés sur le territoire de Lhassa ; il n’y a donc aucune raison pour que les barbares de Lhassa soient excités ou aient quelque soupçon contre nous. Toutefois ils ont envoyé des écrits dans certains lieux du Yun-nan et du Su-tchuen pour exciter les chefs et le peuple de ces deux pays. Je demande qu’il leur suffise de donner des ordres au Tliibet, car les provinces du Su-tchuen et du Yun-nan ont leurs chefs chinois, et les Thibétains violent le droit de l’empire chinois en envoyant des ordres dans ces pays non soumis au Thibet. Grâces vous soient rendues pour la protection que nous a donnée Votre Excellence, et que toutes choses vous soient prospères.

Peut-être Mgr Biet adressa-t-il également l’expression de sa reconnaissance au vice-roi du Su-tchuen ; mais nous n’avons pas trouvé la copie de cette lettre.

1. A. M.-E., vol. 556 ^ Nous n’avons que le texte latin de cette lettre, sans doute parce que Mgr Biet qui l’écrivit, le fit ensuite traduire en chinois par quelqu’un sachant le latin.

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