‹ Histoire de la mission du ThibetChapitre 7 sur 170 · Vie de Mgr Chauveau , p · texte numérisé non relu

Vie de Mgr Chauveau , p

2. Supérieur du Petit-Séminaire de Chavagnes et ensuite de celui des Sables d'Olonne.

NOUVELLE DÉLIMITATION DE LA MISSION

d’une grande imagination, continue M. l’abbé Baudry ', d’une grande mémoire, d’une intelligence au-dessus de l’ordinaire et d’une étonnante facilité pour le travail, le devoir classique était pour lui un véritable jeu ; il employait le reste du temps réglementaire qui lui était consacré à la lecture des livres d’histoire et de poésie, ce qui ajoutait chaque jour au trésor de ses connaissances ; on en trouvait le retlet dans ses discours en prose et en vers. Il était, dans sa prose, brillant sans être emphatique ; les poésies légères, les poèmes même de longue haleine qu’il nous a laissés, attestent son aptitude pour la versification.

» Outre cela, il avait l’oreille et la voix organisées pour le chant et la musique ; il se familiarisa, aux Sables d'Olonne, avec les harmonies de la musique. Il ne l’étudia qu’en seconde, et bientôt il fut de force à exécuter les morceaux que l’on jouait à la chapelle et aux séances littéraires ; il les accompagnait ordinairement du violon, son instrument favori. L’étude des langues, telle que l’anglais, ne lui était point étrangère. »

11 fut ordonné prêtre au mois de septembre 1839, dans l’église de Mouilleron-en-Pareds 1 2. Nommé vicaire d’Aizenay, il fut cinq mois plus tard transféré à Cballans.

Pendant ce temps, Dieu augmentait dans le cœur du jeune prêtre le désir qu’il avait ressenti, pendant son séjour à Chavagnes, de travailler au salut des infidèles. Plein de cette pensée, il alla trouver Mgr Soyer, et lui demanda la permission de partir pour le Séminaire des Missions- Etrangères. L’évêque, qui voulait éprouver sa vocation, lui répondit3 : « Très bien, mon enfant, je loue votre dessein, mais comme il mérite réflexion, vous m’en reparlerez dans quatre ans. » « Quatre ans ! c’était un siècle pour une imagination aussi vive et un cœur aussi ardent que celui du postulant ! Aussi fut-il tenté de croire que son rêve de missions était une utopie, et que s’y arrêter plus longtemps, ce serait bâtir des châteaux en Espagne. Avec cette idée, il prit les allures d’une vie quelque peu mondaine ; il soigna sa toilette, cultiva plus que jamais la musique, pour laquelle il avait des dispositions extraordinaires, et joua du violon dans sa chambre comme passe-temps. Il fréquenta les maisons bourgeoises et les châteaux, où il brillait par son bon ton, par son esprit et le charme de sa conversation. On était heureux de le voir et de l’entendre; plus il étendait le cercle de ses connaissances, plus il élargissait celui de ses amis. »

Une autre plume continue ainsi le portrait tracé par le biographe : « Les gens vulgaires, les esprits étroits ne voyaient en lui peut-être qu’un homme jovial et même suffisant, mais les personnes instruites, éclairées, douées d’un bon jugement, l’appréciaient, au contraire, comme un prêtre discret, aussi dévoué aux pauvres qu’aux riches, digne, par ses brillantes

Page 1