X.A MODE hîf FHAfICE. i
Ce fut encore à Marie-Antoinette qu'on dut les coiffures qui représentaient des jardins à l'anglaise^ des montagnes et des forêts. On composerait assurément plusieurs volumes du recueil des coiffures de 1774 à 1789. — Il y a, entre autres :
Les grecques à boucles badinçs ;
L'oiseau royal;
Le hérisson ;
Le demi-hérisson ; •
Le chien couchant;
Les chapeaux à l'énigme,
A la Pensacola,
A la Saint-Malo,
A la Sainte-Albine,
A la Mont-Désir,
A la Zinzarra,
A l'économie du siècle,
Au désir de plaire,
A la Minerve ;
Les poufs à la reine,
A la Junon,
A la Pierrot;
Les parterres galants ;
Les calèches retroussées ;
Les thérèses à la Vénus P^\m\\^\
Les bonnets au becquel,
130 LA MODE EN VRÂIfCE.
Au levant ,
Aux bouillon*s,
A la paysanne,
A la turque^
A l'espagnole,
A la béarnaise,
Au diadème^
Aux clochettes,
A la physionomie;
Les bonnets anonymes ;
Les cornettes à la laitière;
Les baigneuses à la frivolité;
Les coiffures à l'assyrienne,
A la candeur, .
Au berceau d'amour,
A la jardinière,
A la marmotte,
A la Polymnie,
Au mirliton, etc.
Aucune description ne saurait donner une idée de ces immenses échafaudages de cheveux crêpés, bouclés, chamarrés de plumes, de rubans, de gaze, de guirlandes, de perles et de diamants. Les têtes furent tellement bouleversées^ que l'honorable corporation des barbiers, perruquiers, baigneurs, èVuVvsV^^, w^ %\sSfii&^vl. pfus à les accommoder. Les co\tLe\ït% ^fc ^«sûr.%
LÀ MODE Efr FRANCE. i51
leur firent une formidable concurrence^ et entamèrent un long procès pour obtenir le droit de se constituer en corps d'état.
Le procureur Bigot de la Boissière rédigea une requête au parlement en faveur des nouveaux venus, dont Texistence fut enfin autorisée par déclaration du 18 aoijt 1779, enregistrée au parleinent le 2 septembre, et par arrêt définitif du 24 juin 1780.
Singulière société! elle semblait pressentir Torage et se hâter de jouir des derniers jours qui lui restaient ; elle gaspillait sa vie et son or, comme si elle eût deviné qu'elle allait perdre l'une et l'autre ; elle s'étourdissait sur les menaces de l'avenir par les folles joies , les fêtes, les dilapidations du présent.
Il n'y a point de victoire, point de changement politique, point de pièce nouvelle, point d'événement d'un ^ peu d'importance , qui n'ait amené quelque singularité soDoptuaire, quelque ajustement inédit, quelque combinaison fantasque de frisures, de bouillons ou de falbalas.
Pendant l'hiver de 1777, d'élégants traîneaux sillonnèrent les boulevards, et l'on vit des modes au traîneau.
Les victoires de la gueitft ^^ VW^ \»x«^ célébrées pnr les modes :
i5â LA MODE £n FRAfIGE.
A rinsurgente^
 la Bostoo,
A la Philadelphie,
A la grenade,
A la victoire,
Au glorieux d'£stalog,
A la Belle-Poule.
La frégate de ce nom, qui avait figuré glorieusement dans le combat naval du i®' juin i778, parut sur la tête des dames, avec ses mâts, ses agrès et ses batteries.
Les bonnets à J'électricité, les chemises à la Mesmer, attestent l'impression produite par le magnétisme naissant.
M. de Sartine, lieutenant général de la police, puis ministre de la marine en 1778, donna le modèle des perruques à la Sartine.
Necker, en traçant uq exposé des ressources de FÉtat, le 38 octobre 1778, donna naissance à la coiffure au compte rendu,
La coiffure à l'Iphigénie en Tauride fut un hommage rendu au musicien Gluck, qui fit représenter cet opéra le mardi 21 mai 1770.
Les bonnets à la Voltaire, à la Sémiramis, signalèrent la présence de Voltaire à Paris.
Uae farce de Dorvign^ , Jeantioi, ou (e« Ba(- /^/s payent l'amende , iouèe v<tç, u\i «v^r^'ï»
IiA MODE EN FRANGE. i^3
colossal sur le théâtre des Variétés-Amusantes, le 16 septembre 1779, enfanta les modes à la Jeannot.
Les hommes, en 1780, portèrent Thabit à basques pointues, à collet droit ou à châle. Il était, d'ordinaire, cannelé rose et bleu, vert et blanc, avec une doublure jaune, ou bien de peluche rouge, avec une doublure noire. Le tricorne, la culotte de calmaude, le gilet de tricot chiné, les bas blancs à côtes complétaient l'ajustement.
En 1781, les lévites fuient imitées, suivant les mémoires de Bachaumont, « de ces robes majestueuses des enfants de la tribu consacrée à la garde de Farche. » La comtesse de Faucourt parut, le 2 juin, au Luxembourg avec une lécite à queue de singe. La singularité de cet appendice long et tortillé attira une foule si compacte, que les suisses de Monsieur, craignant une émeute, invitèrent la comtesse à sortir du jardin.
L'heureuse délivrance de Marie-Antoinette, le SI octobre 1781, fut fêtée par la création de la couleur «aca-Daup^in ; les coiffures au Dauphin, aux relevaUle$ de la reine. Elles éclipsèrent :
Les coiffures en coUma^^oiA)
les bonnets à la Henn W >
iZi liA MODE RN FRANCB.
A la Gertrude,
Aux navets,
Aux cerises,
A la Fanfan,
Aux sentiments repliés,
A Fesclayage brisé,
AlaThisbé,
A la sultane,
A la corse,
Au Colin-Maillard. •
Des cendres de la salle du Palais-Royal, incendiée le 9 juin 1781, sortent les couleurs feu el fumée d^ Opéra.
On fit, en ce temps, une bizarre imitaMon du noble jeu de l'oie : le jeu des coBlumee et des coiffures des dames. La Belle-Poule était le numéro 63, le point gagnant. Les autres stations étaient la calèche, le bonnet aux clochettes, etc.
Le développement qu'on donnait aux bonnets au parc^anglais , en 1781, n'est pas moins incompréhensible pour nous que le changement d'une frégate en chapeau. Les cheveux, irrégulièrement disposés, formaient des collines sur lesquelles des moulins à vent tournaient ; puis des bosquets et des VaUVia (v^^b^VVè\«^VVft^c.li&^seurs, des plaines arrosées \>ax ^ft% m'ssfcVBk
LÀ MODE KN PRANC8. i^K
an bord desquels les moulons paissaient sous Tceil des bergères, c On inventa, dit Mercier (chapitre €LXVin), un ressort qui ëlevait et abaissait ces machines. »
Nous avons lieu d'être également surpris des noms adoptés pour désigner certaines nuances, dont voici la nomenelatared'aprèslechapItreXYII, des Manières :
Puce;
Dos de puce;
Ventre de puce en fièvre de lait ;
Soupir étouffé ;
Cuisse de nymphe émue ;
Larmes indiscrètes ;
Merde d'oie ;
Boue de Paris ;
Carmélite;
Ventre de carmélite ;
Entraves de procureur;
Entrailles de petit-maître.
Les Mémoires de Bachaumont (tom. XX, p. â05) fixent k 4782 Fapparitlon des croix à la Jeannette.
Au commencement de i785, Marie-Antoinette mit à la mode une vieille chanson qu'elle avait entendu chanter k wlv^wc5lW\\Vft;.'^^^'«^s^'^ Jes voix rëpélèrenl l'air Ae MaT\\>ot«^«è>.\^ss^^
les couplets satiriques farent sur Tair de Mariborough ; tout le moade se vêtit à la Marlb(h rough] il fallut fréter un paquebot pour expédier en Angleterre des ajustements à la Marlhùrough, demandés* par la petite-fille du maréchal de ce nom, à mademoiselle Rose Bertin, marchande de modes de MarierAntoinette.
« Depuis la chanson, écrivait Bachaumont, Marlborough est devenu le héros de toutes les modes ; tout se fait aujourd'hui à la MarUH" rough. Il y a des rubans, des coiffures, des gilets, mais surtout des chapeaux à la Marlborough, et l'on voit toutes les dames aller dans les rues, aux promenades, aux spectacles, affublées de ce grotesque couvre-chef, sous lequel elles se plaisent à enterrer leurs charmes, tant la nouveauté a d'empire sur elles. »
A la suite des ballons, inventés au mois de juillet 1783, vinrent les modes Au ballon, A la Montgolfier, Au globe de Robert, Au globe de Paphos, Aa balloB de la redoute c;\ÀtkO\%ft.
Le saeeèsdu Mariage de Figwo, t«^x^%«\^
LA MODE EN tRAflCE. 157
le 27 avril 1784, inaugura les modes à la Chérubin ;
LesjiMtes à la Suzanne;
Les justes au Figaro parvenu.
D'aulres pièces en vogue enfantèrent les bonnets à
 la Basile,
A la Tarare,
A la Randan,
Aux amours de Bayard,
A la caravane,
A la veuve du Malabar,
A la Brouette du vinaigrier.
Au mois d'octobre 1784, la Caisse d'escompte ayant suspendu ses payements, on confeclionina des chapeaux à la cai$se d'escompte, c'est-à-dire sans fond.
Vers cette époque parurent les robes à la turque, à la musulmane ;
Les étoffes espagnolettes, musulmanes, cir-
cassiennes ;
Les fourreaux à l'Agnès;
Les chemises à la Jésus.
La harpie éclipsa brusquement toutes les autres modes. On avait, disait la notice publiée Je id octobre 1784, Uoun^ wiQmK\^^\ûss^^3«* ayant deux cornes, des av\es ^"^ ^«asv^'^ox^i
138 LÀ HODB EV laÀNGK.
des cheveux et ane figare hamaine. Il mangeait par jour un bœuf ou quatre cochons. Le portrait en fut gravé, et chacun se vêtit à ia harpie, Hoffmann, rédacteur des PeHtei'Aficheê^ dit peu galamment :
A la harpie on va tout faire, Rubans, lévites et bonnets ; Mesdames, votre goût s'éolair^ Vous quittez IM eoHflchets Pour des habits de caractère.
Un anonyme répondit à cette sanglante épigramme .
La harpie est un mauvais choix \ Passons sur ce léger caprice ; Mais dans les modes quelquefois Le sexe se rend mieux justice En suivant de plus dignes lois.
Mesdames, j'ai vu sur vos têtes Les attributs de nos guerriers ; On peut bien porter leurs lauriers, Quand on fait comme eux des conquêtes.
Ea i785, ies paniers se tè\.tto\t«ftX>;^t'QLva^^
LÀ MODE EN PRANGiS. 430
Mademoiselle Clairon opéra une révolution en osant jouer sans paniers Zaïre et Ghimène.
lies paniers furent remplacés par les jupons ^OBSiif 1^ bouffantes, les jupons éhaûhis et les tournures. On donnait à ces dernières un nom moins décent, que notre délicatesse nous interdirait de reproduire, sMl n'était écrit en toutes lettres, cum commento, dans les Mémoires d'une pieuse dame connue pour la rigidité de ses principes, et la morale pure de ses livres d'éducation.
Laissons parler madame de Genlis :
« Madame de Matignon, arrivant de Naples, fut obligée d'aller snr-le^bamp à Marly, où était la cour ; elle ne s'arrêta à Paris que pour y coucher. Elle n*y avait vu que deux ou trois personnages très-graves qui n'avaient pas imaginé de la mettre an fait des modes nouvelles. Il s'en était établi une, devenue universelle depuis douze à quinze jours. Cette mode, qui n'avait rapport qu'à l'habillement des femmes, consistait à se mettre par derrière, au bas de la taille, et sur la croupe, un paquet plus ou moins gros, plus ou moins parfait de ressemblance, — les italiques sont de madame dft tovîiNs», — -^^^^^ssèv on donnait sans dêiouT\e\io\si^'^ cvX.^M^ssûs^'^
iiO LÀ MODE Klf FBANCK.
Matignon ignorait complètement rétablissement de celte singulière mode. Elle n'arriva à Marly que pour se coucher ; on la logea dans un appartement qui n'était séparé de celui qu'occupait madame de Ruily que par une cloison très-mince et une porte condamnée. Qu'on se figure^s'il est possible, la surprise de madame de Matignon, lorsque, le lendemain, deux heures après son réveil, elle entendit chez madame de Ruliy ma^ dame la princesse d'Hénin, qu'elle reconnut à la voix, et qui surle-champ dit :
<c — Bonjour, mon cœur, montrez-moi votre cul.., »
Madame de Matignon, pétrifiée, écouta attentivement. Madame d'Hénin, reprenant la parole, s'écria, avec le ton de l'indipation :
« — Mais, mon cœur, il est affreux, votre cul, étroit, mesquin, tombant; il est affreux, vous dis-je! En voulez-vous voir un joli? Tenez, regardez le mien. »
— Ah! c'est vrai, reprit madame de RuIly avec Taccent de l'admiration. Regardez donc, mademoiselle Auberl (c'était sa femme de chambre, présente à cette scène) : il est réellement charmant, le cul de madame d'Hénin ! comme il esl reboDdit le mien esl s\ ^V^V, si malgré! .. Au î Je joli, /ejolictt/î..,Vo\\kcoiMïv^*\\V«<iVviô«
Ll MO0Ë £ff fRÀIfCJE. 141
on €ul quand on veut réussir dans le monde! »
Des polonaisêi à jupes courtes naquirent, en 1786, les casaquins appelés caracos. Aux caracos zélandais suceédèrent les caracos à la cauchoise ou à Vinnocence reconnue, en Thonneur de Marie-Françoise-Vicloire Salmon, acquittée, au mois de juin, d'une accusation d'empoisonnement, sur la plaidoierie de maître Cauchois.
Ces caracos étaient de pe%m lilas, garnis de collets, de revers et de parements vert-pomme, et boutonnés avec des boutons de nacre.
Marie-Antoinçtte sacrifia ses cheveux à la suite d'une couche, et la chevelure à Venfant régna sur les ruines des hautes coiffures. On la couvrajt, en 1786, du ehapeau-^onnetfe, l'un des plus singuliers qu'ait imaginés le mauvais goût.
La partie supérieure avait exactement la forme d'un pain de munition, et les bords, plissés en larges tuyaux aplatis sur les tempes, s'allongeaient en auvent sur le front et sur la nuque, que surmontaient des plumes et des fleurs nouées avec un ruban à Varc-en-ciel.
Les hommes avaient des ^Iia^^^il^V^WVkk-
142 hk MOBB EN rilÀNGE.
dràmoHifkVindépendant; leurs cbeveux, tressés, bouclés, mis en queue ou nattés à la Panurge^ étaient surchargés de poudre et de j^made.
La poudre régoaH sur toutes les classes:
clercs de procureur, domestiques, cuisiniers, marmitons étageaient leurs boucles et dressaient leurs toupets poudrés.
On trouTait cela naturel, et l'auteur du Mode /rufiiMM, Jean-François Sobry, dit gravement :
«L'usage de la poudre dans la chevelure tient autant à U bienséance qu'à la commodité, et il a été regarde comme de première nécaùlé chei tous les peuples poliéés.
Les élégants faisaient broder sur leurs gilets des chasses, des vendanges, des pastorales, des régiments de cavalerie, des caricatpres, des scènes de la Folle par amour ou de Richard Cœur-de* Uott. Lés boutons, de deux pouces de diamètre au moins, contenaient, sous verre , des miniatures, les portraits des douze Césars, des statues antiques, les métamorphoses d'Ovide, des rébus, des chiffres entrelacés et même des collections de fleurs ou d'insectes.
Pea de temps avanl la v^\s« ^^ ^^ B«&UUfi^ oMe métamêrfbo&Q souda\iMtfo^t^.VA^\vQTsa&ft&
LA MODB Bll IRAFIGli. 145
eDdossèrent le sévère habit noir avec le claque; les femmes se contentèrent de chapeaux de paille et de fichus unis. Longtemps les Anglais nous avaient copiés, et, pendant l'administration de Colberty les colifichets, les folies et les frivolités du luxe français coûtaient annuellement à la Grande-Bretagne cinq à six milliards de livres sterling. A notre tour, nous primes pour modèles les Anglais, leurs fracs, leurs chapeaux ronds, leurs épées à poignée d'acier, leurs riding^ eoaU à triples collets. Les femmes se coiffaient de chapeaux à Vanglaise et à la jockey ; elles mettaient des robes à l'anglaise, de popeline, de moire, de tulle ou de linon d'Angleterre. Elles vendaient leurs diamants pour acheter des petits grains d'acier et des verroteries anglaises.
Au commencement de 1789, de fières amazones couraient aux Champs-Elysées en redingote et en chapeau noir, une canne on une cravache à la main. Elles poussèrent l'imitation du costume masculin jusqu'à lier leurs cheveux en eadogan, à porter des montres, des breloques, des redingotes longues à triples collets.
- Les modes pendant la révolution. -^ Bonnets k la Pierrot. — Gilets ft la Robespierre. — La cvmagnole. — La jeunesse dorée. -^ Lea.incoIables. *r- Lrs merveilleuses du Directoire. -^ L'ajustement à la sauvage. — Fêtes extraordinaires. — Le cbapi- Ire des mode* du Jour. —
Lesajustements tendent à se simplifier depuis le 14 juillet.
Les hommes élégants se eontentent d'habits de drap cannelé ou moucheté, avec une doubJirre disparate; ams\y(V^wv^\^^^x\&!t^^!^^^'«^ jaune, rougé ou nowe j V^xiVt^ «aX >^^'^ ^'^ '^'''^'*
446 LA MODE EN rBANGE.
verte ou blanche. Les boucles de souliers aux petits pages, à la Bastille, au tiers état, se font en argent guilloché. Les souliers à talons ont disparu ; Tépée est supprimée. On décore les chapeaux ten pain de sucre d'une cocarde et de faveurs tricolores.
Les dames renoncent aux robes décolletées on ne les portent qu'avec des mouchoirs. Il ne reste des innombrables bonnets d'autrefois que les bonnets de gaze blanche à la grande prêtresse, ceints d'un large ruban ; les bonnets à la pierrot, chamarrés de dentelles et réservés aux dames âgées; les bonnets à la laitière, qui se placent sur la partie postérieitre de la tête. On voit aussi des coiffes sur le devant desquelles sont brodées en soie verte, au milieu de branches d'olivier, une bêche, une épée et une crosse, in-
. signes des trois ordres.
Les modes se simplifièrent à mesure que la Révolution progressa. La parure fut proscrite comme un signe de royalisme, et Robespierre oisa seul la csioiisèrver. En 1793, la parure des hommes consistait en tricornes dits chapeau»
à la suisse; cheveux plats en ehien canard; cravate nouée négligemment; gilets rayés, à
revers, dits à la RobetpUifft \ MVuicAe&Vat^v^ Ifrooes ou vert^boutelUe *, ciAo\v«& ^<^ ^%vtEi ^v
LA XOOB BN IRâncl. iil
tenCes; pantalons flottants; ]»ottes à ravers jaunes ; souliers plats on sabbts.
Des baigneusiiOTïïéts de la coearde trieolore, de simples chignons, des robes de toile de Jooy^ telle était la toilette des républicaines. Les mm-^ culottée se couvrent la tête du bonnet phrygien, ou d'un bonnet de police à longue queue rabattue sur Toreille. Les démocrates élégants chamar^ raient celte dernière eoiffuVe de broderies d'or et d'argent.
La carma^nefe, veste ronde des ouvriers, et qui devait naturellement primer dans un grand mouvement pppulaire, esl un habille^ ment d'une haute antiquité, car on le voit sur le dos d'un mime, dans la précieuse collection de vases peints de sir William Hamilton. Ne croyons pas cependant, sur la foi de Laeretelle, Toulpn-r geon et autres historiens suspects, que te cata* elysme révolutionnaire eût englouti le bon goût, l'élégance, la recherche, l'esprit mobile et la fu-^ tiiité des générations antérieures,
A la vérité, les coiffeurs Larseneur et Léonard avaient perdu une partie de leur clientèle; mademoiselle Bertin ne travaillait plus avec Sa Majesté la reine; mais la mode et les modistes n'avaient point renoncé à leurs dto\V^«
iVous trouvons, daû& \e wwsifec^XjJ^ ^>\ \^>kcw^
148 ftA MÛDK KR fBiHCB.
de PariSy en date du 19 octobre 4793, une longue annonce de la citoyenne Raspal, cidevant Teillard, demeurant au Palais ci-devant Royal, galerie de la rue ci*devant Richelieu, au Pavillon d'or^ n*>4i. La citoyenne Raspal offre aux dames des robes pékin velouté et lacté, en ra% de soie africain ^ en ckinoiees iatinéeiy et sur sa liste figurent, avec des accolades marginales, les caracos à la Nina, à la sultane f à la cavalière^ les robes rondes à la persienne, les chemises à h prêtresse, les ceintures à la Junon^ à la renommée, les robes à la Psyché, à la ménagère, à la turque, en lévites, au lever de Vénus, rhabillement à la républicaine.
« Ce vêtement, dit la réclame, enveloppe entièrement, prend la taille avec une grâce parfaite ; il clôt par devant avec des boutons ; une ceinture à la ronmine noqe sur le côté ; il est d'une tournure délicieuse. »
A rheure où la citoyenne Raspal formulait
son prospectus en style anacréontique, un million
d'hommes marchaient aux froiltières ; la guerre
civile éclatait en Vendée, en Normandie, dans le
Md/; les Girondins allalenl )j^m',\ft% v«>s.«
ife Paris renfermaient deux rnVWe n^^^
soixante et quinze détenus^ et le tribunal révolutionnaire avait déjà envoyé cent douze condamnés à l'échafaud.
La terreur fut suivie d'une réaction en faveur du luxe. L'or^ les diamants, les dentelles rehaussaient de nouveau la beauté des femmes. Lii jeunesse dorée applaudissait avec transport ce couplet du Concert de la rue Feydeau, vaudeville des citoyens Ghaussier et Martainville, représenté, le !«' vendémiaire an m (22 septembre 1794-), sur le théâtre des Variétés-Amusantes, au jardin Égalité :
Naguère, on voyait dans la France Un régiment de scélérats, Portant pour habit d'ordonnance Le pantalon, les cheveux plats.
Trop longtemps Taffreux vandalisme Du luxe a proacrit les bienfaits !
Sur les débris du sanglant terrorisme, Qu'il renaisse chez les Français {bis).
Les vainqueurs du 9 thermidor célébrèrent leur triomphe par un excès de dévergondage.
Tous ceux qu'avait comprimés la terreur, les jeunes réfractaires, les cx-riQhles^k^li\jYk\^^^bliçainSj les agVoVeut^, \^'& \^^\^'s»««^K^^s. ^'cs^-
cussionnaireSy furent saisis d'un fol eoivrement. Ce fut, pendant plusieurs années, onasuo cession de fêtes et de plaisirs. Durant le rigoureux hiver de 1795, alors que le bœuf coûtait un franc vingt-einq centimes la livre, et Fean soixante et quinze centimes la voie ; alors que le louis d'or valait jusqu'à dix-huit mille francs en assignats, vingt-trois théâtres et dix-huit cents bals étaient ouverts tous les jours. 11 y avait insuffisance de violons, de grosses caisses et de clarinettes. On dansait dans les salons ; on dansait aux barrières; on dansait dans les caveaux du palais Égalité, ci-devant Royal ; on dansait dans les monastères, dans les églises abandonnées; une guinguette s'était installée dans l'ancien cimetière de Saint-^ulpioe, et, à côté de l'inscription funéraire du portail : Hat ultra metas, beatam spem expeetanles rt" quiescunt, on lisait sur un joli transparent rose : Grand bal des zéphyrs.
Eu mémoire d'un passé sanglant, la jeunesse dorée institua les bals des victimesy auxquels assistaient ceiix-là seulement qui avaient perdu des ascendants ou des Gis sur l'éebafaud ; les collatéraux ne comptaient pas. Les muscadins \ s'affublèrent du costume à la victime : chapeau^ roudà larges bords, cheveux ns v^^^tW
cravate colossale, babil décolleté à basques quadrilatérales, gros bâton plombé, bas de soie cbinée, Simliérs évasés, à bec pointu. Les royalistes se distinguaient par des cheveux cadeneltés, des collets et des cravates vertes; ceux qui s'habillaient ainsi s'exposaient à être insultés par le peuple, et même à recevoir des coups de sabre des gardes du Directoire.
L'emploi des besicles fut mis à la mode par ceux qui appréhendaient le service miltaire.
Les incotables ou inconcevables affectaient d'éviter toute articulation énergique, à l'instar des derniers marquis. Ils disaient : Ma paole êupèine, ma paole victiméCy c*est hotble, en véité! et : Secsa, pour Qu'estnse que c'est que ça ?
Le Journal de Paris un samedi 11 juillet 1795 dit en signalant ces faits :
« Il se manifeste dans l'espèce humaine un abâtardissement sensible. Les jeunes infortunés qui en sontatteints évitent les consonnes avec une attention extrême. Leurs lèvres paraissent à peine se mouvoir, et, du frottement léger qu'elles exercent Fuue contre l'autre, résulte un bourdonnement confus, (va\ isft t^%%^^VJA^'^^^ss^^ p*pzpx, par \e(\\ie\ o\\ «^^^ >s:^ >^|çîq^. ^^ss^a^.
ib2 LÀ MODE EN FRANCE.
de dame. Ce qui n*est pas moins aflQigeant, c'est que le même symptôme se manifeste dans les jeunes personnes, et il est triste de penser que ce sexe qui fait ordinairement un usage si aimable de la parole soit à la veille de la perdre entièrement, n
Les roués de la Régence s'étaient divertis avec des marionnettes de carton ; ceux du Directoire jouaient avec des émigrantSj disquesdebois cannelés qu'on faisait alternativement monter et descendre à l'aide d'une ficellç qui s'enroulait autour du point central.
Comme pour protester contre un gouvernement qui avait mis la pudeur et la modestie à l'ordre du jour, les merveilleuses se montrèrent en public demi-nues. Leurs robe« blanches à V athénienne, en étofTe diaphane, étaient fendues latéralement depuis les hanches. Madame Tallien, qu'on avait surnommée Notre-Dame de Thermidor, parut aux bals de Frascati avec une robe à Vathénienne, deux cercles d'or en guise de jarretières, et des bagues à chaque doigt de ses pieds nus, posés sur des sandales.
L'ajustement à la sautait comsUvt ea uu Justaucorps de celte gaxe c\a\tft <\vi^ ^^Vi^^a
LA MODBGN FRANCE. 4t)5
appelait ventum textile, nebula linea; et en un pantalon collant de tricot de soie, couleur de chair.
A la promenade, on portait des robes de linon traînantes , dont on ramenait tes plis sur le bras droit-:
Des châles sang de bœuf,
Des corsets à Vhumamté;
Des chapeaux de paille à lucarne,
A cul de panier,
A la Paméla;
Des bonnets à la Justice,
A la folle, ete.
VAlmanach de$ muses de 1797 contient sur ces derniers l'épigramme suivante :
De ces vil&ins bonnets, maman, quel est le prix ? — Dix francs. — Le nom ? — Des bonnets à la folle. -^ Ah l c'est bien singulier, interrompit Nicolle : Toutes nos dames en ont pris !
La plupart des élégantes se coupèrent les cheveux pour se coiffer à la sacrifiée, pour prendre des perruques blondes frisottées à la Bérénice ou na^t^es en anneau de Saturne, C'était une manière d'IioiioT^x \«à ^\Occsûfôî»-^ ^^^^\^ çbeyeux, recueUUa v«^^ ^^^ '^^'^'^'^^ ^x^^^^'^^^
iSi 14 MODE RN IftIANCiS.
intéressées, avaient servi à la confection des premières perruques.
Les années 1796 et 1797 inaugurèrent avet on prodigient Succès les fêles éxtrat>tdlnaife$, aux feux d'arttiee, ballons, musiques d*barmonie, illuminations en verres de couleur. Les artiOciers Ruggîeri et Lavarindère acquiretit à la fois de la foriund et de h célébrité. Tivoli, rÉlysée, Thôtel de Birôn (rue dé Varénnfes), Mousseaux, Bagatelle , Beaujôn, le hanelagb, les jardins dldalie od dé Marboéuf, attirèrent une multitude empressée. On pôdssa la passion de la pyrotechnie an point qu'à la fin des gl^ands dînefs, SuiVàrtt le iôumal des dames et dei modeé dû W frimaire an in, une pluie de feu partait à Timproviste du dormant central, et s'éparpillait sur les convives.
Une mode de 1797, celle des doïhts noits, fit couler le sang. On la regardait comme un sipe de ralliement adopté par les émigrés, les déserteurs, les clichiéns, et ceux qui osaient se parer de co/2^rs nofr« s'exposaient à être attaqués parle peuple ou par les soldats de la garde direcioHalè.
Lesmodenied ûtrtA^t^ ««*«& ^^i-rnvts? ^âfeeh n'ont élé nulle parlmVeux^VïAft^^^^^^^'^^
LÀ MOfiK EN IRÀNGA, 155
onrra^e, ai^ses médiocre, d'ailleurs, de J.-B. Pujaalx, Paris à la (in du xyiii* siècle (an ix, 1801). Voici dans son entier le chapitre des modes du jour :
« Saisissons les modes du joar; elles vont failr.
« Lecteur, retenez la date de ce coup d'œil rapide, et ne m'accusez pas d'inexactitude; car la mode aura changé vingt fois entre l'époque où j'écris et celle où vous lirez ce chapitre.
» J'arrive dans un cercle dont le ton est ce que nous tivons de mieux aufour^hui; c'est l'expression reçue.
» Suis-je en France, en Grèce, en Angleterre ou àConstantinople?
« Jesuis en Grèce, sans doute; oui,jesuisdans un séjour respecté par les peuples qui ont successivement régné dans ce beau pays. Ces meu-^ blés, ces lits de repos, ces fauteuils, ces draperies, ces candélabres, ces autels, ces trépieds, tout est grec, tout m'annonce que je suis dans la maison d^une de ces femmes aimiU}les que visitaient quelquefois les sages. Que dis-je t c'est Tappanement d'Alcibiade; l'illusion est complète; et, si le phUosoi^\v^ K»!w3û»xm >^^^k?v^ revivive encore à la vo\\ du çia^^e^ ^►«x^^^''^
croirait être dans la patrie du goût et des beauxarts.
» Mais Tillusion «esse en portant mes regards sur ce cercle de femmes aimables, d'aimables ieunes gens, et je répète : Suis-je en France, en Grèce, en Angleterre ou à Gonstantinople?
» Oh ! je suis en France; cette femme qui tient un sac brodé, semblable à celui de ma respectable aïeule, cette femme est Française. — Non, je me trompe : ses cheveux courts, hérissés, la trahissent ; et jamais les Françaises, les Grecques, le$ Romaines, ne se hérissèrent ainsi. Cette coiffure, jqui ressemble assez à la robe du porc-épîc, semble indiquer quelque sauvage des climats brû* lants.
» Mais que vois-je ! une longue chaîne d'or pend à son cou , beaucoup plus blanc que l'albâtre, et supporte un large médaillon, ou plutôt un tableau.
» Oh ! ce n'est pas là une femme sauvage : les Topinambous ou les Morgojos n'ont jamais eu d'aussi bons peintres. Voyons si le costume ne donnera pas quelque indice... Le derrière de son cou, une partie de ses épaules, sa gorge, tout cela est découvert comme autempsoùlesMédici| vinrent en France; mais, au \\e\i ^ft ^^ wk^ collereiies qai p/açaient tous ces t\iam^^ w
Li MODE EN ninci, JS7
au Tond d'un vasie enlonnoir, elle n'a pour vêtement qu'âne longue chemise de mousseline qui, par SB transparence, se teinte de la couleur rot/e qu'elle emprunte de ce qu'elle feint de couvrir, el qui, par la mollesse de son tissu, laisse deviner les formes qu'elle embrasse de ses plis longs et pressés; ee vêlement est celui d'une nymphe; mais ce n'est point là une tunique grecque, car le baul serre une partie de la laille ; une manche très-courle el froncée, i plis arrêtés, laisse voir le coude et presque tout le bras. Oui, c'est une njmphe; ces cheveux hérissés et dégouttants à'huile antique toute fraîche; ce vèlemenl léger, IransparenI, et qui ne peut convenir qu'à la beauté solitaire, tout indique une npipbe sortant du bain.
■ Passons àsavoisine. Celle-ci est uneodalisque échappée du harem de quelque Turc irès-puissanl ; ce turban léger, celle aigrette brillante, l'indiquent assez. Ahl je me trompe, et la robe m'éclaire : ces parties qui recouvrent les bras, ces espèces de crevés, celle garniture, ces boaffettes, tout cela a quelque chose d'espagnol, et ressemblerait assez aux robes de cour françaises, après la suppression de l'étiquette, si la taille ne coromenfaîl pas nn peu Uoç YvuiX. Çi«x*«.'ïa d'aulns indices... Ce «AiWe, tfesv. ■w^'^'ïw»*'
4S8 11 KflBR «R FRAKCB.
orieaiali ; celle chiassate assnjellie par in cordots pUcég avec erlee auloar de la janbe m'Indique une Gréo{ni... Je n'j perds; plMom 1 une aalrt.
> Celle-el e«l p)as bicarré encore. Un boDBcl qui rtssHDkle pirfaitenenl an eoiffes de nnil de mon graDd>pire; un loitg voile, on i^Dldt m ridean, qai pend josqu'an-desmiis de la ceiolare; une luntqae longue, sur laqaelle on a (daeê DO petit pet-m-rair de lalTelBa pace, nommf ipenctT, loBl eeta compose un ajustement qiri vient de denit on trois peuples, el appartient I deux on trais 8ièel«s différenls.
* Qnelqa'nn s'avance; ces dames vont sortir sut donie;oejocqBeivtebl annoncer qae la Toi- . ture est là. — Comment dooel il leur baiae la main; qaellefamiliiritdl... Ahljemetronpais:
cette minière déccHle de se balancer en leDani l'eiU^ité de M main gasche dans le câti da pOBt-tevis de BOB paalalon; fia coiffure d^ouitante d'hnlle, son loalier rond et décolleté, te morceaD de bamtMn recourbé qu'il ronge avec Srfiee, cet air inillenlir, ee ton Impudent, tout cela m^ndiqoe on jesne homme tr^a-eomme it /!ntt.
» flTtf/a. Je sois bien «\sft «(iteev^w **>»!*»«
hk MON m IBAIieB.
que ces quatre êtres amphibies franco-turco-anglico-grecs sont trois Françaises et un Français de la fin du xtiii* siècle. •
- Le Consalat et Tempire. — Tuniques juives. — Capotes d^organdi. — Les cachemires. — Ravages de la titus. — Les élégants de 1803. — Spencers.
— Falbalas. — Carriks. — Modes des centjours. —
Au commencement du Consulat subsistait encore Tusage des robes transparentes, qu'un écrivain compare à Vonde qui voile le* baigneuses. En Tan xi (1802), on mettait par-dessus les robes des tuniques juives d'organdi ou de soie, bleu de ciel, gros bleu, rayé ou couleur de chair. Les capotes d'organdi, les clv%^^^\i^,^%\*^^^ bordés de chicorée, ensex^W^^^v^'^V \^ V^R. '«^
162 Li MODB in IKlnCB.
fond de ieurs cônes Ironqaés. Les cachemires, apportés d'Ëgypie, commeDçaîeQl i remplacer les Schus de tulle, malgré quelqDes proleslations dont DD chansonnier alors Jl la mode, le chevalier de Plis, se rendit l'orgape :
Zëmire, ElmireetThémire,
Voua dont cbacun mit les paa, Voui, l'uniiiue point de mire Des beaux bals, des graods repas, En bonoeur, je vous admire; Hais vous no derriei pas Dans ua vaste cacbemirs Ensevelir vos appai.
Si Hiaerve en ses alarmes
Vous a dit [urtivemeol
De sous voiler certains cbarmee
Preoei des fichu* de tulle.
De gaze et de point t Jour.
D'ailleun, ces shallssi solides, Oue vous portei b l'envi, A dee Arabes perMes De cel ntnros ont mi^.
LA MODE Kfl FEÀffCE. 163
Ah l de ces tissus profane»
Comme h. mon tour je rirai, Si le goût des caravanes Par eux vous est inspiré !
La Hius avait fait de tels ravages, qu'on ne voyait point dix femmes sur mille qui eussent conservé leurs eheveux ; elles avaient recours aux tours ou cache-folies, aux postiches en tortillons, et aux perruques à raies de chair, inventées à propos par Tellier, coiffeur, rue cidevant Richelieu, en face le tl^éâtre de la République.
Les élégants de 1803 se chargeaient de deux, trois et même quatre gilets, et de redingotes d'alpap À trente-six collets ; ils mettaient tan* tôt des bas de soie, tanlôt des guêtres de nankin, ou des boltesàrevers jaunes, ditesà la Souvsirow, Ils introduisirent dans les salons h panne,, étoffe proverbialement connue, jusqu'alors réservée aux chaudronniers et aux porteurs d'eau ; mais ils avaient soin de ta doubler de taffetas blanc.
« Il est reçu, dit le Journal de Paris, que les petits-maîtres de Tan xii auront le pied long, les bras courts, la tête penchée eii ^m^^v^ ^a^ ^s^!^troDt qu'un gant, porVetoitV ^^ Vi\\^% ^aN>s.x^
temps le plus sec^ et des bas de soie blancs par la crotte, par la pluie. 11 est reçu qu'un jeune homme ne se présentera plus nulle part sans avoir une main dans la poche de sa culotte, sans relever la touffe de ses cheveux qui lui tombe sur le front. 11 est reçu que les bas ne seront point tirés, que le gilet sera mal boutonné, que le bout du mouchoir sortira de la poche, que le costume noir sera le plus gai , que le chapeau aura un plumet noir, que la chemise sera de percale , qu'on portera un jabot , que les hommes ne doivent plus prendre de tabac; mais tout petit-maître peut fumer et boire de Teaunle* vie. »
« Les jabots, dit l'auteur de YImprùvisateur français (1805), avaient disparu à la naissance du sans-culottisme ; ils reparaissent aujourd'hui, ainsi que les manchettes à dentelles, la bourse à cheveux et Tépée au côté. »
Le gouvernement consulaire et impérial, bien
plus que celui de Louis XVIII, méritait le nom
de Restauration. Les Bourbons n'ont restauré
qu'eux-mêmes ; Napoléon rétablit l'hérédité du
trône,les culottes couTtes,\aLTvob\«%<&«^l«% îabots,
/es ûefs, les collets montés, \es \fi»\Q\^\&, V^
LA EOOB £» FRANGE^ 165
toques de velours^ le clergé et ie$ chapeaux k la . Henri IV.
Soft règRe fut» d'ailleurs, celui du mauvais gottt. Rien de plus attristant que de feuilleter le Journal des Modes de iSii à 1845 :
des hommes en spencer par-dessus Thabit, des femmes en redingoie de drap, de mérinos ou de velours; des tailles déploriihlement courtes; des robes montantes et u//ra*décolletées ; des robes sans plis avec plusieurs étages de volants ou de falbalas; des chevelures factices, mêlées de torsades; des t$queU de tuUe brodé, ou des chapeaux à la polonaise, dont la partie supé<* rieure foroiait ^n carré; des colliers de corail ; des turbans de mousseline daire, brochée d'or ; des carricks ; des pantalons semi-culottes ; des châles dont les palmes se composaient d'une combinaison de figures géométriques.
Ce fut à cette époque' que Ton adopta définitivement l'usage des fleurs artificielles. Un nommé Séguin, du Mans, en avait fabriqué dès Fannée 1758 ; mais elles ne furent perfectionnées qu'en l'an x (1802), par Venzel, qui obtint une récompense nationale à l'exposition des produits de l'industrie.
Pendant les Cenl-lowxs, \^ ^V\<^\\& ^"^"^"^^^^ mode.. Les gfrogrnards aLNmwN. ^ow^fe^^'^^'^ "^
père la Vioteile à NapoIéoD, dont ils alleDdaienl le retour au printemps de 18IS. Il parut, le 30 mai, une gravure représentant un bouquet de violettes dont les contours retraçaient les traib! de l'empereur.
• Depuis le 20 mars, dit le ^oi'it jaune dans son numéro du 5 avril, les femmes ne paraissent plus i la promenade sans avoir A leur corsage un gros bouquet de violettes, dont la couleur foncée donne un nonvel éclat aux roses de leur teint. Quelques modistes ont ingénieusement marié, sur de jolis bonnets du matin, la violette et l'immortelle. Les joailliers se sont hâtés aussi de d(Hiner à leurs bijoux la forme de la fleur k la mode. »
— Modes de la Restauration et du règne de Louis- Philippe. —
La présence des alliés à Paris nous amena les modes étrangères, les habits anglais couleur tète de nègre, à taille courte et à longues basques, les longs gilets à la cosaque, les pantalons polonais, à grands ponts, les bottines turques en peau jaune, les bottes à la Wellington, Pour mériter le titreile /aj^tona^I^, il fallait y aioutev^ en 4818, une cravate sotuV^twi^^^x ^fts.\lS^!»K«i^^ un chapeau de paille Tio\t, ^^?» ^1wvV^V«s^R•^^^^ rose à la boutonnière, ftl aNQvt \«ks. ^ûk^^^^"^
168 liÀ MODE £N VRANGIL..
famés d'huile philocome ou d'huile de Macassar.
Les femmes, par une fâcheuse anglomanie, plaçaient le matin, sur leurs chapeayx de paille, des carrés de gaze verte en guise de voile; elles portaient des spencers, de lourds manteaux d'homme à deux collets, en casimir vert.
Pendant queles vieux voltigeurs de LouisXVIII, les partisans de Tancieu régime tentaient la résurrection des ailes de pigeon et des culottes courtes ; pendant que la foule copiait nos amis les ennemis, les jeunes gens, les commis mar~. chands, qualifiés vulgairement de calicots, affectaient, par esprit d'opposition, de porter de larges pantalons de percale, des moustaches, des éperons.
Les modes se compliquaient des souvenirs de la vieille moDarehie, da capui nunrtuum de l'Empire, des importations exotiques, et de Tbos* tiitté qui se manifestait contre les tendances polrtiques du pouvoir. Ce mouvement e$t assez bien rendu dans les notes d'un poëme en quatre chants, la Violette ^ ou le Cûmervateur déchiré, parJ.'B. G4>asset(Ptiiris, Ladvocai, 4849,io-i2).
*Les bâia uds riaienl k ecfcx» \^\<i ^ ^vv<«x ^<vy^in, lors de la premvëfe wrâ^^ ^fc^ ^^^^> ^^
liA MODK EN PRAIVCE. U)9
voyant aux uns un estomac de Polichinelte , aux autres une taille aussi miuce que s'ils se fussent fait serrer avec un cabestan, ici une longue et large culotte de mousse, là des chaussures aussi élégamment ferrées que le sabot d'un cheval de fiacre.
«( Contemplez un élégant du jour, tous ces extrêmes «ont réunis en lui : vous le- verrez Prussien par Testomac, Russe par la ceinture, Anglais par ks basques et par ie collet de son habit, Cosaque ou sauvjige par le sac qui lui sert de longue culotte «t par sa ferrure. Joignez à cela les chapeaux à la Bolivar, voire les éperons et les moustaches des calicots; voilà le plus singulier Arlequin qui se paisse rencontrer sur toute la surface du globe.
« Et c'est rhabitan4 d'un pays qui a conquis sa liberté!
» Le chapeau à la Bolivar, au surplus, perd déjà de sa faveur, et se remplace, dit-on, par le chapeau à la Manuel, nouveau trait fort judicieux, qui fera connaître que cet éloquent député, ce défenseur ardent de nos institutions liWrales> est surtout céjèbre aux yeux de sa nation par la forme de son chapeau.
» Les antilibéraux ^^ ww >^% ^^^^ '^^'^'%.m ont le chapeau à \a MotVWo ; ^^i^v!^'-^^-» ^"^^^
Irès-serrés sur tes colés. »
L'ioDucDCe russe avait créé les monlagntt, qui njoulèrenl à la vogue des jardins publics. Les monugnes deBeaujon, les montagne» franrmseï de Beileville (barrière des Trois -Couronnes); les nionUgaes de Tivoli ; les moalagnes suisses de la GraDde-Chanmiëre ; les monUgnes russes (barrière du Roule, 48); le Saut du Niagara du jardin Ruggieri (rue Saint-Lazare, 2) ; les montagues lllliputienaes du jardin des Priuces, (boulevard du Temple), firent, pendant dix ans, les délices de Paris. Tout le monde aspirait au dimanche.
On m, en 1819, plusieurs vaudevilles sur les montagnes : la FolU'Beaujon, par Désaugiers, jouée au Vaudeville, le U juin; les Montagne) frantaitei, à-propos en un acte, représenté sur le Itiéàtre de l'Ambigu, le 10 juillet; le Combat det Monlagaei, ou la Folie-Beaujon, par MM. Scribe et Dupin, pièce jouée aux Variétés, le 13 juillet. Ce dernier ouvrage provoqua un eonflit de siSlels et de bravos : les calicolê, qu'on y riil\cu\«»\l, 6\i Wo>iU4ïeut les leprésmiaWan^, el Von eiv\ew4ai\. \ y^w, v»
LA. HOD£ EN f RANGE. 171
milieu da tumulte, ce conseil adressé aux porteurs d'éperons :
Contentez-vous, heureiix vainqueurs,
De déchirer de tendres cœurs,
Mais ne déchirez pas les robes. x
Les montagnes n'étaient pas alors Tunique divertissement à la mode. Au bilboquet, aux pantins, aux émigranls avaient succédé les casse-tête chinois et le kaléidoscope^ avec ses variétés : le polyoscope, Vaphanéidoscope et le mélamorphosiscope. Grands et petits enfants consacraient leurs soirées à bâtir des édifices avec les figures des casse- tête; on publia, en 1818, sur les difficultés chinoises, deux volumes contenant six cent quatre-vingt-sept combinaisons. Le kaléidoscope n'avait pas moins , d'amateurs; des spéculateurs avaient établi, sur le pont Neuf et dans la cour des Fontaines , des kaléidoscopes monstres, oîi, moyennant cinq centimes, les badauds venaient, à tour de rôle, appliquer leurs yeux avides.
La Restauration se débarrassa insensiblement des bouillons et des garnitures massives; elle substitua le canezou au s^€.wc.^\ ^ \!\>A. WNj^àse^ Ie$ carricks, et prodl^u^ \e^ ^<es«% %.^îC^^'^'^'^
172 i» «WBï B» niJiKCE.
tinl sur Ira chapeaux ^e dËiis tes etiemiK. GHe tut le malheur d'inventer lesmanchts t gisot,i béret, à la/b//e, à l'imbécile, à l'^j^/ianl. Elle déplo^ ane ioagiiattoo f^eoiKlt ei une capricieuse inconstatiee dans la qnalificalkm des articles de toilette.
On a vu,del8Sâ a 1830: .
Le ooH)«itr If^bttit
Le «epe Ipiiboé,
La oolfhre et les lur^MUS 1 VlptUoé,
Les rabtss rrodxfc'ro ;
Les contean ironte, fumie, mnlrë it b!the, puce en tmchei, mu du ]VU, wlitûre, nwMW, graine de réiéda, erapand amoVreux, Murt'i effrayée, Mraignée vtéàiiatU un aitM ;
Le blea Èiadie,
Les carraadi éooKBÎs à la Dttme hlamcUe,
Les nodes i U Lom^ie merMiltewr , 1 l'ËHwna, A la Jtfcn'c-âiiMTl, t la ciocheiU, i li ytra/l', va dernier soupir de JotAo.
Eb 1847, on cbanlait dans les roes :
On vient d'quLtter subito Uod'a franfaia's et mod's anglaises.
Et, jusqu'aux marchands il' coco, Tout s'habille 1 1» Jocko.
Sùvsie régne de CU»rtes'X.,\«»A*V*'«^*»
(emtàé avaient de larges bords évasés ; ils étaient surmontés de pi unies, de rubans. Oà raffoUit des turbans à la sultane, des bérets, des boijiets de blonde de Chantilly. Les élégantes avaknt autour du cou un sentiment ou c&llier*^carc(m de velours ; et, pendant l'hiver, des boas de fourrures ou de plumes frisées. Elles relevaient sur le sommet de la tête leurs cheveux en nattes, en coques hautes et arrondies, en y mêlant des esprits, des rubans, des morceaux d'étoffe de Perse.
Lès jupes ne descendaient pas à la clieville ; on les garnissait de gaze, de blonde, de nœuds, de bandes de velours, de torsades de satin, de franges en plumés, d'ornements plaqués sur étoffe unie. Les redingoles ouvertes^ à la Léontine, laissaient voir de blancbes chemisettes ou des jabots de Matines. Les dandys avaient des redingotes à châle de velours, à boutons d'or, des chapeaux hauts et coniques, des pantalons échancrés sur le counie-pied, des sous-pieds à boutons de métal, ,des bottes pointues et des cravatas de satin noir. Les cols à nœud figuré furent inventés an mois de janvier 1830.
Sous Je règne de Lo\)l\^.W\\\v^^, \^%\cv^^^traeax chapeaux de dames ^xvc^wX x^xsvnJv^^^'^^^
174 LX MODE En IHAKCI.
les Ubii microscopiqaes. Les bonnets babilles prirent des formes el des noms divers :
A la païsinne,
A la duigne,
A la Charlotte Corday,
A la Teltgieuse,
A la jolie femme,
A l'Elisabeth,
A la châtelaine,
A la Harie-Aoïoinette,
A la polka.
Les danseuses inaugurèrent, dans les bals, les résilles a la napolitaine;
Les pompons tUeple-chate, placés aa-dessous des oreilles ;
Les toques arméniennes à jwnfcs;
Les demi-bonaets à la catalane ;
Les coiffures (rangées ù Yalgérienne;
Les turbans blanc et or à la juive, avec une bride à la Kachel.
La fabrication des (leurs artificielles fit d'immenses progrès, et les roses, géraniums, camellias, dahlias, fuchsias, eh rysau thèmes, germandrées^nymphéas prédominèrent tour à tour dans Ses farnilures.
Oh vil paraiilre \eaïOïûVfcaa^ ift^*âsv*aw plein la main, douWés 4e «\awt û'4 4ft-*vJ&v,
LA MODE EN rRA!«CE. ^5
mais on leur préférait les burnous, les camails, les crispios de velours vert à bordure de cygne, ou de velours cramoisi à garniture d'hermine.
Aux larges manches qu'on appelait gigols, manches à bérets à Vimbécile, à V éléphant, succédèrent les manches à la vénitienne, à la Louis XIII, à la religieuse, à la dame Marie, à la turque, à la bédouine, à la persane, à la jardinière, à la Gabrielle, à la Fonlange, à la la Vallière, à la Sévigné,k la Dubarry, On renouvela des règnes précédents les petits bords Henri II à plume tourmentée, les cols et guimpes à la Médicis, les mantelets à la vieille ou à la paysanne.
C'est encore du règne de Louis-Philippe que datent :
Les robes Taglioni à quatre jupes,
Les berthes.
Les célimènes de blonde ;
Les corsages à la Pompadour,
Lacés à la Niobé,
Froncés à la Vierge,
 mille plis,
 la grecque,
 pointe,
A busc^
A agrafes,
J76 tk MODK RN nuitcK.
A laoets làcbes,
A pirfait conlenlement ;
L4g éMTes éehelU orienl*li,
Ifnguet catalan,
Piluii en camaïen,
Lamp» bargrave,
Étoile poiaiTe,
Caméléon fleuri ;
Les amaiones de caâimimtm* à bontoRa d'or,
A manches amadis;
Les palmyrietuiei brochées d'or sur FoimI blanc;
Le velours bien de Btnvemuo-Cellàti ,
Les satins Midicit el Louti XV,
Le toile iiliuion.
Le crêpe Bachtl,
Le pétrin FltureUe,
La soierie caméline.
Le lissa j!f de la Vierge,
La gaze polku,
Les mouchoirs à la dueketie el FUmr-Je- Kai-ie, etc.
La toilette des hommes devint généralement
moins habillée sous la monarcbie bourgeoise.
Les cols i ncËud figuré, les grasses redingcoes à
ia propriétaire, \b% ^\e\o\%, \^ Vvtudii , les
pantalons i carreaux ouV \iti %wiv\w^'»^*w«.
LA MODE EfT FRANGE.
pères ne connaissaient point. Le col de satin noir remporta sur la cravate blanche, même dans les .grandes soirées. Le pantalon s'impatronisa jusqu'à la cour, au détriment de la culotte courte et des bas de soie ; la botte foula sans vergogne des tapis qui n'avalent été jadis en contact qu'avec l'escarpin.
— Modes depuis 18i8. »
La République n'eut pas lé temps d^nnover en matière de toilette. Quelques jeunes gens essayèrent de remettre en faveur le gilet à revers, auquel Robespierre a laissé son nom, quoique ce fût aussi le gilet de Brissot et de Danton.
L'Empire tenta, à son début, de ramei!i<^c l5î& tailles courtes; mais \es ^^tûss» «w^s^x^'^^s^^s^ goût de les repousser.
160 lit MOBK En FRANCE.
En revanche, elles eur»it le mauvais goûl de reprendre, sons la dénomination de erinotines, les paniers el les vertugadins.
Il y eal d'abord une modeste éloffe de crin, dont M. Oudinoi avait obtenu le privilège exdusir, et que le Pttit Courrier det Dame», du 30 juin 1830, vantait comme imperméable, souple, légÈre, indispensable pour l'été. Elle Fut employée en jupes, en (ournurei , avec discrétion ; puis elle étendit ses conquêtes el se consolida avec des cercles de baleine, avec des ressorts Inoxydables.
Les gens sensés, trop longtemps sans défiance, proleslèrent contre cette troisième édition du verlngadin; les vaudevillistes la chanson né renl; Cham et Daumier la crayonnèrent; quelques médecins cherchèrent à en détourner les dames en avançant que les jupes ballonnées, empe- 3tes> UlâsaisnL au centre de leur vasu tir^oo- (éraica les jambes exposées uus aux courante d'air.
Il circula un« DiuUilude ditéloirss défavorables i il moda nouvelle : madame X'" n'avait pu entrer dans sa loge ï lOpëra ; mademoiselle Z'" avait été forcée, ]ur les djmenjiona de sa erino- /iae, de renoncer à montet 4ana aftem^sat -te louage; ao marché aun. fteiMS, m* \m.'¥t>ita».\
tA MODE *Efl IRANeB. 181
moineau s^éta^l ftrartoyé sous h cloche d^une erfnoUne, où il étaH resté prisonn^r. ëa dépk de tons les (foolibets, les tùiietles tapageuses se soRi maintenues, renforcées par des robes à cinq ou sn volants. Ces volants sont, d'ordinaire, à diiposiUom, c'est-à-dire qu'ils offrent sur fa jupe unie des dessins variés et des nuances différentes.
L'orléans en poil de Chine, la popeline, la grenadine, étoffe efaîre de laine et de soie, le lampas, le droguet de soie et de laine, sont des étoffes dont l'usage s'est récemment prop»gé.
En 185&eVl857y les corsages montants à bas- (fàes âoiftt devins les basquines, qu'enjolivent des galons, deis effilés, des ornements de passementerie.
on a vouljlt compléter ce que ce eôslume avait de jÉftfsCttfhi,par l'adoption des chapeau^ ronds, en paille blanche, en paille marron, en velours, en feutre^ en peluche; en en garnit le bord d'une denteHt noire qui cache la partie supérieure du visage; mais ce genre de chapeaux semble devoir être exclusivement réservé aux jeunes filles.
A part les côîs mou8<|aeVa\^wA'^'^ ^sks^^^s&k^ dueheise, les coi«BTe^\!L\Hmçti'txVt>fc^>^^"^^^'^
482 LA MODE Efl f RANGE.
connaissons point de mode générale qui ait été, comme jadis, baptisée par un événement un succès littéraires, etc. La qualification de malahoff, donnée aux crinolines, a été répandue comme une épigramme par les parties intéressées. Il n'est resté, en souvenir de la guerre de Grimée, que le raglan, pardessus plus commode et plus élégant que le paletot. Des oeuvres dramatiques ont eu cent représentations sans laisser, comme leurs devancières, une trace dans l'histoire des modes.
Gomment attendre ces engouements passagers d'un peuple apathique, occupé d'affaires et d'intérêts matériels? Si, à l'exemple de nos aïeux, nous empruntions aux circonstances du jour des noms pour nos ajustements, nous n'aurions que des robes au report, des chapeaux au crédit mobilier, des corsages à la prime,, des rubans aux chemins de fer romains, des poufs à la spéculation !
La mode est, au reste, diversifiée à l'infini par les caprices individuels. Tout Français jouit du droit de la dénaturer, de la modifier; chacun choisit, à sa guise, dans l'immense arsenal des parures, en combine les éléments constitutifs, et se crée une (ailette aui generu.
Heureuse rantaisîe, qui Tévauâi\^\^««v^^^^
LA MODE lin FiiÀncB. 183
uneclasEeDOiubreused'oi]vriers,et rend les deux mondes iribalaires de nos Uilleun, de nos coutarières el de nos modistes !
TABLE ïm CiHAPITMIS.