‹ Histoire de la monarchie de juillet de 1830 à 1848Chapitre 23 sur 78 · II · texte numérisé non relu

II

le plus sûr, c'était Tactioii combinée, le mariage de TÉtat et des compagnies : il fut adopté. UÉtat, propriétaire des chemins, se chargeait de Tachât des terrains, des terrassements, ouvrages d'art et stations ; toutefois, les deux tiers des indemnités de terrain seraient payés par les départements et les communes. L'État donnait à bail l'exploitation des chemins de fer aux compagnies qui avaient à leur charge Tachât et la pose des rails, le matériel, ',les frais d'exploitation et d'entretien.

<K Ce réseau complet et simultané que le coiQte Dachâtel fit adopter à la Chambre, aussitôt entrepris, conduit avec autant d'activité que de persévérance, sans qu'il en résultât le moindre trouble financier, touchait presque à son terme en 1848, et si le bienfait de cette vaste entreprise ne put éclore en son entier sous les auspices du pouvoir qui l'avait plréparée, si l'empire s'en attribua Thonneur, et fit croire au pays fc^ciné et crédule que ces gigantesques travaux venaient de naître au premier coup de sa baguette pour son joyeux avènement, l'histoire est là qui ffidt justice de cette usurpation, et rend à chacun sa part, en rappelant que l'œuvre était aux trois quarts faite, et justifiait déjà les calculs et les pronostics de ceux qui, sans charlatanisme, Tavaient conçue, définie et fait exécuter, n

La clôture de la session de 1842 marqua la fin de la législature : peu satisfait d'une majorité douteuse et parfois chancelante, le ministère résolut d'en appeler aux élections. La Chambre fut dissoute le 13 juin, et les collèges électoraux convoqués pour le Ô juillet.

Les élections se firent dans une entière liberté de la presse, des réunions, des comités (1) ; on souleva une a^

(1) C'est à cette époque qu'une scission éclata entre les deux firactionsda parti légitimiste : l'une, avec l'abbé de Genoude, la Gazette de Franc*, le

dente polémique contre le cabinet auquel on reprochait son prétendu despotisme, ses concessions à l'étranger. Tontes les fractions de l'opposition, républicains, légitimistes, dynastiques, membres du centre gauche se réunirent pour l'accabler, et M, Dupin put à bon droit signaleraces compromis scandaleux^ ces mises en commun des opinions les plus contradictoires, ces associations de manvaise foi qui recrutent les dupes au profit des intrigants et des ambitieux, sociétés vraiment léonines dont la liquidation n'avait amené jusqu'ici que d'amères déceptions ou de tristes palinodies, d

Les élections trompèrent les espérances des uns et des autres : à Paris, dix députés de l'opposition furent nommés ; sur 459 élections, 266 appartenaient au gouvernement, 193 à ses adversaires. Gomme toujours ceux-ci ne manquèrent pas d'accuser le cabinet de corruption électorale : après de longs et orageux débats, après une mi- Qulieuse et loyale eùquête, deux élections furent annulées, Tune d'elles était celle d'un membre de l'opposition.

^ de Valmy et le marquis de Larochejacquelein, préconise le suffrage '■irersel à deux degrés, la démocratie catholique sous un roi légitime ; r^otre, a?ec Berryer et les députés royalistes du Midi, maintient la doc- ^ pore du droit divin.

Page 1