SÔ
voit ni le nom, ni remblëine de Rome, ni l'indicatioD de la valeur d'après le système romain ; le poids de l'as est en moyenne la moitié de Tas de la série semi-onciale, alors en usage en Italie. Le gouvernement romain faisait donc frapper en Sicile une petite monnaie qui circulait probablement dans toute la province, ou au moins dans le pays soumis à la juridiction de chaque questeur ; c'était positivement une monnaie romaine, sans cependant avoir le caractère d'une monnaie de la République.
Nous ne savons pas au juste quelle valeur pouvait avoir cette monnaie par rapport au denier, mais il est possible que, dans la contrée où elle circulait, elle fût assimilée à Tas semioncial de Rome. L'as sicilien valait un quart de sesterce, et la litra un dixième de sesterce, ce qui donne la proportion respective de ces deux monnaies ; quelle était la valeur de l'as sicilien par rapport à la pièce avec la tête de Jupiter et le guerrier ? nous ne pouvons déterminer cette valeur, parce que nous ne savons pas si cette dernière pièce se rapporte au système de la litra ou au système des as, ni combien elle contenait d'unités ; tout ce que nous savons, c'est que son poids était à peu près égal à celui de Tas, ce qui n'entraîne pas nécessairement une égalité de valeur dans le cours. La tète de Jupiter pourrait la faire considérer plutôt comme un semis, de sorte que la Sicile , dans ces temps, comme les communes de l'Italie inférieure à la dernière époque de leur monnayage {supra^ p. 495), aurait adopté le système de l'as en ne frappant toutefois que des pièces de la valeur du semis et au-dessous.
On peut faire rentrer dans ce même système, quoique rien ne prouve qu'elles aient été fabriquées en Sicile , les monnaies aux noms de Cn. Domitius, de M. Silanus et de Q. Gurtius dont nous avons déjà parlé (t. II, p. 369, n"" 167). Aune
Valeur
de la monnaie
provinciale
de cuivre.
Googh
époque antérieure à Sylla, ces magistrats, outre les deniers ordinaires portant le nom de Rome, émirent aussi des pièces de cuivre de la valeur du semis et au-dessous jusqu'à Fonce ; ces pièces portent un signe indiquant la valeur mais non pas le nom de la ville, qui dans ce temps ne manque jamais sur le cuivre, et la proue du revers y est remplacée par l'emblème d*une divinité. Évidemment ces magistrats avaient reçu ordre de fabriquer des monnaies pour une province où, à côté de la monnaie romaine d'argent, se trouvait dans la circulation une monnaie locale de cuivre, frappée d'après le système des as. La pièce de cuivre avec le poing fermé et le nom de G. Âllius Bala dans une couronne de laurier (t. II, p. 381, n° 189) se trouve peut-être dans la même condition par rapport au denier qui porte le même nom, ainsi que d'autres pièces de cuivre, fi-appées par les magistrats romains comme monnaies locales et qui se rattacheraient au système des deniers ordinaires.
Après Tibère, on n'a plus frappé en Sicile aucune monnaie locale (1).
f 98 ar J.-C. La Sardaigne et la Corse, provinces romaines en 616. .
Ces lies n'ont probablement jamais eu de monnaies particulières proprement dites ; elles se sont servies d'a^ bord de monnaies siculo-phéniciennes, et plus tard de monnaies romaines. Il existe une pièce de cuivre avec la tête de Sardus Pater d'un côté, et de l'autre celle de M. Atius Balbus, grand-oncle d'Auguste et préteur en Sardaigne (2).
(1) Eckhel, Doct. num, vet.,i. l, p. 185.
(2) Eckhel, loc. cit., 1. 1, p. 210, et t. V, p. 145.
Googh