‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 2)Chapitre 44 sur 232 · MONNAIES DES PROVINCES ROMAINES · texte numérisé non relu

MONNAIES DES PROVINCES ROMAINES

Introduction. pg^^g quellcs limites le gouvernement romain avait-il con-

cédé le droit de battre monnaie à quelques-uns des peuples ou des rois qui lui étaient soumis ? jusqu'à quel point leur avait-il imposé son propre système monétaire î se contentait-il d'une simple surveillance sur leurs ateliei'S et leur administration ? les villes qui gardaient une apparence d'autonomie pouvaient-elles être astreintes à accepter les monnaies romaines? Il est impossible de résoudre ces questions d'une manière générale ; pour y arriver, il faut étudier le système de chaque province en particulier et examiner ce que nous pouvons savoir de leur position monétaire à l'époque romaine. Nous allons essayer cet examen, sans toutefois revenir sur la Gaule Cisalpine et sur l'Illyrie dont nous avons déjà parlé (t. II, p. 88 et suiv.) en traitant des monnaies de Tltalie. 11 est clair qu'une semblable revue ne peut avoir ici, où elle ne forme qu'un chapitre de notre ouvrage, tous les développements que comporterait la matière, et qu'elle ne contiendra que la partie du sujet qui se rattache le plus étroitement à nos recherches et qui par conséquent a le plus particulièrement fixé notre attention.Une partie de ce qui se rapporte à ce sujet, ayant été dit plus haut, ne sera que brièvement rappelé; mais il sera

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k la conquête.

peut-être utile, en récapitulaot les faits généraux, de signaler les points encore obscurs, les lacunes à combler. Peut-être par là d'autres se verront-ils encouragés à consacrer à ces parties une étude spéciale.

La Sicile, provinco romaine en 513. jU ar J -C

La Sicile devint province romaine en 513 et fut aug- Lasicue. mentée du territoire appartenant au royaume de Syracuse

en 5AA. noav.j.c

Il est vraisemblable, quoique nous nen ayons aucune supprestionderor

1 , . ,, , . et des grosaes

preuve positive, que sous le gouvernement romain, 1 émis- pièces darRent sion de pièces d'argent de grand module et celle des pièces d'or furent entièrement supprimées (1). On trouve des petites pièces d'argent frappées à Syracuse avec des indications de valeur en chiffres romains, mais qui se rapportent au système sicilien de la litra (t. I, p. 115). Cependant il y en a peu, et ce monnayage n'a probablement pas duré longtemps ; il ne parait pas qu'on ait jamais frappé en Sicile de pièces d'argent du système romain.

H est probable que, dès le sixième siècle, ou du moins assez longtemps avant Auguste, on ne fabriquait plus dans cette île de monnaies d'argent, car, comme nous le verrons bientôt, dès le temps de !a République, le système romain y

(1) La colonie laUnc d'Ajjrigente, qui probablement en 547 tint pren- 207aY.J-C. dre place à côté de l'ancienne colonie grecque (Cic, m Verr., }\, 50, 122)^ n sans doute frappé des monnaies de cuivre (Mionnet, 1. 1, p. 216, n** 71 ; Soppl.. t. I, p. 368, n* 89). Torremuzza seul (pi. VI, n« 19, et d'après lui EclLhel, Doct num, vet.^U I, p. 123, et Mionnet, 1. 1, p.2 1 6, n* 70) a publié une pièce d'argent, qui peut-être a été coulée sur le cuivre.

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était exclusivement en usage; c est le seul moyen d" expliquer comment il se fait que, excepté la cité des Mamertins, à moitié italienne, les villes les plus riches, Centuripa par exemple, ne fabriquèrent plus que de la monnaie de cuivre.

1! est vraisemblable que, dès les preuiiers instants qui suivirent la conquête, l'emploi du denier romain fut imposé à la Sicile; il n'est cependant pas facile de déterminer sa valeur vis-à-vis de ce qui restait d'argent sicilien dans la circulation . L' unité de compte de la mou naie siculo-punique était à peu près semblable au sesterce réduit (t. I, p. 12i ); lalitra de Syracuse valait un peu moins (t.I,p. 105etsuiv.)» et il est possible que,danslecourslégal,onleurdonnât à Tune et à l'autre une valeur un peu inférieure à celle du sesterce. TOar.j.-c. ^^^^ savous qu'eu 68à (1), le denier romain était la

seule espèce de monnaie d'argent en usage dans toute Tétendue de la Sicile, et il est probable que cet état de choses durait déjà depuis quelque temps. En effet, les petites monnaies de cuivre locales sont toutes, dès lors, basées sur le sesterce (t. I, p. 117 et 118), et on trouve souvent en Sicile des deniers qui on t été enfouis dès le temps de la République (2) ; il faut donc que les anciennes monnaies indigènes d'argent qui semblent n'avoir jamais été en usage concurremment avec les deniers, avec lesquels on ne les trouve jamais, aient été démonétisées et retirées de la circulation avant cette époque. La date de cette opération nous est inconnue,

(1) Cicero, in Verr., Ul, 7P, 181 : Collybus esse quipolest, cum utuntur omnes eodem génère nummorum ? C'est natnrellemeDt le denier qu'il faut entendre dans ce passage; car dans les Verrines les sommes, quand il s'agit de la Sicile, sont partout comptées en deniers.

(2) On a trouvé à Monreale un dépôt de deniers de la République appartenant au vil* siècle {BvUlet. de Vlnst. arch., 1883, p. 4).

aiissi bien que la manière dont on s'y prit pour la mettre à exécution.

Les petites monnaies de cuivre restèrent dans la circulation plus longtemps; elles durent cette faveur à ce que la litra de cuivre, valant un dixième de sesterce, répondait parfaitement à une division du système romain (t. I, p. 118). Mais de ce que ces petites monnaies de cuivre basées sur la litra de cuivre étaient des parties aliquotes de Tas, il ne s'ensuit pas que le système romain leur servît de base ; les globules qu'on y voit ne prouvent rien pour ou contre, puisque cette manière de marquer est commune aux deux systèmes de Tas et de la litra, aux temps qui précèdent la domination des Romains.

Quant aux monnaies que les gouverneurs romains (1) firent frapper en Sicile, elles appartiennent en très-grande partie au système des as; elles se distinguent des monnaies indigènes par les noms latins des gouverneurs et par la manière dont le nom de la ville où elles furent frappées est écrit, car ce nom n'est jamais mis en entier; il y en a de deux espèces qui sont comtemporaines et probablement en rapport proportionnel l'une avec l'autre, puisque les monétaires M*. Âcilius et Naso en ont frappé des deux espèces. La première se rapporte parfaitement aux monnaies de cuivre de Panorme (2); on y voit la tête de Jupiter, et, au revers, un guerrier debout, plus rarement un aigle.

Cairre sicilien.

Deux espèces

de monnaies

prorinciales de

enivre sous

les Romains.

(1) Cf. Eckhcl, Doci, num. vet,, I. 1, p. 124. — Franc, e Ludov. Landolina PaterDÔ, Monografia délie monete consolari-sicule, Napoli, 1852, in-4». — Fr. Landolfna PaterDÔ, Leltera al Riccio intorno adalcune momie romanO' sicole, Calania, 1 853, in-S", où Ton trouve beaucoup de choses nouvelles, mais aussi bien des pièces qui n'appartiennent pas à cette série.

(2) Voy. sur ces monnaies panormitaines, Mionnef, t. F, p. 278, n<> 610; Suppl., t. !, p. 42l,nM37.

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La seconde espèce se compose de trois pièces qui diffèrent de module et de poids. On voit toujours la tète de Janus sur la pièce principale, celle de Jupiter sur la seconde, la tète d'Hercule alterne avec celles d'Apollon et de Gérés sur la troisième; au revers, on trouve presque toujours le nom du monétaire ou son emblème, plus rarement Temblème de la ville dans une couronne de laurier; quelquefois un symbole particulier y est ajouté en petit, par exemple, la louve avec les jumeaux sur les pièces qui ont pour type la tête de Janus ou celle de Jupiter et qui portent le nom de P, Terentius. Ces pièces n'ont pas d'analogues dans les monnaies siciliennes ; elles ont été frappées à Panorme au temps de la République (t. II, p. 59, note 1); la seule marque d'atelier que Ton y voit (1) indique probablement cette ville, ce que du reste, confirment le style de ces pièces et les endi'oits où on les trouve; un seul monétaire, qui indique sur ces pièces la charge dont il était revêtu, y est désigné comme questeur (t. II, p. 59, note 1); nous en conclurons avec probabilité que les autres magistrats monétaires étaient aussi des questeurs, et nous attribuerons toute cette monnaie de cuivre aux questeurs de Lilybée. La première de ces deux espèces de monnaies est évidemment de la même valeur que la monnaie des villes ; la seconde nous représente la série des as, semis et quadrans; mais, comme nous l' avons vu pour Fltalie méridionale {supra, p. 194), ces as et fractions d'as romanosiciliens ne ressemblent pas à la monnaie de la République, et on leur a donné avec intention toutes les apparences d'une monnaie locale {supra^ p. 194 et 195); jamais on n'y

(i) FR (Eckhel, Doct, num, vet.y 1. 1, p. 234). La vraie signification de ce monogramme serait Portus{'i) : Portus était peut-être le nom que les Romains de la République donnaient à IldvopiLoç.

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