‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 2)Chapitre 48 sur 232 · L'AFRIQUE, LA NUMIDIE, LA MAURITANIE · texte numérisé non relu

L'AFRIQUE, LA NUMIDIE, LA MAURITANIE

La tête de Galigula étant la tête la plus récente que Ton rencontre sur les ruonnaies espagnoles, il est évident, et c'est du reste un fait parfaitement connu, qu'après lui, le monnayage du cuivre cessa complètement dans cette pro* vince (1).

L'Afrique et la Namidie, provincee romaines en 608 et 708 de Rome. La Mauritanie^ réunie 40 ans après J.>C.

IM et 46 AT. J..C.

Les monnaies dont Carthage se servait (2) disparurent nécessairement à la destruction de celte ville. En effet, Caitbage semble n'avoir frappé de la monnaie d'or et d'argent que pour ses possessions de Sicile et non pour l'Afrique; car on ne trouve guère à Carthage même, et dans son territoire, des monnaies d'or ou d'argent avec des légendes en caractères phéniciens, et les fouilles n'ont guère fait connaître que des monnaies romaines (3). Sans

Cftrtbage indëpendinte et

Carthage colonie romaine.

des deux Villes. (Lorichs, /. cit., p. 147, pL XLIII, LXII-LXIV); maison ne trouve ni la tête de Janus, ni le signe de l'as.

(1) Eckhel, Doct, itum. veL, 1. 1> p. 2.

(2) Eckhel, loe. cit., t IV, p. 137.

(3) Pellissier {Descr. de Tunis, vol. XVI de C Exploration scientifique de r Algérie) donne à la p. 423 et sulv. la liste de sa collection de médailles, fonnée dans la Régence de Tunis; en pièces d'argent, elle ne contient que 260 deniers des familles, surtout de l'époque postérieure à Sylla» un de Juba et des monnaies des empereurs; en cuivre, elle contient exclusivement des monnaies d'empereurs, pas une seule pièce du temps de la République. I) est clair, d'après les observations de Falbe (Recherches sur Carthage, p. 109 et suiv.) que l'on ne trouve pas de monnaies antérieures à l'époque romaine dans l'ancienne province d'Afrique. Si, comme l'assurent de savants hébraîsants (Juda.^, Rev. num., 1856, p. 169), le nom de Carthage se lit sur des monnaies siculc-phéniciennes, il ne s'ensuivrait pas que ces pièces oient été des monnaies africaines plu(ôt que des monnaies siciliennes; ce fait

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Mumidie et MAarltanle.

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aucun doute, l'argent romain a seul eu un cours légal à Garthage ou en Afrique, depuis la conquête, et les Romains n'y ont probablement jamais accordé, même sous leur autorité, le droit de fabriquer de la monnaie d'argent. Nous avons des pièces de bronze d'Dtique, de la colonie romaine établie à Garthage et de quelques autres villes; ces pièces ont été frappées sous Auguste et sous Tibère , d'après le système rotnain ; il ne paraît pas qu'on en ait fabriqué ni avant, ni après cette époque.

En Numidie et en Mauritanie, à part un très-petit nombre de pièces douteuses, frappées en argent, peut-être d'après le système tyrien (t. I, p. 122 et note 2) , on trouve des monnaies royales d'argent, contemporaines des dernières années de la République et des premiers empereurs, et toutes frappées d'après le système romain. Les plus anciennes appartiennent au roi Juba !•', qui périt après la bataille de Thapsus, l'an 708 de Rome ; ces pièces sont des deniers et des quinaires (1) , la plupart avec des légendes bilingues,

peut être parfaitement établi par Tendroit où elles ont été trouvées et aussi par le style. — Mais ce qui est étrange et peut-être inexact, c'est le récit de Tite Live (XXI» 48}, d'après lequel Annibal aurdit corrompu le commandant de Glastidium en lui offrant des monnaies d'or (nummi aurei)* Il est vrai qu'on ne peut faire aucune objection contre le métal, car les monnaies d'or de toute espèce avaient cours partout; mais, comme à l'époque d' Annibal, ni l'Italie, ni l'Espagne, ni l'Afrique n'avaient aucune monnaie d'or, on peut supposer que les sources auxquelles Tite-Live a puisé ce renseignement indiquaient dix livres d'or et que Pliistorlen a traduit cette expression en se servant de termes en usage au temps où il vivait.

|I1 est reconnu aujourd'hui que les Carthaginois ont frappé des monnaies d'or, d'argent et de bronze qui avaient cours en Afrique. VoyAe bel ouvrage de M. Ludwig Mûller (Numismatique de l'ancienne Afrique, t. 11. p. 70 et suiv.). L'auteur parle de plusieurs monnaies trouvées dans la Régence de Tunis.— Cf. Revue num,, 1862, p. 414, note 3|. J. W.

(I) Des deniers: 4«%05 (=61,8, Mus. Brli.—Cai, Pembroke, p. «94); 3f',06 (=74 1/2, Mionnet, t. VI, p. 598, n" 4) ; 3»'.94 (=60,8, Cat. Thomas,

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l' AFRIQUE, Î.A NUMIDIE, LA MAURITANIE. 2A^

latines et nuuûdiques; les deniers se rencontrent souvent avec le denier romain, dans les trésors enfouis en Italie à cette époque (1). 11 est probable que les anciens rois de Numidie n'avaient pas frappé monnaie , tandis que Juba profita de la position indépendante qu il sut prendre vis-à-vis du parti du Sénat, dans la guerre civile, pour s'approprier divers privilèges, et entre autres celui de battre monnaie (2). Ce monnayage une fois commencé continua, sinon dans la Numidie même qui, après la mort de Juba, fut incorporée à l'Empire, du moins dans la Mauritanie. Il existe quelques deniers assez rares d'un roi nommé Bocut; ils appartiennent probablement à Bogud (3), roi de la Tingitane, qui, s'étant mis du côté de César, combattit contre Juba et obtint, après la victoire, des récompenses considérables du vainqueur. Plus tard, on voit paraître les pièces de Juba II (mort vers l'an 16 après J.-C), seul ou avec sa femme la reine Gléopâtre, et celles de son fils, Pto-

p. 414); 3(^,86 (=58,6, Cat rAomai);a>',33 (Cabinet de Berlin» Pinder,p.91). — Des quinaires : 1»',74 (= 32 3/4, Mionnet, t. VI, p. 598, n» 5); 1«',6I (=24,8, Mus., Brit) ; 1«',59 (=30, Mionnet, t. Vr, p. 598, n« 6). - La pièce d'or attribuée à Juba est fausse (MIonnel, t. VI, p. 597.— Ca/. Fembroke, p. 2d3).

(1) Od a trouvé des deniers de Juba 1*' dans le tré*or de Dorno (CaYedoni, SaggiOf p. 125; RiposL, p. 4l}; do même dans un dépôt trouvé en Apulie (RiGcio, Cat,, p. 77) et dans celui du Mans (Ë. Hucher, Cat. des monnaies trouvées au Mans, p. 87, le Mans, 1849.

(2) Cacsar, Bell.civ., h 6.— DIo. Gass., XLl, 42. — Cf. notre Hist. Rom., t. in, p. 427 ; tr. fr., t. VIII, p. 20.

(3) 4»',17 (= 78 1/2, Mionnet, t. VI, p. 597. n* 2); 2r,83 (=53 1/4, iàid.). Nous ne savons pas pourquoi on donne ces monnaies au roi Bocchus; on 7 lit distinctement BOCVT (Mionnet, Suppl., t. IX, pi. IX, n" 1). Cf. sur ce roi Bogud, notre Hist» Rom., t. III, p. 430, note ; tr. fr., t. VIII, p. 24, note 1 et p.36.

[Cf. L4]dwig Mûller, Numismatique de V ancienne Afrique, t. III, p. 95.]

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lémée (mort 40 ans après J.-C); ces pièces ne sont pas rares ; toutes, mais particulièrement celles de Ptolémée, sont tellement légères (1) , qu'on pourrait les prendre pour des quinaires et supposer que le droit de battre monnaie, ac • cordé à ces dynastes tributaires, n'allait pas jusqu'à la fabrication du denier. Les découvertes ont prouvé que la monnaie romaine d'argent ne circulait pas en Numidle avant le règne d'Auguste ('2).

125 av. J.-C.

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