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290 GHAPITBE IV.
monnaies frappées dans les pays civilisés qui touchent à ces contrées ; par exemple les stalères d'or du roi Lysimaque de Thrace, les pièces d'or thraco-romaines avec les noms de Coson et de Brutus ; ces deux espèces ont été rencontrées surtout à Sarmizégétusa (i) (Âugusta Dacica ou Golonia Ulpia Trajana Dacica Sarmizégétusa, aujourd'hui Yarhely ou Varhelj; les tétradrachmes de la Macédoine, ceux de Thasos, de Maronée, les pièces d'argent d'Apollonia, de Dyrrhachium et les deniers romains (2) de la République s'y trouvent également. Il parait qu'un grand nombre de ces pièces d'ai*gent étaient échangées contre le produit des mines d'or de la Dacie, et que l'or exporté en lingots y rentrait sous forme de monnaies ; on a même trouvé dans ce pays des monnaies de bronze d'Egypte et de Corcyre(3). Il parait que les ateliers indigènes n'ont produit que des pièces d'or anépigraphes copiées sur les tétradrachmes
(1) On a des relaUons de ces trouvtUIes, quoique peu fidèles^ et surtout mêlées de cireonstanoes fabuleuses. Voy, Schônvisner^ iVb^. Hung, rei num.^ p. 24.— Ëckhel, Doc^ num. vet.y 1. 11^ p. 56.— Neigebaur« Dacien, p. 96J03. — Seidl, Beiiràge^ II, p. 241. On rencontre aussi dans ces contrées des statères d'or d'Alexandre^ comme nous Ta assuré un coUecUonneur de Transylvanie, mais, autant qu'il est possible de le savoir, pas un seul phiiippe d'or.
(2) Seidl, Chronik, I, p. 23-28 ; H, p. 26; Beitrâge, U, p. 237; III. p, 84 et 85. Tous les coUecUonneurs du sud de la Transylvanie assurent ia même chose. Dans la partie septentrionale du pays, les dépôts de monnaies sont plusrares;iisconsiBtent surtout en tétradrachmes barbares avec la tête couronnée de laurier et le cheval ; on a trouvé par exemple 112 de ces tétradrachmes à Sxéplak, près de Sxamos-UJvér. Une de ces pièces, qui est maintenant au musée de Derlin, pèse 9(%5.
(3) D'après les communications d'Acliner, on trouve beaucoup de ptolémôes à Reho près de Mûhlbach. On a découvert à Ueltau, près Hermannstadt un vase contenautdes monnaies de cuivre de Corcyre:— Tête de femme. fi Vase à une anse* Il y avait aussi dans cette trouvaille quelques pièces de i>anorme.
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d'argent de Lysimaque (1) et quelques pièces d'argent anépigraphes fabriquées à Timitation des tétradracbmes de la Macédoine et du nord de la Grèce, le plus ordinairement avec le type de la tête d'homme et au revers le cavalier (2) ; quelques pièces d'or à légende latine, copiées sur les aureus romains, ont probablement été frappées peu de temps avant ou peu de temps après l'abandon de cette province par l'empereur Aurélien (3).
(t) Duchaïala, Description des médailles gauloiies, p. 359-360. On ne saurait décider si une partie des pièces d'or de Lysimaque ne doit pas être regardée, à cause de leur fabrique grossière (Eckhel, Doct, num.vet.,t. }, p. LXI)^ comme des imitations faites dans la Dacie.
(2) Pour autant que nous le sacliions^ les tétradracbmes pannoniens avec le nom de Biatec, ainsi que les autres qui portent des légendes, ne se trou- Tent Jamais en Transylvanie.
(3) L'an 1713 on trouva en Transylvanie et réunies ensemble les curieuses pièces d'or, imitées en partie des deniers républicains, en partie des monnaies impériales du in* siècle, avec les légendes IMP*SPONSIAN|. ^C* AVG. (Eckbel, i)oc^ num. vet., t. VU, p. 3*0). - PLAVTIVS(Ec!diel, loc. ciL, t. IV, p. 179; t. V, p. 278), des gordiens de fabrique barbare (Eckhel, /oc. cit., t. VII, p. 316) et des phiilppes (Eckhel, loc. «7., t, VIJ, p. 329). Le poids varie de la manière la plus étrange; des quatre pièces d'or avec la légende PLAVTIVS, par exemple, deux pèsent ««'924, une 9»^20, une t5«'2 1 (= a ducats, G5 grains), (Arneth, Wiener Sitzungsberichte, t. IX, p. 922. — Voy. d'autres détails donnés par Eckhel, loc. cit.). Pourtant on comprend ces poids divers, quand on compare le monnayage romain d'or de la même époque qui n'est pas moins irrationel.
[M. Cohen, après avoir décrit et fait graver la pièce d'or qui porte le nom de Sponsianus (Méd. impériales, t. IV, p. 231 et pi. XI), après avoir publié également la pièce d'or de fabrique barbare au nom de Plautius (Monnaies de la République romaine, pi. XXXIII, Plaulia, n* 8), déclare, dans le tome VIÎ, p. 254 de son ouvrage sur les Médailles impériales, que, é'après des empreintes et une médaille d* argent de Sponsien semblable à for, il regarde ces pièces comme des coins modernes, M. Cohen fait la même observation au sujet des pièces d'or de la famille Plautia, trouvées avec celles de Sponsien en Transylvanie. Je ne saurais partager cette manière de voir; ou a pu
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Bcphore. L'Empire du Bosphore a, sous le point de vue numisma-
tique comme sous le point de vue historique, une position tout à fait à part. La monnaie d'argent a cessé d'y être en usage à une époque relativement assez re(;ulée, probablement à cause de la quantité de pièces d'or de Cyzique que le commerce des blés y apportait de la Grèce (1).
Au temps où les villes du Bosphore qui frappaient monnaie étaient encore des républiques, l'argent y était encore plus commun que l'or, et cependant ces villes émettaient plus d'or et plus de bronze que la plupart des autres États de la Grèce (2) ; mais à l'époque des monnaies royales, sous les princes de Panticapée, comme sous les autres dynastes, tels que Pharzoeus et Scilurus, on ne voit plus de monnaies d'argent^ à l'exception de quelques pièces deSpartocus (3). Nous voyons égale*
mouler sur les monnaies d'or antiques des pièces d'argent. M. Mommsen regarde, el Je crois avec raison, l'aureus de Sponsien comme une imitation barbare des pièces à l'efOgie de Gordien III. Cf. supra, p. 121.]
(1) Burgon {Num. Chron,, t. I, p. 40) assure que ces pièces viennent ordinairement de la Grimée, et qu'elles s'y trouvent plus fréquemment qu'ailleurs; M. de Koehne {Musée Kotschoubey^ t. I, p. 841) confirme cette provenance. La relation bien connue de Démosthène (adv, Phormioneni, 23) s'accorde avec cette donnée.
(2) Des monnaies d'or de Panticapée : 9s%08 (-=171 Mionnet; 140,2, Norttiwick); 9^,0b (Koehne, Musée Kotschoubey, 1. 1, p. 340, 346, deux exemplaires) ; 9^.026 {ibid., 1. 1, p. 340) ; 9,0125 {ibid,, 1 1, p. 346); 8»',5 {iàid., t. I, p. 346); 4»'»275 {ibid,, 1. 1, p. 362) ; de la Chersonèse, très-barbares : lf,li (=1 1 9, Northwicb ; cf. Koehne, /. cit., t. ï, p. 1 55) ; d'Olbla (Koehne, l cit., 1. 1, p. 48). Les pièces de 8<',5 et 4(%3, apparemment plus récentes que les plus fortes, sont des didrachmes et des drachmes attiques; le pied des plus fortes est tout à fait singulier et n'a pas encore été expliqué, comme aussi le pied des monnaies d'argent du Bosphore (Cf. la liste que donne M. de Koehne, loc. cit,^ t. Il, p. 405 et suiv.).
(3) M. de Koehne, /.ct7.,t. 11, p. 30. La monnaie de Spartocus pèse 7<%9, et parait décidément être un statère attiqut. Les piècea d'argent des deux Po-
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ment dans le décret en l'honneur de Protogëne d*01bia que la monnaie de ce temps consistait en or et en cuivre ; ce dernier métal n'était reçu qu'au-dessous de sa valeur nominale (1). C'est pourquoi* lorsque ce pays subit l'influence romaine, le monnayage de l'or y fut exceptionnellement conservé jusqu'au règne de Gallien , tandis qu'on n'y frappait aucune monnaie d'argent; dans les derniers temps de la République romaine, le poids des pièces d'or du Bosphore est le même que celui des statères attiques, légèrement réduit, et correspond à peu près à l'aureus frappé à Rome au temps de César, en 708 (2). Depuis cette époque, la pièce d'or frappée au ^ft»*^. J-c. Bosphore suit à peu près régulièrement les variations de poids de l'aureus romain (3) ; sur quelques-unes on voit la
lémoD et de la reine P)thodoris appartienneot toutes au monnayage de l'Asie Mineure. M. de Koehne {Musée Kotschoubey^ t. M, p 204) parle d'une pièce du temps de Tibère, mais il la regarde lui-même comme une falslfication antique.
(I] Corpus inscr. gv., n* 205S, A, 70 : Ôoù; xP^aCov itâv, xaXxôv èxofjUaaTo èx tc<csatxo9((i)v; et de même B, 43. Il semblerait qu*uD cours dilTérent soit indiqué dans ces deux endroits. La pièce d'or, qui sert de base au compte, est sans aucun doute le staiëre attique d'or, ce que Bœckh pense aussi ; car las plus récentes des monnaies d'or de cette région, qui ont été frappées sur le pied atUque, antérieurement à l'époque romaine, celles de Panticapée [tupra, p. 292, note 2) et celles du roi Paensades sont fabriquées d'après ce système.
(2) Une pièce d'or de i'harnace de Tau 704 de Rome pèse 8«%15 (Koehne, 60 av. J.-c. Musée Kotschoubey, t. II, p. 138, 403), deux d'Asandre (roi en 710-737 envi- 44 et 17 ar. j.-c. ron) de la dixième année de son règne, vers l'an de Rome 719, pèsent 8«M 3 35 ar. j..c.
( = 125 l/2,Norlhwick)et 8«' (Koehue, Musée Kotschoubey, t. Il, p. 103); d'autres du même roi, des derniers temps de son règne, pèsent 8* ',03 (= 1511/4, Mionnet), 8(%01 (=123,7, 123,«, Cat, Thomas, p. 241), 8*' (Koehne, Mus, KoUchoubey, t. H, p. 163; = 123,5 Leakc).
(3) Une riche collection de ces monnaies d'or se trouve décrite dans l'ouvrage de M. de Koehne et ausôidans le Catalogue Thomas^ p. 241 etsuiv.; p. 256 et suiv.
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GBAPITRB lY.
marque x q«i indique bien positivement le denarius aureus (1). Les pièces d'or fourrées sont beaucoup plus communes au Bosphore qu à Rome ; en outre, le métal de ces monnaies est beaucoup moins pur ; le titre du métal tombe tellement bas, que sous Sévère Alexandre, ces prétendues pièces d'or n'ont pas même la valeur d'une pièce d'argent de bon aloi (2). Le gouvernement du Bosphore essaya de rétablir le monnayage de l'or, à l'époque où l'on commença à frapper à Rome (an de J.-C. 264), les tiers de l'aureus (Irienies ou tremisses)^ mais cette tentative n'eut pas de suite (3).
Simultanément avec ces pièces d'or, nous voyons le monnayage de cuivre qui se rapproche beaucoup du bronze impérial romain; ce fait mérite également notre attention ; nous n'avons pas de pièces de cuivre de Pharnace, très-peu d'Asandre, comme archonte, et pas du tout
(i) On trouve lo signe du denier pour la première fois d'uue manière certaine sur les pièces d'or sous Commode (Koehne^ Musée Kotschoubey, t. \\, p. 277, cl pi. XV, n* 64). Nous avons va (supra, p. 19, note 3) que le nom de denarius aureus élalt donné à ces sortes de pièces.
(2) Los analyses suivantes, publiées par M. de Koebne [Musée Kotschoubey, t. Il, p. 410 et suiv.), montrent le dernier degré de l'altération de cette monnaie.
Apréf J.-C.
Or.
ArceaL Cnlfre. Plomb. zinc. ÉUIa.
Rhescuporis III llhescuporis V Phareaiises Hhei(cuporis VI Le même
60,46 traces — —
91,16 — tracTs - 82,73 — — -
Après l'an 268 il n'y a plus d'argent dans ces monnaies; une de trèsmauvais argent de l'an 303 (Koehne, loc, cil.,U II, p. 417) est une exception tout à fait isolde.
(3) Koehne, loc. cit., t. Il, p. 332. Cf. ce qui a été dit dans la partie de notre ouvrage consacrée à l'Empire, supra, p. 63.
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LES PAYS SUR tE DANUBE ET LA MER MOIRE. 295
comme roi; pas davantage de Polémon I", ni des dynastes inconnus qui ont gouverné le Bosphore après sa mort. Le monnayage de cuivre ne commence guère que sous Tibère, pour continuer ensuite sans interruption ; la pièce la plus ancienne porte le chiftre IB = 12 ; on la retrouve jusque sous le règne de Néron (1). Sous le règne des empereurs Claude et Néron, nous voyons une pièce avec la marque H = 8 (2) et deux nouvelles pièces marquées KA = 24 (8) ou NOKA (4); une autre MH = 48 (5); ces pièces remplacent rapidement l'ancienne pièce portant la marque douze et elles ont été, surtout la première série, frappées en gi-ande quantité jusqu'à la mort de Septime Sévère, A peu près à r époque où ces chiffres indiquant la valeur disparaissent, on voit apparaître à leur place les lettres PMA =
(1) Koehne, loc, cit., t. If, p. 204-226.
(2) Koehne, loc. cit., t. Il, p. 221 avec KAICAPOC BPITANNI-
KOY.
(3) Koehne, loc. cit., U U, p. 218 et 224. C'est ici qu'il faut protiablement placer la pièce de cuivre de Polëmon II (Koehne, loc, cit,, t. H, p. 189); les deux lettres KA, que l'on voit sur cette pièce, sont maintenant regar* dées comme indiquant Tannée du règne de ce prince. Les pièces les plus récentes de 24 >^ù^\tML, citées par M. de Koehne, sont celles d'Eupator 1 (Mus. Kotschoubeyy t. Il, p. 272), le règne duquel se place entre les années 161 et 171 ; il est vrai que ce n'est qu'une estimation approximatife, comme le sont en général plusieurs des déterminations chronologiques des monnaies de cuivre frappées au Bosphore, parce qu'il n'y a ordinairement sur ces pièces ni des chiflTres indiquant les années, ni des noms d'empereurs, et parce que leur suite est surtout fixée par la comparaison avec les monnaies d'or.
(4) Koehne, loc. cit., t. Il, p. 272. C'est la pièce la plus récente de cette espèce.
(6) Koehne, loc. cit.y t. Il, p. 223, 230 et suiv. La plus récente des pièces de 48 vo6ii.ii.ta que M. de Koehne cite est, si l'on rejette une pièce d'une attribution incertaine {loc, cit.y t. Il, p. 314), celle de Rhescuporis 111 (/. cit., t. U, p. 309) dont le règne se place entre les années 211 et 229.
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iAi, X et X B; les monnaies marquées de ce dernier chiffre sont très -nombreuses jusqu'au règne de Gallien (1). Plus tard, toutes ces monnaies disparaissent; Taltération de Tor avait tellement abaissé la valeur de Taureus, qu'il n'y avait plus moyen de donner une valeur quelconque à la monnaie de cuivre ; les pièces de faux or durèrent ainsi jusqu'au temps de Constantin, lorsque, en 335, les monnaies du roi Hannibalien vinrent remplacer les pièces du dernier Rbescuporis (2) et mirent un terme au monnayage du Bosphore.
Gomme les monnaies d'or du Bosphore sont fabriquées sm* le modèle des aureus romains, et que les pièces de cuivre portent les marques particulières aux deniers romains, c'est dans la série des pièces impériales qu'il faut aller chercher l'explication de ces signes ; nous voyons en effet que la petite ujiité de cuivre s'appelle également vo|jLo<;ou vouji.fi lov, comme dans la monnaie du Bas-Empire. . La plus petite unité de cuivre à Rome était l'once, et, d'après cela, on peut expliquer d'une manière satisfaisante la pièce marquée 1"2 que déjà Tibère autorisa les dynastes du Bos-
(1) Les plus ancienoes monnaies qui portenl les sigles XB apparUennent, seloD M. de Koehiie (/. cit., t. Il, p. 275, 285-295), à Sauromate il! (années 1 75-211); la simple slgle X, qui est beaucoup plus rare (Koebne, ioc, cit., U il, p. 309) parait pour la première fois sous Rhescuporis III (années 211-229). Les pièces de la première espèce (avec XB) disparaissent sous le règae de Rhescuporis V (années 240-268), au temps de Gallien (Koehne, /.cii., t. Il, p. 340, 34 1). Le signe qui indique la valeur PMA ne se rencx>ntre que sur les pièces avec le type de l'aigle (Koehne, /. cit., t. Il, p. 296), que l'on attribue à Sauromate il! (années 175-211). Toutes ces sigles sont incontestablement des signes servant à indiquer la valeur, quoique le signeX ou )K soit généralement décrit comme une étoile à six rayons. *'
(2) Koehne, Musée Kotschoubey, L II, p. 347. — Sckhel, Doct, num, vet., t. VIII, p. 104.
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phore à frapper, comme représentant Tas; les pièces marquées 24 et â8 qui furent frappées sous Claude et sous Néron, peuvent être considérées comme des dupondius et des sesterces de cuivre. Enfin, les trois nouvelles pièces frappées au troisième siècle seront des pièces de trois sesterces, le denier et surtout le double denier, dont la fabrication n'avait été accordée aux dynastes du Bosphore qui ne fabriquaient pas de pièces d'argent, que lorsque les pièces correspondantes eurent passé au billon et également cessé à Rome d'être en argent. Les dynastes du Bosphore suivirent donc, avec leurs deniers d'or et leurs pièces divisionnaires de cuivre, autant que le leur permettait l'absence de la monnaie d'argent, les fluctuations monétaires de l'Empire qui les protégeait. Ces analogies peuvent servir à expliquer plus d'un point obscur dans le monnayage romain. Cette imitation n'exclut cependant pas les petites différences, et il serait difficile de trouver à Rome, à Tépoque impériale, des pièces de huit onces et de trois sesterces. L'aureus du Bosphore valait donc A, 800 nummi, AOO pièces de douze, 200 pièces de vingt-quatre, 100 pièces de quarante- huit, 25 deniers et 12 1/2 doubles deniers. Il est très-possible cependant et même probable que cette dernière proportion éprouva un changement ; le chiffre K— 20 qui se trouve sur les pièces d'or des années 267 et 268 semble l'indiquer (1). Nous ne saurions décider si ceci eut lieu également à l'imitation de la monnaie romaine, ni quelle place Dioclétien et Constantin accordèrent aux aureus de
(l)Koehne(/. cit,t t. Il, p. 340). Les monnaies seules ne suffisent pas pour expliquer la signification de ce chiffre, car, toute ta monnaie courante ayant entièrement perdu sa valeur réelle, le gouTernement était libre d'établir les proportions légales entre Taureus et le denier comme bon lui semblait.
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mauvais aloi du Bosphore, lors de la réorganisation du système monétaire de F Empire. Au point de vue politique, il est important de remarquer que Phamace, Asandre (mort 17 et 16 av. j -c. vers Tan 737 de Rome) et la reine Dynamis (738 de Rome) mirent leur nom et leur effigie sur la monnaie d'or, que plus tard, depuis le milieu du règne d'Auguste jusqu au règne de Domitien (l), on n'y voit plus que l'effigie de l'empereur, accompagnée d'un monogramme indiquant le nom du roi du Bosphore,et qu'enfin, depuis l'an de J.-G. 84, sous Rhescuporis II (2) et ses successeurs, la tête et le nom de l'empereur romain se voient d'un côté des pièces, avec la tète et le nom du souverain national au revers. Le principe d'après lequel le monnayage de l'or est un droit exclusif du suzerain, a donc exercé également ici son influence, avec les modifications que les circonstances particulières»
U ar. J.-C.
(1) La monnaie la plus ancienne de celte espèce^ qui e&i de Tan 289 de 8 ar.J.-c. I*èrc du Pont, c'est-à-dire de l'an 746 de Rome, montre d*uncôlé la tête de
César, à ce qu'il semble^ de l'autre celle d'Auguste et les lettres A, Y« M en monogramme (Koehne, /. ci7., t. Il, p. 190). Elle ne peut appartenir qu'à Polémon I*' qui, en 740, grâce aux armes de Rome» a^ait obtenu la main de la peUtc-fiUe de MUhridale Eupator, la reine Dynamis, veuve et héritière d'Asandre, et par suite de ce mariage la couronne du Bosphore (Oio Cass., LIV^ 24). Les lettres AY en monogramme sont probablement les Initiales du nom de cette reine ; il reste douteux si la lettre M désigne cette reine comme petite-fille de Mithridate, ou si Polémon, en montant sur le trône du Bosphore, avait pris lui-même le nom de Mithridate. Les monnaies qui portent ce monogramme vont jusqu'à l'an 304 de l'ère du Pont, 8 après J. C, et il semble que ce soit là l'année de la mort de Polémon ï", tandis que Dynamis doit être morte quelques années auparavant.
[Cf. sur la reine Dynamis, Adr. de Longpérler, Annales de Vinst. arch., t. XIII, J842, p. 320 et sulv. — Revue num,, tS46, p. 67. — Koehne, Musée Kotschoubey, t. II, p. 156 et suiv.] J. W.
(2) Voy. des monnaies de cette espèce avec les années de l'ère du Pont, 380, 381, 382^ 384 dans l'ouvrage de M. de Koehne, MuUe Kotschouhey, t. H, p. 229, 416.
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l'asib. 299
la durée et la position, à peu près indépendante du royaume du Bosphore, ont dû cependant apporter dans la pratique.
§Xl
L'Asie, province romaine en 621. 183 ar. J.-C.
La cessation complète du monnayage macédonien de
Absence
Tor dans l'Asie Mineure est une énigme historique qui n'a des monnaies a-or
» . 1 . , 1 , ... ^^ Asie sons
pas encore été expliquée ; nous allons en parler ici suc- us successeurs cinctement. Il existe un grand nombre de pièces d'or de Philippe II , d'Alexandre le Grand , même de Philippe III Arrhidée ; mais, à l'exception du roi de Thrace Lysimaque et des Lagides d'Egypte, toutes les monarchies fondées sur les ruines de l'empire d'Alexandre ont bientôt cessé d'émettre des monnaies d'or; celles des premiers Séleucides ne sont pas communes (1) ; celles d'Antigone et de Démétrius Poliorcète sont d'une grande rareté; les derniers rois de Macédoine et de Syrie, les Attales, malgré leurs richesses, les souverains de la Galatie, de la Gappadoce, les rois parthes n'en ont frappé qu'aux vu" et vm* siècles de Rome. Dans l'ancien empire d'Alexandre il n'existait, autant que nous sachions, d'autres pièces d'or que celles d'É-
(1) n y a peu de tunips que Burgoii. (Ca/. Northwick, p. 127) et d'autres connaisseurs ont pris la défense des grandes pièces d'or des premiers Séleucides quijusqu'àce jour»avaientété généralement regardées comme fausses, bargon et ceux qui partagent sa manière de voir se basent surtout sur le poids de ces pièces : 34«',21 (=527,9, Cat, Northwick) et 33«%99 (=524 1/2, ibid.), qui s'accorde exactement avec l'octadrachme attique. D'après cela, le monnayage en or des premiers Séleucides parait être beaucoup plus considérabie qu'on ne l'avait cru auparavant, quoiqu'il reste encore assez limité.
[Depuis la publication de l'ouvrage de M. Mommsen, d'autres grandes pièces d'or des Séleucides, parfaitement authentiques, ont été signalées.]
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CnAPITBE IT.
ia8etl37tr.J.-C.
89 et 88.
85 et 84 ar. J.-C.
On continae k en
frapper aax noms
des rois Philippe
et Alexandre, après leur mort.
La monnaie d'or, droit exdasîf da suzerain.
Rome
se considère
comme sazeralne.
gypte, les pièces à moitié romaines de Thrace, avec le nom de Coson [supra^ p. 283), quelques monnaies très-rares de Nicomède II Épiphane (ans de Rome 616 et 617) (1), celles de Mithridate Eupator avec les dates qui correspondent aux années 665, 666 et 669, 670, et la contre-marque de l'atelier dePergame (2), enfin la petite pièce d'or d'Amyntas, roi de Galatie, frappée sous Tautorité de Marc-Antoine (3). D'autre part, il est bien prouvé que l'émission de pièces d'or aux noms de Philippe et d'Alexandre continua encore après leur mort. De cet ensemble de faits, on serait amené à conclure que le monnayage de l'or étant considéré comme un des attributs de la royauté suzeraine, aucun des rois qui se partagèrent le grand empire macédonien n'eut la prétention à la suzeraineté sur les autres royaumes, et par conséquent ne songea à faire frapper de la monnaie d'or en son propre nom. Les Lagides d'Egypte ne paraissent pas s'être considérés comme successeurs d'Alexandre; aussi font-ils exception. Quoi qu'il en soit, le gouvernement romain adopta cet ordre d'idées et ne permit d'émettre de
188 ar. J.C.
89, 85 et 76 ar. J.-C.
(1) Mionnet, t. U, p. 509, n*" 49 et 50. Le poids est celui du phiiippe (8SS46 = 159 t/4); Fannée 160 d'une des pièces, avec date, correspond à l'an de Rome G 16.
(2) Eckhel, Doct. num. vet., t. Il, p. 365.^MionDet, t. 11, p. 360, n** 6 et 7 ; Suppl., t. IV, p. 466, n<** 8 et 0. Les poids sont de 8>%46 (=130,5^ Leake); 8«',43(=130,l,Ca/. Thomas, p. 229.— Cat. Norihwick); %f,h2(=\bS 1/2, MIonnet, p. 7);8»',36(= I57 1/2, Mionnet,p. 6, pièce trouée) ; 8>%23 (=127, Coi, Thomas, p. 230) ; 8s%15 (Koehne, Musée Kotschoubey, t. II, p. 131, 135). La plupart de ces monnaies ne portent pas de dates; on n'y trouve que les années 209 = l'an de Rome 665 (Miunnet, SuppL, t. IV, n*> 8. -^Cat. Thomas, p. 230), 213 = ran de Rome 669 {Musée Kotschoubey, U U, p. 131), et 222=ran de Rome 678, si l'on peut admettre la pièce décrite par llionnet. Supplément, i. IV, n* 9.
(3) On ne sait comment expliquer le poids anormal de cette pièce d'or, ic%43 (=22, Leake), qui n*est connue que depuis peu de temps.
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