‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 2)Chapitre 57 sur 232 · LA MACÉDOINE, L*ACHAÏE , LA THRAGE, ETC · texte numérisé non relu

LA MACÉDOINE, L*ACHAÏE , LA THRAGE, ETC

de 660 à 668 (1) ; les monnaies d'Athènes portent peu de ss et sa ar. j.c. traces de l'influence romaine (2)« de sorte qu'il est diflicile d'admettre que cette ville ait continué à jouir du privilège d'émettre des monnaies d'argent jusqu'au règne d'Auguste, et qu'il est plus vraisemblable qu'elle le perdit après la prise d'Athènes par Sylla (1" mars 668). «« »r. j.^;.

Peu de temps avant la bataille de Philippes, en 712, p'^^ ^'^ Brutus, pour récompenser Coson, prince de Thrace, d'avoir 42 av. j.c. ouvert ses trésors au parti républicain et de s'être ainsi laissé entraîner à sa propre perte, lui accorda l'autorisation de Trapper des monnaies d'or, sur lesquelles on lit son nom écrit en entier en lettres grecques à côté du monogramme en caractères latins représentant le nom du général romain (3). Ces pièces sont tout à fait semblables, quant au poids, aux pbilippes d'or (A), et i*emarquables en ce qu'elles

(I) Eckhel, Doct. num. vet,, U II, p. 210.— Beulé, Monnaies d'Athènes, p. 237.

(t) Cf. Utulé, Monnaies d'Athènes^ p. 100. On ne rencontre que deux tdindradimefi tv«c des noms romains, nOTTAI (Beulé, p. 308) et KOIN- TOI (p. 320, 322).

(3) C'est ropinion d'Ëckhel (Dod. num. vet,, t. VI, p. 23), basée sur un passage d'Appien {Beli. civ., IV, 15): cette explication s'accorde si bien arec le type et le monogramme InUn de Brutos, qu'elle peut être considérée comme certaine. En tout cas cette monnaie n'est pas plus ancienne.

(i) Le poids est de 8»%S4 (=131 3/4,Hunter, p. 114); 8«r,52 (=1G0 1/2, Mionnel, SuppL, t. lî, p. 27C, n» 445) ; 8«',48 (=130,9, Leakc, Eur. Greecc, p. 42); 8^,33 r=l28,6, Cat. Thomas, p. 110); 8»',20 (=128, Cat. Norihwick, p. 48); 8«%28 (Cabinet de Berlin, Pinder, p. 130); 8«%24 (=127,1, CaL Pembroke, p. 1 14); 8«',21 (=120 3/4. Hunter). L'aureus de César doit peser d'une manière normale 8»%18et ne dépasse Jamais ce poids; l'assertion que la pièce d'or portant le nom de Coson est frappée d'après le système romain est donc décidément erronée. Nous ne troorons nulle part indiqué le poids des pièces d'argent beaucoup plus rares avec la même légende et le même type; Il est fort douteux qoe ces pièces soient autticnt'ques, et on peut croire qu'elles ont cté coulées sur celles d'or.

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prouvent que, môme après la mort de César, le philippe d'or, quoique son émission ne fût plus régulière, continuait, comme à Fépoque macédonienne, à être la monnaie courame de cette contrée.

Monnaies dccairro II cst hors de douto qu'à Tépoquc impériale la Macé- In c^wcnre. doîue ct l'Achaïe ne fabriquèrent plus que de la monnaie de cuivre, sans que Ton puisse déterminer à quelles dates les pièces nationales d'or et d'argent furent retirées de la circulation pour être refondues et converties en nouvelle monnaie, ni même si cette mesure a été jamais prise d'une manière générale. Au point de vue financier, cette opération était possible et même excellente, puisque les tétradrachmes, tout vieux et usés qu'ils étaient, avaient encore plus de valeur intrinsèque que le nombre déterminé de deniers romains tout neufs qui représentaient la même valeur nominale (1).

Le denier n'avait sans doute pas tardé à s'introduire en Macédoine et en Achaïe, oà il circulait en concurrence avec le tétradrachme. Ce fait est d'autant plus sur qu'un siècle environ avant la réduction de la Macédoine en province romaine, cette monnaie avait pris pied dans l'Illyrie romaine et y avait même pénétré jusque dans le monnayage municipal (t. II, p. 92 et suiv.).

Nous n'étudierons pas ici les monnaies de cuivre de ces pays qui continuent à être frappées en assez grand nombre dans plusieurs endroits, par exemple dans les colonies de

(1) 87 tétradrachmes alUques mai cooserrés, la plup.rt des temps les plus récents, qae M. Beulé {Monnaies d* Athènes, p. 103 et suiv.) a fait fon* dre» ont donné en moyenne, outre Ot',002 d'or, encore 1C*%20 d'argent du titre de 0,066. La refonte do ces pièces, pour en fabriquer des deniers, couvrait donc, et probablement très-largement, les frais de la nouvclie frappe.

Corinthe et de Patras, jusque dans le troisième siècle de notre ère : cette élude est en dehors de notre sujet.

Les pnj8 indépendants sur ]e bas Danube et les côtes de la mer Noire.

H nous reste encore a jeter un coup d œil sur les con- rrovincrs trées du nord qui s étendent sur les deux rives du Danube et côu»

et sur la côte européenne de la mer Noire. Ces pays qui n*ont jamais été soumis à la puissance romaine, ou qui ne Tout été que fort tard, sont restés, pour la plupart, comme un poste avancé et à demi barbare de la civilisation antique. En Pannonie et dans le pays des Quades, sur la rive gauche du Danube, les monnaies grecques et celles de la République romaine se trouvent aussi rarement que dans la Rhétie et le Noricum (1) ; seulement, par une exception singulière, dans le pays entre la Save et la Drave, on trouve quelquefois des monnaies de bronze grecques et particulièrement des Ptolémées d'Egypte (2). Quant aux monnaies

(t) H n'est pas parvenu à notre connaissance quo des deniers de familles romaines, des drachmes illyriennes, des monnaies d'argent ou d'or de la Grèce du nord, et surtout une seule des espèces si fréquentes dans la Transylvanie, se rencontrent dans ces contrées. Les coUecUons à Latbach, Pettau, Gratz^ K agenftirt, que nous avons oiaminéos nous-mêmes, ou quenousavons fait examiner, ne possèdent que des télradrachmcs des Quades dont nous parlerons plus bas^ le cuivre des Ptolémées et les monnaies des empereurs; seulement à Pettau il y a une pièce isolée do Philippe de Macé* doine.

(3) A Kulla (district de Lilikan, Croatie^ on a trouvé trol< monnaies pliénico-siciliennes de cuivre : 1* Tête de femme couronnée d'épis, i^ Cheval debout, légende phénicienne; S"» 1 a même tons légende; 3* Tète avec barbe pointue et couronnée de laurier, i^ Cheval debout; et une pièce égyptienne:

de la mer Noiic

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2S0 en APURE IV.

or. indigènes d*or» UmteaceUe» que nous pouvons citer appar-

tiennent à la dasse des Rêgenbogtnschûsselchen ; évidemment; elles ont été fabriquées sous Tinfluence du mon- Argent. uayago celto-germanique (1) . Les pièces d'ai-gent sont au contraire copiées sur les tétradrachmes du nord de la Grèce ; les plus pesantes d'entre elles atteignent même le poids de ces derniers, tandis quun certain nombi^ pèsent beaucoup moins, et ont des poids tout à fait irrégttliers(2).

Tétcd'Ammon. wf Deux aigles debout, légende illisible (Seldl, Chronik, U« p. 72).— A Huhenroauten (Styrie, district de llarbourg), on a trouvé un nombre considérable de monnaies de bronse égyptiennes, presque toutes de la nnéme espèce et qui afaient été entassées en forme de colonne; deux exemplaires, qui sont entrée au Johanneum de Gratz, montrent la tête d'Ammon. ^ TTTOAEMAIoY BAZIAEflZ; aigle sur un foudre; corne d'nbondancc et monogramme (KnabI, Steiermârk. MUtheilungen, 18&1» p. 182.— Cf. Seidl, Beitrâge, U, p. 220 ; IH^ p. 4S et sut?.). On dit qu'en même temps on a trou? é une monnaie du BrutUum : Tête d'homme casquée, ij Pallas marchant, et des monnaies impériales du Bas-Empire; mais cette dernière assertion ne peut pas être rrale. Des monnaies semblables des Ptolémées ont été trouréts aussi à Leibnits et à PeUau en Styrle (Knabl, loc, cit.); deux de ces pièces se trouvent dans la collection du capitaine Braun, à Leibnltz, deux autres dans celle de N. Hôniscb> médecin de régiment à Pettau.

(t) Le type est un croissant avec des rayons, du moins sur les pièces trouvées à Jarendorf et sur une autre conservée à Grals et qui vient de Seckau. Quant au poids, on remarque que les 26 pièces d*or dudépôtde Jarendorf pesaient ensemble 38 ducats, ce qui donnerait S^^t par pièce, supposé que toutes fussent d'un poids égal, et de plus que celles qui sont signées BIAT* ressemblassent exactement aux monnaies de Podmokl {supra, p. 270, note) par la forme, le poids, le module et la pureté de l'or {forma, pondère, mole aurique puritate). Voy. Neamann, Num. vêler., 1. 1, p. liO.

(2) Celles qui portent la légende BIATEC pèsent: 17<%35 (=238 grains, SeidI, Beilràge,y, p. OS, te plu» pesant des huit exemplaires de Vienne); I7c,22 (=205,7, Cat.Pembroke, p. CI); 10»',92 (=232,Seidl) ; tC«',62 (Pindcr, p. 2); 0«',0S (=83, Seidl).— Celles avec la légende NONNOS : 17^17 (Cabinet do Berlin); I7»',t0 (Cabinet de Berlin); 17»%00 (=235, SeidI, It plut pesant des sept excmp'aires de Vienne); 1C«',02 (=232, Scidl); 12^,08 (=178, Seldl).- Celles avec la légende DEVIL: 17«',I5 (Cabinet de Berlin); I8f,94 (Cabinet

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LES PAYS SUR L£ DANOK KT LA MEft ffOiaE. 287

Le nom de Bialec que Ton rencontre sur les pièces d'or scypbates, sui8« bien qne sur les tétradrachmes, prouve d'une manière éTidente que ces deux monnaies, si différentes Tune de Tantre, ont cependant été frappées à la même époque et appartiennent au même système monétaire; ce que tient confirmer encore leur présence simultanée dans les mêmes dépôts. Il est impossible qu'elles aient été frappées sous Tautorité romaine; elles sont donc ou originaires de la Pannonie, par conséquent frappées avant Tannée 8 de notre ère, époque à laquelle ce pays devint province romaine, ou bien elles viennent des pays encore libres situés sor les confins de cette provÎDce. La première hypothèse peut être admise pour les pièces anépigraphes et pour celles qi^ portent les légendes ADNAMATI, NEMET, ATTA et autres semblables, que l'on trouve dans la Carinthie et flans la Styrie (1)» La présence de caractères latins sur des

ide Berlin). — Celles arec la légende COBROVOMARVS : i:" (Cabinet lie Berlin).— Celles arec la légende EVOIVRIX : 16<%74 (Cabinet de Berlin). —Celles avee la légende SVICCA: iO^,\b, 0^,89, O^^^RS, Rc,C8 (Cabinet do BerKn). — Celles avec la légende EICCAlOoo ECCAIO: 0>^84,9«^l^ Si'^t (Cabinet de Berlin).-Celle8avecUlégende ADNAMATI: 9^0 (Cabinet de Berlin).

(1) Comme les renseignements sur les découvertes nous manquent. Il ne sera pas inutile de donner ici quelques indications que nous fournissent le» collectiens des sociétés de laStyrle et de la Carinthie. Les monnaies citées

sont toutes d^argent à Texception de la seconde : 1* ADNA , le reste

de la légende est eflacé. Duchalais (Descriptî&n des médailles gauloises de la MtOL royaàe^ p.393,n«8l>a décrU une pièce semblable. Celle indiquée ici a été trouvée au Zollfeld (à Klagenfurt). — 2* ADNAM, cuivre (scmblaMo h la précédente d'argent) de la Carinthie (à Gratz).— 3* ATTA (Duchalais, loc. €it,^ D* 82), d*AItenmarfct, piès Windischgratz (à Gralz); trouvée à Huli (à Klagenfurt).— 4* COI (semblable à la pièce décrite par Duchalais, loc, cit., p. 394, n« 84), de Umberg, près Ciili (à Gratz). — 5* EICCAIO /R (semblable à la pièce décrite par Duchalais^ loc. cit., p. 395, n* 87), deux exemplaires du Zollfeld (i lUagenfurt).— C* NEMET (Ducbalaiv loc. cit., p. 307^

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pièces aussi anciennes, frappées en Pannonie, ne peut pas nous étonner, puisque, d'après le témoignage d'un écrivain contemporain,Velléius Paterculus (1), la langue latine s'était déjà répandue dans ces contrées, même avant la conquête romaine. Les pièces de Biatec, au contraire, et celles qui portent les noms de Nonnos, de Gobrovomarus et autres semblables, doivent être d'une époque plus récente. En effet, leurs types semblent souvent empruntés aux deniers romains et entre auti'es à celui de T. Garisius, des 40.40 av. j.-c. années 705-709 (t. II, p. 5â3. — Golien, pi. X, Cari- • «ta, n** 8 et 9) (2), et les endroits où on les trouve plus particulièrement (les environs de Presbourg et de Wieselbourg) (8) nous portent à croire qu'elles ont été frappées dans une contrée située au nord et boi-s des limites de la Pannonie romaine. Ces monnaies, qui se rapprochent pour l'or des pièces de la Bohême et par conséquent de celles des Marcomans (â), et i)our l'argent des

n* 80), deux exemplaires de Holz (RIagonfurt) ; de Lemberg, près Cilli (?) (i GraU). — A Leml>erg, près Neuliaun, dans le canton de Cilli, on a trouvé des monnaies ayant les types ordinaires, la tête d'homme et le clievai^ audessus une roue, outre K-s jambes un T (Stldl, Beiirûge^ 11, p. 221 ; note communiquée par le capitaine Braun à Leibnitx). — A Wnrasdin on a trouvé 109 monnaies d'argent avec le type ordinaire, mais d'un trèd-bon travail (ScidI, Ch-onik, î,p. 27).

(;>) Eckhei, Dod, num. vet., t. IV, p. 179.

(3) En 177G on a trouvé près de Presbourg 44 monnaies d'argent avec 1 s noms de Biatec, Nonnos et Cobrovomarwf, — En IJ^56, on a trouvé près de DeutsdiJarcndorf, non loin de Knribourg, 3G pièces d'ur dites RegenbO' genschûssefchen.eXy parmi «es pièces, quelques-unes avec le nom de Biatec, et 101 monnaies d'argent, la plupart de Biafec (3i)et de Nonnos {hZ)t quelquesunes de Gobrovomarus^ Batsumarus.Hc, (Seldl, Beitrage, V, p. G4 et suiv.).

[Cf. Rex). num., 1809, p. 28G et sulv. un article de M. le baron de PfaffcnholTen.] J. W.

(4) Non loin de Podmokl, on a aussi trouvé un tétradrachmc barbare d'argrni (Ncumann, Numivit.,t. I, p. i4l}»

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pièces romaiDes de la Macédoine, peuvent être attribuées à Vanuius qui régnait sur les Quades du temps de Tibère et à ses successeurs (1).

Plus tard, les peuples encore libres sur la limite de la Monnaies copwes

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Pannonie et les tribus encore à peu près libres de cette pro- romaines. vince fabriquèrent des monnaies sur le modèle du denier romain. Nous pouvons citer en particulier les deniers portant la légende RAVIS ou RAVSCI ; ces deniers appartiennent probablement aux Aravisques, peuples qui, du temps des derniers empereurs de la famille des Jules (2) , habitaient le pays qui forme aujourd'hui le comitat de Stuhlweissenbourg (Alba Regalis). Une grande partie des deniers barbares anépigraphes que Ton connaît vient probablement aussi du même pays.

Les monnaies de la Dacie nous présentent des faits entiè- D«cie. rement différents, en particulier celles qui ont été trouvées dans la partie méridionale formant aujourd'hui le comitat d'Hunyade et la contrée dite Sachsenland. Nulle part, on n'a trouvé réunies ensemble une aussi grande quantité de

(1) SchôQvisner (Not, Hung. rei num., p. 38) croit qae Biatec est le même que Bato.

(2) Cf. sor ces curieuses monnaies Eckhel, Doct. num, vet, t. IV^ p. 178. — Arnetb^ Diplom. milit., p. 12, A Bia (comitat de Stuhlweissenbourg, à 2 milles de Bude) on a trouvé, en 1796, 600 deniers^ et, dans ce nombre, 80 avec la légende RAVIS ou RAVSCI; les autres étaient des deniers de familles romaines avec quelques-uns d'Auguste et de Tibère, et un seul de Galigula. — Cf. supra, p. 50. — Les indications peu précises, il est Tiai, que donnent les anciens géographes (Tacit., Germ., 28 et 43. — Plin., Hist, nat., III, 25, 148. — Ptolem., II, 15, 3) semblent permettre déplacer dans cette région les Aravisques ou ÉraviBques, mais c'est surtout Tinscription d'un certain Bato Trantonis f, Araviscus, trouvée à Also-Szent-îvan (eomiUt de Stuhlweissenbourg; voy. SeidI, Bftïr^r^^, IV, p. 52),qui nous engage à placer ces peuples dans cette région. — Le plus fort des cinq exemplaires de cette monnaie du Cabinet de Berlin pèse Zf,As

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