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LégUIation monétaire des provinces à l'époque romaine.
Quels étaient les principes de droit et de politique qui servirent de base aux institutions monétaires dont nous venons de tracer Thistoire à la fin de la République et à l'époque impériale ?
Le droit La République, pour les provinces éloignées comme pour
de bftttre monnaie,
priTiiége exclusif la Confédération italienne, avait pour principe que les cote tonreraineté. lonies de citoyens n'avaient pas plus le droit de battre monnaie que les villes ou les États qui n'étaient pas indépendants, que ce droit, par sa nature même, était un privilège exclusif de la souveraineté ; mais en même temps elle admettait que, malgré la protection qu'elle s'était arrogée sur les États soumis de fait, mais libres de droit, ne supprimant pas leur droit de souveraineté , ces États conservassent leur droit de battre monnaie, indépendamment de ce qui pouvait avoir été fixé par des traités spéciaux. C'est ce qui fait que du temps de la République, ni Narbonne, ni aucune des colonies de citoyens romains, fondées de l'autre côté de la mer, n'ont battu monnaie. Mais, au contraire, la ligue macédonienne, les villes de la province d'Asie, les villes alliées, telles que Syracuse,Osca, Massalia, Nemausus, Lugdunum, Dyrrhachium, Apollonia, Athènes, Rhodes, les
a trouvé 131 eiemplaires de ce denier d'Auguste. Voy, lur cet sortes de pièces fourrées, Num, Chron., t. VI, p. 70. — Cf. supra, p. Zl et 33.
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chefs ^ulois, les rois de Numidie, de Mauritanie et de Gappadoce, quelques autres peuples et 8ouvei:aiDs, plus ou moins scmmis à la suzeraineté de Bopie, on,t continué à battre monnûe, non pas en vertu d'une autorisation particulière, mais par suite du droit qu'ils en avaient pi^r leur position légale. Un grand changement eut lieu sous le règne d'Auguste ; depuis lors, des colonies romaines dont les habitants jouissaient du droit de citoyens romains, comme Corintbe et Sinope, et des municipes, comme 6adès, battirent monnaie, et ce droit, qui ne peut pas s'expliquer comme un apanage de la souverdneté, fut une concession ou plutôt un privilège spécialement accordé par le souverain. Et, dans le fait, il n'est pas rare de voir mentionner sur les pièces de cette espèce l'autorisation particulière, en vertu de laquelle l'émission avait eu lieu (1). Sous Auguste, cette autorisation devait être demandée à changemeDt l'empereur lui-même, tant pour les provinces impériales tou An^te. que pour les provinces soumises à la juridiction du Sénat (2) ; elle était concédée une fois pour toutes (3). Sous Tibère, elle était accordée par le gouverneur de chaque province pour le temps de son gouvernement, et elle devait être renouvelée par son successeur (A). Plus tard, ces autorisations ne sont plus guère mentionnées (6) ; il semble
(1) Il n*y a pas de preoyesqoe cette inooTation remonte Jusqu'à César ; le dictateur semble plutôt avoir conaerTé en Gaule Uaocien ordre de choses. Cf. notre Hist. rom., t. III, p. 538; tr. fr., t. VIIl, p. 171.
(2) Eckhel^ loe. cU., t. IV, p. 497. L'IndicaUon la plus complète se trouve sur les monnaies de Patras: INDVLGENTIAE AVG. MONETA IM* PETRATA.
(a) C'est pour cela qu'on Ht : PERM(ûn«) DIVI AVG(tMft) sur les monnaies espagnoles portant la tête de Til>ère. Eckhel, /. eit, (4) Eckhel, /. cit.
(&) Ce n'est que sur les monnaies de Corintbe du temps de Oomitien
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ihO CHAPITRE 1T.
que, depuis qu'elles n'étaient plus que temporaires et du ressort du gouverneur, elles se confondirent petit à petit avec la surveillance générale et le contrôle supérieur que les gouverneurs avaient toujours exercés sur le monnayage dans les villes, provinces ou États libres, quoique ne jouis^ sant de leur autonomie que sous la suzeraineté de Rome. Vers le temps de Marc-Aurèle, ou un peu avant son règne. Contrôle exercé il est quostiou dans Thistoire d'un gouverneur romain qui
•nr les monnaiei . i .» i»
detÉutsubrek fit démonétiser les pièces d argent d une ville comme étant d'un titre trop altéré (1) , ce qui nous rappelle les tétradrachmes d'Antioche fabriqués avec un très-mauvais métal vers l'époque du règne de Trajan, et leur suppression sous Hadrien (supra, p. 320 et 321). Cette surveillance et ce contrôle de la part du gouvernement peuvent expliquer l'irrégularité qui existe dans les monnaies des villes, et comment il a pu arriver que quelques villes ont La monnaie ^^^ ^ ^^^P ^^sé dc battre monnaio, et ont recommencé un ^"*It"d!*^l^"" peu plus tard d'une manière également subite et sans aucune raison apparente. Dès le temps de Gordien III et surtout depuis Gallien, le nombre des monnaies de villes diminue sensiblement ; cependant ce monnayage se maintient jusqu'à Claude le Gothique (2) , le prédécesseur immédiat d'Aurélien, et semble avoir été supprimé à l'époque de la grande réforme monétaire entreprise par cet empereur. Alexandrie
qu'on lit PERM* IMP*, parce que la Ttile reçut de nouveau de Domitien le droit de monnayage que Vespasien lui avait ôté. Eckhel, /. ctï., et t. Il, p. 243. Les noms des gouverneurs seuls, qui sont si fréquents sur les petites monnaies de l'Asie Mineure et de la Syrie, servent pour la chronologie et ne prouvent rien quant à la concession du droit de monnayage.
(1) Scaevola (Dig., XLVl, 8, 102 pr.) : Creditor oblatam a debitore pecuniam ut alia die accepturus distulit; mox pecunia, qua Ula ret publica lUebatur, quasi aerosajussu proesidis sublata est, [ (2) Eckhel, Doct. num. vet., t. IV, p. 600; t. VII, p. 47*.
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et rÉgypte furent exœptées de cette suppression. Les ■«ception monnaies égyptiennes sont plus nombreuses que celles àtvÉgjvt: d'aucune autre province, depuis Auguste jusqu'à Tannée 295 de notre ère inclusivement, et ne furent certainement pas supprimées avant 296, époque à laquelle eut lieu la nouvelle organisation administrative de 1* Egypte sous Dioclétien, après la défaite de l'usurpateur Achilleus (1). Même à cette époque, la drachme égyptienne ne disparut pas complètement, car nous la retrouverons encore sous le règne de Justinien et postérieurement. Nous voyons dans cette durée de la monnaie égyptienne une preuve de plus de la position particulière de l'Égypie qui n'était pas considérée comme une province romaine proprement dite, mais seulement comme réunie à l'Empire par ce qu'on pourrait appeler une union personnelle ; les parUcularités du monnayage égyptien à l'époque impériale et l'administration particulière de l'Egypte le prouvent également.
(1) Les monnaies d'Alexandrie finissent entre le 29 août 295 et le 29 août 296 ayec la douxième année de Dioelétien, It onsième de Maiimlen, et la quatrième de Constance Cblore et Galère; lea chiffres pins élevés, qu'on rencontre çà et là sont toos d'une authenUcité douteuse. Demi ti us Domitianus rétablit plus tard, mais pour peu de temps, la monnaie particulière à l'Egypte (Mionnet, t. VI, p. 467, n** 3410, 3411); ses monnaies, portant des légendes latines, sont frappées dans l'atelier impérial d'Alexandrie, d'après le nouveau système établi par Dioclétien (Eckbol, Doct num, vet., t. VIII, p. 41. — Cohen, Impériales, t. V, p. 549.— Cf. supra, p. 97, note). Cf. Eutrop., IX, 23 : (Diocletianus) ea oceasione (après la défaite d* Achilleus) ordinavit provide multa et dispostUt, quae ad nostram aeiatem marient,
[M. Feuardent (Collections Giovanni di Demetrio, Egypte ancienne, deuxième parUe, Domination romaine, p. Sd5 et suiv., Paris, 1873) pense que la révolte d' Achilleus (Aurel. Victor, de Caetaribus, XXXIX. — Eutrop., IX, 22 et «3. - Zonar., Annales, XU, 31. - Oros., VII, 25) mit fin à la série des monnaies impériales à légendes grecques, frappées en Egypte. Or, d'après Ch. Lenormant (Iconographie des empereurs romains, p. l !4), le
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