‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 3)Chapitre 13 sur 240 · MONNAIES D*ABGENT DU III* SIÈCLE · texte numérisé non relu

MONNAIES D*ABGENT DU III* SIÈCLE

velles monnaies des deniers et des quinaires, et elles sont évidemment peu nombreuses; mais, depuis que Ton eut cessé de fabriquer des deniers en 1^60, la petite monnaie que Ton peut approximativement estimer à 7,44 de livre, = 2*',27 (estimation difficile à prouver à cause de la petitesse des pièces et de l'inégalité de leur poids) devient la monnaie d'argent ordinaire (1). Les pièces de 72 à la livre, va- pi. xxxix, nlant par conséquent le double des précédentes, sont assez '*'

nombreuses jusqu'à la fin du iV" siècle ; elles deviennent rares sous Anastase et Justinien, sous le règne desquels elles peuvent être considérées comme frappées exceptionnellement dans certaines circonstances. On les retrouve chez les Vandales avec le chiffre indiquant leur valeur, et, dans les dépôts, elles sont mêlées aux petites pièces de 7,^^ (2).

ment il se trouve aussi dans ces séries les poids normaux de A^,bS, et peutêtre de 2>%27, parce qu'après la dUparilion du denier vers 360^ ces deux pièces paraissent souvent.

(1) Deux monnaies d'argent de Valentinien 1", parfaitement pareilles, et Crappées dans le même atelier^ pèsent 2>''^n (=33) et 11^^49 (=23). (Pinkerton, Essay on Medals, 1. 1, p. 173). — Quant à l'état de cette émission de monnaies, les tables de M. Vaxqnez Queipo (t. III, p. 453 et suiv.), ainsi que le poids des monnaies trouvéesprèâ de Holvel (infra, p. 79, note 2) nous en donnent dne idée assez claire. On ne peut pas avoir la prétenUon, au moyen des poids eflectifs de cette espèce de pièces , de déterminer d'une manière eertaine leur poids normal; mais, comme ces petites monnaies se trouvent toujours avec les pièces de 1/72 mieux taillées, et d'un poids plus régulier, nous pouvons croire que les plus petites pièces sont la moitié des plus grandes. D'ailleurs, il y a d'autres raisons qui Justifient ce poids normal; nous les discuterons plus tard. Le poids effectif s'accorde très-bien avec cette hypothèse, car il y a des exemplaires qui ont un poids supérieur d'environ Oi',3 et d'autres qui ont un poids inférieur d'environ d^^S, ce qui n'a rien d'étonnant, eu égard au caractère de cette classe de monnaies.

(2) Après Arcadius, dont on connaît des pièces de 4/72 de At'fbO (Queipo), 4r,i3 (=63 3/4, Piukerton), nous ne trouvons plus ces sortes de pièces jasqu'à Anastase dont on rencontre des pièces de 4<',83 (exemplaire ue^

llrre.

78 cflAPiTEK m.

pièeea de 288 k la Dans le V* et le yi* siècle» des pièces encore plus petites^ pesant la moitié de celles-ci, c'est-à-dire Yms == l*'»*ât ont probablement existé, car il se trouve à cette époque une telle quantité de petites pièces d'argent^ qu'il est im^ possible qu'on puisse les regarder toutes comme des piè<M même très-faibles de lAi à la livre (1)* D'ailleurs, soos Justin I" et Jusiinien, ainsi que sous les rois vandales, nous

Ouelpo), A*' (PInder et Friedlânderp Mùnzen Jufiinians, p. 25), puis eellef de Justin 1«' de 4<%01 (Queipo), 4*' (Pinder et Friedlftoder, loc. cit.), et celles de Jugtinien 1*' de 4<%16, (Pinder et Friedlânder, /. ci'/., p. 172). La monnaie d'argent de Justinfen, de Z^,i (= 46, 0), que cite M. Flnlay (On Roman and Byzaniine Money, p. 20), est Jusqu'à présent une pièce unique. D'ailleurs ces grandes pièces d'argent des derniers euipereim sont extrômemeot rares; l'ordonnance de Justinien [Ncveil. CW, 2^% i), d'après laq ueUe les ronsuld doivent faire leurs largesses en monnaies dites mi/iare»ay en lingots sous forme de pommes, de coupes, de carrés et en autres choeet semblables (ëv xt tok xa^ou(iivoi< (xi^iapiaCoK xa\ ^iÇkot/i xa\ xaux(ot( xal TCTpaYCDvCotç xal tok toioutoiç), prouve qu'elles ont été des pièces frappées à l'occasion de fêtes. Car le miiiarésion, qui n'est autre chose que la pièce de 1/72 d'argent (infra, p. 81, note 3), se trouve Ici nommé à côté de coupes (forme fréquente attribuée aux lingots.— Cf. Trebeil. Poli., C/aud., XIV: Hem in cauco et scypho pondo undecim, item in cauco et scypho et syma pondo undecim. — Cf. Cod. Just,, Vlll, 54, 35 pr.}, de pommes, de carréf, c'est-à-dire de lingots ayant la forme de pommes ou de carrés.

[Le mot latin caucus répond au mot grec xauxtov, et désigne une jcoupe^ un vase à boire. Il est certain que dans le passage de Trebeilius Pollion, dans la lettre deValérien à Zosimion, procurateur de Syrie, où il est question de dons à faire à Claude, alors tribun de la cinquième légion, la vraie leçon est caucOf et non caveo ou caveos, comme portent les anciennes éditions.— Spartian.,

Pescennius Nif^er, X ; Cum milites quosdam in cauco argenteo bibere

vidisset. — Cf. Schol. ad Theocrlt. Idyll. 1, 27.— Suid.». Kauxtov.— Glou, Phiioxen. sub verb. KaOxa, Patera et les autres passages cités par Du Gange, Giossarium mediae et infimae latinitatis, sub verb. Caucus], J. W.

(1) Parmi les monnaies du trésor de Holwel, 11 n'y a que celles d'Eugène qui appartiennent à cette classe. Mais M. Vasques Queipo cite déjà sous Valentinien I*" une pièce de 0^,87, sous ûratien une autre de Q'',9^, sous Théodose 1" quatre pièces de 1»',05, 0«',97, O^.TO, 0»',68, et plus tard on trouve souvent ces poids.

MONNAIES D'ARGKirr DU 111* SIÈCLE.

trouvons de petites pièces d'argent dont la valeur est marqaée en chiures, c'est-à-dire qui valent les unes Ys^^ et les «itres Yits d® livre (1). Les monnaies d'argent de l'Emigré romain (2) et celles des rois ostrogoths et vandales sont frappées sur ce pied jusqu'au commencement du

(1) MM. Pinder et Friediànder {Mûnjten Justinians, p. 26) admettent encore une pièce intermédiaire de 3/4 de ia pièce d'argent ordinaire, mais cette supposition, qui ne s'appuie que sur les seules pesées, est bien douteuse^ si l'on considère la taille défectueuse de ces petites pièces d'argent.

(2) Le remarquable trésor de Hoiwel (Âkerman, îfum. Chron., t. VIF, Proeetdings, p. 9 et suiv.), qui doit avoir été enfoui sous le règne d'Arcadins etd'Honorius, nous donne une idée aseex exacte de la monnaie d'ardent, qui avait cours vers 400. Il contenait 38 pièces de 1/72 et 285 petites Doniiaies qoi se divisent de la manière suivante :

Coi

Goostance H. .

Jalira

Jovien

Valons

Valenânieur'.

(iratien

Yaiontlnien U.

Hagnus Mali-

mu

PlaThM Victor.

iSagènt

Tlïéodow !•'. .

Arcadins. . .

Hooorios. . . .

PIÈCES Dl -s*

Deux. 4F,41 (=68); 3f%«9 (=60).

Denx, 4ir,41 (=68); 4i',88(=66).

Oaatre, 4e',54(=70V, 4r,47 (=69), Dii,48',66(=72); 4l%47(=69deui).

Sepl,4r86{— 75);4«'47(=69 deux).

Denx, 4«r,î8(=66)î 3«r,89(=6a).

UDe,4tS47(=69).

Une, 4i'.34(=67).

Quatre, 41^,54 (=70).

PRITES MONNAIES.

Une, 2t',98 (=46) ayee Fic/orladtf. im. ÀMgg. Qainxe, 2«',46 (= 38) — lfS75 (=Î7).

Qaaraote-deaX, 2i%33 (=36).— li%81(=S8).

Sepl. U',94(=30) — lir,81 (=28;.

Viugt-deux, îir,33 (=36) — li%88(=î9).

Trente-huit. 2r,40(=37)— li%94 (=30).

Trenteniuatre ti',46 (=38)— if M =AZ), Dizhttit, ïr,46(=38)— ilr,55(=î4).

Douae, 2r,20 (= 34) — 1«',68 (= Î6).

Dix, ta%53 (=39) - îi'.Oi (= 31).

Dix lr.94(=30)— 0r,84(=l3).

Légères pour la plopart.

OnarauteHleax, T

Vingtrneuf, 2f'.59 (=40) -lr,88 (=Î9).

Cinq, 2r,07 (= 3Î) — lr.30 (= tO).

Deux tiers de ces monnaies ont été frappées à Trêves. Ce n'est certainement pas par un simple effet du hasard que les monnaies de ce trésor, ainsi que des autres, dont noua parlerons plus tard, commencent là même où cesse la fabrication des pièces de t/96; deux pièces seulement parmi celles-ci, l'une de Constant et l'autre de Ceottanee Fi, semUent suivre l'ancien système des pièces de 1/96.

VU* siècle. Durant cette période, leur nombre et leur importance vont toujours en diminuant, en même temps que les Francs cessaient presque tout à fait l'émission des. pièces d'argent. Ce monnayage n'a jamais eu une trës-

l'«tlt nombre et . ^ » j» i

peu d'importance grande importauco ; son abandon par les rois francs et le.

de la monnaie ^ t^ * ^

d^i^sent îi cette- contcnu des trésors prouvent assez qu à cette époque 1 or était la seule monnaie véritable. L'argent n'était plus alors, comme sous les premiers empereurs, une monnaie représentant une valeur métallique, mais seulement une monnaie fiduciaire servant d'intermédiaire enti*e l'or et le cuivre, à peu près comme aujourd'hui en Angleterre.

Enfin, en 615, Héraclius substitua à ces petites pièces

Nouveau cliange-

TnVsSSVéîr d'argent des pièces plus fortes, dont la plus grande deyait '^»'"''- peser, d'après les historiens, 7*8 ^^ '^^^^ = 6«',82 (1), et

qui, de fait, amve à peu près à ce poids (2) ; les plus petites étaient la moitié des autres (3).

Nous avons pu, par l'examen des pièces qui nous sont

Noms des places i r 11

é*o"^^e""^"^'** parvenues, distinguer les différentes espèces, et nous en avons fait autant que possible le classement pour l'époque

(1) On ut dans le Chronicon Alexandrinum, (t. I, p. 106, éd. de Bonn), à Tannée 615 : Toûtti» x^ ixti, Yé-pvev dic6 vd{Jiou y6^vj]LSL ^iypa\L\ui^ ipyopoûv xa\ pa9i^ixa\ ^yai 61' aùxw fVffNatoK xxxà xb ii^joh «n|( dp^aidTTtTOC D'après Théophane (t. I, p. 466, éd. de Bonn.— Cf. Cedren., t. T, p. 477, éd. de Bonn), Héraclius fit frapper des numismata et dea miitatesia : wo\ii7\krm mai {uXiapioui.

(2) C'est sous le règne d'HéracIiua qu'on voit d'aliord les monnaies d*argentavecla légende DEYS ADIVTA ROMANIS {Eckhal, Doct. nwn. vet., t. Vlll, p. 2V3). Trois exemplaires du Cabinet de Berlin pèsent 6s',7 (Pinder, p. 249), 6»%43,6<',4, un autre, cité par M.Finlay (/. cit., p. 11) pèse 6f',&4 (=101); le poids ordinaire est, d'après SabaUer {Revue num., I8S8, p. 192), de 6>',60 à 6«',28. Les deux pièces de même fabrique, de ^M (= 72), dtées par M. Finiay, sont probablement usées ou mal frappées.

(3) Ces sortes do pièces pèsent, d'après Sabatier (ioe. ci7.), de 3^,23 à 3^,15.

MONNAIES d'argent DU Ut* SIÈCLE. SI

de Dio€létien et de ses successeurs. Il nous reste maintenant à rechercher quels noms on donnait à ces espèces diverses de monnaies.

Les pièces de Dioclétien, de 96 à la livre, se nommaient Argantci. sans aucun doute argentei minutuliy ou simplement argentei ; dans Torigiiie, on a pu aussi leur donner peui-être le nom àedenarii (supra^p. 71). En effet, lorsque nous lisons dans la Chronique de la ville de Rome (1) que Dioclétien, Maximien, Constance et Galère, à Texemple de leurs prédécesseurs, distribuaient dans leurs congiaires 1,500 et 1,650 deniers, il est clair qu'il doit être question des anciens deniers. Depuis les changements introduits dans la monnaie de cuivre entre les années 296 et 302, le nom de denarius passa évidemment à la nouvelle unité, et depuis lors ne peut plus s'appliquer à l'ancien denier. En effet, on ne trouve pins le nom de denier (denartW) employé pour désigner la monnaie d'argent; le mot argenteus fut donc, nous supposons, exclusivement employé pour désigner les pièces de */», de livre (2).

La pièce d'argent de 72 à la livre = &s',55 se nomme miliarense^ parce qu'elle valait un millième de la livre d'or (3). Ce nom apparaît pour la première fois vers

(I) P. 648 de mon édition du Chronographe de Tan 351 : Ueber den Chronographen vom Jahre 354 dans les Abhandlungen der phil. htst. Classe der K, Sàchs. Gesellschoft der Wissenscfiaften, 1. 1, Leipïlg, 1850.

(3) Car l'expression de nummus centenionalis est propre au cuivre.

(3) Ce que prouvent les raisonnemenls suivants. La seule explication du mot conforme à la langue et aux faits réels, et qui, comme nous le montrerons plus tard, s'appuie h la fols sur de bonnes nulprités, est celle de 1/1000 de livre. Mais la seule monnaie d'argent parmi les pièce- régulièrement frappées, qui puisse avoir été l*équivalent d'un millième de La livre d'or, est celle de 1/72 de livre d'argent, parce que la proportion qui en résulte pour les deux métaux, c'est-à-dire de 1 : 13, 88^ est la seule qui corrfs- IIl. 6

»2 €HAλITIIB Ht.

l'année âOO, maison peut le faire remonter au moins jusqu'à Constance II, et probablement même jusqu'à Gonstan*' tin le Grand qui, le premier, semble avoir émis ces sorted' de pièces en or et en argent (1) .

ponde parfaitement à celle de cette époque. Aussi le poids de cette pièce d'sN geiit, qui égale celui de la pièce d*or ordinaire, nous force4-il d'admettre que . les deux monnaies ont été émises d'après un même système. — D'ailleurs Jus tinien (Noue//., CV, 2> § 1) mentionne le miliarenfe comme étant à son é|Kique en usage, quoique ce ne soit qu'à roccasion des largesses imposéei aux consuls qu'il en parle; mais la seule grande pièce d'argent que noua* connaissions de cet empereur, est celle de 72 à la livre (supra, p. 77, et note 2]. — De plus, si dans Gosmas Indicopleuste (liv. XI, p. 338, éd. de Montraucon), 8<»u8 le régne de Justinien, ia drachme des Sassanides est appelée ((«XH'^ ''^^' ^^^ '^ luXtapCviov, il est clair qne crtle drachme, comme nous le verrons dans la quatrième partie de cet ouvrage, n'est pas autre chose que la drachme attique, qui pèse encore sous les Sassanides un peu plus de 4**., c'est-à-dire A peu près le poids effectif de la pièce d'argent romaine cotée à 1/72 de livre. — EnQn, dans le calendaire d'État [Notit, dignilat, orienA, c. IS, occid,, c. 10), nous trouvons la section deTargent monnayé sous le nom de scrinium a milicareruibw, ce qui s'accorde également bien avec notre opinion; car les pièces de 1/72 sont, du moins pendant quelque temps, lea plus grosses monnaies d'argent régulièrement frappées, et c'est bien de celles-là qu'il faut dériver le nom de ce bureau, (1) C'est dans le livre sur les mesures et les poids {sub fn.) écrit à Alexandrie en 302, par i*évéque saint Ëpiphane de Chypre, que l'on trouve (a première mention du miliarense; et nous n'avons aucune raison pour r^ voquer en doute rauthenticité de ce livre, du moins pour ce qui en forme le fond, car l'auteur indique lui-même et l'endroit et le temps auquel il écrivait, et déjà Cosmas (iiv. X, p. 326, éd. Hontfaucou) le cite sous le nom de saint Ëpiphane. De plus, le miliarense se trouve mentioané dans le calendaire d'État que nous venons de citer. Ce calendaire, rédigé vers l'année 400, est la seule source latine qui en parle. Dardanus (icep\ otaOtubv, ap. Lydum, de Mens. IV, 9, oublié par Bœckb, MetroL Untersuchungen, p. 7, 115) nomme aussi le miliarense ; mais l'époque où vivait cet écrivain étant Incertaine, il faudra conclure de la mention de celte monnaie, que Dardanus n'a pas écrit avant Constantin. Cf. H. Keil, Qaaest, grammaL, Lips., 1860, p 9. Néanmoins le nom du bureau chargé du moimayage de l'argent déti vé de cette monnaie, et même le conte, peut-être déjà connu

MONNAIES d'argent DU III* SIÈCLE. 8S

Enfin ]» plas petite monnaie, qui commença à être mise^ siuqo». en circulation sous Constance II et sous Julien l'Apostat, e0t sans doute ce que les auteurs appellent sillqua auri ou en grec xepâTtov, et que Ton voit figurer dans les comptes des V et Yi* sîèoles, conjointement avec le sou {solidus) (1). Cette siliqHa vaut 7,4 de sou ou Vi7ts ^^ '^ *'vre d'or. Les Demindiiqua auteurs parlent de la siliquà et de la demi-siliqua, comme de pièces existant réellement; mais, attendu qu'il n'existe pas de pièces d'or aussi petites, on peut supposer que la petite pièce d'argent de 2>%â et au-dessous, que nous connaissons, doit être cette siUqua ou xepdkiov, et la pièce qui pèse la moitié, la demi'êUiqua. C'est probablement de cette dernière

souB le règne d'Honorlug, d'après lequel Sciplon avait, faute d'or, inventé ceUé pièce dans la guerre contre Annibal (l.ydus, ioc. cit. — Cedrenu«^ t. I, p. }96, éd. de Bonn. — Cf. Gloss. nom,, dans le Thésaurus juris ro^ mont d'Otto, t. III, p. 1818. — S. Epiphan. Ioc» cit.), prouvent &ufQsamment qoe la dénomination ne s'est pas établie ù l'époque où nous la rencontrons pour la première fuis.

(1) Ainsi une ordonnance de 428 exige sur chaque ju^um (le Jugum taxé à 1000 solldl) 4 siliqune (Cod. Theod,, XII, 4, I); ainsi, à l'occasion de la perception de l'impôt foncier, un demi-solidus parji/^tim est réparti entre les employés dans la proportion de 1 J/2, 4, 6 1/2 siliquae {Nov. Major, de Curial, de l'an 4S8, tlt. Vil, § 16) ; ainsi il se fait que des préfets provinciaux, sur les fonds destinés aux travaux publics {Cod. Just., VIII, 13, i pr. décret de Zenon), ou des créanciers usuriers, sur les capitaux mis à Intérêt (Cod, Just,, IV, 32, 2P, § I, décret de Juslinien. — Cf. Nov., CVI, praef.), prélèvent illégalement la iiliqxm du soHduu Ainsi les calculs dans les documents tirés des papyrus par Biarini sont toujours faits en solldl et siliquae (par exemple, Papiri diplom.^ n* LXXX, p. 125, sous Justinlen); saint Grégoire {Epist., H, 38), le Scholiaste du code d'AIaric (Intpp. ad Cod. Theod,, U, 33, 2) et celui des Basiliques (XXill, 3, 75, éd. Heimbach) se servent des mémt s expreèsions. Encore le solidus mérovingien et le tremissis correspondant sont cotés, au commencement de leur émission sous Maurice (582-602), à 1/8 au-dessous de ceux de Byzance, et, pour cette raison, sont désignés avec le^^ chilTres XXI et VU, c'est-à-dire vingt-et-un siliquei et sept siliques (Duchalais, Revue num., 1840, p. 261 et suiv.).

pièce qu'il est fait mention sous le nom do nummus deeargyrui dans un décret, de Tannée 395 (1). MiiiArense ^ l'époquo d'Héraclîus, la siliqua disparaît de la monnaie

d'HértciiM. Qi (jgg comptes au moins dans TOrient et elle est remplacée par un nouveau miliarense valant 1/12 de sou (2). Ce mi- Harense est représenté par une pièce d'argent pesant 1/06 de livre, et le double mib'arenw, par une pièce de l/â8de livre (S).

(1) Cod. Theod,, IX, 23^ 1. Après avoir dit qu'aucune autre monnaie de cuivre ne devait circuler que le nummus cenienionalis {înfra.p. 100, note 1), le Code ajoute : Nullus igitur decargyrum nummum alio audeat commutare, c'est-à-diro que personne ne peut échanger la pièce d'argent, nommée decargyrus, contre d'autre monnaie de cuivre que contre le nummus centenionalis. On ne peut sous-entendre ici que deux monnaies, ou ia siiiqua ou, ce qui est plus probable, la demi-siliqua; car, si on avait voulu parler de la siiiqua, on ne voit pas pourquoi elle ne porterait pas plutôt son nom ordinaire, tandis que le nom usité de la demi-siliqua n'est pas connu. La mention de la semi siiiqua dans le dccr^t de Majorien {Nov.,loc. ci7.)e8tune fausse leçon. D'ailleurF, ii était tout naturel, quand il s'agissait d'échanger de l'argent contre du cuivre, d'avoir en vue la pièce d'argent la plus petite.

(2) Gela s'ensuit principalement des Gloss. nomicae qu'on trouve sous le mot fdXXic dans Otto ( T/ies., t. ill, p. 1818), et, avec de meilleures leçons Urées d'n;i manuscrit de Sirmond, dans le commentaire de Pétaa sur saint Ëpiphane {de Mens, et Pond., p. 432). Ce point est soigneusement traité par Gronovius (dePecunia t;e/.,Lugd. Batav., 1691, et en parUculier, p. 874}. L'auteur primitif de ces gloses, qui s'appuie sur les meilleurs écrivains de répoque de Justinten> et dont l'âge remonte presque à cette époque même, écrivait : xepixia avril xal vou|i.vfcou< y. Celui qui, à une époque postérieure à la rédaction des Basiliques (vers l'an 900), a remanié ce traité, ajoutait : fixm icpdc t6 vOv xpaToOv (iiXtapT)9ia p^' xjX vo6(1(U>uc 3^'* Y^vdjACva èv Xap^TI^^^ vo(i(9{AaTa ^ {uXutpiidiov iv vo6|i(ioi ^. Cette évaluation du solidus à 12 mlliarensia ou ScxepdTia, ne se trouve point avant Héraclius, mais plus tard très-«ouvent.

(3) Le WiiiotM é^dYpaii{U}v d'Héraclîus {supra, p. 80, note 1) ne peut pas avoir été un miliarense = 1/12 de solldus, parce qu'il en résulterait entre l'or et l'argent une proportion impossible. Il parait plutôt que ia pièce désignée sous ce nom a valu 1/0 de solldus = un demi-tremissis, et que le simple niiliarense de cette époque se trouve représenté dans la pièce d'argent plus petite d'Héraclîus {ihid,, note 3).

ALUAGK.DB L'ABCSbHT DEPUIS LK lU* SlliGLB. 8b

§ iil.

Alliage de l'argent depuis le troisième eiècle.

L'argent était tellement altéré déjà du temps de Septime vaioonetrintëqu. Sévèret qu il contenait à peu près autant de cuivre que de sévtre jotqo'à métal fin (p. 29). Cette proportion de l'argent de 40 à ^*«<^^^"«»- 50 0/0 dura jusque vers l'an 256, avec quelques variations, car des pièces isolées contiennent jusqu'à 70 ou 80 0/0 de métal fin, et dans d'autres, il n'y en a que àO et même 30 0/0 (1). Le monnayage était si irrégulier qu'on voit des pièces de cet empereur, ayant extérieurement la même apparence et dont la valeur intrinsèque varie de SI centimes 1/A jusqu'à 56 centimes 1/A (2).

(1) Il suffit de eiter ici les analyses de M. de Rauch {supra, p. 28, note 1) ; celles de MM. Akennan et Hoefer s'accordent en général avec les pesées de M. de Raoeb. Volusien, (i^,%M, deux essais ; Élagabale et Trajaa Dèce, Oc'.TSO; Voluslep, (r,724 ; Gallien^ 0*^730 (pièce coulée); Caracalla, ù^filZ, cinq essais; Garacalla» i^,Mùti Oc,520; SéTère Alexandre, 0*',SOO, quatre essais; Philippe, 0«%500, trois essais; Gallieu, 0*%500; Gordien, Pnpien, 0«%49O, cinq essais; Sëvère Alexandre, 0*%476, deux essais ; Salonin, Ov,47&; Galllen, 0<',470; Maximln, 0(%4&ô, deux essais; Sévère Alexandre, Philippe, 0^,450; Gordien, Philippe, Trajan lièce, Trëbonlen, 0«%440, deux essais; Philippe, Oc'.UO; Élagabale, 0<%428, cinq essais; Trajan Dèce, (r,406, deux essais; Valérlen, Salonln, 0(',400, deux essais; Volusien, 0<',380; Trèbonien, ÉmlUen, 0*',37O; Gordien, Ov'^se], cinq essais; Sévère Alexandre, Oi'.asS; Sévère Alexandre, Philippe, 0«',a&0; Gallien, 0i',346; Philippe, 0^,320; Trèbonien, Ov,800 et 0i',397.

(2) Deux pièces de Tnjan Dèce, selon M^de Ranch, pèsent i'nne ^,Zî, l'antre 8*r,29; In première ayant 0*',7&0 de métal fin vaut 56 centimes 3/4, la seconde n'en contenant que 0<',406 vaut 30 centimes.

i6 GPABITKS UL

Depuis l'an 256, les pièces ne cootienneot plus que 20 et même 5 0/0 (1) d'argent fin. Depuis l'époque de Yictorin (mort en 267) et sous Claude le Gothique (268-270) jusqu'à Dioctétien, l'argent disparait tellement que les monnaies qui représentent ce métal ne contiennent presque plus que du cuivre, et nous nous réservons d'en parler quand il sera question du monnayage de cuivre. Meui partieiiiier Gc ouc nous vcnous de dire s'applique plus particulière- **^M*uuiô^"*' "*®^^ ^ ^^ P^*^^ appelée Antoninianus, qui était en même •t MitrM piècM. temps la plus répandue ; car, parmi les autres espèces, il s'en trouve quelques-unes d'un métal relativement assez pur. La plupart des médaillons d'argent de cette époque sont de cuivre saucé (2) et quelques-uns seulement sont d'argent fin; il en est de même des deniers et des quinaires (S).

(1) Valëricn avec SECVRIT- PERPETVA ««',199 (Sorel, Mém. de la Soc. d*Hist. de Genèoe, t. I. p. 239); avec VICTORIA AVGG* 0«',143. — Salonlneavec VENVS FEUX 0«',J59 (Sorrt./. cit.). ^ Gailien avec LEG. lill 0«',180; P.M.TR.P. XV (<1c Tan 267), 0«%418;

NEPTVNO CONS. AVG- et lOVI CONSERVATORI , l'une et Vautre, 0<%056, 0«%054 (Hoefer, peséea de dix pièces). ^ PosUime (23S-267), 0i%206 (Akerman) ; Ory204 (Soret); 0<',203, quatre asMia; 0(%079 (Hoefer). Les analyiea qui ne portent pas d'autres oonis sont de M. de Raneb. Las monnaies de Gallien au Cabinet de Berlin avec TR-P.V, TR*P*VII COS.ill, VOTiS DECENNALIB. appartimnent déjà à retto classe, Undis qae celle» avec TR.PII COS*(€/e«.)*ll <1« l'«n 354 et la plupart de celles avec VICT.GERMANICA sont encore d'un bllion passable.

(2) On a des méUailions saucés de Gallien, de P4Mtenie et de Profcas {pat. d^Bnnerjf, p. 904, 306. — Raoïoi, Cat. nwn. vet. Matei régis Damae^ U II, Proàust n* 157). Le inédaiiioji de Probus mentionné plus haut (p. 69, note 2), au contraire, est. d'après le témoignage d'Bckliel (Doet. num. vet.y t. Vn, p. 602), d'argent Un.

(a) Quant au titre du métal des rwei deniers et quinaires de cette époque, nous manquons de tout renseignement; mais Tassertion de MIoiiDet {Méd. Ram., t. Il, p. 96) et de H. de Raucfa (Mith. der num. GeaeiUchaft in Berlin, Hl, p. 292), d'après laquelle on n'aurait poini aaonnayé d'argent depuis Gallien Jusqu'A Diociétieo, n'est guère eiade. Le baron Manhant

ALUAGE DE L* ARGENT DEPUIS LE llV SIÈCLE. 87

Nous examinerons plus tard quelles raisons ont pu décider les princes d'alors à mettre cette différence ratre le denier et le quinaire d'un côté et rAntoninianus de l'autre, en conservant aux deux premières espèces une plus grande partie de leur valeur intrinsèque, tout en oe les faisant frapper qu'en très-petite quantité. Nous ferons ici re-

(Letires sur la numism., p. 390) a publié une monnaie remarquable de Victorin avec la cuuroiine de laurier et d'un argent preaque pur. -^ Cf. Ak/erman {Cat.of Roman Coins, t. I^ p. XVlir, où U est fait mention d'UB Victorin de bon argent. Des quinaires de Probiis^ Numérien, Carin^ d'argent pur, sont cités dans le Catalogue d'Ênnery p. 2G4, 380, 381. Le quinaire de Florien au Cabinet de Berlin n'est paa^ comme nous l'avons dit par erreur {Ferfall des rômischen Mûnzvoesens in der Kaiserzeit p. 236, dans les Berichte der K, sâchs. Gesellschaft der Wissenschaften, philolog^ hist. Classe, 1851), d'argent fin, mais 11 est pourtant d'un titre meilleur que l'Antoninianus de cette époque. Le quinaire de Probus ayee VICTORIA GER* décrit par Froelich (Num, div. cim. Vindob.^ \, p. LXXXIII) comme étant d'argent, ne serait que de cuivre^ d'après Ramus [L cit., Frobus, n* 302). Ce n'est nullement par l'eiret du hasard ou delà fraude que les monnaies de meiileor aloi de cette époque, où le numéraire d'argent (ait défaut^ portent sans excepUon la télé de l'empereur avec une couronne de laurier, généralement si rare, et qui sert à distinguer le denier et le quinaire de l'Antoninlaous. Il parait que des quinaires de cuivre saucé n'ont point été fabriqués arant Probus, et, parmi ceux que cet empereur Ht ilUre, il s'en trouve moins de ce métal que d'argent ou du moins de billon. (le peux citer ici plusieurs déniera de Poslame, de Victorin et de Tétrlcus^ d'assex bon argent, et presque toujours sur ces deniers la tète de l'empertor est laurée, comme le fait observer M. Mommsen. De ce nombre sont testes les pièces à doubles têtes où l 'effigie de Postume est aectmpagoée de la téta d*flereiile et particulièrement celtes qui portant au rerers les travaux d'Her * enie {Rechercke$ sur U0 êmpareurs qui ont régné dans Us Gmiles au III» «•*:/« ifc /'ërccArdfiewitf, pi. I.nM6ipl. ll,n«22;pl.lV,n»47;pl.Y,n-ê7, 98,69, 74; pi. VI, n«91, 92, 93, 9S; pi. VU, n- 190, 106, 199; |Xl.lUI, 1^ 176;pl.XIII,n" 197).«^Foye« anssi les deniers avec la tête isolée et laa^ lée de Poetume (pi Yll, n* U l ; pi. Vill, n* 118; pi. XVI, n*« 246, 249. — Cf. Bgvuê numismatique, 1844, pi. VU! et IX).— Les deniers de Victorin osontrent lea deux tétas de l'empereur et de ^pifcer on la tète isolée et laurée de l'empereur (royex mon ouvrage, pi. XXYI, n«« 19, 20; pi. XXX, n- 96, 96.

marquer que l'édit de l'empereur Tacite (1) qui défend de mêler l'argent avec le cuivre est sans doute une conséquence de ce fait, de même que la reprise de l'émission de véritables deniers d'argent sous Dioclétien. parau da métal L'argent dc Tcmpereur Dioclétien et de ses successeurs tt"e«^*wcc"î^ ^^' ^" général pur (2) ; il n'y a d'altération réelle que •«ars. momentanément et en petite proportion sous les empereurs

Magnence et Jovin (3). Du reste cette altération est interdite dans les codes de l'Empire d'Orient [supra^ p. 25, note 2, et p. 37, note 3). Pendant les premières années du règne de Constantin, on dirait qu'il se fait une tentative pour revenir aux enements du siècle précédent. Il existe (A) des pièces frappées entre les années 316 et 323 reconnaissables à la légende |0VI CONSERVATORI AVGG. et portant en chiffres romains la marque xiir« ^ ^^î veut dire 12 1/2 (5);

— Cf. Revue Numismatique, 1857, p. 21 1). — Les deniers de Télricos montrent la tête laurée de Tempereur, mais plusieurs ne sont que de bronse (Voyez pi. XXXIII, n- 28, 37; pi. XXXVIII, n* 127; pi. XL. n» I65). On connaît une pièce d*argent de Lélien avec la tôle laurëe {Foyez mon ouvrage, p. 120, n" 7). — II y a toutefois des deniers de Postnme d'assex bon argent qui portent la tête radiée de Tempereur et qu'il est impossible, i cause du module, de confondre arec l'Antonlnianus]. J. W.

(1) Vopisc, Tncit,, IX : Cavit ut si quis argento publiée privatimque aes misf^uissetj si quis aura argentum, si quis aeri plumhum^ capital esset eum bonùrum proscnptiane.

(2) Les essais de M. de Rauch donnent pour Maximien 0(%900et 0«%943; pour Dioclétien 0<%948; depuis Constantin jusqu'à Justinien et les Ostrogoths en général 0^,990 à 0*^,980, rarement 0*^940. Une monnaie d'Héraclius et d'Hëraclius Constantin donne 0«%930 d'argent (Sabatier).

(3) Magnence 0(%880; Jovin (an 411) Ok',7SO, d'après M. de Ranch.

(4) Les empereurs représentés sur ces monnaies sont Liclnius père et flis, Constantin I*' et II, Crispus, Martinien (323). La présence de c«8 monnaies dans le trésor de Dahlheim, enfoui au plus tard en 317, prouve que la fabrication avait déjà commencé avant 316.

(5) Cette forme de la lettre S indiquant la moitié, se volt souvent dans les inscriptions latines gravées en Orient à cette époque.

(1) Zr,i (Plnder, p. 221); 2»%85 (Rauch) ; 2«%7 (Cabinet de Berlin).

(2) Ln plupart des pièces de ce genre proviennent des ateliers monétaires de l'Empire d'Orient; mats il y en a aussi quelques-unes de Trêves.

(3) Cf. le Catalogue du major Senckier, Paris, 1847. C'est de ce dëpdt que viennent les exemplaires appartenant à M. de Rauch.

(4) Des pesées ont été faites par MM. Akerman et de Rauch.

(5) Vingt-sept deniers depuis Maximin jusqu'à Philippe donnent un poids moyen de Ss'.OS; dix varient de 2^,^ (=49) à 8«%04 (=47), six pèsent Si'^SS (=60), onze descendent à 2*',46 (=38) d'après les pesées de M. Akerman. Un quinaire de blllon de Gailien avec VICT*GERMANICA pèse ir,8 (CabiDtt de Berlin).

ftlonnaio»

de LIciniua.

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