ALLIAGE DE L ARGENT DEPUIS LE III' SIÈCLE
on les désigne dans les collections tantôt comme monnaies de cuivre, tantôt comme monnaies de billon. M. de Rauch en a analysé quelques-unes et a trouvé qu'elles contiennent 0,300 d'argent fin. Elles se distinguent aussi des monnaies contemporaines de cuivre par leur petitesse, leur poids (1) et par la couronne radiée qui orne la tête des Augustes, mais non celle des Césars, et qui à cette époque ne se voit que rarement sur d'autres monnaies. Le plus grand nombre a été frappé dans la partie de l'Empire gouvernée par Licinius (2) . Ce prince, qui n'a presque pas frappé de monnaie d'argent, destinait probablement ces pièces à en tenir lieu ; nuds leur émission n'a pas duré longtemps, et en Occident on ne les acceptait selon toute apparence que comme monnaie de cuivre, car il s'en est trouvé un certain nombre dans le trésor de Dahlheim qui ne contenait que des pièces de cuivre (3).
Le poids de la monnaie d'argent tomba également au roid*
iir siècle. L'Antoninianus qui avait pesé d'abord de A«',4 à 5*' tombe sous Gordien 111 et les deux Philippe à â»', 7 et A«'. De Trajan Dèce à Gailien il ne pèse plus guère que de 3«',6 à 3«',3 (4). Le denier et le quinaire gardent au contraire unpoidsplus fort, et même dans les derniers temps leur moyenne dépasse toujours 3 grammes (5).
4a MllM.
Oe CBAiPiTRB III.
Eo parlant des différentes sortes de monnûes de Dio<dëtiep, nous avons traité la question de leur poids légal 9 il fHHis reste à voir ici comment il s'est conservé. Le mon* nayage des pièces de Oô à la livre, étant sous Finflueiiee du système qui comptait au poids par livres d'argent, n'a pu subir de grandes réductions. Les pièces sont fort ioé^ gales, mais en moyenne elles doivent avoir leur poids légal : on peut en dire autant du miliarense. La siliqua au contraire qui, comme nous le verrons plus tard, était seule considérée comme subdivision et comme menue monnaie du solidus, a subi le sort de presque toutes les monnaies d'appoint; dans l'origine elles sont émises 4 leur valeur réelle, elles tombent petit à petit à Tétat de monnaies fiduciaires; c'est ce qui est aussi arrivé pour la si^ liqua. La siliqua et la demi-siliqua tombent sous Justinien da 28',27 et l»%t3 à 1«',3 et 0«',66 (1). Sous les rois ostrogoths, la siliqua varie encore de 1>%25 à 1>',A et la demisiliqua de 0«',75 à 0«%86 ; plus tard de 0»',62 à 0«',68 (2) ; pi.xxxix,nM5. sous Ics Vandales, on en voit de 1«',25 et 0»^56 (3) ; sous Héraclius, de 0<%97 et 0<',S8 (A) : il n'est.donc pas étonnant que les métrologues arabes l'aient estimée en virou à 1 •',5 (6) .
(1) Pinder et Friedlaoder, Mûnzen Justinians, p. 26.
(2) Frïedlknder^ Mûnxen der Ostgothen, p. 17.
(3) Friedlânder, Mûnzen der Vandalen, p. 11.
(4) =15 et 9 grains anglais, d'après Pïnkerton, Essay <m Medais,U }, p. Ï74.
(5) La drachme magrebbinienne^ c'est-à-dire la drachme occidentale en général, pèse, d'après Âl-MakrUi (p. 69 etsuiv., 146, 147, éd. de Tychsen), 3/4 de la drachme tlbérieane à légende grecque (les mots légende grecque ne seraient -Us pas le résultat d'une erreur?), et celle-ci pèse 1/2 de It drachme persane {drachma Al^auda ou Bagliensh). La dernière est sans doute I« drachme des Sassanides d'environ 4*'., taudis que la drachme tibérienne est très-probablement oeile des Ispehbèdes du Tabéri^tan^ qui %%X
ALLIAGK DE L'ARMiinr MPO« LE III* SIÈCLE. 01
Vere la fin, la siliqua ne pesait pas beaucoup plus que n'avait pesé originairement la demi-siliqua; mais, éom l'espace de irois siècles, cette diminution n'a rien d'étonnaat, et ne peut nous empêcher de les considérer tontes imiistînctement comme de véritables siliques. Une preuve que la siliqua, malgré la dioûnution de son poids, conser* vait toujours sa valeur nominale et passait encore comme siliqua, c'est que dans le trésor de Coleraine (1) , enfoui vers Tan Ml, près de la moitié des 1,500 siliques qu'il contenait s'est trouvée rognée, ce qui évidemment n'avait eu lieu que pour réduire au poids des nouvelles les anciennes siliques, plus pesantes et plus régulièrement frappées.
Les pièces d'argent fourrées sont très-rares depuis Commode (2) ; il s'en rencontre cependant exceptionnellement sous Gallien etPostume (3) , par conséquent à Textrème limite du monnayage du billon. Le procédé à peu près seiidi)lable comme résultat, mais beaucoup plus expéditif , des pièces de cuivre saucées fit, comme déraison, tomber Pancienne méthode en désuétude. Elles semblent être ex-r cessivement raines à l'époque de Dioclétien et du i^enouvellement de la monnaie d'argent (4), ce qui vient de ce qu'alors l'argent n'était probablement reçu qu'au poids
certainement la moitié de la drachme des Sasaanides (Slordtmann, Zeitschrift der deutschen morgenlànd. Geseilschaft^ t. Vlll, p. |77). La drachme ecciAiBli^VB pe^tf par ^naéquent, esTlron !<'>&, ce qui s'accorde bleo tveo le poldt 4e la sUlqaa des Vandales et de Jostloleo*
(1) Num. Chron., t. XVII, p. 101 el suiv.
(2) Cohen, Médailles impériçklês^ 1. 1, p. I7i.
(3) Eckhel, Dod. num, vf/.,t. I, PtoL, p. GXVL Userait à dtfslrer fue cette <loiio4e Mt exaaalnëe de nouveau.
(4) Une sUiqua fourrée de Julien ayec VOTIS X MVLT- XX« a été trouvée A Wraieier il^na un dépôt de monnaies de cuivre [Num, Chron., U XX; p. 7S); par eoaséquentj on peut conclure de là que dans le com-
1 00 refoMU 4a pEfodce comme pièce d^argeol une sUiqoa fourrée.
02 CHAPITEB III
(iupra^ p. 7 à) ; on ne pouvait accepter que des monnaies ayant une véritable valeur intrinsèque. Ceci nous semble être une nouvelle preuve de ce que nous avons souvent soutenu dans le cours de cette histoire, que la plupart des pièces fourrées n'étaient pas l'œuvre de simples faussaires, mais bien une fraude dont on doit accuser l'administration même de la monnaie impériale.
Monnaies de enivre et de enivre sancë depuis le troisième siëole.
Durée de la mon. Dans la monnaio de cuivre il faut distinguer la véritable prôprementdite! lûonnaic dc cuivre de celle qui était saucée. Au m* siècle, la première n'a eu une certaine importance que sous Sévère Alexandre (1) ; elle a cependant duré encore jusque vers la fin dece siècle. Ontrouve dessemisjusquesousCaracalla(2)y puis encore sous Trajan Dèce (3) ; les as et les dupondius
PI. xxxvi.n» 11. durent au moins jusqu'à Trajan Dèce (A)« et sous ce dernier empereur on voit apparaître une très-grosse pièce de cuivre inconnue jusqu'alors et représentant probablement le quinaire de cuivre (5) ; de tout le cuivre de
(1) C'est ainst que s'explique la légende MON. RESTITVTA oo RESTITVTOR MON*, qui se voit sur des monuaies de caivre de Sévère Alexandre (Eckhel^ Doct. num. vet., t. VII, p. 279).
(3) Borghesi cité par Cavedonf, Num. bibl,, p. 134.
(3) Eckbel^ Doet. nwn, vet,, t. VI^ p. 340, et t. VII, p. 346.
(4) Des as, Ramus, Cat. num. vet Musei régis Daniae, Decius, n** 5i-66; des dupondias, Ramus, /. ciL, n** 6, 1, 19, 66. Les as d'Antiocbe les plus récents que cite Mlonnet, fODt de Trajan Déce et de Trébonien Galle.
(5) Eckhel, l. cit., t. VII, p. 346. — Pinkertoo, Etêoy on Medais, L \, p. 140 et 152. Oo peut déterminer l'espèce d'après le poids : trois ptèees de