‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 3)Chapitre 24 sur 240 · ENFOUISSEMENTS DE MONNAIES AU III* SIÈCLE · texte numérisé non relu

ENFOUISSEMENTS DE MONNAIES AU III* SIÈCLE

moins huit mille pièces dargent, de biUon et de cuivre saucé; on n'a pas pu constater si les pièces étaient séparées par espèces.

De ces différentes découvertes et des autres faits que contéqiienc«dccet nous avons pu recueillir, nous pouvons tirer, sur la circulation des monnaies d'argent du troisième siècle, les conséquences suivantes :

!• Le denier antérieur à Néron = 1/84 de livre avait complètement disparu de la circulation dans toute l'étendue de l'Empire romain, mais il en restait beaucoup au troisième siècle, dans les pays situés sur le bas Danube (stipra, p. 51), ce qui est confirmé par les pièces d'or contemporaines de la Transylvanie, dont quelques-unes portent d'un côté la tète de Gordien III, avec la légende IMP. SPONSIANI (probablement corruption de GORDIANI) et au revers le type du denier de G. Minucius Augurinus (t. II, p. 303, m 109) ; d'autres joignent la tète de Rome coiffée du casque ailé des deniers consulaires, & la. légende de l'empereur Philippe, en caractères barbares et la plupart du temps illisibles (1).

2* Les deniers frappés depuis Néron jusqu'à Septime Deni«rs de Néron Sévère, sur le pied de 96 à la livre et en argent d'assez bon titre, ont dû former, au troisième siècle» la monnaie courante de la Germanie libre. Pour la plus grande partie des trouvailles de cette espèce {supra^ p. 56), il est impossible de déterminer exactement l'époque de leur enfouissement, parce que les pièces qui s'y trouvaient réunies sont

PI. XXVI, n» 5.

k Septime 6é-

^rteno au même postetteur quo celles d'argent et de coi? re aauoé^ citées jdaos la note 10 du tableau, «t^vro, p. 117.

(1) Eckbel, JDoct. num. teL, t. Vil, p. 8ft2 et »i0} cf. t. IV, p. n«. - Neumann, Num, vet , 1. 11, p. 139.

évidemment restées longtemps dans la circulation, quand même on avait cessé d'en frapper de ce genre. Le petit trésor de Bagsvard nous fournit, sous ce rapport, une in*dication précieuse; une seule pièce de Macrin s'y est trouvée mèléft à des deniers du premier et du second siècle ; eùûn la difficulté semble ^tre tranchée par les points de ressemblance qui existent entre ces trésors de date incertaine et ceux dont l'enfouissement peut être positivement fixé au quatrième et au cinquième siècle.

Dans l'Empire romain proprement dit, les deniers antérieurs à Septime Sévère étaient mis à part comme une rareté fort estimée ; nous l'avons vu au trésor du Yeillon; sans aucun doute, une grande partie des trésors indiqués sur le tableau (svpra, p. SA et 65), et dont les pièces descendent jusqu'aux premières années de Septime Sévère, n'ont pas été enfouis avant cette date, c'est-à-dire le troisième siècle. A part quelques pièces rognées ou fort usées, les deniers antérieurs à Septime Sévère ne se trouvent jamais <x>nfondus avec le billon postérieur. Le trésor de Widenhub est le seul, jusqu'à présent, où il s'en soit trouvé pour un vingtième environ delà totalité (1). On peut donc croire une les mots àpr^M Srivipta d'une inscription trouvée en Carie, et qui date probablement du troisième siècle, désignent des deniers antérieurs à Septime Sévère (2).

S* Le billon et le cuivre saucé frappés depuis Septime

(1) Quant à oette troaTalIle» il faut m rappeler que Ton n'en a compté que les reven Yariés, et non pas le nombre des exemplaires; Du reste, les pièces 86 sont troQYées ensemble et mêlées, mais il n'en résulte nullement qu'elles étalent toutes équipoUentes. Car le môme trésor contenait des deniers et des AntoninlanuB, et eerlainement ces deux espèces n'araient pas la même valeur.

(3) Corpui ifucr. graec, n* 283C.

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Sévère ne se trouvent jamais (à l'exception de quelques ribeei de binon pièces isolées) , en dehors des frontières de l'Empire romain, sî^tt^rséli J! dans les limites duquel ces espèces avaient cours forcé, mais elles ne pouvaient pas sortir de ces limites, n'étant qu'une monnaie fiduciaire. Ces mauvaises monniûes se divisent en trois espèces bien distinctes les unes des autres, comme le prouve le trésor de Montroeul : l"" les deniers postérieurs à Septime Sévère ; 2* les Ântoninianus de billon, et 3* les Antoninianus de cuivre saucé; ces deux dernières espèces avaient légalement la même valeur, mais dans le commerce on faisait sans doute entre elles une notable différence. Les deniers postérieurs à Septime Sévère se sont rarement trouvés seuls (1), tandis que les Antoninianus de billon sont communs. Dans beaucoup de dépôts, il est vrai, comme à Thuin, Ladenbotirg, Widenhub et Xanten, on a trouvé les deniers de billon mêlés aux Antoninianus de billon ;mais il ne faut pas en conclure que ces deux sortes de monnaies aient eu la même valeur légale. Quand le trésor est peu considérable, on trouve souvent diverses espèces de monnaies réunies ensemble; il s'est même rencontré un quinaire dans le trésor de Xanten. D'ailleurs qui nous dit que les pièces réunies dans les mêmes vases n'avaient pas originairement été renfermées dans plusieurs

(1) Les deux trésors de Keldeaich et de Mûniuschlag étaient apparemment de cette espèce : le premier (Jahrlnkher des Vertint von Alierihunu' freunden im Rheinlande, XIV, p. 184] a fourni des monnaies d'argent depuis Antonln le IMenx Jusqu'à Sévère Alexandre; la plupart, probablement, ont été frappées par les emperears du iii* siècle; le dernier contenait n monnaies d'argent depuis Ëlagabale Jusqu'à Maxlmln (Seldl, Chronik, X, ly p. IS). Mais^ les rapports donnés sur ces découyertes étant insuffisants, if n'en résulte pas avec certitude que parmi ces monnaies U ne se soit pas troof é d'Antonlnianus.

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bourses? En général la séparation des espèces peut servir à prouver la différence de leur valeur, tandis que leur réunion peut être fortuite et ne prouve pas qu'elles eussent toutes la même valeur. Les pièces contenues dans ces dépôts sont pour la plupart des Antoninianus de cuivre saucé, dont l'émission commença sous Valérien et Gallien; dans les trésors de Nogent, Bailleul, Villoyon, le premier de Reggio et quelques autres des moins riches, les pièces de cuivre saucé se trouvent mêlées avec des Antoninianus de billon; ce qui indique seulement que lors de l'émission de cette fausse monnaie de cuivre saucé, le gouvernement avait réussi, jusqu'à un certain point, à la faire accepter sur le même pied que l'ancienne; Terreur ne fut pas de longue durée, car dans le trésor de Famars, enfoui pendant les premières années de Constantin le Grand, les Antoninianus de billon sont parfaitement séparés des Antoninianus de cuivre saucé, comme nous le verrons plus loin, lufluemo dnèré" &* Enfin Ics événements politiques ont eu une influence quM*sur u d^ considérablc sur la circulation de ces pièces d'une valeur caiation de lar- purement conventionnellc. Les deux trésors découverts à

gent,

Reggio montrent que les Antoninianus des empereure usurpateurs des Gaules n'étaient pas reçus en Italie; en revanche, il est probable que Tétiûcus ne reconnaissait pas non plus les monnaies d' Aurélien, car on n'en trouve presque î)oint de ce prince dans les trésors d' Ancaster et de Mâcon. "Victorin démonétisa probablement les monnaies de son prédécesseur Postume , car, dans les enfouissements gaulois postérieurs à son règne, on ne trouve presque plus d'Antoninîanus à l'efligie de ce dernier (1), tandis qu'aupai-avant ils

'I) [Je ne crois pas que la courte durée du règne de Victorin ait peroiis à

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circulaient en ti-ës-grande quantité. Quoi qu'en aient dit quelques historiens, rien ne prouve qu'Âurélien ait retiré de la circulation, pour les remplacer par des monnaies meilleures, les pièces de mauvais aloi émises par Claude le Gothique et ses autres prédécesseurs {supra^ p. 96 et 97, note 2), car on trouve encore des Antoninianus de Claude le Gothique dans les enfouissements contemporains et postérieurs à Aurélien.

A cette époque, la monnaie de cuivre commença aussi à être enfouie par grandes quantités et même à passer audelà des frontières de l'Empire. Nous avons réuni dans le tableau suivant le résultat des trouvailles de sesterces qui smt venues à notre connaissance (1).

ce prince de reUrer de la cireulelion les nombreueee pièees à Teffigie de son lirédécesseur Poetume. Aax Fins d'Anneoy (supra, p. 115), 62 pièoes de Po»3 tume se sont tronrées a?ec 686 de Victorin]. J. W.

(1) [Je n'ai ajonté aucun nouveau Teoseignement au tableau dre«sé par M. Mominsen. Il est souvent très^diffldle de dlsUnguer dans les descriptions de troQTalUes^ quand il s'agit de monnaies de bronze, de quel module sont les pièces, à cause de Vlnsuffisanee des détails].

1 avec bordure.

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