ENFOUISSEMENTS POSTÉRIEURS AU 111* SIÈCLE
EnfîQ il ne nous reste plus à parler que du seul trésor de Tréêon enfoaia pièces de cuivre postérieures à Tempereur Anastase qui ait été soigneusement décrit, grâce à M. Frîedlsnder (1) ; ce trésor, trouvé à Monteroduni, dans le Samnium, contenait plus de mille pièces de cuivre de petit module; quelquesunes étaient des premiers successeurs de Constantin, les autres d' Anastase, de Justinien, des rois Vandales, surtout des Ostrogoths ; toutes antérieures à Tannée 550. A cette époque, il est vrai, on fabriquait de nouveau des pièces de cuivre d'un plus grand module, mais on s'était habitué à voir circuler en masse celles du plus petit, et on a trouvé des trésors semblables de toutes petites pièces vandales auprès de Philippeville et de Guelma, en Afrique (2).
ioiione puàlica iractari praecipimus, mojoris pecuniae /Iguratione summota. Nullus igitur decargyrum nummum alio audeat commutare, sciens fisco eandem pecuniam vindieandam, quae in pubiica potuerit conversatione de^ prehendi, (Cf. supra, p. 84, noù 1 et p. 100, note I).
(1) Mûnxen der Vandaitn, p. 41.
(2) BorreU, Num. Chron., t. XVH, p. 5 et 11.
Flnctuatloa da dMicr.
CRISE MONÉTAIRE OU TROISIËXK SIÈCUw
Dépréciation du denier.
L*unité de compte sous rEmpire était le sesterce valant un quart de denier, ou un centième de la pièce d*or; jusqu'au changement de la monnsûede cuivre ordonné par Dioclétien, les comptes officiels se faisaient en sesterces (1) ; et nous savons d'une manière certaine que quatre sesterces valaient un denier, et vingt-cinq deniers un aureus (2). Dans
(I) les dernières mentions da calcul en sesterces se rencontrent dans les rescrlts de Valérlen (Vopisc. Aurelian., XI 1 : m aère H S quinquagies) et d'Aurélien (Vopisc. Bonosvs, XV : aeris HS deeies), et chei Enmène, dans son discours (Pfo reittaurandit schoNf, c. \i, 14,) prononcé en l'an 29G. Après avoir noiiflé son brevet d'installation, qui flxe ses appointemei.ts à six mille nummi [sexena milia nummum) , l'auteur ajoute que Irs appointements de trois cents sesterces {irecena sesteriia) dont 11 Jouissait Jusqu'à ce moment, avalent été doublés. Il a déjà été remarqué {supra, p. 81) q*ie la Chronique de la ville, depuis César ju»qa'à Dloclétlen et Maximien, indique les comptes en deniers.
{f) Dion Casslus (LV, 12), qui écrivait en 2J9, évalue encore l*aureus à 25 deniers. Valérien faisait payer aussi la solde annuelle du tribun militaire, fixée autre part {infra, p. 143, note) à 25,000 sesterces, avec 150 + 4?
4- i— = 250 (-) pièces d'or (Trebell. Poli. Claud., XIV). Le grammairien
cité par Priscien {De fig. num , HP, probablement Dardanus, si la conjecture
DÉPBÉCIATION DU DENIER. iAl
la proportion de l'or à l'argent (1=9,375) et de Targent an enivre (1=80) que nous avon» établie ci^essus [supra , p« àS)y pour Tépoque entre Trajan et Septime Sévère, les deux métaux secondaires étaient évidemment estimé.^ beaucoup au-dessus de leur valeur intrinsèque, mais cette valeur factice pouvait facilement se soutenir en face de l'immense quantité de pièces d'or qui circulaient, et, en effet, nous ne voyons nulle part rien qui puisse nous faire supposer que l'argent ou le cuivre aient d& être acceptés, même momentanément, au-dessous de leur cours légal. Le m* siècle amena de grands changements par suite de Tinégalité da nK>nnayage de l'or qui pesait tantôt plus, tantôt moins que le poids l^al ; il n'y avait plus proprement dit de proportion fixe entre les diverses espèces de monnaies ; suivant toute apparence, le denier ne valait déjà plus alors 1/25, ni le sesterce 1/100 de i'aureus. Le denier d'or de Septime Sévère pèse l/i5, celui d'argent 1/96 de livre ; le premier est d'or pur ; le dernier contient environ 50 7o d'alliage. La proportion des deux métaux était donc réellement de 1 : 5, 9. Le denier pouvait d'autant moins conserver cette valeur élevée que l'on commençait à faire une différence entre les nouvelles pièces et les anciennes qui étaient meilleures ; déjà même beaucoup de ces anciennes pièces avaient passé la frontière. Après la réduction du poids de Faureus par Garacalla, la proportion devint 1 : 6,5-, mais cette proportion, avantageuse pour l'argent, fut bieiitôt annulée par l'abaissement de son titre. En prenant pour
émise plas haut (supra, p. 82, note I) est jaste, et les gloses de Philoxéne, dans le cas oà elles aient été bien eorrigées {supra, p. 58, note 2. — Cf. p. 7! , note 3 et surtout la fin de cette note, p. 72}, ont en en vue l'usage classique de ce mot, non pas celui de leur temps.
base du calcul un denier de bon poids, avec &0 V* de métal fin, ce qui est la plus grande valeur qu'on puisse lui donner, Taureus de bon poids pesant 1/50 de livi'e devait se trouver vis-à-vis du denier comme 1 : 5,2.
Il est donc évident que dans de pareilles circonstances le denier de Septime Sévère devait tomber au dessous de sa valeur légale ; aussi, outre la distinction dont nous avons déjà parlé, entre les deniers frappés avant et ceux frappés après Septime Sévère, nous reste-t41 beaucoup de preuves de cette dépréciation. Par exemple, les historiens vantent le bon marché de la viande dans la capitale sous Sévère Alexandre, en disant qu'elle valait de un à deux deniers; ceci n'est admissible, que si Ton compte le denier à quarante ou quarante-deux centimes (nipra, p. 71, note 3), mais cette assertion ne serait pas vraie, si le denier était évalué à 1/25 d'aureus, c'est-à-dire quatre-vingts centimes. Ainsi déjà à cette époque un aureus de bon poids devait valoir plus de vingt- cinq deniers.
Décret dâagftbaie Une nouvcUe preuve de la dépréciation et de la déconsiliront dts im^I dération qui frappait l'argent, se trouve dans le décret qui, sous Élagabale, ou peu de temps avant lui, ordonne que tous les impôts de l'Empire soient désormais payés en pièces d'or (1) . Cette mesure est une vraie banqueroute, comme le serait de nos jours une mesure gouvernementale qui aurait pour but le refus d'accepter en payement la monnaie fiduciaire ou d'appoint et les billets de banque pour leur valeur nominale.
(0 Umprtd. Sev. Alex., XXXIX. — Cf. Dion. Ca«8., LXXH, 16. De là résulta rintroducUon des Uers d'aureus sous le règne de Valérien (supra, p. GO). Cette mesure ne s'éteudait pas Jusqu'au communes : [6câ7ii «] oXi X WU foii«î<i> ypufftou Xe(Tpa;.... (Corpus Inscr. gr» n" 2040).
•itiont en or.