DÉPRÉCIATION DU DENIER
A partir de cette époque, les ordres de payement fixent non-seulement la somme en sesterces (aeris^ sestertium)^ mais établissent en quel métal et en quelle espèce de monnaie le payement doit être effectué (1).
La différence du cours doit avoir été encore bien plus Fluctuation de
^ rAntonlnltntu.
sensible pour l'Antoninianus ; mais quant à cette espèce de monnaie, il nous est difficile d'arriver à des résultats satisfaisants, parce que nous ignorons quelle était original-
(i) Lamprid. Sev^Alex., XXXIII : Numquam aurum, numquam argentum, vix pecwûam danavii. Dans une lettre du proconsul Claude Paulin, adressée en 288 à un tribun militaire (Cf. nos Bpigr.Anaiecten, n* 22, dans les Btrichte der Leipziger Gesellschafl der Wissenschaften, 18S0), U est dit : cujus miiiiiae solarium, id est H S XXV n., in auro suscipe, et peu avant : eux
[H S XXV n. salajrium miiitiae in auro misit. De même la solde du
tribun Claude est payée tout entière en or (supra, p. 140, note 2], tandis que le tribun Probus reçoit do Valérlen 100 aurei Jntoniniani, 1000 argentêîAureliani, 1 0000 aerei Phiiippei (Vopisc., Probus, IV). Un antre général reçoit de Valérien, pour fournir aux dépenses des Jeux : 300 aurei Antoniniani, 3000 argeniei Phiiippei minutuîi, in aère HS quinquagies (Vopisc, Aurelian,, XII); un autre obtient du même empereur, comme frais alimentaires, pendant un voyage d'inspection : 2 aurei Antoniniani, &0 argeniei Phiiippei minutuîi, aeris denarii centum (Vopisc, Aurelian,^ IX); un autre encore reçoit d^Auré.'len : 100 aurei Phiiippei, 1000 argeniei Antoniniani, aeris HS decies (Vopisc, Bonosus, XV). On pourrait supposer, et cette opinion paraîtrait naturelle au premier moment, que les sommes énoncées en troisième lieu, dans tous ces passages, représentent la monnaie de cuivre, et aient été payées en cuivre, mais cette supposition ne serait pas juste, parce que sous le règne de Valérien, la monnaie de cuivre ne circulant pas en trop grande quantité, sa valeur métallique n'était pas beaucoup inférieure à celle de la monnaie d'argent {supra, p. 104, note 1), et parce que les empereurs^ dans des actes of&dels, ne pouvaient guère traiter de cuivre leur monnaie de cuivre saucé émise comme argent {supra, p. 96, note 2). Cela admis, c'est dans le sens ancien qu'il* faut prendre les deux génitirs aeris et sesteriium^ n'ayant encore qu'une seule et même signiflcaUon {Voy. t. li, p. 31 et suiv.); de façon que le paiement étant simplement ordonné, il était laissé à la volonté du caissier d'en choisir les espèces.
ihh CHAPITRE y.
rement sa valeur nominale par rapport à l'aureus et au denier. Cependant, comme dans l'origine il pesait l/6i et le denier 1/96 de livre, et que le métal de l'un et de l'autre était également mauvais, il est probable que l'Antoninianus devait valoir plus que le denier.
D'après la valeur du métal on pourrait estimer l'Antoninianus à un denier et demi ; il en faudrait donc 16 2/3 pour faire un aureus; mais cette proportion n'est pas vraisemblable, d'abord à cause de cette proportion irrégulière et peu commode, et parce que la masse considérable d'Antoninianus que le gouvernement faisait alors frapper, doit nous faire supposer qu'il y trouvait plus de profit que dans l'émission du denier ; enfin (ceci est au fait la raison la plus probante) parce que dans le royaume du Bosphore, dont la monnaie n'était autre qu'une imitation de celle de Rome, l'émission du double denier coïncide avec la première émission de l'Antoninianus. Plus tard, ces doubles deniers du Bosphore remplacèrent tout à fait les deniers en Orient, comme l'Antoninianus les remplaça en Occident. On peut donc admettre que dans l'origine FAntoninianus a été considéré comme un binio ou double denier; et il parait qu'encore sous Valérien, c'est cette valeur qui lui était attribuée dans les caisses- publiques. 11 est cependantprobable que cette valeur nominale ne tarda pas* à être élevée (1).
(I) II est plm que probable qoe la solde de Probas, qui lui fut allouée lors de sa nominaUon au tribunat, moniant à 100 aureiy 1000 arffentei Aureitani et 10000 aerei Philippei, correspond parfaitement à la solde des tribuns, qui est connue d'aiUeurs, de 25000 sesterces ou de 2&0 plî^oes d'or {supra, p. 140, note 2 et p. 143, note); cependant, H faudrait, pour se conformer aux chiffres de la note p. 143, admettre que les sommes ont été indiquées en nombres ronds et aroir quelque cgard au cours. La pre*
)>£l»ttÉC(AT10Pr DU DENIER. 1A5
On a publié une pièce remarquable sur laquelle on voit d'un côté les têtes de deux empereurs, suivant toute apparence, celles de Valérien et de Gallien, portant des coufx)nnes radiées. La légeude est FELICIBVS AVGG.» et le revers porte l'indication de la valeur : QVATERNIO (1)- €ette pièce, qui a tous les caractères de TAntoninianus, était donc estimée quatre deoicrs par ceux qui la faisaient frapper, et la monnaie ronmîne suivait ainsi les mêmes erremenis que la monnaie de Syracuse et celle de Rhegium, où la litra, d'abord d'argent, était devenue une monnaie de cuivre avec une valeur bien moindre que dans les commencements. De semblables opérations devaient nécessairement se renouveler : ainsi, lorsque nous voyons, sur les Antoninianus frappés sous Aurélien et après lui^ leur valeur indiquée par les chiffres XXI ou KA et par le chiffre XX sur ceux frappés à Trêves (2), il en résulte que TAntoninianus avait acquis ra-
miére et la troisième somme font ensemble <O0CO sesterces; si, pour 5000 festerceSy au lieu de 625 douilles deniers^ qui seraientré'iulTalent véritable, il en est donné iOOO^ il est éTident que la yalcur nominale de la solde n'élalt pas de 25000, mais de 28000 sesterces ; surplus que le tribun, cependant, nperdait sans doute sur le cours, parce qu*il n'était payé en moouale d'or qu« 40000 sesterces.
(1) Marquis de Lagoy, Revue numism,, 1855, p. 392. Un exemplaire retouché se trouve décrit dans le Catalogue Pembroke, p. 303. Criui du marquis de Lagny est de blllon et pè.«e 4"*','î8 (=0'*).
tS) La marque XX ne se voit que sur les menneies de l'atelifr de Trêves^ depuis Aurélien Jusqu'à Probus : remarque que nous devons à M.Jules Fiiedlânder, ainsi que beaucoup d'autres bonnes ob^crvaiionF, ^quoique souvent nous n'uyons pas cité son nom. L'indii-oUon de la valeur se trouve encore^^ après la réforme du monnayage de cuivre eous Diocléiien, Sur les nouvelles pièces de deuxième grandeur (supra, p. 08} avec la légende OENIO POPVLI ROMANI, mais seulement, «ce qu'il semble, sur ceiii s frappées à Alexandrie (Ramus> Caf, num. ret. Musei régis Daniae, Maxi, mian. fïercut,,n**h\ 50^ ConstanHus Chhrus,n* 29; Gafer. Maximiai^, I»» 10
iâ(5 CHAPITRE y.
pidement une valeur nominale de vingt à vingt et un de-^
niers, tandis qu'en même temps sa valeur métallique dimi-^
nuait etavait passé du billon au cuivre saucé.
u rfcnfcr (tevient ^^^^ °^"^ donue la clef de la transformation du denier
"cui/r°''du" *** ^^^ ^^^^ voyons s'opérer à cette époque. Le simple de-
raieur minime et nicr, quoiou'il ne sc trouvât plu» dans une proportion
plus tard uno '. ^ ,, t ^ ,.
monnai* régulière avec 1 am*eus, ne partagea pas le sort de 1 Antonie comp c. nianus, parce que, depuis Gordien IH, son émission avait été suspendue, et que ceux qui restaient dans le commerce* étaient d'anciennes pièces d'une valeur relativement supérieure. Il en résulta que l'ancien denier, comme valeur monétaire, se distingua parfaitement de celui qui servait de base à l'Antoninianus, et pendant que le premier alors nommé argenleus restait toujours une monnaie moyenne d'appoint, l'autre tomba peu à peu jusqu'au point de devenir une monnaie de compte qui n'était plus représentée par des monnaies réelles. Nous n'avons pas besoin de prouver que dès le temi>s d'Aurélien, et peut-être même avant, la^ dépréciation du denier servant de base à la valeur de l'An* toninianus, était déjà un fait accompli, et que même avant Dioclétien, et officiellement, il n'était plus compté comme 1/25 de Taureus; mais il est difficile de déterminer les moments d'arrêt qui eurent lieu dans cette marche progressive vers la dépréciation complète. Une seule chose est certaine, c'est que l'Antoninianus, quoique déjà fort tombé dansle commerce, valait cependant encore sous Gordien lit
n* 11). — n se peut quo^ dans les chiffres qui se rencontrent souvent âr Tcxergue des Antoninianus, principalement depuis Galllen, ceUe indication do la valeur se trouve confondue avec les marques des ateliers monétaires ; il. serait ù dcsirer qu'on étudiât avec soin toutes les pièces qui portent des Indications numérales.
DIMINUTION DE LA MONNAIE d'oR. 147
plus que sa valeur métallique ; la preuve nous en est fournie par la quantité d'Antoninianus fabriqués par les particuliers, à rimitation de ceux du gouvernement, et qui sont parvenus jusqu'à nous {supra^ p. 15 et note 2),
Le système monétaire romain, depuis T époque de Gai- lc sysf^nw lien jusqu'au milieu du règne de Dioclétien, peut être con- L troisième ^
• t i t i . T • ilbclo n'e-t Qu'une
i5idéré comme une banqueroute en permanence. La monnaie b4nqu«ronte qui servit à consommer cette banqueroute fut FAntoni- «»p«'***°«n««nianusque Ton pourrait appeler Y assignat de cette époque. On en fabriquait des masses considérables pour parer aux embarras du trésor; nous avons vu que dans l'enfouissement du Veillon, sur moins de S0,000 pièces, il s'en est trouvé 20,000 de Postume; à Caudebec, sur 8100, 6800 de Postume; à Mâcon, sur 26,000, 18500 de Tétricus.
Peu à peu toutes les autres monnaies, d'abord celles qui avaient une valeur réelle» puis celles qui n'étaient pas tout à fait sans valeur, furent entraînées par ce tourbillon et disparurent dans le gouffre. De là vint la diminution du monnayage de l'or au troisième siècle.
Diminntlon àa U inoxiDaîe d'or, conséqtieiTees de cet état précaire et crise commerdale.
Les fluctuations de la monnaie n'étaient pas sans avoir Diminution de u une certaine influence sur le commerce qui se faisait avec les pays étrangers, avec l'Inde en particulier, où la monnaie d'or était seule acceptée (1). La diminution irrégu-
(1) LessaTanttqol s'occupent des anUquftéa Indiennes rendraient un véritable service à la science s'ils donnaient des détails exacts sur les monnaies romaines qu'on rencontre dans les Inde?. Il parait que les monnaies d'or et d'argent qui s'y (rouvent appartiennent pour In plupart au i"' sièjlc.
H8 cffAprrftÉ t.
lière et bwis mesure des pièces d'or au m* siècle peut s'expliquer par une tendance, assez naturelle du reste, de lur conserver une espèce de proportion avec la monnaie d'argent qui se dépréciait si rapidemenu Nous avons déjà va que les deniers postérieurs à Septime Sévère, et h plus forte raison les Antoninianus, ne passèrent pas les frou>tières de la Germanie, où presque toutes les pièces d'argent fin allèreiW; se réfugier. La fabrication des deniei*s et de» sesterce» cessa de fait avec Sévère Alexandre, époque de- Vémission surabondante des Anloninianus. Si cette émission avait eu lieu dans des proportions régulières, ces deux monnsdes' eussent pu* donner encore au trésor un bénéfice assez considérable ; niais elles furent tellement écrasées, si Ton peut s'exprimer aînsir, sous la masse des Antoninianus, que depuis lors leur émission devint peu lucrative, si ce n'est onéreuse. Le sesterce en particulier devait avoir au m* siècle encore une véritable valem* intrinsèque, car on le trouve souvent enfoui, et il passa la frontière de la Ger* manie {supra^ p. 125) y ce cgii n'eut pas lieu pour l' Antoninianus. Il en résulta que le poids et le titre des sesterces frappés sous Gallien et Postume furent sensiblement réduits {supra, p. 03) y et que même beaucoup des rares sesterces de Postume et de Gallien* se trouvent avoir été encore rognés. Il n'y a pas d'exagération à dire que, dan» le dernier tiers du iir siècle, il n'existait plus dans l'Empire romain aucune monnaie ayant une valeur intrihsèque correspondant à sa valeur nominale, pas môme unepièce de laiton ou dé billon. La masse d' Antoninianus sans valeur qui furent alors enfouis ne s'explique que par Fimpossibilité où l'on se trouvait d'avoir une autre monnaie^ Dans le trésor de Rouen {supra, p. 118, note 3S), suir ^29 pièces de cuivre, il ne s'en est trouvé que trois d'ar-
DlMlNUnON DE lA MONNAIK DOR. Ii9
gent, et quatre dans le trésor de Gallarate, sur 3,500 pièces {ibid.^ note 37), bien que Tun et Fautre n'aient été enfouis que peu de temps après l'émission des nouvelles monnaies d'argent âous le règne de Dioclétien. Les moules de terre cuite que l'on a trouvés en grand nombi*e prouvent que l'imitation des monnaies ne s'était pas étendue jusqu'à contrefaire l'Antoninianus de cuivre saucé, et c'est là une preuve de plus du discrédit dans lequel il éftaît tombé (1).
Les monnaies d'argent et de cuivre frappées daais les ()rovinces furent elles-mêmes entraînées dans la crise gé- ^lérale. L'admissioo des tétradrachœes d'Antioche dans la monnaie de FEmpire, sous le règne de Gordien III (2) , •malgré la faiblesse de leur titre qui en faisait du vrai billon ; la même faveur Accordée par Philippe à une partie •du bronze frappé dans la province de Syrie (S) ; enfin la cessation de ces divers monnayages» vers l'époque de Gal- 4ien (i), tout cela s'explique parfaitement par les efforts Kpie faisait le gouvernement pour i-elever la valeur de la •monnaie de l'Empire. Pour y parvenir, on lui assimila de nouvelles monnaies qui conservaient encore une apparence
(1) Les moules ne descendent pas, du moins pas en nombre coosldérable, plus bas que le règne de Gordien \\l; d'où il tant bien conclure que I<*8 fauxinonnayeurs trouvaient mieux leur compte & contrefaire TAntonlnianus de billon que celui de cuivre saucé. Car les trourallles prouvent d'allleivs que ces deux espèces n*« valent pas la même valeur.
[Des moules assez nombreux de monnaies à Tefilgie de Postume ont élé trouvés à Uamery (llarne). ifiecue mm., 1837, p. I7l et suiv.; 1830, p. 4Cô].
(2) Mîonnet, t. V, p.lSi, et sulv.. n«* 283 et suiv. Avec S. C. et MON. yRÉ[. MIonnct, /. ait., n"' 28&, 28G et suiv.
(3) Miunnel^ 1. 1, p. 419, n»* 360-301 ; t. V, p. 589, u« 50. (0 Eckhel, DocL num. vet., t. IV, p. 500 cl t. VU, p. 475.
i50 CHAHTBE T.
de valeur réelle ; il détail nécessairemeDt en résulter que bientôt ces monnaies disparaîtraient elles-Bfièmes comme avaient disparu les deniers romains d'argent et de billon ainsi que les sesterces. C'est ce qui eut lieu en effet. Dans celte période terrible, on vit disparaître en même temp» les derniers vestiges des institutions politiques qui jusqu'alors avaient pu survivi-e dans l'Empire; même la civilisation antique commence déjà à s'effacer.
«ÉOnCANUATION BË iLA MONNAIE AU IV* SIÈCLE. 'lÔl
RÉORGANISATION DG L\ MONNAIE AU QUATRIÉUE SIÉdLE.
Nouvelles proiiortions dans la valeur relatWe des métaux.
C'est sous le règne d*Aurélien qu'on commence à entre- éaih d'Aur<nten, voir les premiers symptômes d'un retour à tine meilleure d'ttutwTiwir*» situation (270-276).'Ce prince «nitunegrande énergie à ré- ^^'"^n^rJ!^* primer les abus de l'admimstration des monnaies; il employa même, -comme nous l'avons vu (st/pra, p. 96), la force des armes pour réduire à l'obéissance les ouvriers récalcitrants ; il supprima les ateliers municipaux, établis •dans les principales villes de l'Empire, ne conservant que celui d'Alexandrie. Son successeur Tacite défendit sévèrement, du moins en principe, comme un système déloyal et désastreux, l'altération des monnaies et les pièces fourrées (sMpra, p. 88 et note 1). Tacite avait déjà, en qualité de séîiateur, puissamment contribué à la réforme tentée par Aurélien. 11 est donc certain que ces deux empereurs avaient sincèrement l'intention de rétablir une monnaie d'argent véritable, et de régulariser le monnayage de l'or; au nombre des mesures qui prouvent ce désir, fut l'édit qui mit des bornes à l'emploi abusif de l'or pour tous les usages dont le résultat était la destruction et la fonte du métal (1).
(I) Vopisc, Aurelian.y XLVI : Habuit in animo ut aurum neque incarnerait neque in ttmietts neque in pelles neque in argentum mUteretur^ dicens plus
CHAPlTnE Vf.
MaximI'-n, CoBstantta.
Division de
rKiapIn*. lUreK
du cuivre en
Occident.
Son nhontlanec Orient.
Dioclétien et Maximien persévérèrent dans cette vole en émettant des pièces d'argent fin. Leur œuvre de restauration fut couronnée par une émission abondante et régulière de pièces d*or sous Constantin le Grand; cependant la monnaie fiduciaire, qui n'avait qu'une valeur lictive, était trop abondante et d'un usage trop général pour qu'on pâl la supprimer facilemeut. Il y eut donc du bon or et du bon argent, mais, en même temps, il resta dans la circulation des pièces de cuivre qui conservèrent d'abord une certaine valeur sous Dioclétien, mais qui furent bientôt dépréciées^ à cause surtout de l'énorme masse qui en fut émise^ et dont la valeur alla en diminuant de plus en plus jusqu'à la division de l'Empire en 395. A cette époque, toutes les pièces de cuivre de grand module furent démonétisées par un rescrit impérial, ce qui ramena, il est vrai, l'ordre dans les monnaies, mais aux dépens d'un grand nombre de particuliers. C'est probablement ce qui décida les Francs & baser tout leur système monétaire sur les métaux précieux, et en particulier sur l'or ; ils n'eurent que peu de mon- ' naies de cuivre, frappées probablement à l'imitation de celles de TEuipire, et elles n'eurent jamais coui^ que comme monnaies d'appoint.
En Orient, l'empereur Anastase reprit au contraire tous les anciens errements, et nous voyons que, dès le règne de
auri es*e in rerum naiura quant argenii, std aurum per varias brattearum^ filorum et liquationum usus perire, argentum autetn in sua usu manere, Jdem dederat facultaiem ut aureis qui velient et vasis uterentur et pocuiis. Dédit praeiereapotestatem,ut argentaiasprivaticarrucashaberent.-^yopïK , Tacit., Xï : Auroclavatit vestibus idem interdixit; nam et ipse auctor Aurelioiio fuisse perhihetur, ut aurum a vestibus et cameris et pellibus submoveret.On voit deux choses dans ces passages : d'abord qu'on le plaignait alors de la rareté de l'or^ et puis qu'Aurélien considérait, et avec raison, la monnaie d argent comme secondaire et la monnaie d*or comme principale,