LA SICILE
aiissi bien que la manière dont on s'y prit pour la mettre à exécution.
Les petites monnaies de cuivre restèrent dans la circulation plus longtemps; elles durent cette faveur à ce que la litra de cuivre, valant un dixième de sesterce, répondait parfaitement à une division du système romain (t. I, p. 118). Mais de ce que ces petites monnaies de cuivre basées sur la litra de cuivre étaient des parties aliquotes de Tas, il ne s*ensuit pas que le système romain leur servit de base ; les globules qu'on y voit ne prouvent rien pour ou contre, puisque cette manière de marquer est commune aux deux systèmes de Tas et de la litra, aux temps qui précèdent la domination des Romains.
Quant aux monnaies que les gouverneurs romains (1) firent frapper en Sicile, elles appartiennent en très-grande partie au système des as ; elles se distinguent des monnaies indigènes par les noms latins des gouverneurs et par la manière dont le nom de la ville où elles furent frappées est écrit, car ce nom n'est jamais mis en entier; il y en a de deux espèces qui sont comtemporaines et probablement en rapport proportionnel Tune avec Tautre, puisque les monétaires M'. Âcilius et Naso en ont frappé des deux espèces. La première se rapporte parfaitement aux monnaies de cuivre de Panorme (2); on y voit la tête de Jupiter, et, au revers, mi guerrier debout, plus rarement un aigle.
Cairre sicUlen.
Deux espaces
de monnaies
proTindalds de
cnlTre sons
les Bomalas.
(1) Cf. Eckbel, Doc^ num, vet.j 1. 1, p. 124.-^ Franc, e Ludoy. Landolina Paternô, Monografia deile monete consolari-sicule, Napoll, 1852, in- 4*. — Fr. Landolina Paternô, Leltera al Riccio intorno adaicune monete romano^ sicole, Calania, 1853, in-S^^oùTon trouve beaucoupide choses nouvelles, mais aossi bien des pièces qui n'appartiennent pas à cette série.
(2) Voy, sur ces monnaies panormitaines^ MIonnet» t. 1, p. 278, n** 610; SuppL, 1. 1, p. 421,nM37,
238 GHAPITBE IV.
La seconde espèce se compose de trois pièces qui diffèrent de module et de poids. On voit toujours la tête de Janus sur la pièce principale, celle de Jupiter sur la seconde, la tête d'Hercule alterne avec celles d'Apollon et de Gérés sur la troisième; au revers, on trouve presque toujours le nom du monétaire ou son emblème, plus rarement l'emblème de la ville dans une couronne de laurier; quelquefois un symbole particulier y est ajouté en petit, par exemple, la louve avec les jumeaux sur les pièces qui ont pour type la tête de Janus ou celle de Jupiter et qui portent le nom de P. Terentius. Ces pièces n'ont pas d'analogues dans les monnaies siciliennes ; elles ont été frappées à Panorme au temps de la République (t. II, p. 59, note 1); la seule marque d'atelier que Ton y voit (1) indique probablement cette ville, ce que du reste, confirment le style de ces pièces et les endroits où on les trouve; un seul monétaire, qui indique sur ces pièces la charge dont il était revêtu, y est désigné comme questeur (t. II, p. 59, note 1); nous en conclurons avec probabilité que les autres magistrats monétaires étaient aussi des questeurs, et nous attribuerons toute cette monnaie de cuivre aux questeurs de Lilybée. La première de ces deux espèces de monnaies est évidemment àe la même valeur que la monnaie des villes ; la seconde nous représente la série des as, semis et quadrans; mais, comme nous l'avons vu pour l'Italie méridionale (supra, p. 19A), ces as et fractions d'as romanosiciliens ne ressemblent pas à la monnaie de la République, et on leur a donné avec intention toutes les apparences d'une monnaie locale (supra, p. 19â et 195); jamais on n'y
(1) n^ (Eckhel^ Docf, num, vet.yi, I, p. 234). La vraie signification de ce moDogramme serait Portus{l) : Portus était peut-être le nom que les Romains de la République donnaient à IIdvop(ioc.