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L'ESPAGNE

Cette pièce, que nous pouvons assimiler aux as de Panorme dont nous venons de parler, a été probablement frappée en Sardaigne, sous le règne d'Auguste; on la trouve dans l'île assez souvent et rarement ailleurs (1).

§ IV

L'Espagne cîtërieare et ultérieure, provinces romaines en 648. îo6 av. j.-c.

Les pièces d'argent de ce pays suivent les unes le svs- ^"«'«""«s p'^*»

. t . , ^ d'argent.

tème romain, les autres un système national particulier ; parmi ces dernières, on compte les pièces d'argent espagnoles à légendes grecquesou puniques, savoir : les pièces des colonies grecques de Rhoda et d'Emporium, situées à Textrémité nord-est de la Péninsule et qui pèsent de â»',46 L. . y^ ^, à 6^%05 (2), et les rares pièces de Gadès pesant au plus ' 34 i)^y 2«f',28 (3) ; il existe des piècesà légendes celtibériennes correspondant par le poids, quelques-unes aussi par le type, à ces deux espèces de monnaies (A) ; il est probable qu'elles

(1) Spano, BmII, arch,, Sardo, l, p. 9 et saiv.

(2) La piôce la plus pesante que nous ayons rencontrée, avec la légende POAHTON (Tète de femme couronnée d'épis, ql Rose) pèse encore, quoique endommagée, S^fih (=95, Hionnet, Suppl. t. ï, p. 48, n» 349). D'autres, ju8qu'auminlmumde4«%46(=84,Mionnet,t.ï,p. 41, n»295). Voy. Mionnet, Hunter, Mus. Brit., Leake, Lorichs; les poids sont très-inégaux, surtout ceux des pièces de fabrique barbare que Ton rencontre fréquemment.

(3) Les trois seules pièces qui aient été pesées donnent 2^^,23 {= 42, Mionnet, 1. 1, p. 12, n<» 77), 2»%13 (Delgado, Catal. Lorichs, p. 12) et 1»',89 (= 29 1/4, Cat, Northwick). Il y a encore une piôce plus petite (Lorichs, Recherches numism, sur les médailles celtibériennes ^ pi. L, n** 4 et 5), dont le poids n'est pas connu.

(4) Aux monnaies d'Emporium, il faut joindre celles qui n'en diffèrent que par les légendes, eoit demi-barbares, soit celtibériennes, par exemple : Lorichs, /. cit., pi. XLYl, n» 711, pL LXXXVIII, n- 11-13; à celles de

le modble romain.

représentent l'unité et le double de Tunité. Il n'est guère possible de faire entrer d'une manière certaine dans le système hellénique ces monnaies qui occupent une place si isolée, et dont le poids n'a même pas encore été fixé d'une manière positive ; la série dont elles semblent se rapprocher le plus serait celle de Gorcyre (t. II, p. 90, note 2) dérivée du système monétaire perse, et elles en représenteraient la moitié et le quart (1), Ce monnayage a commencé, sans aucun doute, avant l'époque romaine ; nous ignorons complètement quand il a cessé.

La grande masse des monnaies espagnoles d'argent diff«briquéel*!nr ^^^^ essentiellement de ces pièces ; ces monnaies appartiennent à un système tout à fait différent; elles ont toujours une légende celtibérienne ; on n'y voit jamais de lettres grecques ou latines ; le nom de la ville change, mais le type reste toujours le même; c'est une tête qui a quelque analogie avec celle d'Hercule, et au revers on voit un Dioscure (2). Ces pièces, toutes de même module, peu* vent être considérées comme les équivalentes du denier ro-

cades^ il faut Joindre les pièces qai ont pour type le taureau^ souvent à face humaine (Mionnet, Suppl., 1. 1, p. 122, n* 719. — Lorlchs, /. ci/., pi. LXII). Le poids des dernières est de 2*%5& (Delgado, Cat, Lorichs, p. 60} ; Sf'.O? (= 39, Blionnet). Le signe O sur plusieurs pièces avec le taureau pourrait indiquer la moitié (Lorichs, p. 164).

(1) On ne trouye aucun rapport direct entre ces pièces et les monnaies carthago-siciliennnes (t. 1, p. 118 etsuiv., et p. 271 et suiv.. Annexe A), et en effet ii n'est guère possible de s'attendre à des rapports à cause de l'apparition relativement récente de ces divisions d'un système tout particulier (t. I, p. 121).

(2) La curieuse monnaie publiée par Lorichs, pi. VIII, n* 8, p. 248, avec la tête de Palias. ^ Cavalier armé d'une lance, derrière la marque 4C ,au bas ÛCVRTy semble être un quinaire barbare, au type des Dioscures avec la légende déûgurcc de ROMA.

ÎO«i av. J.-C.

l'espagne. 2AS

main de Sa à la livre (1), et on les trouve souvent mêlées avec

des deniers romains (2). Tout ceci s'explique parfaitement

si le denier romain a été introduit en Espagne en 5i8, en

même temps que le pays était transformé en province, car

au milieu du sixième siècle le denier romain était déjà ré -

duit ; le quinaire et le sesterce avaient disparu , mais le

type des Dioscures était encore conservé, et il est clair

que ce type a servi de modèle aux deniers d'Espagne. Les

plus anciennes pièces de ce genre montrent encore ce type;

on reconnaît le Dioscure facilement à ses attributs, la lance,

le bonnet et Tétoile. Ce que nous savons de l'argent d'Osca,

que l'on porta dans les triomphes sur la province Gitérieure

(c'est-à-dire la province située au nord, sur la rive gauche de

rÈbre) , en 559, 660 et 574, correspond parfaitement à ces 195, m et iso

données (3) . L'historien ajoute qu'outre ces monnaies espa •

ar. J.-C,

(1) Voy. les poids Indiqués dans Hlonnet^ p. 1.— Bœckh, Metr, Untersuch., p. 339. — Cat, Pembroke, p. 59 et 60. La remarque qui a été faite quMl y a des pièces d'un poids supérieur, par exemple avec la légende donnée par H. de Saulcy {Monnaies autonomes de V Espagne, p. 53, n« 45), é^^^SS (= 67,2, Pembroke) et ayec la légende indiquée dans le même ouvrage, (p. 143, n" 115), 4p',31 (= 66,6, Pembrolie) , ne doit pas nous arrêter; ce sont des exemplaires isolés, puisque des pièces tout à fait pareilles ont le poids ordinaire. 11 est plus que douteux que les sigles ^ N , que l'on rencontre plusieurs fols sur ces sortes de pièces, signifleat denariut nummus (Bœckb, /. cit.); ces mêmes sigles se trouvent aussi sur le cuivre (Saulcy, Jlfonn. aut, de l'Espagne, p* 44) et semblent appartenir à la série des noms propres.

(2) Lorichs (/. cit., p. 86) en pariant des monnaies avec la légende indiquée par M. de Saulcy (/. ci/., n*» 115 et 116) dit ; « L'on m'a apporté des milliers de ces deniers, entremêlés à peine de quelques douzaines de deniers consulaires ou des familles romaines. »

(3) En 559, T. Liv., XXXIV, 10 : Oscensis argenti 119,439 à côté de 17,023 bigati; 559, au même endroit : Oscensis argenti 278,000 à cèté de 78,000 bigati; en 560. T. Liv., XXXIV, 46 : Oscensis argenti 540,000 à côté 194 ^y. j.^. de 123,000 bigati; 574, T. Liv., XL, 43 i signati Oscensis nummum 173,200. ^g^ ^^ j ç^ Les gouverneurs, qui emportaient ces sommes, avaient tous administré soit

105aT.J..C.

gnoIes on rapporta des deniers romains, mais en moins grand nombre. Le nom de monnaie d'Osca désigne certainement ici les deniers espagnols dont nous venons de parler (1), et nous devons en conclure que l'atelier qui les fabriqua le premier et en plus grande quantité était établi Époqoe dans la ville d'Osca et qu'ils étaient exclusivement frappés

oh elles cessèrent. *■ ^''

dans la province Tarraconnaise. Il est probable que le monnayage d'argent, qui peut-être était môme interdit pendant la domination carthaginoise, a été accordé ou même imposé par les Romains à la province d'Espagne, à l'époque de la

196 KT. J.-C. les deux provinces ensemble, soit seulement la Tarraconnaise. Mais en 568 le gouverneur de la province Gltérieuro ou Ci8il)érienne remit bien dans raerarium des deniers, mais pas d'argent d'Osca (T. Liv., XXXIH, 27). Dans les rapports de même nature sur l'Espagne Ultérieure ou Transibérienne, il

191 av. J.-O est une fois question de deniers (T. Uv , XXXVI, 21 et 39) en l'an 563, mats jamais de ia monnaie indigène d'argent; on y parle d'argent et d'or non . monnayé; et ceci s'accorde avec ce que dit Strabon (111, 3, 7) que dans l'intérieur de la Lusitanie le commerce se faisait avec de l'argent au poids : àvT\ & vofiCffiiATOç ol XCav èv pdOei cpoprCcov àpioiS^ ^^pcôvrou ^ xoO dp^upoO èXdblAOTOç dicoTé(ivovTeç ôbSdom.

(1} La prenve de ce que nous disons ici nous est fournie par le fiaiit qae cette espèce de pièce est certainement la plus fréquente et la seule qui ait été frappée en Espagne en grande quantité. Puis, on trouve la légende explicative OSCA gravée sur le denier bien connu (Cohen, Monnaies de la Hépublique romaine, pi. XVII, DomitiagU'' 7) que Gn. Domitius Calvinus fit

40 av. J.-C. frapper en 714 pour rappeler ses victoires en Espagne. Ce denier a pour type la tête barbue des deniers espagnols (Edehel, Doct. num, vet.^ t. V^ p. 203). On pourrait voir ici le nom du héros (Eclchel, /. cit., t. V^ p. 183. — Gavedoni, Append,,A, p. 245); mais, d'après les règles delà grammaire, argentum Oscense ne peut signifler autre chose que l'argent frappé à Osca et non l'argent du dieu Osca. On pourrait admettre que sur les monnaies frappées i Osca, on ait représenté le Génie de la ville, de même que sur les deniers romains on voit la déesse Roma. ^ Gf. t. II, p. 9, note.

[Le mot OSCA ne se trouve pas sur les deniers de P. Cornélius Lentnlus, comme on l'avait cru (Gohen, Monnaies de la République romaine, pi. XIV, Comelia, n« 12). Voy. t. 11^ p. 47G, note 2.] J. W.

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