L*ASIE
grecque, et de Vespasien avec uue légende latine, les unes et les autres portant le monogramme d'Éphëse en caractères latins. Sur celles de Néron, on voit de plus Tindication de la valeur exprimée par les mois AIÂPAXMON et APAXMH*, le didrachme pèse 6b',93 et la drachme de 3«',5 à 8»%6 (1); On aurait voulu retrouver dans cette drachme celle du système des cistophores ou la drachme attico-romaine des derniers temps de l'Empire; mais le poids et la division de ces pièces ne permettent pas cette assimilation ; et d'ailleurs le fait inusité d'une légende indiquant une valeur, montre bien qu'elles doivent appartenir à une série monétaire nouvelle en Asie et non à celle qui y était connue depuis longtemps. De plus, ces monnaies correspondent exactement de tout point aux monnaies provinciales de la Syrie et de la Gappadoce. Il est plus vraisemblable que Néron et Vespasien, qui, à ce qu'il parait, ne firent pas frapper de cistophores, essayèrent d'introduire les monnaies de la Syrie et de la Gappadoce dans l'Asie Mineure, en supprimant le cistophore ou en le faisant rentrer comme tétradrachme dans le nouveau système. On pourrait expliquer, au moyen de cette hypothèse, cette singulière
(1) Pinder, /. cit., p. 576, 577.— Eckhel, Doct. mm. vet., t. VI, p. 270.— MIonnet, Suppl., t. VI, p. 128 et sulv Une pièce avec le mot AIÂPAX- MON pèse 6>',93 (=107, Cat. Pembroke, p. 238); des pièces avfc le mot ÂPAXMH 3«%52 à 3»',62 ( = 66,26; 67,87; 68,25, Lelronne, Considérations générales sur V évaluation des monn. grecques et romaines , p. 56) ; 3«',51 (=64,2, Cat Pémbroke, p. 238); 3,35 (=63, Cat. d'Ennery, p. 329). — Une autre pièce pareille, mais sans Indication de la valeur ni de Tatelier, pèse 3(%62 (=55,8, Cat. Pembroke, p. 199). — D'un antre côté, la petite pièce d'Auguste avec la légende ASIA RECEPTA, dans laquelle M. Pinder (/. ctï.,p. 603, p! .11, n* 8) croit reconnaître un huitième de cistophore, est, selon notre opinion, un quinaire impérial ordinaire, mais qui n'a pas été frappé è Rome.
anomalie par laquelle les didrachmes et les drachmes d'Éphèse, avec le nom de Néron, portent une légende grecque, et les pièces frappées à Césarée une légende latine, tandis qu'en général les pièces d'Éphèse ont une légende latine et celles de Césarée une légende grecque. Au reste, ce monnayage n'a pas duré longtemps, et cette fusion des deux systèmes, si jamais le gouvernement y a pensé, a dû être bientôt abandonnée.
Monnaie de cuivre. ^^ monnaie de cuivre était tellement abondante, à ce qu'il parait, dans le royaume de Pergame, qu'elle était cotée au-dessous de sa valeur réelle, proportionnellement à l'argent (1) ; les pièces de cuivre de grand module qui furent frappées en abondance dans les villes de cette province sous le gouvernement romain étaient, du moins au in* siècle, plus qu'une monnaie d'appoint, et, ainsi que le montrent les trouvailles, on en réunissait une certaine quantité pour représenter une valeur fixe (comme plus lard le fol- Us) (2) ; nous n'avons aucun moyen d'en déterminer la valeur. Le petit nombre de pièces frappées dans les villes à l'époque impériale et qui portent une indication de leur valeur prouve seulement que le système romain n'y avait pas été adopté. Il en existe quelques-unes qui portent encore dans leur légende le nom local de la monnaie (3) et
(1) Dans l'inscription d'Iliom noYum {Corpus inscr. graec^ n* 3599), qui Semble être antérieure à Tépoque romaine, 11 est prescrit aux préposés du trésor public de payer en argent la moitié d'une somme qui doit être distribuée chaque année en largesses.
(2) On a trouvé à Mytilène, en 1825, un trésor de 400 monnaies impériales de cuivre du dixième et neuvième module d'Antonin le Pieux jusqu'à Gallien, qui appartenaient en partie à Mytilène même, en parUe à Metliymna et Eresus de l'Ile de Lesbos et à d'autres villes de Tlonie, de l'Ëoiide et de la Mysie (Borrell, Num, Chron., t. VII, p. 60).
(3) AIÂPAXMONse lit sur des monnaies impériales de Rhodes (Bck-