AT. J-.C
11 grammes (1). L'émission de ces pièces n'a pas été régulière et a subi souvent des interruptions plus ou moins longues; il parait qu'Hadrien ordonna un recensement général de tous les cistophores : ceux qui étaient usés, mais dont le poids était encore assez élevé pour son époque, furent contre-marqués et remis en circulation concurremment avec les nouveaux. Nous ne savons pas au juste Tépoque à laquelle cessa ce monnayage d'argent de l'Asie antérieure; cependant il parait avoir duré jusqu'au iir siècle, et avoir été englouti dans le cataclysme général qui mit fm au monnayage d'argent dans l'Empire. Il est possible qu'à une époque tardive, les cistophores aient eu cours dans tout l'Empire comme pièces de 3 deniers, mais rien ne nous le prouve, et ce n'est même pas probable, puisqu'on ne les rencontre pas, hors de l'Asie Mineure, mêlés à la monnaie romaine.
La drachme de Rhodes appartient aussi au même système provincial. Cette drachme était le quart du cistophore (t. I, p. 49 et 65), Nous avons déjà remarqué (t. Il, p. 100) l'analogie du victoriat romain avec cette monnaie, qui a tout juste la même valeur et le même poids ; probablement les pièces légères de Rhodes ont été émises par ordre des Romains en même temps que les cistophores, et par conséquent elles sont postérieures à l'année 621. Il était tout naturel que dans l'île de Rhodes, qui conservait toutes les apparences de la Uberté, la suprématie romaine se montrât d'une manière moins rigoureuse que sur le continent. Nous ne voyons, en effet, sur les pièces de Rhodes ni une date qui rappelle sa constitution en province romaine,
(1) Voy. les poids dans l'ouvrage de M. Pinder. Les pièces au-dessous de tO<' BODt rares.
LASIE.
ni aucun autre signe de la suprématie de Rome. Par les mêmes raisons, il est difiBcile de déterminer quand a cessé rémission de ces sortes de monnaies; elle n'arriva pas jusqu'à l'époque impériale, mais elle ne cessa pas non plus de bonne heure, car il circulait encore en Asie, du temps de Vespasien (t. I, p. 35-86), une grande quantité de pièces d'argent rhodiennes, et sous les empereurs on fabriquait des didrachmes rhodiens de cuivre (tn/ra, p, 308, note 3) qui n'étaient pas destinés à la province d'Asie, mais uniquement à Tlle de Rhodes.
La raison qui détermina les Romains à créer une monnaie spéciale pour la province d*Asie, lors de sa constitution, ce qu'ils ne firent pour aucune autre province, est probablement la grande variété de pièces d'argent de grand module qui y circulaient auparavant. Les Romains, à leur arrivée, n'y trouvèrent pas seulement le tétradrachme attique, sous la forme de monnaies royales ou de monnaies municipales, frappées à Abydos, Cymé, Myrina, Smyrne et autres villes, mais aussi le tétradrachme plus léger de Tyr, du poids de 1A>',6, avec les drachmes correspondantes à Éphèse, Chios, Samos (t. I, p. A A), et Rhodes (t. I, p. A9 et 50), et ehfin le statère d'argent perse de 12 grammes, avec les drachmes correspondantes de Téos (t. I, p. 62) et de Milet (t. I, p. 17). L'émission d'une monnaie uniforme pour tout le pays répondait donc à un besoin généralement senti. Nous avons vu (t. I, p. 98 et suiv.) que les tétradrachmes attiques ne furent pas démonétisés, mais qu'on en tarifa la valeur à 3 deniers en les assimilant au cistophore. La même mesure eut lieu probablement pour les tétradrachmes légers et quelques statères perses qui existaient encore. Ainsi, toutes les anciennes pièces d'argent de grand module eurent une valeur uniforme égale à celle du cistophore, et m 20
tf poqne oh ceMe leur émiaylon.
K«itoii probable
de la création
de la
monnaie cbtophore
poar l'Aiie.
toutes les drachmes valurent ud quart de cistophore (1) ; plus tard, Pompée prit une mesure semblable en Syrie. Dans de pareilles circonstances, il était nécessaire d'adopter pour la pièce nouvellement fabriquée un poids à peu près égal à celui de la plus légère des anciennes monnaies de grand module; sans cela, elle n'aurait pas pu la remplacer. Le statère d'argent perse était cette pièce qui avait les conditions voulues. On le prit donc pour prototype; seulement on changea la division par trois, comme incommode, pour y substituer la division par quatre. On retomba ainsi, par une voie détournée, dans le système d'Égine, et l'on créa une valeur monétaire qui remplaça petit à petit les tétra* drachmes d'Athènes et de Tyr et dont les principales pièces furent le cistophore comme tétradrachme et la drachme de Rhodes, considérée comme le quart de la pièce de grand module.
C'est encore à cette monnaie de la province d'Asie qu'appartiennent les pièces d argent de Néron avec une légende
(I) Ainsi s'explique en quelque sorte ce qui est rappelé au sujet de« triomphes sur rXsie Mioeure.dans les années 564, 566, 567 (T. Liv., XXXVll^ 46, 190 189 et 187 58,59; XXXIX, 7); deux espèces de pièces d'argent y sont nommées à côté av. J.-c. des philippes d'or, savoir un petit nombre de tétradrachmes attiques et un
nombre plus considérable de cistophores. Il est clair qu'il y a ici confusion, qu'OD s'est seryi de termes impropres, car môme si l'on pouvait admettre, ce qui n'est guère possible, que le monnayage des cistophores eût commencé déjà avant l'aimée 564, des espèces plus anciennes ne peuvent pas avoir manqué de figurer dans les triomphes, surtout dans celui de Manlius, oà l'on devrait trouver la mention de l'argent rhodien, et ces espèces plus anciennes doivent éire désignées d'une manière quelconque dans ces rapports. Mais si les différentes espèces de monnaies d^argent, qui pendant le tu* siècle avaient cours dans la province d'Asie, répondaient réellement au cistophore, du moins comme quart de cette pièce, on comprend qu'on annaliste de l'époque postérieure pouvait facilement passer sous silence ces espèces peu connues, et mettre à leur place, d'une manière prolepUqne, le cistophore.