LA SYRIE. S
Les autres villes de Syrie jouissant du droit de battre Antrei monnaie, de même que les dynastes des petits États voisins, '"^*' ** '* ^^''*' vassaux de Rome, et en particulier les princes de la Judée, de la Gommagène, d'Édesse, n'ont pas émis de monnaie d'argent à l'époque romaine. Cependant Bar Kochba, chef de la révolte des Juifs, sous Hadrien, émit non-seulement des pièces de cuivre, mais encore des tétradrachmes d'argent, fabriqués d'après le modèle des pièces d'Ântioche et avec le nom de Siméon (1) .
Nous n'avons pas besoin d'ajouter que la monnaie de l'Empire circulait dans les provinces en même temps que les monnaies locales; nous en trouverions une preuve positive dans les monnaies juives frappées du temps d*Hadrien qui ne sont en grande partie que des pièces surfrappées, pour lesquelles on s'est servi de tétradrachmes d'An-
gne. Parmi les pièces postérieores aveo le costume royal ordinaire des Sassanidesy 11 n'y a plas de tétradrachmes; sans doute Séleude a perdu son droit de monnayage quelque temps après que les Sassanides furent arrivés au trône.
(1) Sauicy, Num, judeâque, p. Ift6 et soi?.^ Gayedoni, Appendice alla nmm, bibl.tp, 12, 52 et suIy. Les types pins anciens dont on aperçoit des traces sons le coin juif, prouvent que quelques-unes des drachmes et des pièces de bronie, marquées du nom de Siméon, doivent appartenir à Bar Kochba ; le vrai nom de ce chefn'est pas connu (Eckhel, Dœi.num, vet , t III, p. 471). Du type qui est toujours le même et du style^ M. de Sauicy conclut avec ralion que cette remarque s'applique à toutes les monnaies de Siméon, surtout aux tétradrachmes; un tétradrachme de Siméon, frappé sur un télradrachme d'Antioche, du commencement de répoqoe impériale, a été signalé depuis lors [Cavedoni, /. cit,, vers la flnj.Cessides de Siméon pèsent 13*^5 (Saolcy, /. cit., p. 168), ia»'75 (Sauicy, /. cit., p. 161), IRt-SO (Saulcy, /. cit., p. 169), 13^18 (Cavedoni, p. 59); les plus anciens sans le nom de Siméon, mais qui probablement ont été frappés par Siméon TAsmonéen, pèsent 14>'e5, Ui'50, U»'2, 13»'7. (Saulcy, /. cit., p. 17-20, et t. I,p, 45, note 8). Quant à la Iradilion Juive, qui existe sur ces monnaies de Bar Kochba, u>y. Grâtx, Jûd. GeschicMe, t. IV, p. 513.
tioche, de drachmes de Césarée et souveot même de deniers impériaux.
Cuivre. Parmi les pièces de cuivre, celles d'Antioche et celles des
Juifs méritent une mention particulière. Les monnaies
Antioche. d*Ântioche sont de la forme ordinaire, et elles portent d-a* bord le nom de la ville et la date indiquée d'après Tère d' Antioche en lettres grecques. Mais depuis Auguste, nous rencontrons, concurremment avec ces pièces, une seconde série de bronze. Le type de ces monnaies est celui d'Antioche, sans aucun doute, pai*fois même il ne diffère pas de celui de la première série ; mais la légende est semblable à celle que portent les bronzes impériaux. Un n'y voit donc ni le nom de l'atelier d*où la monnaie est sortie, ni l'indication d'une ère provinciale ou municipale, mais seulement le nom de l'empereur en latin, et les lettres S- C-, signe distinctif des bronzes de l'Empire romain. Jusqu'aux empereurs de la famille Flavienne,ces deux sortes de monnaies continuent à être fabriquées concurremment, mais elles finissent petit à petit par se confondre en une seule espèce ; la première devient bilingue à partir du règne de Claude, et la légende est uniquement latine sous Vespasien. La date municipale disparaît, de sorte que l'absence seule des lettres S*C* la distingue de la seconde. Après Vespasien, il n'y a plus aucune différence et les deux sortes de monnaies n'en forment plus qu'une seule (1). A dater de cette épo-
(1) Eckhel (Doct. num. vet„ t. III, p. 282, 302) fait durer ce monnayage de cuivre iusque sous Marc- Aurèle, en rapportant (p. 283) à l'ère césarienne de l'an 705 toute une série de monnaies de cuivre ne portant ni tètes d'empereurs, ni autre signe quelconquede l'époque impériale, mais des dates jusqu'à l'an 2?9. Cette appréciaUon peut être exacte pour les chiffres inférieurs^ mais les plus* forts se rapportent plutôt à l'ère des Séleuci des et appartiennent i l'époque antérieure à la domination romaine.