LA SYRIE
que, les monnaies de cuivre portent toutes les lettres S-C. Sous Trajan, un nouveau changement remplace la légende latine par une légende grecque, à l'exception des deux lettres officielles S. Cm et ces pièces subsistent sous cette forme jusqu'au règne de Gallien (l).Il est clair, d'après cela, que depuis Auguste, on fabriquait à Antioche, outre les pièces municipales de cuivre et les pièces provinciales d'argent, des monnaies impériales de bronze. Il n'est pas facile de désigner le nom que pouvaient porter ces pièces, mais c'étaient probablement des sesterces et des as (2). Depuis Gordien III, on voit régulièrement les lettres S.C. sur les pièces d'argent d' Antioche, et sous Philippe on y lit de plus la légende MON. VRB. {moneta urbica) (3). Il est donc vraisemblable que la mesure adoptée depuis longtemps pour le cuivre fut alors appliquée aussi à l'argent et que le tétradrachme provincial d' Antioche fut désormais assimilé à la monnaie générale de l'Empire, au tarif de 8 deniers ou peut-être avec un tarif plus avantageux. Évidemment le signe se. adopté par Gordien n'avait pas de raison d'être sur l'argent; c'est pour cela que plus tard on y ajouta les
(1) Eckhel, /. cit., t. III, p. 300, 303.
(2) On disUngue une espèce plus grande, modale 9-8 de Mioiinet, et une autre plus petite, module 6-5 de Mionnet,qul tombent peu à peu Jusqu'au module 6 et 4^ mais qui, sous Ëlagabale, reprennent la grandeur normale. La première espèce est sans doute le sesterce^ la deuxième l'as ; pourtant les pièces de la seconde espèce, portant la couronne radiée (Mionnet, t. V, p. 1&9, n*416^ Antonin le Pieux ; t6t(/.^ p, 205, n*U67,468, Ëlagabale) peuvent être des dupondius, quoique la même couronne radl(^e se voie aussi quelquefois sur la première espèce (Mionnet, t. V, p. 197, n* 897, Trajan; ibid.^ p. 206, n" 473, Ëlagabale). On n'a pas encore fait de recherches sur le métal de ces pièces.
(3) S.C. Mionnet, t V,p. 184, n- 283et8uiv. ; S.C et MON.VRB. ibid., n" 285, 286.
36 ar. J.-C,
mots MON* VRB* Enfin la présence des lettres S*C- sur des bronzes de Damas de Syrie, sous les empereurs Trajan Dèce et Émilien (1) , sur les pièces de Philippopolis, en Arabie, sous Philippe (2) , comme sur celles d' Antioche, prouve que ces villes, situées toutes dans la même circonscription monétaire, avaient obtenu pour leurs monnaies de cuivre le privilège d'être assimilées à la monnaie de l'Empire. Bronxêi Juifs. Les bronzes juifs sont intéressants sous un autre point de vue. Les Asmonéens avaient, il est vrai, frappé de la monnaie d'argent et de la monnaie de cuivre pendant quelques années (t. I, p. &5, note 3), après en avoir obtenu l'autorisation; mais, plus tard, ils se contentèrent de la monnaie de cuivre, et les rois iduméens, qui après l'extinction des Asmonéens montèrent sur le trône de Judée dans la personne d'Hérodele Grand, en 716, ne frappèrent également que de la monnaie de cuivre. Lorsque l'an 6, après la naissance de J.-C, la Judée fut administrée par un procurateur romain, l'atelier monétaire national resta en activité. Le procurateur romain fit frapper des monnaies absolument semblables à celles des derniers dynastes du pays, en évitant même d'y faire graver l'effigie impériale, odieuse aux Juifs, et avec cette seule différence que le nom de l'empereur romain remplaça celui du souverain national (3) . Cette série continue sans interruption jusqu'à
(1) Mionnet, t. V, p. 297, n« 93; Sapplément^ t. VIII, p. 208, n* 46. — Eckhel^ Doct, num. vet, t. IV, p. 498.
(2) MIonnet, t.I, p. l\9, n- 359-361 ; t.V,p. 589, n* 60.— Cf. *uprû,p. U9.
(3) Eckhel, Doct. num. vet. y t. III^ p. 497. — Saalcy, Num, jud,, p. 138 et suiv. — OaTedoni^ App. alla num. bibl., p. 38 et suit. Si les dates inscrites BUT ces monnaies, du moins sur celles qui ont été frappées sous Auguste, se rapportent à l'ère d'Actium, Cavedoni aurait incontestablement prouvé, contrairement à l'opinion soutenue par M. de Saulcy, que la plus
l'île de gtpre. 327
Néron. Sous Titus» on voit paraître la légende lOYAAIAC EAAHKYIAC (1). Entre ces deux règnes et après le dernier, ces monnaies se confondent avec les bronzes frappés en dehors de l'autorité du Sénat, et seulement avec le nom de l'empereur, et probablement ensuite avec la monnaie municipale de la colonie romaine de Jérusalem, fondée par Hadrien.