Histoire de la monnaie romaine
M. le docteur Théodore Mommsen n’est plus un étranger pour la plupart des lecteurs français. Le savant traducteur de son histoire romaine le leur a déjà présenté, et, dans une intéressante préface , il a raconté sa vie, scs études, énuméré ses nombreux travaux. La manière flatteuse dont l’ouvrage de M. Alexandre a été reçu me fait espérer un accueil bienveillant pour celui que je publie aujourd’hui.
Le sujet est nouveau, il pourra sembler aride à cenx qui ne cherchent dans l’histoire que le récit émouvant des grands événements et des révolutions; mais ceux qui désirent approfondir l’étude de l’antiquité et connaître plus particulièrement les institutions civiles du gouvernement romain liront avec intérêt les diverses péripéties de ce que M. Mommsen appelle dans sa
VJ AVERTISSEMENT DU TRAUüpEOR.
préface : ce résultat si remarquable et en même temps cet agent si actif de la civilisation antique.
L’historien trouvera dans les curieuses recherches de l’auteur l’explication de plusieurs passages obscurs des annales romaines. L’économiste pourra se rendre compte des ressorts de celte administration complexe et simple tout à la fois; il la suivra depuis sa première institution jusqu’à sa centralisation entre les mains d’une société de banquiers et d’usuriers qui, pour conserver leur monopole, résistèrent souvent aux édits des empereurs, mirent plus d’uDe fois en danger la sécurité de l’empire; il trouvera dans les pages qui vont suivre des remarques précieuses sur le pied monétaire des pièces, leur titre, le rapport des métaux entre eux tant à Rome que dans les pays successivement absorbés dans son vaste empire. Le jurisconsulto lira avec intérêt les détails, nouveaux pour la plupart, que donne le savant professeur de droit à l’Université de Berlin, sur la législation monétaire des Romains en Italie, dans les colonies et dans les provinces, sous la république et sous les empereurs.
Pour tous, en un mot, l’histoire de la monnaie romaine sera une satisfaction nouvelle à ce besoin, général aujourd'hui, de savoir et de conuaiire la vérité
avertissement du traducteur. Vlj
sur l’histoire des temps passés. Ce besoin marche de pair avec les découvertes de notre siècle et les progrès incontestables de la critique; il a remplacé le plaisir que nos pères trouvaient, et que nous avons nous-mômes goûté dans notre jeunesse, à lire les histoires plus ou moins fantastiques des peuples de l’antiquité.
Dans sa préface, M. Mommsen expose d’une manière complète le but qu’il s’est proposé; mais depuis le jour où cette histoire a paru en allemand, de nouvelles découvertes ont eu lieu, et les opinions de l’auteur ont pu se modifier sur certains points. Il m’avait fait espérer que je recevrais avant la publication de ce premier volume des notes rectificatives sur quelques passages du premier et du second chapitre en particulier. La lettre qu’il m’a écrite à cette occasion explique pourquoi il n’a pas donné suite à ce projet; il y a joint un exposé .de tout le parti qu’il y aurait à tirer des conquêtes que la science a faites depuis quatre ans, et des changements qu’il m’a autorisé ù apporter dans la rédaction du second volume.
A la suite de cette lettré, je donne une exposition du plan général de l'ouvrage avec quelques apprécia-