‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 4)Chapitre 114 sur 255 · MONNAIES ÉTRUSQUES · texte numérisé non relu

MONNAIES ÉTRUSQUES

avec la légende Vtlzpapi ou refait ont été, avec assci de * vraisemblance, attribuées à Volsinium (Bolsena) (l).

beaucoup de monnaies étrusques sans distinction de métal portent des signes particuliers indiquant leur valeur. On voit sur des pièces d’or frappées des deux côtés et qui pèsent â",67, le chiffre XX, et sur le quart le signe A (2); les petites pièces d’or frappées d’un seul côté et qui ne pèsent que 0fr,52 sont marquées X.; de môme nous avons des pièces d'argent de 8‘r,(J0 et audessous avec le chiffre XX. Les fractions sont marquées n (=1/2) ou bien X pour la moitié, A (= n) pour le quart, Un (2 1/2) pour le huitième (3) ; sur le cuivre enfin nous trouvons aussi les chiffres XX et X ou bien un, deux, trois, quatre ou six globules (à). Nous avons donc ici un système

(1) O. Muller, Etrunker* |, p. 133. — Voy. aussi sur ce sujet le travail si complet de M. Friedliinder, Beitnïye , I, p. 16T et sulv.

(2) M. Friedliinder ihiit., I, p. I TC), d’accord avec Eckliel (S^MÛmnta vet. anecdota , p. 12), conteste A ces divers signes toute signification numérale pouvant indiquer une valeur. Nous avions nous- même partage d’abord cette opinion , mais nous y avons renoncé à cause de l’origine étrusque que M. Friedliinder lui -même donne à ces monnaies d'or. En effet; la pièce qui jiése 4tr,67 porte le signe XX, et celle qui pèse I‘\15t le signe A, c’est-àdire les chiffres étrusques vingt et cinq. Il est donc clair que ces chiffres s’accordent avec les poids, et que ceux qui se trouvent sur les pièces d'argent ont nécessairement la même signification.

(3) On verra à l 'annese N que le chiffre XX ludique le didrachme; n (dgiie de la moitié en Etrurie) ou X indiquent le demi -didrachme ou drachme; A ou V le quart ; Un —2 1/2 le huitième. En voyant la concordance de tous ces renseignements, nous devons regarder comme une erreur de monétaire lü signe X isolé qui se trouve sur un didrachme du musee de Merlin (Friedliinder, loc cit. — Pinder, Antike Mtbi:en, p. 3).

(I) Les pièces de cuivre marquées XX sont rares; nous ne les connaissons que par Micali (,4n/. won,, pi. CXV, n*' 9 et lü). Télé d'Ilercule barhu ou de Jupiter, XX- R Aigle incus. Les pièces de cuivre avec le chiffre X sont plus communes: Te!.» l ar! ur, X U l'a ré « r u\ (Mica!!, for cit.f ic 13).

Ctilffrm IndtqMnttt 1» valeur.

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complet ou même plusieurs systèmes parlicullers à l'Étrarie. En effet, d’après les poids que nous connaissons l'unité de la petite pièce d’or frappée d’un seul côté doit être 0",52 ; celle de la pièce d’or frappée des deux côtés 0*r,23; celle de la monnaie d’argent 0*',A3. Il est inutile de chercher une combinaison qui pourrait relier les unes aux autres et d’une manière simple et naturelle, des monnaies tellement disparates. Nous ne devons pas d’ailleurs oublier que ces pièces ne sont pas toutes sorties du même atelier monétaire, et qu’elles appartiennent à plusieurs États différents tout à fait indépendants les uns des autres. Elles peuvent avoir de l’analogie entre elles sans appartenir pour cela au môme système.

Quant aux pièces de cuivre, les unes sont marquées XX etX, d'autres portent les globules onciaux, et quelquesunes ont les deux marques à la fois; nous pouvons en conclure que les premières appartiennent à l’opulonia, les secondes au système étrusco-romain de l'aes grave, et qu’enfin, à l’époque de la transition, on a employé les deux espèces de marques à la fois. Malheureusement les descriptions peu claires, et le petit nombre de pesées que nous possédons, ne nous ont pas permis de fixer d'une manière

Tel© de Mercure. t\' Deux caducée? et In légende Pu/t/un X ( Mlonnel, I, Suppl., p. 202, n" 13). ta plu? commune de ce? pièce? est celle sur laquelle on voit la tète de Yulcatn. K. Marteau, tenaille? et la légende Puptuita; cette pièce est marquée au droit d’un X et au revers ih* quatre globule?. (Eckhel, Doct. num. re/., I, p. 1)2. — Mloimrt, I, p. 102, n" S5, et ï, Suppl., p. 203, n* 4(1); nous ne savons jusqu'à quel point il est certain qu'il existe une pièce, du reste, semblable, mal? marquée X et 3 globules (Mioiiuet. f. Suppl., p. 203, n* 4.r>, d'après Sestini}. S'il en était ainsi il serait clair que le chiffre X n'a aucune valeur numérale quand il se trouve reuni À des globule? indiquant des onces. — La pièce (de brome, suivant toute apparence donnee larCarelli (pi, VIII, irai ) csl à ce qu'il parait marquée du chiffre XXX*

monnaies étrisoies. 217

certaine le |X>ids moyen des monnaies de cuivre de Populonia marquées des signes distinctifs du système vicésimal, et il ne nous est même pas possible de vérifier si toutes ces pièces appartiennent réellement à la môme série que celles d’argent. w

Les pièces d’argent se rangent tout naturellement d’après les chiffres indiquant leur valeur. Nous pouvons y joindre les pièces au type du lion et du sanglier qui ne portent pas de chiffre; en calculant la valeur de ces dernières d après leur poids, nous voyons qu'il y en a de deux sortes, la première représente le double de la pièce de Populonia marquée XX, et la seconde, la plus petite fraction de la même série. La série étrusque se compose donc de pièces qui se suivent en se divisant par la moitié, et que nous pouvons par analogie désigner par les expressions grecques de tétradraclunes, statères, drachmes, demi-drachmes et quarts de drachmes. Elle a pour point de départ une petite unité qui n’existe pas ù l’état de monnaie ou du moins de monnaie d'argent, et qui est la quarantième partie du tétradraclune. Cependant comme la drachme porte le signe de la moitié, le slatère semble devoir être l’unité principale divisée en vingt petites unités, et le tétradrachme serait alors un double statère.

Pour trouver le prototype des monnaies étrusques d’argent nous devrons remonter aux anciennes pièces grécoasiatiques frappées d’un seul côté et par conséquent à une époque très-reculée. En effet, l’ancienne monnaie frappée à Athènes, l’an 100 de Home (504 avant J. C.), du temps de Solon, a pu être imitée de fort bonne heure à Populonia, à qui les mines de fer de l’Étrurie avaient depuis un temps immémorial ouvert des rapports commerciaux avec la Grèce. Les types, et en particulier le Gorgonium ( Ivtr. hi>l., p. 02), le poids, le slatère comme

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unité priucipale et la drachme comme moitié de l'unité, rappellent les monnaies d’Athènes. Le signe n pour désigner la moitié ressemble au C ou au D que l'on voit sur les hémioboles d'Athènes (1) ; cependant le système vicésirnal et la division delà drachme par quarts et non par sixièmes, comme à Athènes, constituent une diiïérence essentielle entre les deux systèmes.

Outre ces monnaies il en est un certain nombre que nous connaissons maintenant d’une manière plus complète , et qu’il est impossible de rattacher au système attique. Leur poids les fait descendre évidemment du statère perse dont nous avons vu l'influence (2) s’exercer

Pi. wiii, n'* 9. (I ) OU. Muller, Die Elrusker, I, p. 315. — Franz, Elément a cpigrnphiees (iruecae, Berlin, 1840, p. 348. On voit sur le.* pièce# de cuivre de l’opulonin six globules comme sur celle* d'Himérn en Sicile . Mlonnel, !, p 102. n* 53).

(2) Les pièces suivantes se rattachent d’aprè* leur poids 5 un tout autre système que le système connu jusqu’à ce jour :

ri. xviii, n« i

1* = l!*r, 35 (à Gol ha, pièce fourrée sa ns légende) (?).

2“ = ll«r,30 (sans légende, cabinet de M. le duc de Luyncs, voyez le nummus de Servius Tullius. p. 48; Rev. numism 1850, pi. XV;.

3° ~ Il*%t25 (Musée britannique, duc de Luynes /oc. cil. avec légende)

4* = II>r,40 (Cabinet de France, duc de Luynes, j Tête laurée et barbue

ibid. , pi. XV, n* 2) ! à droite IJ Uni.

/ Tête diadéiuéc à gau*

5" = ll*r,t4 (i ibid . duc de Luynes, ibid., n° 3).. . * clie , derrière A-

( H. Lui.

i '?) Méduse ailé»

1 de face.

I h' Roue d’une forme j particulière (ci-des

F sus, p. 214, note 1).

Ile ces diverses pièces, nous ne connaissions jusqu'ici que celle du Cabinet de Gotha ; celle pièce étant fourrée, son poids ne pouvait rien nous apprendre; mais aujourd'hui que nous connaissons quatre autres pièces du même poids, nous pouvons en tirer cette importante conséquence que les monnaies étrusques d’argent n’ont pas toutes été taillées d’après le système attique, mais qu'un certain nombre appartient au système perse.

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