‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 4)Chapitre 115 sur 255 · MONNAIES ÉTRUSQUES. 21 P · texte numérisé non relu

MONNAIES ÉTRUSQUES. 21 P

sur les pièces d'argent de Milet et sur le plus ancien monnayage de l’Asie Mineure (1). Nous ne devons pas nous étonner de ce rapprochement, puisque les pièces d’or étrusques dérivent de la pièce d'or de Milet et s’éloignent tout à fait du système attique. Ce nouveau fait se rattache donc admirablement à ceux que nous avons précédemment constatés, niais il nous semble que cette influence orientale a dû s’exercer directement sur l’argent de l’Étrurie sans passer par Égine ou par Chalcis, quoique les monnaies de ces deux villes dérivent aussi du statère perse. Le statèrc d'Égine est beaucoup plus fort (2), et Chalcis n’a frappé que des drachmes et jamais des statères.

On peut expliquer aussi la grande variété de poids que l’on trouve parmi les petites pièces d’argent étrusques en supposant que celles qui évidemment ne rentrent pas dans le système attique, sont des divisions dérivées du statère perse. Quant aux pièces d’argent ordinaires , ce ne sont évidemment pas des tétradrachmcs correspondant aux tridrachmes, car les pesées donnent des poids différents, et d’ailleurs il existe des preuves concluantes pour les rattacher presque toutes au système attique. Ajoutons encore que le dernier mot n'est pas dit sur ce sujet, et que nous avons besoiu de nouvelles recherches et de nouvelles études pour fixer les limites de ces diverses influences.

Pour ce qui est de la ressemblance que le système vicésitnal appliqué en Etrurie aux monnaies des trois métaux leur donne avec le denier, le quinaire et le sesterce des Romains, nous n’v attachons aucune importance (3), et il

'I) ÎV'.y. noire Intr. ch !, $ 3, p. 14-21.

(1) /w.,p. SÎ.

(3/ Ott. Muller {Pic Etrusk-r, I, j». ;t?i cl M. Durkli M^lr. Inters. ,

ClIAPlI HP. III.

X'ilîe» étruaque* qui ont (mis des monnaie» librslcs.

A (tabulions cei ‘.aluca.

est impossible de supposer que les Étrusques ont copié les Romains. La longue durée que l’on peut attribuer à l'émission des monnaies d'or et d'argent de l’Élrurie semble peu en rapport avec leur petit nombre et le peu d'étendue du territoire où elles circulaient; niais elle peut expliquer la grande variété qui existe dans les poids et les styles. 11 est probable que les monnaies d’or et d’argent étrusques ont duré jusqu’à l’envahissement des marchés de l’Etrurie par le denier romain , et celles de bronze jusques assez avant dans le Tl* siècle de Rome-.

Àc» grave de PEtruri* et dt- l'Ombrie. — Villes qui ont énn» les diverses séries.

L’aes grave est beaucoup plus rare en Étruric que dans lé Latium, et il a probablement été fabriqué en moins grande quantité (1) ; il est aussi plus difficile à classer, soit à cause de la rareté ou de l’insuffisance des légendes; soit parco que nous ne savons pas au juste dans quels lieux chacune des séries a été trouvée le plus souvent.

Les monnaies de Volterra sont cependant assez nom-

p. 471), onl voulu faire dériver le» chiffres Inscrit» sur les monnaies de Populonia de ceux qui se voient sur les deniers romains; et de fait, les poids coïncident de manière à permettre ce rapprochement ; mais comme les mêmes chiffre» se voient également sur l’or, ce système n'est pas soutenable. Il est d'ailleurs impossible que In plus grande activité des ateliers monétaires étrusque» ne remonte pas au delà du V siècle de Home; et s'il y a eu emprunt, nous pensons que c’est plutôt de la part des Komains que de celle des Etrusques ; nous croyons cependant que ces deux méthodes ont pu exister avec une parfaite indépendance l'une de l’autre.

( \j L'Ats grave, p. 9<>. — Eu 1813, le musée Kircher possédait environ quatre-vingt-dix pièces de cotte categorie 16 «/., p. 89

AF.S GRAVE ÉTRtlSOIE. 221

breuses et l'attribution en est certaine grâce à la légende Velathri. On peut en dire à peu près autant des monnaies de cuivre frappées à Yetulonia et de celles qui portent la légende 'fia; ces dernières appartiennent probablement à Telanion , les signes onciaux qui les distinguent devant les rattacher à des séries ayant l’as pour point de départ plutôt qu’à des séries de monnaies d’argent.

Iæs monnaies coulées des autres villes ne se rencontrent jamais avec celles de Yolterra, mais on les trouve dans l’intérieur du pays, du côté de l’Orient, et plus spécialement dans les environs de Chiusi, de Cortone et d’Arezzo (1). La série ayant pour type des deux côtés une roue (2), le plus simple et le plus primitif de tous les types, peut avec assez de vraisemblance être attribuée à Cortone (3). Ces pièces portent toutes le signe < ou C que l’on peut regarder comme l’initiale du nom delà ville (à). Le P. Marchi ne voit avec raison qu’une répétition plus récente du même type dans la série, sur laquelle se trouve, des deux côtés une roue d’une forme particulière (5) . En effet, le dupondius

(1) L 'Aet grave, p. 02,03, 100.

(2) Celte roue est de la forme de celle qui ne roit sur le pi. XIX. (Voy.

FAes grave, alla*, cl. III, pl. III). B.

(3) Le» collection» du muxée Collclllni à Corlone ont été réunies par les Foin» de trois générations de celle famille; elles sont venues ensuite enrichir le musée Kircher. De toutes les séries de Paes grave qui s’y trouvaient, celle que nous attribuons h Cortone était la plus nombreuse (/Me* grave, p. 88 et 94). Il est vrai que le chanoine Mnz/etli (de Chiusi!) prétend que la plupart de ces pièces ont été trouvées à Chiusi (Gennardll, /oc. rit., p. 28).

(4) C’est ainsi que sur les pièces de Populonia on voit tantôt P ou Pupluna; sur celles de Peilhesa, au type de la chouette, P, Peithesa, ou Peitesa r Cnrelli. Description, p. 3. — ï.'Ae* grave, pl. de Suppl., cl. III, n“ 8 ).

!» Celle roue a deux rayons droits et deux rayons en demi-cercle (et sur

Attributions

probables.

Cortona,

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