‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 4)Chapitre 128 sur 255 · LE NOMMES · texte numérisé non relu

LE NOMMES

(car N ne peut avoir une autre signification) . Ce miniums pèse dix douzièmes de l’as. L’as est presque entièrement exclu des séries qui suivent ce système, et le semis l’est complètement, parce qu’ils ne sont pas compatibles avec la division par dixième. Ce système mixte se répandit dans les contrées situées à l'est et au midi de l’Italie, ainsi que dans la Gaule Cisalpine, et subsista jusqu’à la suppression de l’as oncial romain ; mais comme il ne fut jamais adopté que par les villes qui avaient préféré le système des as au système monétaire grec, il est très-naturel qu’on ne le trouve, pour ainsi dire, que dans les colonies latines à l’époque de l’ar* grave.

Nous avons déjà remarqué (1) ailleurs que presque toutes les fois qu'il y a différence de pied monétaire il y a aussi différence dans le système de fractionnement. En général, dans le sud et dans l’est de l’Italie l'aes grâce est coulé sur le pied de 14 onces, et sur celui de 10 onces à Rome et dans la plus grande partie du Latium. •

Cette dualité de système n'a pas été jusqu’ici suffisamment observée, et par cela même elle n’a pas été expliquée d’une manière satisfaisante. Pour la bien comprendre, il nous faudra revenir sur ce que nous avons dit du rapport existant entre le cuivre et l’argent; ce rapport, bien que basé partout sur le même principe, se présente cependant dans le Latium d’une manière différente que dans l'Apulie et le Picenum.

île 10 onces présenterait l'anomalie il'un tout qui n'auralt que trois quarts au Heu de quatre. Enfin les signes N'I et N qui se volent sur des pièces de 10 onces prouvent asse* qu’on a voulu établir une distinction entre ces pièces et les as, et le signe S.... surtout est une grande preuve contre la possibilité d’une division décimale de l as.

(I) Cl-cicssus, piges 210 et 211.

La différenro dit |>ietl monétaire coïncide avec celle du système de fiactlonnen.enf.

Kxplication de ce

double srithnfl.

ciurirns iv.

ri xvni, »*•

et i.

Nous avons d'une part établi qu'à cette époque, excepté les pièces d’argent romaines, pour la forme mais de fait campaniennes, admises dans la circulation comme monnaies étrangères et grevées comme telles d’un tarif onéreux, il n'existait aucune pièce romaine (proprement dite) en argent (I), et nous regardons comme dénué de fonde-

(I) (Jette opinion de M. Mommsen n'est point psirtngee par M. le duc de Luyncs. Ce savant a insère dans la Revue numismatique de 1859, p. 322, un travail dans lequel il établit, sur la foi d’un grand nombre d’auteurs, tels que Festus, Yarrnn, Denys d’Halicarnasse, etc., et contrairement à l'opinion de Tite-LI\e et de Pline, que l’argent monnaye a existé à Home du temps des rois. Il croit avoir retrouve ce denier primitif dans deux pièces 2 pesant, l’une ll|r,05, et l'autre 10**»45. La première [OVAl'AffE.A, Truie à droite, accompagnée de quatre pourceaux. I}' Brandie et grappe de raisin ( Revue num.t 1859, pl. XIV, n* I ) J fait partie de ma collection; la seconde 1POMA, Massue sur des objets Incertains et ondulés. Ij KVPI,. Truie allaitant ses petits A l'ombre d'un arbre, qui la couvre de ses branches prolongées ( ibid., n* 2; j Tait partie de In collection de Lu) lies, actuellement au Cabinet de France.

Je n'analyseriii*pas ici re beau travail, que les lecteurs connaissent tous, je me contenterai de dire que M Mommsen , dans une noie n la lin de son ouvrage (p. 8M), combat les conclusions de M. le duc de Luvues, tout en rendant hommage ù la science de leur auteur, dont on doit, dit-il. respecter toujours les opinions. Je donne succinctement les trois points les plus saillants de ses objections.

I* Au point de vue paléographique.

La forme P au lieu de R, la ligature N- cl même l'A ne se sont jusqu’ici jamais rencontrés sur des monnaies aussi anciennes; la diphthonguc OV pour V n’a pas été employée avant l'olybe, et dans les temps anciens celle lettre était ou complètement négligée ou remplacée par l'aspiration de l'esprit rude • ou par p.

2* Au point de vue de l'histoire de l’art monétaire.

Os pièces sont frappées des deux côté», elles ont quelque analogie avec lies pièces plus récentes et ne peuvent être contemporaines de Solon, dont les monnaies ii'élaient frap|ieea que d'un seul côté.

:l" Au point de vue des sources.

M. Mommsen conteste l'antiquité des expressions Tops kufiftwv) ou Kua:(x', el mémo celle de OueXavrti», appuyées, dit-il, sur des traditions

l.K M inus.

2âl

ment ce qui a pu être dit sur le didrachine de Servius

douteuses qui ne nous sont parvenues que par les auteurs latins des temps postérieurs ou par des écrivains grecs ( Festus, Sud t wi Romain, p. 200. — Servius, Ad Aen î, 273. — Solinus, I, I).

Je ne puis contester la force des objections de M. Mommsen et je dois m’incliner devant son érudition, mais je ne saurais être de son avis lorsqu'il va jusqu’à mettre en doute l'authenticité de ces pièces, dont l’antiquité est à l’abri de toute espèce de soupçon.

M.V. Qucipo.à son tour, admet comme incontesf aille l’authenticité des deux pièces en question, et il accepte même l’attribution donnée par SI. le duc de Luynes, tout en faisant quelques réserves sur la probabilité que le nom de Yulentia ait pu être donné à Home sur la plus ancienne médaille d’argent de cette ville. — Mais au point de vue uiclrologique , le savant espagnol n’ariive pas aux mêmes conclusions que le savant français. M. Qucipo fait observer l’afllnifé qui existe entre les pièces dont il s'agit et les monnaies frappées en Sicile, à Caroarina , à Pnnorme, à Syracuse, même sous le règne d’Hiéron II. fies pièces pèsent 10«\33, 10«r,l2, lO^JS, 10*', 80, I0‘,,04, 10*r,ll, 10*r,l2, IU*r#l9, |0*f,27 et 10*r,3f> ( Essai sur tes systèmes métriques et monétaires des peuples anciens , tableau XVIII, vol. III). Il conclut de ce rapprochement que les monnaies publiées par M le duc de Luynes ont été taillées d’après le système asiatique et frappées en Sicile; d’ailleurs au temps de ses rois, Rome n'avait pas d’artistes capables de graver de pareilles monnaies, pas plus qu’à une époque postérieure, lorsque le gouvernement républicain fit frapper à Capoue les monnaies d’argent qui portent la légende ROMANO. Il rappelle à celte occasion les monnaies de Pyrrhus, roi d’Fpire, frappées en Sicile, et ilprouve ainsi que faire fabriquer des monnaies dans un pays étranger n’est pas un événement impossible, et n’est pas même un fait isolé dnns l’histoire. ( Lettre de M. P. Queij») à M. Adrien de l/tngpérier , dans la ftevue numismatique , 1801. p. 180.) Deux pièces, l'une d'argent et l’autre de cuivre, qui ont fait partie du musée Fonlnna, semblent confirmer l'opinion de M. V. Queipo sur l'origine sicilienne des monnaies décrites par M. le duc de Luynes. Elles offrent avec celle de %'aleutia, en particulier, l’analogie la plus frappante, pour le type, la fabrique, le style, la forme des lettres et même la disposition de la légende. Elles avaient été attribuées par Seslini à l’alliance d'Iliméra avec Thermac et Abacaenum ( Dtscriziow d’alcune medag/ie del museo del Signor Carlo (TOttavio Fontanadi Trieste, per DomenicoSestini. Firenxe, 1827, in-l“,p. G,pl. I,n~8et9).

Il ne m'appartient pas de me poser en arbitre entre deux savants comme M. le duc de Luynes et M. Mommsen : « Son nostrum inter vos tantus

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