CHAPITRE IV
Tullius (I). D'autre part les pjèees grecques en argent que
« componere lites. *» Le lecteur Appréciera; mai» après avoir mis sous ses yeux toutes les pièces de ce grand procès, me sera-t-il permis de lui faire connaître mon opinion personnelle? Je le ferai avec d'autant plus de confiance que d'autres numismatistes plus autorisés que moi partagent mes convictions et m’y ont encouragé.
Tout est logique et s’enchaîne admirablement dans Histoire de In monnaie de cuivre telle que nous la voyons se dérouler dans les pages qui précèdent, Mais arrivés au point où nous en sommes, ne se demande-t-on pas comment le peuple romain mirait pu conserver dans sa langue, dans sa manière de compler, dans son langage officiel des locutions si explicitement relatives à l’argent monnayé, s’il n’en avait jamais possédé; comment il* aun.it compté en libellae rt en sembel/ae si ces mots n'avaient pas désigne des monnaies réelles, ou si ces monnaies avaient été seulement des monnaies étrangères? Rien dans le monnayage pins récent ne justifiant ces expressions, nous en concluons que ces monnaies avaient existé plus anciennement, comme les expressions de liardset de plstoles , conservées dans quelques provinces, prouvent qu'il y a eu jadis en France des liards et des pistoles.
Je croiiais donc volontiers que la monnaie d'argent in’roduitc par les rois et n’existant alors qu’en fort petite quantité, avait été supprimée en même temps que ia royauté, et que deux cent cinquante ans après sa fondation, Rome, par un excès de puritanisme républicain, en était revenue à Vues rude: cinquante ans après cette révolution, sous le gouvernement des Décemvirs, un système si imparfait, si peu en rapport avec la civilisation de Rome et des peuples voisins à cette époque, et dont on reconnaissait tous les jours les Inconvénients, flt place* un monnayage régulier basé sur l'unité de eu ivre .*Lc peu pic aval! conservé l’habitude de compler en argent monnayé, quoique cet argent n’exislàt plus réellement, et les nouvelles monnaies étaient destinées A rompre les anciennes traditions en substituant l’as A la libella.
Cette hypothèse, qui expliquerait, ce semble, les contradictions apparentes des historiens et des annalistes, donnerait une probabilité de plus A la théorie de M. Mommsen nu sujet du rapport existant entre le poids effectif de l'as librai et sa valeur en argent la libella , et ne change rien A ce que ce savant nous a dit sur le développement de ce monnayage essentiellement romain, et sur l'influence qu’il exerça sur les monnaies du Latium, de l'Ètrurie et du reste de la péninsule italique. R.
(1) Varron, dans scs Annales ( ce passage a etc conservé dans Charisius, p. 10.'», cd. Keil), rapporte cette tradition : « Summum ftalum primant "a Ser. Tul/io tlicunt ; is II II serupulis major fuit tfuam nuur, * Sca-
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l’on trouve aux environs de Home sont en si petite quantité qu’il est impossible d’admettre qu’aucune espèce étrangère ait pu être assez nombreuse sur le marché de cette ville pour dominer le commerce romain, comme le statère de Corinthe avait dominé le commerce de la Sicile. Nous arrivons donc forcément à cette conclusion, qu’à Home et dans le Latium, l’argent n’était reçu qu’au poids, et que la quantité d’argent équivalant à la valeur de l’as monnayé était regardée comme l’unité dans les comptes qui se faisaient en argent. Or nous allons voir que ce poids était le scrupule = l«r, I A . En effet, 1° lorsque le monnayage d’argent commença à Rome, on frappa une monnaie qui représentait la valeur de l’ancien as de cuivre et qui pesait exactement un scrupule ; 2” il résulte de cette similitude de valeur entre l’as libral de cuivre et le scrupule d’argent la même proportion que nous avons trouvée poulie rapport de l’argent et du cuivre dans le système si-
liger ( De r? Sumtnoria , p. 42) et Üorghesi ( Décade, XVII, p. 9. — Œuvres complètes, t. Il, p. 288 j avaient interprété ce passage dans, le sens* que le denier primitif pesait quatre scrupules et se trouvait ainsi plus fort que celui d’une époque plos récente ; nous avions nous- mémo adopté d'abord celle, version, mais elle n’est pas compatible avec la construction de la phrase, et nous devons la rejeter. Quelque étrange que nous en paraisse le sens, nous croyons que la traduction donnée par M. Itmckh ( Metr. Un t ers., p. 348) est la plus exacte. D'après ce savant, le denier aurait été, dans l’origine, de 4 scrupules plus fort qu’il ne l'a été depuis. Le poids de celle pièce aurait donc été de 3«*,90 -f 4»', 52 = 8*r,42, poids qui correspond asspz avec celui du didrachme achéen de Tarente. Mais nous pensons que Yarron lui-même ajoutait peu de foi à celte tradition, et pour notre compte nous In considérons comme aussi apocryphe que celle qui est relative aux monnaies en cuir attribuées à Numn. Aussi ne pouvons-nous pas accepter les conclusions de M. fiœckh ( tor . cil.), qui croit à l’existence de ces didrnehmes romains, et qui les considère sinon comme contemporains de Ser- Tiu* Tullius, du moins comme le plus ancien denier romain.
L'u dn cuirre vaut un acrupnlo d'argfhi.