CHAPITRE I
Peyron (1) se base sur ce que, dans les documents historiques des Égyptiens, 2 drachmes d'argent sont regardées comme un prix très-bas pour le froment et 300 drachmes de cuivre comme un prix élevé, et il en tire la proportion 1:120. Letronne (2) part du principe que l’intérêt de l'argent était chez les anciens de 1 pour 100 par mois, et comme pour un statère d’or on donnait à Alexandrie 60 drachmes de cuivre par mois, il arrive aux proportions suivantes : 1:750 pour l’or et le cuivre, et 1 : 60 pour l’or et l'argent. Cette argumentation laisse beaucoup à désirer, et Letronne en convient tout le premier; cependant on arrive exactement au même résultat par d’autres données.
Philémon, auteur comique d’Athènes, et après lui les grammairiens, parlent souvent d'un talent d'or valant trois pièces d’or attiqucs (3) ou 6 drachmes d’or de la môme monnaie; or l’Égypte se trouve être le seul des pays en relation commerciale avec Athènes où une somme put être indifféremment comptée en pièces d’or ou en talents de cuivre ; de plus les historiens et les inscriptions attiques de l’époque plus récente font souvent mention des pièces d’or et de cuivre que la Grèce tirait de l’Égypte. Il est donc tout A fait probable que , par talent d’or, l’auteur veut parler ici du talent de cuivre égyptien évalué eu pièces d'or. Eustatlie, qui en parle, l’appelait talent macédonien , et ces deux locutions s’accordent parfaitement , puisque c’est du talent des Lagides qu’il s’agit.
Ainsi nous arrivons à ce résultat que 6 drachmes attiques
Kvnlualktn
do Peyron.
Calcul
d« Letronne.
Son résultât est confirmé por le comique Phüeiaon.
(1) Voy. Corptu inter, gr., t. ilf, p. 233-300.
(2) Letronne, loc. rit., p. JI et 13.
(3) l'Off. Pollux, IV, 173; IX, 53, et dans Brrckli 'Met. Vnters., p. 3tt) le» diverse» données des grammairiens.
pèsent 26*', 20, tandis que 8 drachmes d’Égypte pèsent 27*%84. La différence entre les deux drachmes est si minime qu’elle a pu résulter d’une variation momentanée dans le cours du change, d’autant plus qu’il s’agit de monnaies étrangères. Du temps de Philémon , 8 drachmes d’or d’Égypte valaient donc 6,000 drachmes de cuivre, ce qui nous ramène au résultat que Letronne avait obtenu par une autre voie.
L’or est au cuivre comme 1:750 — à l’argent comme 1:12,5 L’argent est au cuivre comme 1 : 60 et par conséquent un statère d’or est l’équivalent d’une mine d’argent et d’un talent de cuivre.
Sous la domination des Romains , ces proportions restèrent à peu près les mêmes. Le nouveau statère d’or, l’aureus impérial, valut toujours une mine d’argent; mais la monnaie de cuivre, qui avait déjà sensiblement baissé, fut presque entièrement dépréciée. L’aureus ne pesant pas tout à fait le tiers de l’ancien octadrachme , la drachme d’argent, qui valait un poids d’or égal à 0,288, tomba à 0,082, et le cuivre se trouvant à cette époque vis-à-vis de l’argent dans la proportion de 1 : 125, la drachme de cuivre tomba d’une valeur en or de 0,018 à celle de 0,00066,
2 xt.
. Le demi- statère d’argent babylonien devient la drachme d’Kgine et sert de
base atout le système monétaire de la Grèce et d’Kgine. Sa valeur d’après . lu tarif romain.
La dntcltme avant Pour bien écrire l’histoire de la monnaie d’Egine, il faut 6ol<m" la commencer dès avant le temps de Solon.
Nous possédons trois documents qui nous permettront de