CHAPITRE
déterminer exactement la valeur de la drachme unique à Trou point, cette époque reculée ; M. Bœckh les a parfaitement inter- d“ c""’|*,*1»>“ prétés (1), et nous nous contenterons de donner ici en peu de mots le résultat de son travail.
1* Un décret du peuple athénien (2) qui fixe à 138 drachmes de monnaie la mine du commerce. Évidemment cette mine est celle qui était en usage avant Solon ; par conséquent 100 drachmes d’avant Solon sont égales à 138 drachmes attiques; ce qui, en calculant la drachme attique à A'', 360, donne à l’ancienne un poids de 6*,,025.
2* Nous voyons dans Plutarque (3) que la réforme mo- < nétaire introduite par Solon, consistait à refondre soixantetreize anciennes drachmes pour en faire cent nouvelles; ce qui donnerait à l’ancienne un poids de 5'', 981.
3’ Enfin Priscien (A) évalue le grand talent, c’est-à-dire le talent commercial attique, à 83 mines et A onces, c'est-àdire à 83 mines 1/3, ce qui revient à 8,333 drachmes ordinaires et 1/3, d’où il résulte que la drachme, avant Solon, vaut 5*', 937.
Nous savons que le statère d’Égine, c’est-à-dire le didrachme, pèse au maximum 12*r,5l (5), par conséquent la
(I) Lac. ci'#., pages 114 et suiv.
(J) Corpus inscr. gr., n” 123.
(3) Sol., là.
(4) Dt Fig. nujn., O. II.
(5) Le plat fort des trente et un didraebmes cites par Mionnct ( Pouls, p. 103 et 104) pèse 12«',37 (=133, Suppl., n* 10) , vingt-cinq pèsent entre 12>',3à ( = 232 1/2 ) et lie, 02 ( = 224 1/2 ), el cinq seulement pèsent 1 !>’,8t ( = 223), Il'r,"9 ( = 222, deux exemplaires), tl>',C3 (=210), 11'', 45 ( = 217 1/2 ). La pièce que cet auteur donne (Poids, p. 103, n*2 du Suppl.), et dout le poids est durèrent est une drachme des îles et non une pièce d'Lgine. Le poids de ces monnaies varie peu, quelle que soit leur ancienneté. Dans la collection de H le baron de Prokcsch ( /nerf., p. 201, 7GS \ le poids des plus
1 PRODUCTION HISTORIQUE
Cctle drachme iBt semblable « celle d'Lgloc.
Fictive
tlri5* de» plbcra elles-mCoics.
rlracliuie usitée à Athènes avant Solon n’est autre que le demi-statère ou la drachme d’Kgine pesant 6«',25. Ces calculs sont parfaitement d’accord avec toutes les données historiques. Nous ne pouvons pas être de l’avis de M. Bœclcli, qui, pour établir une différence entre la drachme attique d’avant Solon et celle d’Êginc, confond la première avec la drachme euboïque et donne à la seconde un poids de 7*',28. Cette appréciation acontreelle les pièces elles-mêmes. Nous avons vu en effet (ci-dessus, p. 30) que la drachme euboïque est identique avec la drachme frappée à Athènes du temps de Solon ; elle ne peut donc pas égaler celle qui l’a précédée.
Las altérations qu’un long espace de temps a pu faire éprouver à l’étalon primitif, rendent difficile de déterminer quel est celui des quatre chiffres ci-dessus énoncés qui s’en éloigne le moins. L’étude des monnaies d’Égine, qui sont en général régulières et bien frappées, nous semble le moyen le plus sûr d’arriver à la vérité. Or, après les avoir bien examinées, en admettant même que quelques-unes aient un peu de surpoids, il est impossible de donner à la drachme de cette époque un poids inférieur & 0«r,20. Ce principe se trouve confirmé par le petit nombre de pièces d’or correspondantes qui nous sont parvenues (1), et il se
anciens statères d’Êginc varie de 12",43(=2Ï4 ) à U", 90 (=224 ), cl celui des plus récents de UFjft (=233; à II «',90 (=224). Toules les autres pesées sont parfaitement d'accord avec celles-ci ( Boickh, /oc. al , p. 84 et sulv.; — Leake ( .Vumïrm. Ml. Insul. Gr., p. 1 ). La pièce la plus forte qui ait été trouvée jusqu'ici est celle de la collection Hunier cl qui pèse 12", SI ( = 104). Celle de la collection Pembroke qui pèse plus encore est coulée, d'après le Catalogue, p. 100.
(I) Les monnaies d'or correspondantes à cette série d'argent sont fort rares. Celles qu'on peut attribuer arec quelque vraisemblance à Êgino et dont le type est une tortue ( ci-dessus, p. 2i) n'apparUennent pas au mémo système , mais II n'en est pis ainsi du petit nombre de monnaies d’or de
CI1APITUË I.
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rapproche d’ailleurs tellement du tarif officiel du décret d’Athènes, que nous pourrions borner là nos recherches.
Les renseignements de Plutarque et de Priscien sont à peu près les mêmes, mais leurs calculs sont moins exacts ; l’un et l’autre prennent pour point de départ les opérations financières de Solon. Tlutarque ne donne pas les chiffres 5*',0â ou 5'r,08 comme le poids réel des drachmes d’Égine, mais comme le poids moyen des pièces fondues par Solon ; et l’on voit que cette moyenne ne s’éloigne pas trop du chiffre de 6*', 20 que nous avons obtenu en pesant les monnaies.
Ainsi la drachme d’iîgine valait, argent contre argent, 1 3/8 drachme attique de Solon , et par conséquent un peu plus que le statère perse d’argent; les deux oboles devaient se trouver dans la même proportion, et il est probable que dans le commerce journalier trois oboles d’Ëgine s’échangeaient contre quatre oboles attiques (1).
La division et la nomenclature des monnaies d’Kgine sont bien connues; la principale pièce, qui est en même temps la plus commune , est le statère, puis viennent le
Thèbes que nous possédons, elles pèsent 3‘r 87 ( = 60 3/4. Hunter. — Comp. Bœckh, Met. Untersuch., p. 133); 3,T.04 (= 47, Thomas, p. 100); 1*', 03 (“15,8, Thomas), Elles ont toutes une légende et ne sont pas de l'espèce la plus ancienne. Le tctrobole de 3'',87, qui est probablement le plus récent de cette série, correspond à une drachme de 6<',8t ; le triobole de 3",04 à une drachme de Cs’.OS, et l’obole de 1«',03 à une drachme de C^M. Je n’ose rattacher & cette série la monnaie d’or de Carystus pesant a*’,20( = t9,4, I.eake. —Comp. Hussey, p. 08.— tkrckh, loc. eit., p. 1 14), parce que les monnaies d’argent de cette ville n’appartiennent pas au système d’Egl ne, mais à celui d'Athènes ; U en résulte que nous ne savons trop comment les classer.
(I) Telle est la conclusion qu'a tirée â bon droit Hussey (p. 01), de ce que nous disent les auteurs sur la solde des soldats grecs ; elle était de trois oboles d’Ëglne suivant tes uns, de qi.afre oboles atllques suivant les autres.