CHANTRE I
jamais vu et il est probable qu’on ne trouvera jamais de monnaies frappées d’un seul côté, sanS légende, et de style très-ancien sur les côtes sud-est et occidentale. Le carré Difforme»
. . . du carrë creux.
creux qui se voit au revers de quelques-unes des monnaies de Syracuse et qui témoigne de leur antiquité n'est déjà plus le carré primitif dans toute sa simplicité; en général, il existe au centre un petit emblème.
Le poids de ces pièces, môme des plus anciennes, est déjà ritcc«dcsjr«nio. le poids attique nouveau (1) ; le tétradrachme occupe le premier rang dans cette série, le didrachme de l’ancien style est fort rare (2), plus tard on le rencontre un peu plus souvent, mais, et ce qui est assez singulier, avec le type de Corinthe au lieu de celui de Syracuse. Les autres fractions de la drachme telles que le triobole (S) et l’obole sont au contraire des pièces toujours essentiellement attiques ; quelques-unes surtout parmi les oboles présentent les caractères d’une haute antiquité (4). Ces monnaies appartenant au système
(1) Le» létradrachmes avec la légende ÏYRAYOÏION ou ÎYRA, sur lesquels on volt d'un cfité le trige et de l'autre la tête de femme dans un carre creux (Hunier, pl. LII, n“ 11, 12.— Mlomiet, pl. XLVH, n* I), et que M. le duc de Luynes ( Rev. num., 18)3, p. 6) regarde comme les plus anciennes monnaies de Syracuse, pèsent 17«',44 ( = 200,2, Thomas, p. 8) ) ; 17", 28 (=200 3/4, Huntcr, p. 290, n* 20); 17 ",09 (=203,7, Mus. Brit.); 10*%8!l (=318, Mlonnet, I, p. 202, n" 720); lfi!',88 (= 200 1/2, Hunier, p. 290, n- 19).
(2) Les didrachmes archaïques ayant au droitle type du cavalier et la légende ÏYRA et au revers la tête de femme dans un carre creux (Mlonnet, I, Suppl., p. 427, n* 479, pl. XI, n* 15 ), correspondent, selon touto apparence, à ces tetradrachmes; ils sont de la plus grande rareté. L’exemplaire qui est A Londres pèse 8,r,49 ( = 131, Mus. Brit. ).
(3) Voy. pour les drachmes Leake ( p. 71); et pour les trioboles Hunier (p. 293, n- 57, 58, 59).
(4) Nous parlerons plus tard des petites monnaies d’argent de Syracuse; il en existe de deux sortes, les unes pèsent 0",GC, et les autres 0!r,10 ( maximum des pesées ). Les premières sont certainement des nholesalliques, et on
introduction uisroiuyLE.
qui 11e lut introduit à Athènes qu’ après Sulon, il en résulte que Syracuse n’a diï commencer à battre monnaie qu’ assez tard. En effet, si nous admettons que la première émission des monnaies de Solon eut lieu sous son archontat (Olymp. xlvi-3, de Rome 160) (1), nous ne pouvons placer leur réforme avant la domination des Pisistratides (Olymp. lv-1 , de Rome 104), peut-être même seulement vers l’époque de l’ expulsion de cette famille (Olymp. utvii-3, de Rome 244).
Leur antiquité. i,e fameux décadrachme nommé Démarétion avec la légende ÎYPAKOÎION , est la plus ancienne monnaie de Syracuse dont nous puissions fixer la date d’une manière positive et
pourrait prendre les secondes pour des oboles de Corinthe, mais tout l’ensemble du système concourt à nous les faire regarder plutôt comme des hèmilitrae.
(1) M. Bculé {Mon. d'Athènes p. 20 et 33 ) serait assez dispose à fixer l’émission des monnaies d'Athènes, qui ont pour type la tète de Minerve, à l’époque de l’expulsion des Pisistratides (510 av. J. C.). M. Mommsen hésite entre cette date, qui lui semble plus probable, et le commencement du règne de Pisistrate (560 av. J. C.). Dans scs recherches sur la métrologie grecque et romaine (Griechische und IKmische Métrologie, p. 152, Berlin, 1862, in-8’), M. IluiUch se prononce pour l’an 560; nous dirons en peu de mots sur quels faits il base son opinion, et ce qu’il dit nous semble concluant. Il existe un certain nombre de monnaies grecques avec une contremarque singulière, que Leake n'hésite pas h regarder comme une contremarque apposée par les Perses à l'époque des expéditions de Darius et de Xerxès pour donner & ces pièces un cours légal dans toute l'étendue de leur empire. En effet, cette contremarque se trouve sur les monnaies d’Alexandre l", roi de Macédoine, contemporain de Darius et de Xerxès, sur celles de Gétas, roi des Edoniens, qui a régné vers l’an 520 avant Jésus-Christ; elle se voit souvent sur les monnaies de Cilicie à l'époque de la domination des Perses (vog. Leake, .Nom 5e//. Kings,, p. 1 et 10; Asiat. Gr., p. 1 27 ;Europ. Gr., p. 23 et 157). Or cette contremarque se trouve aussi, non-seulement sur un tétradrachme d’Athènes très-archaique ( Mus. Brit., pl. VI, 10, et Leake, p. 22 ), mais aussi sur un décadrachme de fabrique évidemment moins ancienne (Leake, p. 23). M. Hultsch en conclut avec raison que les monnaies au type de la tête de Minerve doivent être do beaucoup antérieures à l'an 500 avant Jésus-Christ. D.