XV
Monnaies grecques on Occident.
A l’époque où les anciennes monnaies d’Athènes et de Corinthe étaient à peine connues en Orient, elles se répandaient déjà en Occident. On les imitait môme dans la Cyrénaïque, la Sicile et l’Italie méridionale. Dans l’origine, c’est-à-dire pendant la période où l’on ne frappait les pièces que d’un seul côté, Cyrène n’avait que des tôtradrachmes et des drachmes du système attique; et quoique plus tard on y fabriquât aussi des monnaies sur le modèle des pièces égyptiennes des Ptolémées, les premières sont toujours restées la monnaie nationale proprement dite (1).
Nous en dirons autant des monnaies de la Sicile et de
certaine somme. Le» chiffres de ces sommes sont accompagnés de l’indication Attivaliv E, et plus rarement de AXtUfalvîpsuv s. Le signe E n’a pas encore etc expliqué, mais il Indique certainement l’espèce ou la valeur des monnaies. La dernière indication sc rapporte aux pavements faits par les villes de Pliera-, Gomplii, Cierium, Homollum de Thessalie, Edeasc de Macédoine.
(I) Duchalais (Rev. mm., 1850, p. 382) donne des monnaies de celle espèce dont l’attribution A la Cyrénaïque d’après leur type et l'endroit où elles ont été trouvées ne saurait être mise en doute ; elles pèsent de I *‘',28 à 17>’,2 (sept exemplaires), de 4 '',30 A 4", 20 ( trois exemplaires), 2*’, 12 et l‘r,95. Les deux dernières dont il parle ((Wd, p. 388, n“ 12, 13), qui sans doute sont d’une date plus récente, et qui pèsent 3‘-,3 et l‘\52, sont des drachmes et des trioboles du système des Ptolémées. De son côté, Mionnel donne des létradrachmcs plus récents de Cyrène (Mionnel, VI, p. 500, 11” 49 et 80; fil»/., p. Mil , n” 5(1 et 57 ; ibid., p. 573, n“ IM, 171 Les didraehmes de relie '■poque son! encore moins rares.
CHAPirilE 1.
PI
l'ilalie. Les seules exceptions à faire sont : les pièces d’or de l’Étrurie taillées sur l’étalon de Milet, les plus anciennes monnaies des colonies chalcidiennes, qui appartiennent au système cPÉgine, celles des colonies phocéennes dérivées de l’étalon perse, ainsi que les pièces campaniennes qui sont copiées sur ces dernières, et enfin les monnaies d’argent du ayttème indigène ayant, comme le denier romain , la monnaie de cuivre pour point de départ. Nous verrons plus tard avec plus de détails les particularités relatives aux monnaies de chacune de ces localités, et nous ne dirons ici brièvement que ce qui est indispensable pour compléter un aperçu général.
Le système monétaire des colonies achéennes en Italie sy«tn.o se composa d’abord des pièces suivantes: l’unité pesant S'', 20, le tiers de 2«r,73, le sixième de 1",3G, le douzième de 0*',68. La pièce de deux tiers est rare, on ne trouve jamais ni la moitié ni le quart. Plus tard l’unité oc de 8*%20, fut nommée drachme, et par conséquent jamais cette pièce n’a été considérée comme une pièce de deux unités. Ces monnaies répondent parfaitement à ce que nous avons dit du système corinthien. On peut dire aussi que l’apparition des légendes à une époque fort ancienne rappelle la présence du koppa sur les plus anciennes pièces de Corinthe, coïncidence qui témoigne encore en faveur de celte origine. Le poids, la fabrique, les divisions des monnaies de Crotone, de Sybaris, de Pyxus et de leurs alliés sont trop uniformes pour n’étre pas le résultat d’une convention spéciale entre des villes confédérées. L’adoption du système de Corinthe par ces villes dont les ateliers sont incontestablement les plus anciens du pays, tend aussi à prouver que ce système est plus ancien que celui d’Athènes. ,
Par contre les monnaies de Tarente, de la Sicile et de
Système altiquc.
Villes
qui l'âdoptcnt en Italie.
Eu Sicile.
P2 INTRODUCTION HISTORIQUE
l'Étrurie sont dès l’origine copiées sur le modèle atlique. Les pièces étrusques, entre autres, rappellent tout à fait les pièces athéniennes du temps de Solon ; elles sont uniformément frappées d’un seul côté et sans légende ; l’ancien type attique se voit même sur les monnaies attribuées à l’opulonia. Le poids un peu léger et la valeur des pièces rappellent celles d’Athènes : ce sont le tétradrachme qui est rare, le didrachmc qui est plus fréquent, la drachme qui a également la marque de la moitié et letriobole. Seulement le trihémiobolion remplace l’obole et la division par moitié conservée dans toute la série remplace la division par tiers ; c'est la seule différence qui existe entre la copie et l’original. Évidemment les Étrusques ont tiré leur modèle directement d’Athènes et non de Chalcis ou de Syracuse, ils ont copié le système primitif, et n’ont pas suivi les changements adoptés après Solon (1).
La Sicile entière, à l’exception de Sélinunte (2) et des villes situées sur la côte septentrionale, avait adopté le pied monétaire attique du nouveau système. Nous n’avons
(I) Depuis peu, on a trouvé îles pièces d'argent étrusques du système perse. Nous en parlerons au chapitre qui traite spécialement de la monnaie étrusque.
(3) Nous avons de Sélinunte des dldrachmcs frappés d’un seul côté et presque toujours sans legende; d'après leurs poids, ils apparUcnnent à un système ancien, tandis que d'autres, parfaitement semblables, sont d’une date plus récente : Feuille d’aclie. I)’ Carré creux, 8>',9I (= 137,5, Thomas, Cnt., p. 72): *",70 ( = 135,2 , Thomas, Cal.); *<',70 (= 134,2 , Leakc); 8=’, 52 (= 131 1/3, Hunier); 8",35 (Plnder, A ni. Hfmzen, p. 27); 8", 20 (= 120 1/2, Hunier); 8e', 07 ( = 152, Mionnct, I, Suppl-, p. 121, n“ ICI); 7",51( = !12, Mionnct, I, p. 285, n* 002); 7e, 2» (=135 1/2, Mlonnet, I, p. 285, If 001); 7", 00 ( = 133, Mionnct, I, p. 285, n* 003. — Feuille d'ache des deux côtés sans légende, 7", 57 ( = 110,8, Thomas) ; avec la légende 3S , 8",8'J (= 137,2, Leakc). — Attribuer cette dlUércnce de poids à la négligence de la fabrication me semble rhosc douteuse, car tes mennales de ta Sicile sont en prierai taillées avec une grande régularité.