CHAPITRE II
haut l’origine de cette pièce. Aristote nous a conservé son nom vi|Ao<(l), et nous la voyons mentionnée sur les tables d'Héraclée qui fixent le taux des amendes en mines et en naines (v4|j.o;) (2). Parmi les divisions les plus anciennes nous trouvons des demi-nomes, avec le type du demi-hippocampe, tandis que l’hippocampe tout entier se voit sur le nome. 11 n’existe dans cette série ni tiers , ni quarts . ni sixièmes de l'unité. Les petites pièces d'argent sans légende, mais évidemment frappées à Tarentc, sur lesquelles on voit la coquille et la roue, et qui forment une suite décroissante pesant de 0p,,87 à 0e', Ct), se rattachent évidemment aux nomes d’ancien style, au type du héros à cheval sur un dauphin et de la roue à quatre rayons au revers avec la légende TARAS. Cette observation s’applique également aux petites pièces qui ont pour type la coquille et la
Carelli, ibid.y n* 32, pl. CXXXYII, rr 20); 8*r,3I (de Tarente, Carelli, ibid., n* 113, pi. CIX n* 102 ; de Caulonia, Carelli, pl. CLXXXVI1I, n° 2). Toutes les autres pèsent au-dessous de 8'' ,23. — Sur les sept pièces plus fortes que les autres que nous venons de citer, les deux de Cnulouin sont seules anciennes, les autres sont plus récentes. On en trouve même de tout à fait semblables qui pèsent le poids ordinaiie; ainsi une pièce de Tarente avec la légende 0IAOKAH2 et AY, tout à Tait semblable à celle de 8ïr,68, ne pèse que 7«r,93 (= 122 1/2, Hunter, n* 75). Il y a donc eu évidemment ici méprise ou tromperie de la part du monétaire. Car la seule monnaie d’or de cette espèce dont nous connaissions le poids pèse 7*T,92, et en fixant le poids normal à 8*r,23 , nous l'avons estime plutôt trop haut que trop bas. I.e dldrachme de Corinthe, qui a été le prototype de ces pièces, est beaucoup plus fort; il pèse ordinairement 8*r.GG à 8»r,50, et ne s'éloigne par conséquent pas beaucoup du poids normal attique, 8*r,73.
(1) Pollux, IX, 80 : ÀfiTroTtXr^ Év vfi Tapavvfvwv roXtTrta xaXtiaèai tpTjSt vojAapa rap’ aÙTOÎ; voûjijjlov, è?’ vj èv TitorûaOsi Tapavra tbv Iloaciétbvcc 6eX?lvt èro/oôjuvov. Ce type est surtout particulier aux «tolères.
(2) Aôa pvâ; ip-pptu et Zixt vomo; àpyupfw. Corp. insc. gr.t il" 5774, ligne 123. 11 est bien probable que le mot ipyuplto n été mis ici plutôt par opposition aux monnaies d’or qu'à celles de cuivre.
Nome* de Tarent# et
leurs ilîviaion*.
INTRODUCTION IIJSTORIQUK.
Pile es de Tarente de la
prendre époque.
Influence «Imultanée d’Atlifenei , de Syracuse et de»
villes de la Grande Grtae.
tète de femme ou la coquille et le dauphin. De même que le nome de Tarente, dont le poids varie de 8*r,ll à 7*', 70, est une copie du statère de Corinthe ou de Syracuse, ces petites pièces sont évidemment des copies de la litra de Syracuse et leur poids normal de (K, 82 ne se trouve que rarement dépassé dans quelques pièces isolées. La plupart de celles qui ont pour type une coquille et une tète de femme, ou une coquille et un dauphin sont des hétnilitrae ; elles pèsent 0 «r,44, 0*',41, 0«r,38, 0«r,3G et audessous. Nous retrouvons de même le quart de la litra, autrement dit le trias, dans la pièce marquée d’un T avec 3 globules qui pèse 0*\18 et au-dessous (1). Enfin on peut reconnaître l'hexantion dans la plus petite pièce sur laquelle on voit une tête de femme et la roue, qui pèse effectivement 0*r,1i, et dont le poids normal devrait être ()*r,14. Nous aurons donc la série des monnaies de Tarente de la première époque ainsi composée :
1” Le nome;
2° Le demi-nome;
3* La litra ;
4° La demi-litra (hémi litra);
5" Le trias ;
6° L’hexante.
Comme nous l’avons dit plus haut, il est facile d’y reconnaître l'influence que les villes voisines d’origine achéenne ont exercée, en même temps qu’ Athènes et Syracuse, sur la formation du système monétaire de Tarente.
(I) Il se pourrait cependant que le T fut l'initiale du mot Tarente comme sur les autres pièces de la même ville, et nous devons avouer qu'il n'est pas bien rerlain que les trots globules ne soient pas de simples ornements sans aucune signification numérique.