MONNAIES GRECQUES D'OR ET D'ARGENT FRAPPÉES EN ASIE
Notions préliminaires.*— Stslères de Pliocée, de Cyzique et du roi Crésus,
Il n’entre pas dans notre cadre d'écrire l’histoire monétaire de l’Orient, mais on ne peut étudier les monnaies italoromaines de la république et de l’empire sans être souvent obligé de faire des rapprochements avec les systèmes monétaires d’origine grecque qui avaient pénétré en Sicile et en Italie, à une époque fort ancienne. Il nous a donc paru indispensable de jeter un coup d’œil sur ces divers systèmes, et d’analyser en peu de mois les plus importants.
Tous les renseignements que nous fournit l’étude des monuments, d’accord avec l’histoire et la tradition, établissent d'une manière positive que l’Asie Mineure a été le berceau de l’art monétaire , et que les premières monnaies étaient d’or.
Les plus anciennes sont incontestablement les statères de Phocée, de Cyzique et ceux du roi Crésus.
La plupart de ces monnaies d’or, frappées d'un seul
ûi igine
du mountTige en Orient.
Prêtai re* pftce* <l*or atrc un «cul tjrpo.
- INTRODUCTION 1IISTOHIOUK.
célé, peuvent se grouper autour d'un étalon fort ancien
dont le poids devait être de 15", 9 à 10", 5.
Les plus pesantes que nous connaissions sont les suivantes :
1* Deux pièces qui ont passé du cabinet de Cousinéry dans celui de Munich; l’une a pour type un griffon la gueule ouverte, avec la légende "ROM (1); elle pèse 10*r,57 ; — sur l’autre, on voit un phoque au-dessus d’un G et elle pèse 16", 5 (2).
2° La pièce que Burgon (3) considérait comme la plus ancienne de toutes les monnaies d’or qu’il eût vues; elle a pour type une tête de lion avec la gueule ouverte et tirant la langue; elle pèse 16", 10.
3° Enfin cette nombreuse série sur laquelle on voit un pélamide (4) et qui se perpétua jusqu’il l’époque
(1) Scslini, Slaleri anlichi, p. 88, n"8,pl. lX,flg. S.— Les poids que noua donnons Ici et plus loin sont ceux que M. Streber a Lien voulu nous communiquer.
(2) Sestini, ibid., p. 23, 0° 1 , pi. I, fig. I.
(3) 16", 10 (=218,4, Borrell, iYura.CAro*., t. VI, p. ISO); 16*’, 00 (= 247,9, Thomas, p. 300).
(4) 16", 35 (=252,3, homme barbu 3 genoux, tenant un pélamide par la queue; Borrell, Num. Chron., t.VI, p. 151); IG", 26 (= 251 , Ocrés sur un char tiré par des dragons; au-dessous , un pélamide; Borrell, ibid.); 16*’, II ( = 248,7, Persée agenouillé, tenant la harpe et la tète de Méduse; au-dessous, un pélamide; Borrell, ibid.); 1G",105 (sanglier; au-dessous, un pélamide; Munich, Sestlnl, Slot, ont., p. 54, n* 25); 1G*M0 [= 248,5, taureau marchant; au-dessous, un pélamide; Borrell, ibid.); IG,,,09(= 248,4, forme allongée; un homme agenouillé, tenant un couteau et un pélamide; Hunier, pl.LXVI, (Ig.l ; conip. Bœckh, Melrol. Vntersuchungen.p. 129; =303, partie antérieure d'un lion ailé, un pélamide ; Mlonnet, t. V, Suppl., p. 300, n* 104 ; deux éphébes agenouillés sur un pélamide ; Prokesch, /nerf., p. 28t); 16*', Ou ( = 247,9, Thomas, p. 245; Hussey, An eway on the ancient un y ht t and mo ney and Oie Roman and Greek liquid memuret; Kit h an a/rpendix and ihe Roman and Greek foot. l-ondon, 1835, p. 86; comp. Payne Knight, p. 31); 16>',04 ( = 247,6, Thomas, deux pièces ; -=302 , Mionnct , t. V, Suppl., p. 301,
CIIAPITHK I.
d'Alexandre , comme le prouvent -le type et la légende EAEYOEPI qui se trouve sur l’une d'elles.
On peut également faire rentrer dans cette catégorie quelques pièces d’un poids exceptionnel, par exemple celle qui pesait 7 drachmes et 2 oboles 1/2 de poids attique (32", 38) , et qui était conservée dans le trésor du Parthénon, à Athènes, mais dont aucun exemplaire n’est parvenu jusqu’à nous -, elle représentait le double de l’unité de 10 grammes (1).
Parmi les petites pièces d'or, l’hecté, qui représente le sixième de l’unité, est la moins rare ; elle a le même type que l’unité et devrait peser 2", 75. Nous en connaissons une, avec la tête de lion, qui pèse 2",76; mais elles sont en général un peu plus légères et atteignent environ 2", 59 (2). Ces hectés entrent pour les neuf dixièmes dans
U- 100 ; =247,5, Thomas); tO’,03 ( = 301 3,4, Mionnet, t. U,p. 527, n* 77; = 247, Thomas, doux pièces; Borrell, ibid.); 16 (Waddtngton , Rev. num., 1 852, p. 87, deux exemplaires; Munich, Sestini, Slat.anl., p. 65,n*15); 15,,,9'J (Munich, Sestini, Slaf. anl., p. 54, n*27; = 30l, Mionnet, t. Il, p. 527,n*76,et t. V, Suppl., p. 300, n* 108 ) ; I5*’,95 (=300 1/4, Mionnet, t..V, Suppl. ,p. 301, n° 110, et p. 304, n* 127 ; femme assise, la main appuyée sur un clppe, sur lequel est écrit : EAEYOEPI )î 15»', 94 (=246, Thomas); 15*', 93 ( = 300, Mionnet, t. V, Suppl., p. 301 , n* 109) ; 15*', 92 (=245,7, Thomas) ; 15*', 91 ( = 245,5, Leake, Numiim. hellenica, Asialic Grtecc, p. 50); 15*',89(=299 1/2, Mionnet, t. V, Suppl., p. 302, if III); I5*%87 (=245, Thomas); 15*', 72 ( = 296, Mionnet, t. Il, p. 527, n° 75).— Les poids de Sestini, dont l'exactitude laisse à désirer et auxquels M. tkrckh a cependant été obligé d’avoir recours (p. 135) ne sont heureusement plus aujourd'hui notre seule ressource.
(1) Corpus inscr. gr., n" 339, complété par M. Rhangahé, Anl. hell., t. 1,
p. 121, n* 108, lig. 22 ;j[poo«ôv a] =8piv toutou TljhHIC]. —
Rhangahé, t. I, p. 124, n* 109, llg. 18 : [-rrrpdôpajtpov ^pu JoûvsraOphv voùxou] TTHHItC]» llg. 32 : (tsj TpiJpxxpov xP“<*oôv o-ri8|i6v toutou TThHIC* Comp., n' 110, lig. 24, Btéckh, Slanlshaushalt. der Alhen., t. Il, p. 116 de la seconde édition.
(2) =42*', 0, Thomas, p. 300. I ne autre pièce également fort ancienne, de forme tout 5 fait irrégulièro avec la tète de lion de lace, pèse 2*’,C9 ( = 41,5, Thomas, p. 301 ).
Double nuittf.
Fr jetions.
INTRODUCTION HISTOBHJl'E
le nombre total des pièces d’or de l'Asie Mineure; quelquesunes sont de date relativement récente et moins anciennes certainement que les plus modernes des pièces de 10 grammes, car beaucoup sont frappées des deux côtés (1).
Les autres divisions sont plus rares; la moitié de l'unité n'existe pas avec le type de l'unité et de l'hecté, et nous la retrouvons pesant 8‘',10 (2), avec le type du demi-lion et du demi-taureau dans une autre série que nous examinerons plus tard. S’il existe des tiers de 5*r,18, ils sont très-rares et ont sans doute été émis en fort petit nombre (3). Le quart n’existe pas, mais on trouve positivement des moitiés (A),
(I > Sur les quarante-cinq pièces de celte espèce citées par Mionnet ( Poidt , p. 310) cl dont quelques-unes ne sont frappées que d'un côté, on en trouve une de 2»’,7C(=52,9, Mionnet, MX, Suppl., p. 229, n" 13, ayant pour type un sphinx et un thon), deux de 2«%73(=.M 1/2', une de 2*', «8 (=50 1/2) fl une de *<’,60 ( = 49) , vingt-cinq autres entre 2»', 59 et 2*',53 ( 48 3,4 et 4* 3/4 ), onre entre î'',52 et 2>’,50(47 1/2 et 47). deux de 2<-,47 (=46 1/2), une de 2*’,36(=44 1/2). Parmi les pièces appartenant aujourd'hui au ratdnet de Munich et autrefois * la collection Cousinéry, on peut citer les types suivants : un demi-chien, derrière un poisson, 2«', 686 (SesUni, Sial. anf.,p. 83, n* S); un homme à genoux, tenant un poisson, 2*', 677 (Sestini, p. 56, n* 35); un cenlaure sur un poisson, 2>',G05 (Sestini, p. 59, U* 43); tète casquée de Pallas, derrière, un poisson, 2'', 658 et îc,05 (Sestini , p. 66, n“ 19, 18); Hercule étouffant les serpents; au-dessous, un poisson, 2'-,606 (Sestini, p. 65, n* 14). On trouve d’autres pièces de cette espèce dans Hunter, pi. LXVI, et Dœckh, p. 135, 136.
(2) Mionnet, t. VI, p. 613, n* I. — Poids, 8*',10(= 1*5, Bondi, Num. Chron.. 1. Il, p. 216); 8<',ÔG5 (Munich, Sestini, Slal.ant., p. 9l,n*3, pi. IX, Qg. 15); *i’,054 (= 124,3, Thomas, p. 339); 7*', 990 (= 123,4, Pembroke, Cal., p. 219).
(3) Hussey ( Essay on lhe ancienl weiglht and money, p. 104 ; mentionne une pièce de ce poids (= 80 grains) parmi les monnaies attribuées h (lyrique dans la collection du Musée Britannique; nous n'en avons jamais vu nulle part de. semblables.
(4) 1«’,335 ( homme agenouillé, tenant un poisson, semblable aux unités et aux tiers dont nous avons parlé, noie 4, p. 2; Munich, Seslini, Sial, uni , p. 56, n* 38); l<’,82 ( tét* de veau; Munich, Sestini, p. 54, n- 23,
CIIAFITRE I. Ü
des quarts(l), des sixièmes (2), des huitièmes (3), el peutêtre même des deux tiers d’hecté (à).
Les plus anciennes de ces monnaies et en particulier celles avec le type du lion ou avec le lion et le taureau sont d’un or, sinon pur, du moins légèrement allié d’argent; mais la plupart sont de ce métal que l’on nomme habituellement électrum (5).
Les nomsde ces monnaies indiquent le pays où elles furent
comp., p. 114); 1<’,3I ( = 21 3/4, sphinx et pélamidc; Mionnet, t. V, Suppl., p. 303, n* 1 22 ) ; M',303 ( tête de satyre entre deux poissons ; Munich, Sestini, p. 67, n* 21 ). Comp. Bu-ckh, p. 129, 136.
(1) 0*',673 ( demi-lion et demi-taureau, égale le douzième de l'unité principale pesant 8<',!0, et que nous avons citée note 2, p. 4 ; Munich, Scstini, Sial. an!., p. 9î. n* C) ; 0,,,0ô (tête de veau, par conséquent semblable J l'héinihecton cité h la note précédente; Munich, Sestlnl, p. 84, n* 24); 0>r,6S 1 tête de grillon , = 12 1/4, Mionnet, t. VI, Suppl., p. 373, n* 1868, \ l'article Tect); Os',645 (poisson ; Munich, Sestlnl, Sial, ant , p. G7, n* 22 ).
(2) 0>',447 = 6,9, Thomas, p. 316 : tète de griffon , derrière , petit phoque, et au revers, carré creux.
(3) 0‘\31l = 4,8, Thomas, p. 301 : quatre petites pointes en saillie irrégulière, en relief dans un carré creux, au revers, carré creux.
(4) 1,,,97 ( chien, au-dessous, un poisson, par conséquent cette pièce doit, suivant toute probabilité, être rangée parmi les hectés, malgré son poids élevé, Munich, Sestlnl, Sfat. ant., p. 83, n° 3); l,',88 (grIITon; = 29, Borrell, jVum. Chron., t. Vil, p. 70). Comp. Bteckh , p. 130.
(5) On admet généralement que l’éleclrum contient 78 p. 100 d'or; mais cette règle est plutôt une théorie Urée des auteurs de la liasse latinité ( Voy. Servlus ad Æneid., VIII, 402.— Isid. Orig., XVI, 24) que basée sur des analyses chimiquement exactes.— Pline (fl. .V., XXXIII, 4, 80 , de son côté, assure que l’clectrumcontlentau moins 20 p. 100 d'argent.— L'analyse faite par M. le duc de Luynes n'a confirmé ni l'une ni l'autre de ces données; elle a seulement prouvé qu'on ne peut se lier 3 aucun de ces témoignages ( Rev. nam., 1886, p. 89, où le type n'est pas indiqué ), et quo cet alliage a dù nécessairement beaucoup varier. — Ch. Lenormanl (Rev. num., 1880, p. 88 et suiv.) pense avec raison que l'clectrum des monnaies de Cviiquen'etait [tas un alliage factice, mais que l'or tiré dessables aurifères qui était employé 4 leur fabrication était loin d'étre pur, et que la composition n'était pas toujours la mémo
Alliage.
Eltctruni,
SUtbre* Je Pboceo,
N TRODLCTIO.N HISTORIQUE.
St»tî*re de Cyzique.
frappées ; les noms de statères et d'hectés de Phocée (1) , si connus dans l’antiquité, conviennent aux pièces qui ont pour type le phoque (2) (armes parlantes de Phocée) , type que nous voyons déjà sur quelques exemplaires qui par leur poids et la pureté du métal offrent les caractères d'une plus haute antiquité, car nous savons par le grammairien Hésychius, que plus tard l’or de Phocée était loin d’être pur (3) ; enfin le nom de statère convient parfaitement aux pièces de 10 grammes , malgré leur ressemblance avec le tétradrachme d’Athènes, puisque le double statère do 32 grammes, conservé à Athènes, est appelé un tétradrachme d'or dans la liste des offrandes du Parthénou.
Nous nommerons statère de Cyzique la pièce d’or au type du pôlamide. Les pièces d’argent d’une date plus récente, sur lesquelles le nom de Cyzique se lit à côté du même type, suffiraient pour justifier cette attribution et pour faire reconnaître celte monnaie si souvent indiquée dans les inscriptions et citée par les orateurs d’Athènes. Mais pour lever tous nos doutes, nous avons encore deux poids, dont l’un marqué KYII et AIC*4ï,!pov) pèse 29", 90, et le second avec l’inscription KYX et CTA^p, pèse 18", 80 (A). Il est
(!) Les statères. de Phocée ont été cités par Thucydide (IV, 52)ct par Dcmosthène, Adv. Ilœot., g 30 : 't'i.)xi’.xùj craxT.pt 11, taxa; dxjxalôt;... L’inscription athénienne du Corpus inter, gr., n* ISO, remonte A l'Olympiade ICV, 3 (l’an 350 de Rome). Voy. des fragments semblable, cités par M. Rbangabé, Anl. hell., t. Il, n- 830, 838 b, 843. Comp. Ibcckh, Staalhaushall, der Athen., 1. 1, p. 35.
(2) Iiurgon, Cal. Thomas, p. 315 et 310, cite, outre le sixième d’hecté mentionné plus haut ( note 2, p. S ), deux autres pièces qui sont d’or pur ; l'une d'elles ayant pour type une tète de phoque et un petit phoque à côté, pèse St’.ôOS ( = 40,1 ), et l’autre un phoque près d'une tète de femme ornée d’une coliTure archaïque, pèse 2>r,50C (= 39,0).
(3) liesjchlus, v. «Pwxaï:... xô xixinov xpwriov.
(4 Corpus mstr. jr.,n*3C8l.— Adr. de Longpéiler, Annales de tins!, oreh.,
CHAPITRK 1. 7
donc plus que probable que la plus grande partie de ces monnaies à été frappée à Cyzique.
Quant à celle sur laquelle on voit un griffon, on pourrait l’attribuer à Téos d'Ionie, quoique la légende (si toutefois elle a été bien lue ) semble indiquer plutôt Tium de Bithynie, ville voisine de Cyzique. Il est probable qu’un certain nombre des petites républiques situées aux environs de Phocée et de Cyzique avaient, à l’exemple de ces deux villes, frappé des statères et surtout des hectés.
Toutes ces pièces ont un cachet particulier qui parait convenir plutôt à des monnaies municipales qu’à des monnaies royales. Les seules que nous croyons pouvoir, avec assez de vraisemblance, attribuer à un atelier royal, ont pour type un taureau et un lion (1). Nous les appellerons statères de Crésus. On les rencontre surtout aux environs de
1847, p. 330, 337. — Ch. Lenormant, Rev. num., 1846, p. 7. Malgré leur peu de justesse (ee qui ne doit pat, du reste, nous étonner), ces deux poids prouvent surabondamment que la pièce d'or pesant en moyenne 16 grammes, est bien le sUtire. Aujourd’hui on donne en général ce nom à une monnaie beaucoup plus légère. Mais dans l’antiquité le mot orarci[p n’impliquait pas l'idée d'un poids quelconque, c’était le nom générique adopté pour indiquer la grande unité monétaire comme Spa/pé indiquait la moitié : ainsi le mot statere ne convient strictement qu'au didrachme, et ce n’est que par abus qu’on l'applique aussi au tétradrachme , qui devrait s'appeler distatère. rwOTÎp, c’est-à-dire la Balance , l’égalité de deux poids, traduction du mot araméen schekel. Apaxpuj, c’est-à-dire «ne main pleine, égale le demi-statère; deux mains pleines posées sur les plateaux de la balance s'équilibrent et représentent le statère.
(I) Couslnéry, cité par Mionnct, t. VI, Suppl., p. 405; Borrell, Num. Chron., t. Il, p 216 et suiv,; Burgou, Cat. Thomas, p. 316, indiquent tous , d'après une longue expérience, la ville de Sardes comme l'endroit où ces monnaies se trouvent le plus ordinairement. « In four separale instances, dit Borrell, where those of gold hâve reached me, o ne was found al Casaba, a village no t far from Sardis, and lhe otheisfrom places siill nenrer to the ancien t Lydian capital. In silvtr, the examples are almost endless, as more than
Statf re»
Se Crétui.
INTRODUCTION HISTORIQUE
Sardes. Elles sont frappées sur le même pied que les monnaies des villes, mais les pièces sont d'une valeur différente.
Démosthène, en évaluant, dans son discours contre Pliormion, le statère de Cyzique à 28 drachmes atti— ques, nous a laissé un renseignement précieux que nous ne devons pas négliger (1). De tous les auteurs qui ont traité le même sujet, Borrell et Burgon semblent approcher le plus de la vérité, parce qu'ils ont défalqué du poids brut le poids de l’alliage. En effet, si l’on adopte 10:1 pour la proportion de l’argent à l'or, on trouve que 28 drachmes attiques pesant 122«r,25 d’argent valent 12*r,22 d’or, et c'est bien à peu près ce que devaient contenir de métal fin les statères au type du pélamide, qui circulaient du temps de Démosthène, défalcation faite de 25 p. 100 d’alliage (2).