CHAPITRE II
une raison particulière qui nous est inconnue, peut-être était-ce dans le but de rendre la contrefaçon plus difficile; toujours est-il que cette méthode ne se trouve employée nulle part ailleurs, excepté toutes fois par deux villes du voisinage, Posidoniaet Tarentc.
On lit quelquefois sur des monnaies de cette espèce les noms de deux villes qui ne sont pas toujours rapprochées l’une de l’autre, et qui souvent ne sont même pas toutes les deux d’origine achéenne, par exemple Pyxus et Siris, Métaponte et Posidonia, Crotone et Pandosia.Crotone et Témésa, Crotone et Iliméra (1). La présence de deux noms de villes sur les mêmes pièces avait sans doute pour but de donner à ces pièces un cours légal dans ces deux villes ; on pourrait en conclure que cette circonstance n’est qu’une exception, et qu’en général la circulation des monnaies était restreinte au territoire des États qui les avaient fait frapper. Nous allons examiner quelles étaient l’étendue et l’importance de la ligue des colonies achéennes de la Grande Grèce et du système monétaire qu’elle avait adopté.
Ces villes, nous l’avons vu, ont la même unité monétaire que Tarente, et le poids effectif de cette unité (qui peut passer pour être son poids normal) est de 8,r,23. A part quelques exemplaires isolés, probablement mal frappés ou excessivement usés, et dont nous ne tenons pas compte, les pesées (en y comprenant celles des pièces les plus anciennes), donnent les résultats suivants :
tr. »r.
Caulonia de 8,57 à 7,66
Crotone (seule ou avec l’andosia). . . 8,21 6,88
Laüs 8,14 6,88
(I) Trépied, ?PO 1 Coq, |M. Minerviul, Bullel . archcol. napotitano nuovn terie V, p. 50.
Plfccei Incnscs portant deux nonu de ville».
Pold»
£do ce» monnaie».
INTRODUCTION HISTORIQUE
»f. cr
Mrtaponle de 8,23 a 7,G5
Posidonia (au type du taureau] ... 8,11 7,98
Pyxus et Siris 8,23 7,80
Sybaris 8,21 7,60
Témésa 7,83 7,6i
Térina 8 7,60
ancienue* pièce* •la Po't'iunia n*»ppartlrnnent pas a U ruéme tarie.
Etendue de leur orcaUtOQ prouvée par le* trouvaille*.
Toutes ces monnaies ont le même type des deux côtés ou avec peu de différence comme on le voit sur les médailles de Témésa et de Térina. Sur les pièces de Crotone et Pandosia les emblèmes des deux villes (le trépied et le taureau) , se trouvent réunis; quelques monnaies de Posidonia ont de môme l’ancien emblème de la ville (Neptune debout combattant) réuni à celui de Sybaris ; elles ont probablement été frappées après la colonisation de cette ville par les Sybarites. Les anciennes pièces de Posidonia, sur lesquelles on voit des deux côtés le type de Neptune combattant, n’appartiennent pas à ce système, mais à l’ancien système campanicn, que nous étudierons plus tard. Les monnaies de ce système sont taillées avec assez d’exactitude; il est rare de trouver des pièces au-dessous de 7*',6, et la plupart de celles-ci ne se rencontrent que dans la série de Crotone. Un grand nombre de trouvailles prouve, ce qui du reste était facile à supposer, que ces statères achéens se confondaient dans le commerce avec les statères incus frappés à Tarente ; il est cependant probable que l’on a toujours fait une distinction entre ces pièces et les didraclimes ou les tétradraebmes du système attique, qui sont un peu plus pesants, et qui se frappaient dans le Bruttium et en Sicile. En effet, la rencontre fortuite de ces deux sortes de monnaies dans un même dépôt (1), rencontre qui n’a d’ailleurs encore été
(I) Des (rois cent quatre-rtngt-unp pièces d'argent archaïques découvertes