CHAPITRE II
système monétaire de Corinthe est plus ancien que celui qui fut introduit à Athènes par Solon. En effet, les monnaies de Su is ont évidemment été frappées avant la destruction (1) de cette ville arrivée pendant la cinquantième Olympiade (174 de Rome); les monnaies si nombreuses do Sybaris doivent se placer entre sa fondation, Olvmp. xiv-4 (de Rome 33), et sa destruction, Olymp. lxvu-2 (de Rome 243) (2); par conséquent les ateliers monétaires de la Grande Grèce étaient déjà en pleine activité du temps de Solon, et il est clair que, à plus forte raison, les monnaies de Corinthe, prototypes des monnaies de la Grande Grèce, doivent être plus anciennes que celles d’Athènes.
Quels noms donnait-on alors à ces pièces, et peut-on déjà, pour une époque aussi reculée, leur appliquer les noms de drachmes et d 'oboles? c’est ce que nous ignorons; nous savons seulement que sur les légendes de la pièce principale les adjectifs: Aiïvo;, Eipîvoc, KauXomrcaç , Kpo~ujvtitïc sont au masculin, qu’ils pourraient, par conséquent, se rapporter aussi bien au statère qu’au nome. Au sujet des types, nous remarquerons que les tiers et les deux tiers ont le même type que l’unité et ne se distinguent les uns des
(1) Voij. I.orem ( Vet. Tarent, res yestac, Elberfeld , 1838, p. 14 et 15). — Eckhel ( Doctr. num. vet., I, p. 152 J classe, il est vrai, ces monnaies 5 nne époque postérieure, parce que Pyxus, dont le nom so trouve sinon toujours, du moins fort souvent sur les monnaies de Sirls, n’a été fondé par Micythus que vers l’an 283 de Rome (Olymp. lxxvii-2); mais M. le due do Luynes (Nouv. Annales, I, p. 395) a démontré que Pyxus devait avoir existé A l'état de colonie ochéenne bien avant que Mlcytbus ne s'en emparât, et s’y établit avec une colonie de Messénicns.
(2) Los monnaies de Sybaris, frappées après le rétablissement de son autonomie et dont la lcgende est en caractères postéiieurs A Eucllde, ZYBA, sont nécessairement plus récentes, et ne peuvent pas être c'assées avant la seconde moitié du quatrième siècle de Rome.
La dénomination de ces pièces est Incertaine.
Remarque sur les type».
INTRODUCTION HISTORIQUE
autres que par leur dimension et leur poids, tandis que les sixièmes ont souvent, en outre, un signe particulier; ainsi les sixièmes de Métaponte ont une tête de taureau en creux, la plupart des sixièmes de Sybaris, une amphore en creux, ceux de Crotone le Pégase ou le polype, ceux de Laits un gland. Sur les douzièmes on retrouve tantôt simplement le type de l’unité et tantôt un type pariiculier ; par exemple, trois croissants à Crotone et à Métaponte. pi cd-or. Pendant la dernière période qui se reconnaît au changement de l'alphabet et qui commence vers le milieu' du i\* siècle de Rome (1), nous voyons apparaître des pièces d'or. Cette émission eut lieu d’après le système monétaire local, et non d’après le système attique; elle fut peu importante, car il ne nous en reste que quelques tiers d’unité en fort petit nombre et tous frappés à Métaponte. C’est encore un des caractères particuliers du monnayage de
(I) Il est probable que l'alphabet d'Euclide a été adopté en Sicile en même temps ou peut-être même un peu plue lût qu’à Athènes, où l’on sait qu’il ne fut déünitivcinenl accepté que l'an 351 de Rome (Olymp. xciv-2, av. J. -C. 403). A (lûmes, qui cessa de battre monnaie en 331 de Home { Olymp. lxxxii-2), toutes les pièces ont encore leurs légendes en caractères antérieurs h Euelldc; A Héraclce (fondée en 321 do Rome, Olymp. Lxxxvi-t), on trouve encore quelques pièces avec des légendes en caractères anciens, tandis que plusieurs monnaies de Caulonia ont des légendes en caractères nouveaux; l’atelier de cette dernière ville a dû cependant être supprime lorsqu'elle fut prise par Uenys l’Ancien, en 3G5 (Olymp. xcvti-4). Il est vrai qu'elle survécut A ce désastre, puisque nous la voyons encore saccagée par les Campauiens en 473 (Pausanias, VI, 3) pendant la guerre de Pyrrhus, mais toutes ses monnaies ont uu tel caractère d'archaïsme qu'il est difficile de leur attribuer une date postérieure A la première catastrophe : d’ailleurs l'absence totale de monnaies de cuivre vient encore corroborer cette hypothèse (Kekhel, üocl. num. nef., I, p. ICS). Ce qui est étrange, c'est que nous ue connaissions pas do monnaies de Thurium avec des légendes en caractères antérieurs A Enelide, quoique cette ville att été fondée l'an 310 de Rome (Olymp. lxisit 1 ).