CHAPITRE II
Marseille resta plus longtemps fidèle au système monétaire de la mère patrie que Vélia et Posidonia. Cette colonie, après avoir dans l’origine émis seulement des monnaies du plus petit module, commençai! l'époque du beau style à frapper des drachmes de .V',77 à l’imitation de celles de Pliocée ; mais jamais elle n’eut de didrachme (1) .
Ce système pénétra aussi dans la Campanie, où pendant longtemps il fut seul en usage. Nous avons vu plus haut que Cumes appartenait à la région où la monnaie chalcidienne était en usage et que cette ville fit tailler d’abord ses pièces sur le pied de celles d'Égine; elle adopta ensuite le système attique réformé par Solon. Cependant on peut dire que la plus grande partie des pièces de Cumes et toutes celles de la Campanie sont phocéennes. Les didrachmes de Cumes pèsent jusqu’à 7sr,70, ceux de Naples jusqu’à 7«r,60, et la plus grande partie de ces derniers varient de 7,r,50 à76',Â0 ; les pièces au-dessous de 7S',2 sont fort rares. Les didrachmes des autres villes telles que Phistélia (2) et
la monnaie de Znncle pesant 7‘r,50, que M. le duc de Luynes nous a fait connaitre dans son remarquable travail sur le nunius de Senius Tullius dans la Revue numism 1 8511, p. 352, pl. XIV et XV. Ce stntère se trouve seul de son espace dans la série des monnaies de Zancle, toutes taillées, du reste, sur le pied monétaire de Chalcis. Nous avons fait la même observation pour la drachme chalcidienne de ('urnes, isolée nu milieu des monnaies phocéennes de cette ville. — Nous ci oyons pouvoir trouver l'explication de cette singularité dans l’origine commune des deux systèmes; tous les deux dérivent du statère perse, seulement avec celle diiïérenee que le système phocéen divisait cestatére par tiers, et le système chalcidien le divisait par la moitié.
(1) Tête do Diane. K MÂ22A> Lion marchant; poids, 3«,77 (trois exemplaires), 3«f,7C, 3*T,72, 3*r,5C (L. de la Saussaye, Sumismatù/ue de In Gaule Narb.y p. 14 ). Nous n’entendons parler ici ni des pièces barbares ni de celles qui ont subi une réduction sous l’influence du victoriat romain.
(2) Ces monnaies appartiennent certainement h un atelier des environs do Cumes, c’est ce dont il n’est plus permis de douter (Fricdlæmier, Osk. Müazen, p. 28 et suiv. ). Elles se rencontrent, Il est vrai , .assez souvent dans
m si orne phocéc tj »e conserva h Marseille.
Crime»
et la variété de aoa
monnaie*.
Villes
de 1.» Campanie.
Fractions.
t(!2 ÎM'RODCCTION HISTORIQUE.
Ilyria (1), dont les ateliers monétaires sont les plus anciens de la Campanie avec ceux de Cumes, de Naples et d’Allifa, pèsent 7e', 5; les mêmes pièces frappées dans les villes qui ne commencèrent que plus tard à fabriquer de la monnaie comme Nola, Nucéria, Teanum, Calés (depuis 420), Suessa (depuis 441), ne dépassent pas le poids de 7‘r,3 ou au plus 75,,4; la môme observation" peut s'appliquer tant aux pièces autonomes de Capoue, dont la légende est à moitié grecque et qui furent frappées avant l'année 410 de Rome (2), qu'aux pièces romano-campaniennes avec la légende ROMANO et qui sont postérieures à cette époque.
La drachme n’existe pas dans la série campanienne de la première période ; elle ne se rencontre que vers la fin de cette même période à Naples, à Nola, et un peu plus tard dans la série romano-campanienne; Cumes, Pbistélia, Ilyria, non plus que les autres villes monétairesde celte contrée n’en ont
le Samnium ( Ballet, arch. Nap. N. S., III , p. 130| ; malt elles sont al communes !on a trouvé réunies dans le meme dépôt 700 oboles de Pbistélia et d'Allifa ) que ce fait n’a rien détonnant et ne prouve rien pour leur origine ; d'ailleurs le Samnium n'avait pas de monnaies nationales.
(1) Hyrla peut être considérée comme la Paltropolii de Nola ( Friedlænder, /oc. cit., p. 37).
(2) Avellino (Opuicûli, II, p. 2G) et après lui M. Frlcdltender ( Otk. Munie», p. 33) contestent l'attribution Faite à Capoue des didrachmes arec la légende KAMTMNO, KAnnANO, HAMTTANO, KATTTTANOI, par la raison qu’une légende hybride ne peut pas convenir à une ville purenîent osquC; mais nous avons démontré dans nos Unlerilatischen Dialecte ( p. 104 et suiv., 112,202), que c'est un caractère particulier des anciennes monnaies osques du v* siècle de Rome, de mêler souvent le grec avec l'osque ; nous le remarquons en particulier sur les monnaies d’Ilyrla-Nola, ainsi que sur celles de Phistèlia et d'Allifa. L'imitation du type napolitain que nous voyons sur ces monnaies ne doit pas nous étonner, puisque même à l'époque où les monnaies de Capoue portent le nom de Rome, nous trouvons sur une curieuse pièce de cuivre le type de la tète d’Apollon, ty Taureau A faeo humaine, avec la légeudo POMAlfiN-